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Garde nationale. Le réserviste angevin forme les démineurs libanais

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Publié le 12/10/2017  Philippe CHAPLEAU

Le lieutenant-colonel T. (à gauche), en compagnie du directeur libanais de l'école qui vient d'ouvrir ses portes grâce à des financements français.

Le lieutenant-colonel T. (à gauche), en compagnie du directeur libanais de l'école qui vient d'ouvrir ses portes grâce à des financements français. | DR

La Journée nationale du réserviste 2017 se déroulera en France du 13 octobre, date d’anniversaire de création de la garde nationale, au 11 novembre. Des réservistes sont déployés sur le territoire national mais aussi à l’étranger. Rencontre avec un réserviste angevin qui vient d’être affecté au Liban.

La garde nationale, avec ses réservistes, va avoir un an. Bernard T. est un réserviste angevin. Sa mission au Liban lui rappelle une autre mission qu’il a menée, il y a une vingtaine d’années, en Angola. Un autre pays affligé par les mines et les engins explosifs. C’est ce fameux « ressac de la guerre » qui mutile et tue bien des années après la fin des combats.

Au Liban, selon le Lebanon Mine Action Center, 5 455 engins explosifs ont été neutralisés en 2016. Mais il reste près de 62 millions de mètres carrés de terrains pollués. Les vestiges de bombes et d’obus, dont certains datent de 1975, tuent encore chaque année des bergers, des ouvriers agricoles et des enfants. « Il faut donc déminer, dépolluer mais aussi sensibiliser les populations et former des démineurs locaux qui prendront le relais des ONG et des missions d’assistance envoyées par des pays amis », explique Bernard.

Lire aussi : Garde nationale, service civique… Petit lexique de l’engagement

40 ans dans l’armée de terre

Ce réserviste angevin vient d’arriver au Liban. Après 40 ans dans l’armée de terre, le lieutenant-colonel du génie a pris sa retraite en 2011 mais son expérience du déminage reste un atout peu commun. D’où la décision de le détacher auprès de la Direction de la coopération de sécurité et de défense, qui dépend du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, et de l’envoyer au Liban pendant une année, comme formateur à l’École Régionale de Déminage Humanitaire au Liban.

L’École Régionale de Déminage Humanitaire au Liban (ERDHL) a été inaugurée le jeudi 5 octobre, à Hammana, à 40 minutes à l’est de Beyrouth. Elle a vocation à recevoir des civils et des militaires originaires du Proche et du Moyen-Orient et à les former dans le domaine de la neutralisation, de l’enlèvement et de la destruction des explosifs.

« Je vais y faire ce que j’ai fait en 1998 en Angola »

« Je vais y faire ce que j’ai fait en 1998 en Angola. J’étais alors affecté à l’état-major de la brigade du génie de Strasbourg et je suis parti pendant 7 mois en Angola avec quelques spécialistes Nedex (neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs) français. Il s’agissait alors de former des démineurs locaux aux techniques de dépollution ».

Au Liban, pays qu’il découvre, Bernard T. va épauler les officiers libanais pour lancer l’école à vocation régionale. Si la première formation en cours est suivie par 22 stagiaires libanais, l’objectif est bien d’ouvrir les portes aux « partenaires d’Égypte, de Libye, de Jordanie et d’Irak ».

« Notre objectif est de former des formateurs à partir du printemps 2018. Au Liban, on a une idée précise des zones affectées et on sait qu’il y a encore des années de travail. Il faut donc disposer de personnels formés », explique le lieutenant-colonel français. « On voudrait évidemment que les choses avancent vite pour soulager le pays de tous les pièges mais il y a des difficultés et des délais pour la formation et pour l’obtention des financements ».

Et n’importe qui peut devenir démineur ? « Même si l’apprentissage technique est à portée de tout le monde, il faut des compétences humaines : du sang-froid, de la concentration, une intelligence de la situation », explique le coopérant français. « Et puis, le démineur n’agit pas seul. Il évolue au sein d’une organisation structurée. Ce n’est pas un travail de solitaire ».

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