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2021

Audition de M. le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des Armées sur la place des armées dans la société française et la singularité militaire

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Cercle de réflexion interarmées

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Réponse du Président du Comité National d'Entente.

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ATTITUDE FACE À LA POLÉMIQUE

Depuis une dizaine de jours, plusieurs d’entre vous nous ont contactés, chacun au titre de sa propre association, pour savoir ce qu’il fallait penser de la prise de position de plusieurs camarades sur le site «Place d’Armes » et si notre CNE envisageait une prise de position commune.


Je ne compte pas organiser une quelconque réunion de notre Comité, que ce soit en présentiel ou en distanciel à ce sujet, ni diffuser un éventuel communiqué, en raison de l’ambiguïté de cette prise de position.


En effet, sur le fond, nul ne peut nier que le collectif aborde des sujets qui préoccupent aujourd’hui le plus les Français qui seront certainement au cœur des prochaines élections : la fragmentation de la communauté nationale, surtout pour nous qui sommes particulièrement sensible à la notion de fraternité d’armes ; l’apparition de zones non contrôlées dans notre pays, surtout pour nous qui sommes souvent intervenus pour rétablir l’état de droit dans des zones grises, voire en guerre ; et l’augmentation de la violence quotidienne en France, surtout pour nous qui avons si souvent veillé à maitriser la force pour rétablir la paix.

Ce sont autant de sujets de préoccupations, qui, d’ailleurs, ne concernent pas que les militaires.


Mais cette préoccupation ne justifie pas l’erreur attendue de cette prise de position et surtout ses différentes ambiguïtés :


* la première d’entre elles concerne l’affichage du grade de chaque signataire : ou l’on agit et écrit en tant que citoyen, et dans ce cas on « oublie » son grade ; ou on veut mettre en avant son côté « ancien combattant », et dans ce cas, on se doit de respecter le devoir de réserve ;


* la deuxième ambiguïté est la récupération politique, qui n’a pas manqué : et cela à tel point que l’environnement médiatique et social ne fait plus état des raisons de cette pétition, mais essentiellement de l’état d’anciens militaires et surtout de la présence d’une vingtaine de généraux parmi les signataires ;


* et l’ambiguïté sans doute la plus importante est que cette pétition ne rend pas service à nos camarades d’active, à peine quelques mois après la lettre du Chef d’État-major des Armées au monde combattant, qui mettait à l’honneur notre fraternité d’armes, quelle que soit notre condition !

Dans ces situations complexes, je vous invite à laisser le dernier mot à Saint-Exupéry : « Puisque je suis l’un d’eux, je ne renierai jamais les miens quoiqu’ils fassent… et quoique je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoins à charge ! »

GAR (2S) Bruno Dary
Président du CNE

RWANDA. Rapport DUCLERT : Lettre de Mme Florence PARLY au général Jean Claude LAFOURCADE

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RWANDA. - PARTIEL ET PARTIAL, LE RAPPORT DUCLERT. Par le Colonel (er) Jacques Hogard, Commandant du Groupement Sud de l’Opération Turquoise (été 1994) au Rwanda.

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8 avril, 02:32

Le rapport « Duclert », commandé par le président de la République pour tenter de faire la lumière sur la responsabilité supposée de la France dans le génocide rwandais de 1994, fait couler beaucoup d’encre depuis sa remise le 26 mars dernier à Emmanuel Macron par le Pr Vincent Duclert, patron de la commission de 14 historiens réunis depuis deux ans à cette occasion.

Très sévère pour la France -qu’il exonère toutefois de « complicité de génocide »-, ce rapport accable le pouvoir en place à l’époque en soulignant ce qui selon lui caractérise sa politique : un « aveuglement continu » dans le soutien au « régime raciste, corrompu et violent » alors au pouvoir au Rwanda, une « lecture ethniciste alignée sur celle du pouvoir rwandais de l’époque héritée d’un schéma colonial ».
 

Nonobstant les prises de position, dans l’ensemble très favorables, à l’encontre de ce rapport de 1000 pages, j’ai quant à moi une position dissonante :

Pour moi en effet, ce rapport très fouillé et très volumineux, est paradoxalement partiel, et partial. Partiel, car il ne se penche sur les relations franco-rwandaises et sur l’histoire du Rwanda que pour la période de 1990 à 1994.

Partiel parce qu’il marginalise l’importance du contexte historique du début des années 1990 : fin de la guerre froide et du monde bipolaire où les rapports de force sont redistribués. Pendant la guerre froide, la France était « le gendarme de l’Afrique » et nos alliés américains la soutenaient alors. La donne a par la suite subitement changé.

Et puis on ne peut faire abstraction de l’histoire contemporaine du Rwanda « moderne », de la chute de la monarchie, de l’avènement de la république en même temps que de l’indépendance (1959/61).

De même pour ce qui concerne les relations franco-rwandaises qui se formalisent à partir de 1975 au travers de la signature des accords de coopération signés au nom de la France par Valéry Giscard d’Estaing.

De même pour la période dramatique qui s’ouvre fin 1994 et qui dure encore, impliquant toute la région des Grands Lacs.

Il me semble que l’on ne peut rien comprendre au génocide des Tutsis de 94 si l’on occulte tout ce contexte et en particulier, les massacres des Tutsis par les Hutus en 1959/60, le génocide des Hutus du Burundi par les Tutsis en1972, les massacres des Hutus par les Tutsis du FPR entre 1990 et 1994 (qui provoquent l’afflux d’un million de réfugiés devant Kigali durant cette période: des « gueux » qui seront massacrés par la suite par le FPR dans leur fuite éperdue vers et à travers le Zaïre (1995/96/97...). Ces massacres durent encore.

Tout ceci figure dans le Rapport Mapping de l’ONU (du moins dans sa version d’origine, non édulcorée), gardé en réalité sous le coude pour ne pas offenser Kagamé.

 

Partiel aussi car il n’évoque pratiquement pas les graves responsabilités de l’ONU, des USA et autres puissances impliquées (GB, Israël...). Et pourtant ! Il y aurait tant à dire.

Tandis que là, cette présentation partielle focalise sur la France seule. Qui a peut-être commis des erreurs d’appréciation. Mais pas au point d’être ainsi accablée face à l’opinion publique mondiale, et notamment face au Rwanda de Kagamé, très largement responsable de la situation dramatique des Grands Lacs depuis 25 ans.

Alors que la France est la seule puissance à avoir tenté quelque chose pour enrayer ce processus sanglant.


Il n’y a qu’à en parler avec le Pr Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix. Privilège qui m’a été donné une fois et que je n’oublierai pas, tant la lucidité, le courage et la haute stature morale de cet homme m’ont impressionné.

Partial, car nonobstant l’abandon du chef de « complicité de génocide », ce qui me parait le minimum, ce rapport accable la France à travers son président de l’époque et certaines de ses personnalités politiques et militaires, soulignant en termes très durs leur cécité, leur aveuglement idéologique
(complexe de Fachoda!) face à un régime raciste, totalitaire et in fine génocidaire. Tout n’est pas faux peut-être dans cette vision. Mais elle est aisée après coup quand tout s’éclaire avec le recul du temps.

Et puis surtout, cela procède - comme pour l’Algérie avec le rapport Stora - d’un esprit de repentance aussi obstiné que contre-productif, qui, je dois le dire, ne me fait pas vibrer. C’est la France qui est ainsi humiliée à la face du monde et beaucoup d’amis africains depuis quelques jours me demandent quelle mouche a piqué Macron pour s’auto-flageller ainsi ? « Vous êtes vraiment masos, vous les Français ! » me disent un certain nombre de mes correspondants ! Ils n’ont pas tort.

Le pire est ce faisant que la France s’humilie devant un régime totalitaire et ethniciste auprès duquel son prédécesseur fait figure d’ « enfant de Marie ».

Il faut s’attendre en conséquence à ce qu’un nouveau Rapport dans 20 ou 25 ans au plus tard (cela risque de venir beaucoup plus tôt) fustige à son tour en termes plus sévères encore la cécité, l’aveuglement coupables de ceux qui auront ainsi cherché à plaire et complaire au début des années 2020 au calamiteux régime totalitaire du général-président Kagamé !

Partial, car il ne fait guère preuve de rigueur historique en laissant entendre, par exemple, que l’attentat du 6 avril a été commis par les extrémistes hutus, thèse à laquelle les gens sérieux ne croient pas, pas même les magistrats français qui ont conclu à un très diplomatique non-lieu, tout en écrivant que tout converge quand même pour imputer au FPR cet événement déclencheur du génocide !...

Et d’ailleurs, c’est intéressant de noter qu’aussitôt que sont évoqués l’attentat et ses responsables, le rapport Duclert dit alors que « de toute façon, ça n’a pas d’importance, le génocide aurait quand même eu lieu, avec ou sans attentat » !! Ce n’est évidemment ni l’avis de Carla Del Ponte l’ancienne
procureur du TPIR, ni celui d’historiens ou de chercheurs éminents mais politiquement incorrects c’est vrai, tels Lugan, Onana ou autres!

Et il y a bien d’autres exemples du même bois.

On peut aussi regretter la méthode : si un doctorant avait réalisé sa thèse sur le sujet, son directeur de thèse l’aurait obligé à multiplier les sources. S’il ne l’avait pas fait, le jury l’aurait sanctionné et prié de revenir l’année prochaine. Ce n’est pourtant pas le cas ici. Fort dommage pour une commission d’historiens.


De même, il n’y a aucune bibliographie, or le « jeu" de la recherche consiste à d’abord établir un état des lieux des connaissances sur le sujet. De plus, il n’y a aucune archive orale, notamment des entretiens avec les participants à la décision et aux opérations. Fort dommage là encore.

En réalité, je pense que ce rapport qui juge le passé au filtre du présent, ce qu’un historien ne devrait jamais faire, est un rapport essentiellement politique qui a pour seul but le rapprochement de notre pays avec le Rwanda (Mais précisément, le Rwanda de Kagamé !).
 

Ce n’est pas un rapport d’historiens, mais de militants qui veulent imposer leur version de l’Histoire.


La volonté d’imposer, par exemple, cette idée fausse et mensongère qu’un seul génocide a eu lieu dans cette région, n’est pas acceptable. Le double génocide n’est pas une thèse, c’est une réalité, n’en déplaise à MM Duclert et Saint-Exupéry et c’est à mes yeux du véritable négationnisme que de l’ignorer.

Un génocide si atroce soit-il, ne doit pas en cacher un autre. Ou alors c’est une tache indélébile dans la mémoire des hommes. Une fois encore, il faut en parler avec le Dr Mukwege !

Enfin, il me semble que ce Rapport politique, partiel et partial, n’apportera rien de bon et de profitable aux relations franco-rwandaises ni franco-africaines.

Il ne fera qu’affaiblir la France et son image déjà bien malmenée sur ce continent où pourtant nous comptons paradoxalement tant d’amis, désorientés par ce qu’est devenue aujourd’hui notre politique étrangère.

Colonel (er) Jacques Hogard ; Paris, le 2 avril 2021


Je n’ai pas évoqué par ailleurs, mais j’aurais pu le faire, l’assassinat en octobre 1993 du président hutu du Burundi démocratiquement élu Melchior Ndadaye, assassiné par les Forces Armées Burundaises (alors en totalité tutsies) et la sévère répression des Hutus du Burundi par l’armée, provoquant le départ de dizaines de milliers d’entre eux vers les pays voisins, dont bien entendu le Rwanda. Isoler le Rwanda de ses voisins et notamment du Burundi et de la RDC, pour en comprendre la situation, est une ineptie.

Communiqué du Général Jean Claude Lafourcade Commandant de l’opération Turquoise

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Notes du Rapport remis au Président de la République le 26 mars 2021

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La France, le Rwanda et le génocide des Tutsi (1990-1994) - Rapport remis au Président de la République le 26 mars 2021

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Note intermédiaire remise au Président de la République le 5 avril 2020

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Commission de recherche - Exposé méthodologique

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