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Où est passée la Minerve , ce sous-marin construit à Nantes et mystérieusement disparu ?

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Publié le 19/02/2019

Des recherches ont été entamées le lundi 18 février, pour tenter de retrouver l’épave du sous-marin « Minerve ».

Des recherches ont été entamées le lundi 18 février, pour tenter de retrouver l’épave du sous-marin « Minerve ». | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

Des recherches ont débuté pour localiser le sous-marin Minerve, disparu en 1968. À Nantes, les ouvriers qui ont participé à la construction espèrent que l’épave sera retrouvée. Mais ils nourrissent peu d’espoir de connaître les causes du drame. Nous avons retrouvé des archives de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) dévoilant les dernières images du Minerve.

Ils s’en souviennent comme si c’était hier. Un navire qui disparaît en mer, c’est toujours un choc pour les ouvriers qui l’ont construit. C’est ce qu’il s’est passé le 27 janvier 1968, au large de Toulon, lorsque la Minerve , fabriquée à Nantes, a disparu lors d’un exercice.

« Évidemment que ça marque, que ça fait quelque chose ! » se souvient Jean Peneau, qui travaillait comme charpentier fer à la finition. « Je n’étais pas bien vieille, mais je me rappelle très bien que c’était la consternation la plus totale pour les ouvriers, renchérit Viviane Grellou, dont le père, Gilbert, avait œuvré à la fabrication du sous-marin. Cela a alimenté les conversations pendant longtemps, et suscité beaucoup de questions. »

Pour la construction des sous-marin Daphné, Diane et Minerve, la marine avait demandé que les soudures soient faites sous abri, se souvient Louis Flahaut, ancien ouvrier de la navale. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

Pourquoi ce sous-marin, construit par les chantiers Dubigeon et lancé le 31 mai 1961, a-t-il coulé avec 52 hommes à bord ? Le mystère reste aujourd’hui encore entier. D’où les recherches qui viennent de débuter.

Soudures au sec

La Minerve, c’était le troisième bâtiment de la classe Daphné, fabriqué à Nantes pour la marine nationale. « Un bateau d’une haute technicité », souligne Viviane Grellou.

« La marine a exigé que les soudures soient construites sous abri, pour garantir leur qualité. À cette occasion, une cale couverte a donc été créée », précise Louis Flahaut, 91 ans, qui a travaillé comme ajusteur à la construction du sous-marin. « Pour nous, cela changeait des cargos ou des ferries , raconte Jean Peneau. La différence, c’est surtout que la cavité était très restreinte. »

Après son lancement, le sous-marin effectuera des essais avant d’être livré, en 1962. Il naviguera ensuite dans les eaux de la Méditerranée. Jusqu’à sa disparition dramatique et mystérieuse, au matin du 27 janvier 1968.

Les anciens de la navale voient d’un bon œil les recherches récemment entamées pour retrouver l’épave. « Ce serait bien pour les proches des marins. Il y avait beaucoup de jeunes pères de famille à bord », note Viviane Grellou.

« Cela m’intéresse de connaître la cause du naufrage, mais je doute qu’on n’y parvienne », estime Louis Flahaut. Même si on la localise, pas sûr en effet que l’épave livre ses secrets. « Elle peut avoir été endommagée par le choc avec le fond, ou même par la pression exercée sur la coque dans de telles profondeurs, sans que cela indique l’origine du drame », précise Claude Rabault, plongeur archéologue.

La zone actuellement passée au crible descend jusqu’à 2 300 mètres de profondeur et couvre 525 km2.

Des moyens modernes pour tenter de lever le mystère

Les recherches menées en 1968, notamment par le commandant Cousteau avec sa soucoupe plongeante SP300, puis en 1970, n’avaient rien donné. En octobre dernier, des familles de disparus de la Minerve ont lancé un appel pour qu’elles soient reprises, afin de « savoir où reposent ceux qui ont donné leur vie pour leur pays » et pour « permettre d’achever un long travail de deuil qui, pour certains, n’a jamais pu se faire » .

Un appel entendu par Florence Parly, la ministre des Armées. Au début du mois, elle a annoncé une nouvelle campagne pour tenter de localiser l’épave. « Malgré les progrès technologiques, des recherches par plus de 2 000 mètres de fonds restent complexes et sans certitude d’aboutir », a-t-elle toutefois prévenu.

Dans la nuit du 7 au 8 février, le navire océanographique Pourquoi pas ?, de la flotte d’Ifremer, a quadrillé la zone présumée du naufrage à une vingtaine de kilomètres au sud du cap Sicié (Var). Il est de nouveau sur place depuis quelques jours et devrait revenir à quai ce mercredi 20 février.

Les données qu’il va ramener, avec l’aide d’un drone sous-marin équipé d’un sondeur multifaisceaux à très haute résolution, seront analysées, avant une nouvelle campagne programmée en juillet, ce qui devrait promettre une météo plus favorable.

La Minerve est le seul sous-marin disparu depuis la Seconde Guerre mondiale à ne jamais avoir été localisé.


La Minerve a coulé le 27 janvier 1968, lors d'un exercice, au large de Toulon. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

La maison des hommes et des techniques de Nantes, véritable mémoire de la navale, conserve la fiche technique du sous-marin. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

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