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2019

Sous-marin La Minerve. Un hommage en mer rendu à l’équipage le 15 septembre

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Publié le 05/09/2019

Une photographie prise dans les années 1960 avant un départ du sous-marin La Minerve

Une photographie prise dans les années 1960 avant un départ du sous-marin La Minerve | STF / AFP

Le ministère des Armées annonce jeudi 5 septembre qu’un hommage va être rendu dans les eaux près de Toulon (Var) pour les marins disparus en 1968 au sein du sous-marin militaire La Minerve.

Un hommage sera rendu en mer le 15 septembre à l’équipage du sous-marin La Minerve, disparu en 1968 avec 52 hommes à bord et dont l’épave a été localisée en juillet dernier, a annoncé jeudi 5 septembre le ministère des Armées.

Depuis toutes ces années, La Minerve reposait par 2,370 m de fond, brisée en trois morceaux, à 45 km au large des côtes toulonnaises.

Disparu pendant 51 ans

Le 27 janvier 1968, le sous-marin militaire avait coulé en quatre minutes seulement au cours d’une mission de routine. Malgré les opérations de secours aussitôt entreprises, l’épave n’avait jusqu’ici jamais été localisée.

En octobre 2018, des familles de disparus de la Minerve avaient lancé un appel pour que soient reprises les recherches. La ministre des Armées Florence Parly avait ordonné en début d’année la reprise des opérations de recherches. Des spécialistes s’étaient attelés à redéfinir la zone où il était le plus probable de retrouver l’épave.

L’épave a finalement été localisée par le navire américain Seabed Constructor, dont les drones ont apporté en juillet la confirmation visuelle de l’emplacement de la Minerve, après une première cartographie des fonds marins établie par l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

L’épave du sous-marin La Minerve ne sera pas remontée : « c’est un sanctuaire maritime »

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Publié le 22/07/2019

La Minerve a été retrouvée à 2 370 m de profondeur, à 45 km au sud de Toulon.

La Minerve a été retrouvée à 2 370 m de profondeur, à 45 km au sud de Toulon. | MARINE NATIONALE/EPA/MAXPPP

Le préfet maritime de la Méditerranée a annoncé ce lundi 22 juillet que le sous-marin français La Minerve, dont l’épave a été retrouvée dimanche au large de Toulon plus de 50 ans après sa disparition, ne sera pas remonté. Il demeurera ainsi « une sépulture sous-marine ».

Le sous-marin français La Minerve, dont l’épave a été retrouvée dimanche au large de Toulon plus de 50 ans après sa disparition, restera « un sanctuaire maritime » et ne sera pas remonté, a annoncé lundi 22 juillet le préfet maritime de la Méditerranée.

« On ne touche pas à l’épave, c’est un sanctuaire maritime, c’est le cas pour toutes les épaves, en tout cas dans la marine nationale », a déclaré au cours d’une conférence de presse Charles-Henri du Ché, préfet et vice-amiral d’escadre, lui-même sous-marinier : « Tout va rester en l’état […] ça s’appelle une sépulture sous-marine ».

Une cérémonie, dont la date n’a pas encore été fixée, sera célébrée sur les lieux de la disparition en présence des familles, « dans les semaines ou les mois qui viennent », a ajouté le préfet maritime, qui était responsable des opérations de recherche relancées il y a huit mois par la ministre des Armées Florence Parly.

« C’était l’objectif, et aujourd’hui c’est d’abord aux familles que nous pensons », a déclaré Charles-Henri du Ché, expliquant que le sujet n’était en aucun cas de remonter l’épave, ni de trouver des explications à la catastrophe, un objectif trop « compliqué ».

Un amas de débris

La Minerve a été retrouvée à 2 370 m de profondeur, à 45 km au sud de Toulon, « soit 20 km plus au sud que les endroits qui avaient été recherchés » auparavant, a-t-il expliqué. À l’époque, des traces de pétrole et d’huile avaient été retrouvées sur une zone qui avait alors été privilégiée par les recherches, mais qui se trouvait plus au nord que celle du naufrage.

La Minerve a été retrouvée en trois parties distinctes étalées sur environ 300 mètres de long, avec entre l’avant et l’arrière du sous-marin un amas de débris.

Charles-Henri du Ché a souligné l’apport déterminant du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui a, « grâce à des calculateurs dont il ne disposait pas il y a cinq mois encore », pu aider les équipes de recherches à localiser l’épave. « L’analyse des signaux sismiques secondaires et tertiaires, ainsi que l’analyse des courants marins profonds » ont permis de mieux cibler les recherches, a-t-il ajouté.

Découvert par un drone américain

La découverte elle-même a été effectuée en fin d’après-midi dimanche par un drone de la société américaine Ocean Infinity qui avait remporté un appel d’offres lancé par la marine et avait affrété un navire battant pavillon norvégien, le Seabed Constructor. Cette même entreprise avait déjà retrouvé le sous-marin argentin San Juan, disparu plus récemment.

Une première photo prise par le drone américain montre clairement les lettres « MIN » peintes en rouge sur le kiosque du sous-marin, ainsi que la lettre S, début de la numérotation de la Minerve, « S 647 », ce qui ne laisse aucun doute sur le fait qu’il s’agit bien de ce navire.

Histoire. La Minerve, ce sous-marin construit à Nantes

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Publié le 22/07/2019

La « Minerve », sous-marin d’attaque de la classe des « Daphné », sur la Loire en 1962.

La « Minerve », sous-marin d’attaque de la classe des « Daphné », sur la Loire en 1962. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

La Minerve, disparue depuis un demi-siècle, a été retrouvée dimanche soir. Le sous-marin avait été construit par les chantiers Dubigeon, à Nantes.

Il y a cinquante et une années, la Minerve sombrait dans les profondeurs de la Méditerranée, en quatre minutes. À son bord, 52 marins disparus. Dimanche soir, l’épave a été retrouvée à 45 kilomètres de Toulon, par environ 2 400 mètres de fond. Une nouvelle campagne de recherches sur plusieurs centaines de kilomètres carrés avait débuté début juillet. Parmi les nombreux moyens technologiques engagés, c’est le navire américain Seabed Constructor, arrivé sur le site mardi dernier, qui a localisé l’épave.

Un chantier nantais

Le sous-marin a été construit sur les berges de la Loire, au sud ouest de Nantes, dans les années 1960. La famille de constructeurs nantais Dubigeon était implantée dans la commune de Chantenay depuis le milieu du XIXe siècle. Elle possède alors trois sites de constructions (Chantenay, Chézine, et la prairie des Ducs sur l’Île de Nantes), et emploie plusieurs milliers d’hommes. Ce sont eux qui ont été choisis pour construire trois des onze sous-marins d’attaque commandés par la Marine française. Parmi eux, la Minerve. Le monstre marin de 58 mètres de long et de plus de 800 tonnes sera mis sur cale à Chatenay, en mai 1958, et immergé pour la première fois dans la Loire, quatre années plus tard, le 19 juin 1962.

Le 27 janvier 1968, le choc du naufrage ébranle l’atelier. Les ouvriers témoignaient en février 2019, « Évidemment que ça marque, que ça fait quelque chose ! » se souvient Jean Peneau, qui travaillait comme charpentier fer à la finition. « Je me rappelle très bien que c’était la consternation la plus totale pour les ouvriers », renchérit Viviane Grellou, dont le père Glibert, avait œuvré à la fabrication du sous-marin.


Les 52 membres d’équipage du « Minerve », en 1965. | AFP

Des questions en suspens

L’épave n’a pas livré tous ses mystères. Parmi les interrogations, les causes de l’accident sont toujours inconnues. Plusieurs hypothèses ont fleuri, parmi lesquelles une avarie de gouvernail, ou une collision avec un élément extérieur.

En ce qui concerne l’exploitation de l’épave, le directeur du Sirpa Marine, Eric Lavault est clair, « À ce stade, on n’envisage pas de remonter les débris, d’abord et avant tout parce que c’est un sanctuaire ». Hervé Fauve, le fils du commandant du navire, André Fauve, est du même avis, « Cette épave doit rester où elle est, c’est un mausolée sous-marin. »

La Minerve était le seul sous-marin disparu depuis la Seconde Guerre mondiale, à ne jamais avoir été retrouvé.


Le sous-marin la « Minerve », lors de son lancement par les chantiers Dubigeon. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

TÉMOIGNAGES. Le sous-marin La Minerve retrouvé : les familles entre soulagement, émotion et surprise

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Publié le 22/07/2019

« C'est un apaisement extraordinaire », confirme Thérèse Scheirmann-Descamps, la veuve d'un des marins, Jules, disparu le jour de ses 29 ans.

« C'est un apaisement extraordinaire », confirme Thérèse Scheirmann-Descamps, la veuve d'un des marins, Jules, disparu le jour de ses 29 ans. | BORIS HORVAT / AFP

Soulagées, mais aussi surprises par l’aboutissement des recherches, 51 ans après la disparition du sous-marin La Minerve au large de Toulon, des familles des sous-mariniers font part de leurs réactions, entre « apaisement extraordinaire » et émotion qui « remonte à la surface ».

« J’ai toujours été persuadé qu’on le retrouverait un jour ». L’attente d’Hervé Fauve, le fils du commandant de La Minerve, a pris fin dimanche soir. 51 ans après, l’épave du sous-marin qui a englouti son père a enfin été localisée, au large de Toulon.

« Nous attendions depuis tellement longtemps. Mais nous avions appris à être patients ! C’est un soulagement, une énorme émotion » : âgé de 5 ans et demi au moment du drame, le 27 janvier 1968, il n’a jamais cessé d’espérer, « persuadé qu’on retrouverait un jour » ce père dont « il se souvient dans les moindres détails ».

Avec son site Internet, consacré à la catastrophe, il a rassemblé les proches des victimes. Au fil des années, il a retrouvé 41 des 52 familles touchées par le drame, 104 personnes au total. Obtenant finalement le redémarrage des recherches de l’épave, le 4 juillet. Et depuis lundi matin et l’annonce officielle de la localisation de l’épave du sous-marin militaire construit à Nantes, il les prévient, par courriel, par téléphone.

« Ils sont abasourdis, certains se sont écroulés, en pleurs. En fait, moins les personnes espéraient, plus le choc est violent », explique-t-il.

« C’est un apaisement extraordinaire », confirme Thérèse Scheirmann-Descamps, la veuve d’un des marins, Jules, disparu le jour de ses 29 ans : « En fait, je me sens envahie par une grande sérénité, le fait de savoir enfin où se trouvent mon mari et tous ses camarades. Il n’y a pas vraiment de mots pour décrire cette émotion. Je suis heureuse. Mais surtout apaisée ».

« Faire notre deuil »

« Finalement, ils étaient près de nous, pas loin », soupire-t-elle. Dans la coque de La Minerve, brisée en trois morceaux, par 2 370 m de fond, à 18,5 milles (35 km) des côtes. « J’étais confiante », poursuit celle qui était au moment du drame une jeune mère de deux enfants âgés de 3 et 5 ans : « Mais je ne pensais pas que cela irait si vite… »

Lundi, c’est la gratitude aussi qui l’envahissait : « Pour toutes les personnes qui ont œuvré pour cette découverte. Et pour Mme Parly (Florence Parly, la ministre des Armées, ndlr), qui a su nous écouter ».

« Je suis plutôt ému, j’en ai les larmes aux yeux » : Jacques Dannay, le fils d’un autre de ces 52 sous-mariniers disparus, ne s’y attendait pas. Pas si vite en tout cas. « Cela fait tellement longtemps, j’ai encore du mal à y croire. Mais nous allons enfin pouvoir faire notre deuil ».

Jacques avait 3 ans quand son père a disparu. « La mer est méchante », ne cesse-t-il alors de répéter, pour expliquer cette absence soudaine. Et il met des années à comprendre : « Ma mère évitait le sujet. Ce matin je lui ai envoyé un texto, pour la prévenir. Puis je l’ai eue au téléphone. Elle est triste, bien sûr, tout est remonté à la surface, d’un seul coup ».

« Mais c’est quand même une belle journée, triste mais très belle », insiste-t-il : « Et un soulagement. Inconsciemment, on imagine tout, dans un coin du cerveau. Ça peut être con, le cerveau. Mais là, enfin, la réalité s’impose. Vous ne pouvez pas comprendre à quel point c’est important ».

"Algérie, les oubliés du 19 mars 1962": un livre pour rappeler le drame des pieds-noirs, des rapatriés et des harkis

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http://www.francesoir.fr/
Publié le :Mercredi 06 Mars 2019

Une foule d'Européens d'Algérie désireux de gagner la métropole sont massés à bord du "Ville d'Oran" et s'apprêtent à débarquer à Marseille le 25 mai 1962, deux mois après la signature des Accords d'Evian. ©AFP

Quelques jours avant l'anniversaire des Accords d'Évian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, un livre dénonçant le non-respect de ces accords dans les semaines qui ont suivi le cessez-le-feu vient de paraître: "Algérie, les oubliés du 19 mars 1962" rappelle le drame qu'ont vécu à l'époque les pieds-noirs, les rapatriés et les harkis.

C'est en novembre 2012, sous le quinquennat de François Hollande, que le Parlement a adopté une proposition de loi socialiste faisant du 19 mars la "Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc". Mais "s'il y avait une date à éviter pour célébrer la guerre d'Algérie, c'était bien le 19 mars", estime le journaliste et écrivain Alain Vincenot, qui vient de publier Algérie, les oubliés du 19 mars 1962 (Ed. de l'Archipel).

Pour lui en effet, "tant voulus par le général de Gaulle et plébiscités, en métropole, par le référendum du 8 avril 1962, les Accords d'Évian ne furent jamais respectés" par les Algériens. Ils stipulaient, outre le cessez-le-feu, que les deux parties s'engageaient à "interdire tout recours aux actes de violence, collective ou individuelle", et pourtant "des civils, mais aussi des soldats français ont continué à mourir ou disparaître. Oubliés", souligne l'auteur.

Les Accords stipulaient aussi que les Français auraient les mêmes droits que les Algériens, que la liberté d'opinion, de religion, de langue serait respectée. "Du papier, rien que du papier", accuse Alain Vincenot. "Plus d'un million de pieds-noirs n'eurent d'autre choix que «la valise ou le cercueil». Après le 19 mars 1962, massacres et enlèvements se multiplièrent afin de les pousser au départ".

Lire aussi:

> Guerre d'Algérie: Hollande indigne opposition et harkis en commémorant le cessez-le-feu du 19 mars 1962

> La France rend hommage à ses morts de la guerre d'Algérie

> Guerre d'Algérie: après Maurice Audin, Macron fait un geste pour les harkis

L'auteur rappelle les chiffres de l'après-guerre d'Algérie: entre le 19 mars 1962 et le 5 juillet 1964, date du retour en métropole des derniers contingents, 593 soldats français ont été tués ou enlevés en Algérie; auparavant, entre 500 et 1.000 (le nombre exact est inconnu) avaient également été portés disparus; et plus de 80.000 harkis (supplétifs algériens de l'armée française) ont été "exterminés par les nouveaux maîtres du pays, abandonnés par la France pour laquelle ils avaient combattu".

Journaliste (notamment au Quotidien de Paris et à France-Soir), Alain Vincenot a consacré plusieurs livres et recueils de témoignages à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et aux survivants de la Shoah: Je veux revoir maman (Éd. des Syrtes, 2005), Les Larmes de la rue des Rosiers (Éd. des Syrtes, 2010), Vél d’hiv. 16 juillet 1942 (Éd. de l’Archipel, 2012), Rescapés d'Auschwitz (Éd. de l’Archipel, 2015). Sur son autre sujet de prédilection, les suites de la guerre d'Algérie, il a publié en 2014 Pieds-noirs: les bernés de l'Histoire (Ed. de l'Archipel).

Il revient sur cette question douloureuse de l'Histoire de France récente dans son dernier livre, construit en deux parties. D'abord, il retrace les étapes de la guerre d'Algérie, en listant de manière presque exhaustive les attentats, assassinats et massacres du FLN et des fellaghas contre les civils et militaires français, avant et après 1962. Il cite également les nombreux discours, déclarations et interventions publiques des responsables politiques de l'époque, soulignant notamment l'évolution du général de Gaulle: de l'ambigu "Je vous ai compris!" le 4 juin 1958 à Alger et du "Moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur l'Algérie!" le 27 août à Saïda, au "chemin nouveau" qui, explique-t-il le 4 novembre 1960 avant son dernier voyage sur place, "conduit non plus au gouvernement de l'Algérie par la métropole française, mais à l'Algérie algérienne".

Lire aussi "C'était dans France-Soir":

> Mars 1962, la fin de la guerre d'Algérie (VIDEO)

> Décembre 1960, le dernier voyage de De Gaulle en Algérie (VIDEO)

Dans la seconde partie du livre, plus poignante, l'auteur rassemble des témoignages pour raconter le destin brisé de 11 Français oubliés, civils ou militaires, disparus entre août 1957 et septembre 1962 et que l'on n'a jamais retrouvés: Paul Bonhomme, 22 ans; Joseph Laplume, 47 ans; Louis Akermann, 54 ans, et sa femme Catherine Coll, 49 ans; Joseph Pinto, 58 ans; Paul Teuma, 44 ans; Cyr Jacquemain, 27 ans; Christian Mesmacque, 18 ans; Michel Chombeau, 21 ans; René-Claude Prudhon, 54 ans; Joseph Belda, 53 ans.

Plus que les circonstances cruelles de leur enlèvement, c'est le manque de soutien des autorités françaises aux familles et, explique Alain Vincenot, la "réticence manifeste des gouvernants à faire la lumière sur ces disparitions" qu'illustrent les témoignages des proches des disparus, ces frères, pères, maris dont ils n'ont jamais retrouvé la trace. "Dans les bas-côtés de l'Histoire gisent des dates, des patronymes et des familles qui n'ont pu faire le deuil d'êtres chers…", conclut l'auteur.

> "Algérie, les oubliés du 19 mars 1962", Éditions de l'Archipel, 352 pages, 20 euros.

Où est passée la Minerve , ce sous-marin construit à Nantes et mystérieusement disparu ?

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Publié le 19/02/2019

Des recherches ont été entamées le lundi 18 février, pour tenter de retrouver l’épave du sous-marin « Minerve ».

Des recherches ont été entamées le lundi 18 février, pour tenter de retrouver l’épave du sous-marin « Minerve ». | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

Des recherches ont débuté pour localiser le sous-marin Minerve, disparu en 1968. À Nantes, les ouvriers qui ont participé à la construction espèrent que l’épave sera retrouvée. Mais ils nourrissent peu d’espoir de connaître les causes du drame. Nous avons retrouvé des archives de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) dévoilant les dernières images du Minerve.

Ils s’en souviennent comme si c’était hier. Un navire qui disparaît en mer, c’est toujours un choc pour les ouvriers qui l’ont construit. C’est ce qu’il s’est passé le 27 janvier 1968, au large de Toulon, lorsque la Minerve , fabriquée à Nantes, a disparu lors d’un exercice.

« Évidemment que ça marque, que ça fait quelque chose ! » se souvient Jean Peneau, qui travaillait comme charpentier fer à la finition. « Je n’étais pas bien vieille, mais je me rappelle très bien que c’était la consternation la plus totale pour les ouvriers, renchérit Viviane Grellou, dont le père, Gilbert, avait œuvré à la fabrication du sous-marin. Cela a alimenté les conversations pendant longtemps, et suscité beaucoup de questions. »

Pour la construction des sous-marin Daphné, Diane et Minerve, la marine avait demandé que les soudures soient faites sous abri, se souvient Louis Flahaut, ancien ouvrier de la navale. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

Pourquoi ce sous-marin, construit par les chantiers Dubigeon et lancé le 31 mai 1961, a-t-il coulé avec 52 hommes à bord ? Le mystère reste aujourd’hui encore entier. D’où les recherches qui viennent de débuter.

Soudures au sec

La Minerve, c’était le troisième bâtiment de la classe Daphné, fabriqué à Nantes pour la marine nationale. « Un bateau d’une haute technicité », souligne Viviane Grellou.

« La marine a exigé que les soudures soient construites sous abri, pour garantir leur qualité. À cette occasion, une cale couverte a donc été créée », précise Louis Flahaut, 91 ans, qui a travaillé comme ajusteur à la construction du sous-marin. « Pour nous, cela changeait des cargos ou des ferries , raconte Jean Peneau. La différence, c’est surtout que la cavité était très restreinte. »

Après son lancement, le sous-marin effectuera des essais avant d’être livré, en 1962. Il naviguera ensuite dans les eaux de la Méditerranée. Jusqu’à sa disparition dramatique et mystérieuse, au matin du 27 janvier 1968.

Les anciens de la navale voient d’un bon œil les recherches récemment entamées pour retrouver l’épave. « Ce serait bien pour les proches des marins. Il y avait beaucoup de jeunes pères de famille à bord », note Viviane Grellou.

« Cela m’intéresse de connaître la cause du naufrage, mais je doute qu’on n’y parvienne », estime Louis Flahaut. Même si on la localise, pas sûr en effet que l’épave livre ses secrets. « Elle peut avoir été endommagée par le choc avec le fond, ou même par la pression exercée sur la coque dans de telles profondeurs, sans que cela indique l’origine du drame », précise Claude Rabault, plongeur archéologue.

La zone actuellement passée au crible descend jusqu’à 2 300 mètres de profondeur et couvre 525 km2.

Des moyens modernes pour tenter de lever le mystère

Les recherches menées en 1968, notamment par le commandant Cousteau avec sa soucoupe plongeante SP300, puis en 1970, n’avaient rien donné. En octobre dernier, des familles de disparus de la Minerve ont lancé un appel pour qu’elles soient reprises, afin de « savoir où reposent ceux qui ont donné leur vie pour leur pays » et pour « permettre d’achever un long travail de deuil qui, pour certains, n’a jamais pu se faire » .

Un appel entendu par Florence Parly, la ministre des Armées. Au début du mois, elle a annoncé une nouvelle campagne pour tenter de localiser l’épave. « Malgré les progrès technologiques, des recherches par plus de 2 000 mètres de fonds restent complexes et sans certitude d’aboutir », a-t-elle toutefois prévenu.

Dans la nuit du 7 au 8 février, le navire océanographique Pourquoi pas ?, de la flotte d’Ifremer, a quadrillé la zone présumée du naufrage à une vingtaine de kilomètres au sud du cap Sicié (Var). Il est de nouveau sur place depuis quelques jours et devrait revenir à quai ce mercredi 20 février.

Les données qu’il va ramener, avec l’aide d’un drone sous-marin équipé d’un sondeur multifaisceaux à très haute résolution, seront analysées, avant une nouvelle campagne programmée en juillet, ce qui devrait promettre une météo plus favorable.

La Minerve est le seul sous-marin disparu depuis la Seconde Guerre mondiale à ne jamais avoir été localisé.


La Minerve a coulé le 27 janvier 1968, lors d'un exercice, au large de Toulon. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

La maison des hommes et des techniques de Nantes, véritable mémoire de la navale, conserve la fiche technique du sous-marin. | MAISON DES HOMMES ET DES TECHNIQUES

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