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La nécropole méconnue

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par Nicolas ROQUEJEOFFRE - Publié le 01/11/2018

La nécropole de Colmar regroupe les corps de soldats tombés durant les deux dernières guerres. Un carré allemand se trouve à l’arrière du site inauguré le 1er novembre 1960.

Vues du ciel, les allées de la nécropole du Ladhof dessinent une croix de Lorraine.  Photos DNA/Julien Kauffmann

À l’arrière de la nécropole, le carré allemand avec ses 868 stèles.

La nécropole nationale a été inaugurée en 1960 par la maréchale de Lattre.

C’est une nécropole méconnue, coincée entre la rue du Ladhof et l’avenue Joseph-Rey. Située à proximité du cimetière de Colmar, étendue sur quelque 20 000 m2 , elle souffre d’un déficit de notoriété, concurrencée dans cette bataille mémorielle, par ses voisines de Sigolsheim, du Wettstein ou encore du Chêne-Millet à Metzeral.

Et pour cause ! Ces dernières accueillent chaque année cérémonies commémoratives et autres manifestations patriotiques alors qu’à Colmar, on privilégie la place du 2-Février, le monument aux morts de la rue du Ladhof ou encore celui du maréchal de Lattre, square Szendeffy, signé du plasticien Philippe Kaeppelin et du sculpteur Gérard Ambroselli.

Huit déportés, 17 hommes réquisitionnés pour le service du travail obligatoire, 65 prisonniers de guerre, 11 Polonais…

Malgré le bruit du flot continu des véhicules qui empruntent la grande avenue menant au carrefour des casernes, l’endroit se prête au recueillement. La nécropole s’ouvre sur une vaste étendue de croix latines et de stèles musulmanes en béton rose.

Au milieu, un mât avec son drapeau tricolore. « 2 278 corps reposent ici, 510 de la Première Guerre et 1 768 de la Seconde », précise Muriel Burger, directrice du service haut-rhinois de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac).

Ça, c’est pour la partie française du cimetière. Au fond, un carré allemand avec 868 soldats de 14/18, justifie le caractère binational de cette nécropole. Là encore, cette originalité est très peu connue des Colmariens.

Construit de 1958 à 1960 sous l’impulsion, notamment, de la maréchale de Lattre de Tassigny, qui inaugura le site le 1er novembre 1960 avec le ministre des Anciens combattants Raymond Triboulet, le cimetière regroupe les corps de combattants de 39/45 qui furent exhumés dans plusieurs départements de l’est de la France. Haut-Rhin mais aussi Vosges, Meuse, Territoire de Belfort, Moselle.

Pour 14/18, il s’agit de Poilus dont les restes quittèrent les communes de Thann, Saint-Amarin, Masevaux, Saverne pour rejoindre Colmar. La sur-représentation des chasseurs alpins et à pied s’explique évidemment par la configuration des combats dans les Vosges, notamment en 1915 où ces régiments étaient largement déployés par les états-majors.

L’origine des soldats tombés en 39/45 est plus variée. Des fantassins, des sapeurs, des cavaliers, des coloniaux, des tirailleurs… « Nous avons également recensé huit déportés, 17 hommes réquisitionnés pour le service du travail obligatoire, 65 prisonniers de guerre mais aussi onze Polonais », énumère Muriel Burger.

Cette dernière va entreprendre un long travail de recensement des combattants au parcours atypique. Comme ce soldat du 12e régiment de tirailleurs sénégalais, Addi Bâ, membre du maquis de la Délivrance dans les Vosges. Arrêté, torturé, il est exécuté le 18 décembre 1943 sur le plateau de la Vierge à Épinal (voir ci-contre) .

Muriel Burger souligne également le destin de Siegfried Bromberger, né en 1902 en Pologne, soldat au 21e régiment d’infanterie de forteresse, reconnu « mort pour la France » le 7 février 1945 en Autriche à la suite d’un bombardement. « De confession juive, il repose dans la tombe individuelle 139. Il s’agit vraisemblablement de l’un des onze prisonniers de guerre polonais inhumés dans la nécropole », indique-t-elle.

Déporté en mai 44 vers le camp de Neuengamme

Il y a aussi Jacques Thommen, né en 1894 à Bâle. Membre des FFI, il a été déporté en mai 44 depuis Compiègne vers le camp de concentration de Neuengamme. Lui aussi a été reconnu « mort pour la France » en mai 45 dans la baie de Lübeck-Neustadt lors du naufrage du navire Cap Arcona.

Ces histoires, Muriel Burger les évoquera lors d’une visite guidée (*), une première du genre à la nécropole de Colmar.

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