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Revue stratégique : “La France doit assumer sa singularité stratégique”

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Par Louis de Raguenel / Vendredi 13 octobre 2017

Le député européen Arnaud Danjean (LR) et la ministre des Armées Florence Parly, ce vendredi à l'Elysée. Photo © AFP

Défense. Le député européen Arnaud Danjean (LR) a rendu publique ce vendredi 13 octobre, la revue stratégique de Défense, qui prend acte d’une dégradation durable de la situation sécuritaire internationale.

Un député LR en mission pour Emmanuel Macron

Promise pendant la campagne d’Emmanuel Macron, la « revue stratégique » devant servir de base à l’élaboration de la prochaine loi de programmation militaire (2019-2025) a été remise au président de la République en conseil restreint de Défense, mercredi 11 octobre et rendue publique ce vendredi 13 octobre. Coordonnée par le député européen LR Arnaud Danjean, elle présente « la redéfinition de l’outil de Défense en fonction de l’évolution des risques, l’explosion de la menace cyber et l’omniprésence du terrorisme » explique le cabinet de la ministre des Armées.


Détail étonnant : c’est donc un député LR qui vient d’apporter son soutien à Maël de Calan pour la présidence des Républicains, qui a été choisi par Emmanuel Macron pour conduire ces travaux. Autre particularité : c’est la première fois qu’un député européen participait mercredi dernier à un conseil de Défense.

A cet effet, Arnaud Danjean assume sa “patte” de droite dans la conduite de cet exercice. Il a rappelé à plusieurs reprises sa conviction personnelle : “La France a une singularité stratégique à assumer sans complexe, mais sans suffisance, en étant conscient de nos forces et de nos limites”.

“Pas de scoop”

Si la revue n’offre de pas de « scoop », selon les mots d’Arnaud Danjean, elle propose au moins un état des lieux précis de l’état du monde et de l’accélération des menaces auxquelles nos armées sont confrontées.

Danjean a rappelé l’importance d’avoir un « modèle d’armée complet et équilibré ». « Ce n’est pas le moment de baisser la garde », a-t-il insisté. Il est aussi revenu sur la nécessité de conserver notre « autonomie stratégique : il ne faut pas nous affaiblir nous-mêmes ». En matière de nucléaire, le maintien des deux composantes (Mer et Air) a été renouvelé même s’il n’était pas du ressort de la revue stratégique de décider de l’évolution de l’outil. « Il faut optimiser les frontières entre conventionnel et nucléaire » fait-on toutefois valoir. La nécessité pour la France de rester à l’initiative en Europe, en matière de Défense a été jugée fondamentale et un rapprochement dans la collaboration franco-allemande est perçu comme nécessaire. Une réflexion sur une Europe de la Défense à plusieurs vitesses pour garantir plus de rapidité dans les décisions et de réaction face à la menace a aussi été évoquée. Parmi les nouveaux éléments de menace, la situation en Ukraine, au Mali et les attentats en Europe ont « complètement changé le contexte », relève-t-on. La menace apparaît désormais multiple : nucléaire, chimique, attaques kamikazes, possibilité d’attaques cyber organisées depuis d’autres pays, sans être capable de déterminer qui est à l’origine d’une agression.

En matière de zone d’influence, la Méditerranée et l’Afrique apparaissent comme les priorités majeures pour la France, sans faire l’impasse sur les tensions à l'est. L’ouragan Irma qui s’est invité dans les travaux, a permis de rappeler par les faits, l’ « enjeu du repositionnement des forces armées en Outre-mer et à l’étranger », fait valoir Arnaud Danjean. A aussi été inscrite la nécessité de modifier l’emploi des armées, qui sont « sur sollicitées » par la multiplication des théâtres – notamment au Sahel et au Levant. En filigrane, transparait une tendance de possible modification de l’engagement de la France au Sahel (opération Barkhane), qui pourrait se traduire par un renforcement de la présence allemande et un meilleur emploi de la force mise en place par le « G5 Sahel », ainsi qu’une possible montée en puissance de notre intérêt pour la Libye. Quant à la durée des interventions militaires, Arnaud Danjean a avancé qu’il fallait s’attendre à l’avenir à s’engager pour « une durée de 15 à 20 ans en moyenne ». Des engagements qui sont donc lourds de conséquence…

Des menaces inédites

Un participant aux travaux confie qu’ont été évoquées des menaces inédites comme le fait que les Chinois sont en train de se doter de satellites « chasseurs de satellites », de nombreux pays protègent leurs données au fond de l’eau dans des fosses sous-marines. Fortement dépendants des câbles sous-marins qui transportent nos données partout dans le monde, Arnaud Danjean a affirmé que la possibilité d’une section d’un câble entraînant le chaos dans notre pays, a été évoquée. Est d’ailleurs écrit page 50 du rapport : « de telles évolutions sont de nature à rendre les rapports de puissance plus instables, en abaissant les seuils de déclenchement accidentels ou en incitant à rechercher l’initiative d’une première frappe. Cette prime à la frappe en premier [..] pourrait concerner en particulier les domaines spatiaux ou cyber ».

“Dégradation durable”

Plus de quinze séances plénières, plus de 140 entretiens et des déplacements à Washington, Berlin ou encore à Londres ont permis de vrais débats entre les 18 membres du comité, en seulement trois mois de travail. « Des divergences » sont apparues selon L’Opinion, entre les différentes armées qui n’expriment pas toujours les mêmes besoins. « L’inverse aurait été inquiétant », balaie l’entourage de Parly.

L’incertitude et le durcissement constituent le fil directeur de cette revue. L’environnement actuel est désormais présenté comme “considérablement dégradé, instable et incertain”. “L’architecture de sécurité européenne est en déconstruction”, est-il aussi écrit. Prenant l’exemple de la guerre contre le djihadisme, Arnaud Danjean a rappelé que si les islamistes enregistrent des défaites au Sahel et au Levant, la menace est en pleine mutation. Effectivement, chaque défaite de l’Etat islamique engendre souvent la création de nouvelles poches contrôlées ailleurs par les djihadistes. L’incertitude apparaît aussi au plus haut niveau du système international qui s’est “affaibli”, a conclu le député européen.

En revanche, la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de rétablir le service national n’a pas été évoquée dans la revue. Considérée désormais comme relevant de compétences interministérielles, cette mesure devrait être débattue ultérieurement lors de réflexions menées notamment avec le ministère de l’Education nationale et le ministère du Travail.

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