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Face aux menaces, la France devra augmenter ses dépenses militaires

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Stéphane VERNAY. Publié le 21/09/2017
 
Auditionné par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale mercredi matin, François Heisbourg a dressé un tableau bien noir des menaces qui pèsent sur le monde à court terme. Le terrorisme djihadiste "va durer encore longtemps", les conflits au Moyen-Orient iront crescendo, les révolutions technologiques et le repli de l'Amérique de Donald Trump vont obliger les Etats à réinvestir massivement dans leurs armées et la défense, estime ce spécialiste des relations internationales.

La guerre et les grands désordres qui agitent le monde d’aujourd’hui (catastrophes climatiques, mouvements de population, apparition de nouvelles technologies révolutionnaires…) ont un bel avenir, et les États vont devoir casser leurs tirelires pour se protéger.

« Gare à ceux qui ne sont pas prêts »

C’est le message délivré ce mercredi 20 septembre par François Heisbourg, président de l’Institut international d’études stratégiques (IIES, basé à Londres), aux députés de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Longuement auditionné par ces derniers, le spécialiste en géopolitique international leur a dressé un tableau bien sombre des menaces qui pèsent sur nous à court terme.

« Dans ce monde, gare à ceux qui ne prendront pas la mesure des transformations en cours, ceux qui auront pris du retard dans la maîtrise des outils correspondants, et je pense ici à ce qui nous attend en matière d’intelligence artificielle, par exemple », prévient d’emblée François Heisbourg.

Un repli américain dangereux

Renvoyant au discours tenu par Donald Trump devant les Nations Unis, à New York, cette semaine, François Heisbourg craint « le détricotage des alliances » prôné par le président américain, et les conséquences qu’aura son attitude sur les relations internationales. « Les pays de l’alliance atlantique ont pu limiter leurs dépenses militaires au minimum, et la France ne fait pas exception en la matière, parce qu’à côté de notre glaive, il y avait aussi le bouclier américain, rappelle-t-il.Certains pays, je pense à l’Allemagne, au Japon, à la Corée du Sud, ont pu, à l’abri de ce bouclier, ne pas avoir à répondre à la question difficile pour eux de l’acquisition de l’arme nucléaire. » Changement d’époque. Le président Trump leur suggère aujourd’hui de s’équiper…

Des armes sophistiquées plus faciles d'accès

En plus du revirement américain, la facilité croissante avec laquelle les acteurs du chaos mondial peuvent désormais s’équiper en armes sophistiquées nouvelles plaide également pour un redoublement des efforts en matière de défense. « L’abaissement tendanciel, et fort, de la barrière d’entrée qui permet aux acteurs du système international, y compris à des individus, d’accéder a des moyens de destruction, inquiète tout particulièrement François Heisbourg. Pensez ici à Daesh, au Hezbollah, qui ont des drones, qui exploitent le cyberespace… »

« Le terrorisme djihadiste va durer »

Et ne comptez pas sur la déroute militaire de Daesh en Irak pour une embellie. Pour dénouer « les conflits de longue durée, d’une grande complexité », qui agitent aujourd’hui le Moyen Orient, « il faut du temps et du sang », prévient François Heisbourg. « La conflictualité va s’aggraver, et elle ne va pas s’atténuer dans le court ou moyen terme au Moyen Orient », estime-t-il. « Le terrorisme djihadiste sera avec nous pendant longtemps encore. Aucun responsable politique sérieux ne peut prétendre que dans deux ou trois ans, cela ira beaucoup mieux, et tout cela sera derrière nous, comme les vagues précédentes de terrorisme des années 1970 ou 1980. Ça va durer. »

50 milliards de dépenses pour la défense en 2025

Partant de ces différents constats, François Heisbourg recommande aux députés « une augmentation substantielle » de nos dépenses militaires du pays : « L’Europe et la France devront partir du principe que le bouclier américain va être moins disponible que naguère et sera monnayé beaucoup plus cher. […] Il va falloir mettre l’accent sur nos forces françaises et nos forces européennes."

On va entrer progressivement, d’une façon accélérée, dans le troisième grand cycle de modernisation de notre force de dissuasion nucléaire, et ça va coûter quand même pas mal d’argent. Autrement dit, je considère que qu’il va falloir [augmenter le budget de l’armée], de l’ordre de 35 milliards d’aujourd’hui, à environ 50 milliards d’ici 2025 »

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