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2017

"Au fil du temps", la boîte à conserve vidéo d'Aurélie Auzas

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Par Justine DEMADE PELLORCE • Journaliste de la Semaine • 22/11/2017

« On a tous quelque chose à raconter. » C’est ce que défend Aurélie Auzas à travers la création de sa “boîte à conserve”, une société de vidéo-biographie. La jeune quadragénaire a lancé sa propre aventure après une première vie de militaire, lassée de filmer des équipements sans pouvoir donner la parole aux individus à la manœuvre.

Originaire de l’Isère, Aurélie Auzas (laissez tomber, on lui a faite cent fois) a découvert la Moselle grâce à l’armée, où elle a officié pendant 17 ans. Entrée comme « simple soldat », secrétaire au 1er régiment de Sarrebourg, elle est ensuite mutée en comptabilité dans l’Ain (et devient sous-officier). Titulaire d’un BTS en communication des entreprises et lassée de cette « absence de surprise » qu’offre la comptabilité, elle demande sa mutation à Paris et obtient l’ECPAD (le cinéma des armées), son rêve : elle avait une chance sur mille. « Au bout de six ans je dois bouger, l’armée exige cette mobilité permanente. »

Elle demande l’Est pour avoir une chance de rejoindre l’une des antennes du SIRPA Terre (les relations publiques de l’Armée de Terre). « Deux mois plus tard je reçois un coup de fil : on me propose de pousser de 250 km ma destination, ce qui nous mène… en Allemagne. » A l’état-major de l’OTAN d’Heidelberg. Un coup de bol, encore. « Et puis de retour, à 40 ans, on commence à en avoir marre d’être commandé. » Et après trois années passées à Montigny-lès-Metz, au service de relations publiques, elle a épuisé son quota. « On me propose d’aller en opération extérieure et je me demande si ça vaut vraiment le coup d’aller risquer ma santé mentale ou physique pour des images. Là, quand le doute commence à s’installer, il faut arrêter. »

Voix propre

Quand elle quitte l’armée, elle suit encore une formation en webdesign pour mettre à jour les diplômes passés durant ses années militaires et elle se lance. Sans amertume mais avec une nouvelle envie : faire la mise au point non plus sur le métal des équipements mais sur les tripes de ceux qui les manipulent. Vers ceux qui pensent n’avoir rien d’intéressant à raconter, elle tend sa caméra et choisit d’éviter toute mise en scène, la moindre tentation de voix off . La jeune femme devient vidéo-biographe : elle propose aux gens de se raconter, de « conserver leurs souvenirs et de les partager » à travers des films mais aussi en rassemblant photos et documents et en les mettant en ligne via un site internet personnalisé.

Jacques Langard a fait appel à Aurélie pour raconter son histoire et sa guerre d’Algérie. Ce vieil homme a vécu la guerre et en a fait un livre, lu 400 fois depuis sa parution en 2006. « Parmi ses petits-enfants, très peu avaient lu son livre et ça l’attristait », explique la vidéo-biographe installée à Montigny-lès-Metz. « Depuis cet été, date de la mise en ligne, son site personnel a déjà été consulté autant de fois », illustre-t-elle. « Il raconte des choses qu’il avait omises dans son livre, avec sa propre voix qui tremble ou s’énerve. Poignant. »

L’exercice permet une immédiateté de visionnage et de conception (des vidéos de 20 à 30 minutes réalisables en 15 jours) appréciées. « Je ne m’adresse pas qu’aux anciens combattants », prévient l’ex-militaire. « Souvent, les parents omettent de raconter des choses à leurs enfants qui s’inventent leur propre réalité. » “Au film du temps” s’adresse aux particuliers désireux de transmettre, à travers biographies vidéo, photos restaurées, sites personnalisés… tout est envisageable pour un tarif allant de 250 à 1 000 euros maximum. Et comme elle ne peut pas encore vivre de ce micro tendu aux histoires de vie, elle travaille aussi pour les associations ou les entreprises. Pas si facile de se raconter, c’est pourquoi Aurélie aide à dérouler le fil.

Guerre 14-18. L'Australie salue un geste de la France

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Publié le 22 novembre 2017

Quelque 2.000 soldats australiens avaient perdu la vie à Bellecourt, dans le Pas-de-Calais, lors de combats contre les forces allemandes en 1917.

L'Australie est soulagée : l'électricien français Engie a renoncé à un projet d'éoliennes sur un champ de bataille français de la guerre 14-18, où des milliers d'Australiens ont péri, une décision « très touchante » pour Canberra.

Engie Green prévoyait d'ériger six éoliennes sur un site de la Première Guerre mondiale, à Bullecourt, dans le Pas-de-Calais. Mais le projet avait suscité une vive émotion parmi les Australiens. Maria Cameron, une Australienne de 70 ans venue dans ce village où périt son grand-oncle, le jugeait « barbare » : « C'est notre sang qui repose dans ces champs », avait-elle lancé avec émotion à une journaliste de l'Agence France Presse, la semaine dernière. « C'était un long périple pour une vieille femme », avait souligné la septuagénaire de Port Fairy (sud de l'Australie) qui a affronté 24 heures de voyage pour se rendre sur les lieux où est tombé son parent, Simon Fraser, comme environ 2.000 autres soldats australiens.

Émotion partagée par les riverains

Dans ce secteur, plusieurs divisions britanniques et australiennes avaient tenté, en avril et mai 1917, de briser la ligne allemande Hindenburg, entre Arras et Soissons. Environ 10.000 soldats australiens y avaient été tués ou blessés, mais aussi 7.000 Britanniques et 10.000 Allemands. Des milliers d'entre eux reposent pour toujours, dans la boue et l'anonymat, sur les 200 hectares de cette nécropole naturelle où poussent aujourd'hui pommes de terre et blé.

Encore aujourd'hui, des Australiens se rendent régulièrement à Bullecourt pour rendre hommage à leurs morts. Et leur émotion, à l'annonce du projet initial d'Engie, est partagée par de nombreux habitants locaux. Beaucoup ont, en effet, noué des liens d'amitié avec des Australiens venus se recueillir, ces dernières décennies, au mémorial de Bullecourt. « Quand on voit le sacrifice de ces milliers de soldats, cette terre peut être considérée comme un cimetière », expliquait Géraldine Alisse, opposante locale au plan d'Engie Green.

« Une nouvelle merveilleuse »

L'affaire était montée jusqu'au niveau des gouvernements des deux pays. Celui de l'Australie avait demandé des « clarifications » à la France au sujet de ce projet dont la mise en service était prévue au mieux en 2020. La semaine dernière, la secrétaire d'État française auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, avait promis de « trouver une issue » qui respecte la mémoire de ces soldats, lors d'un entretien avec le ministre australien des Anciens combattants, Dan Tehan. « C'est une nouvelle merveilleuse pour tous les Australiens, en particulier ceux dont la famille est liée à la bataille de Bullecourt », a déclaré ce dernier, ce mardi.

« Le groupe Engie a entendu les inquiétudes des Australiens et il a montré de l'empathie en annulant ce projet », a-t-il ajouté. Le ministre a, par ailleurs, exprimé, sur Sky News, sa reconnaissance envers le gouvernement français, en affirmant que cela montrait combien « les Français, 100 ans après, continuent d'estimer ce que les Australiens furent prêts à faire pour eux ». « C'est très touchant pour tous les Australiens », a-t-il ajouté. Dans un communiqué, Engie se dit « particulièrement sensible à l'émoi suscité en Australie » par son projet d'éoliennes, estimant que les réactions « ont souligné le caractère symbolique et sacré » du site. « Respectueux de la mémoire des soldats australiens morts sur le sol français, Engie fait le choix de renoncer à ce projet », a écrit le groupe.

Des aquarelles représentant 50 sites emblématiques de la Grande Guerre exposées à Eymoutiers

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Publié le 21/11/2017

Des aquarelles représentant 50 sites emblématiques de la Grande Guerre exposées à Eymoutiers

Dans les allées du cimetière des Eparges, la tombe fleurie de Robert Porchon, l’ami de Maurice Genevoix, sous le pinceau de Pascal Guillerm. © Populaire du Centre

Pascal Guillerm a passé dix ans à arpenter les vestiges du front de la Grande guerre. Il y a cherché ces lieux que les auteurs qui l’ont marqué ont décrits. Il en a ramené des dizaines d’aquarelles qui font l’objet d’un magnifique livre.

Le livre s’ouvre sur une tombe. « Lorsque j’y suis allé pour la première fois, c’était la seule tombe fleurie de tout le cimetière. Ça m’a frappé. » Cette tombe, c’est celle de Robert Porchon, l’ami de Maurice Genevoix, et l’un des personnages principaux de « Ceux de 14 », le livre majeur de l’écrivain.

Et si « Les lieux de la Grande guerre en aquarelle » débute par cette image, ce n’est pas un hasard. « Maurice Genevoix, en premier lieu, explique Pascal Guillerm, l’auteur, mais aussi Ernst Jünger, Blaise Cendrars, ce sont les nombreux écrivains anciens combattants qui m’ont guidé tout au long de mon parcours. »

En cinquante lieux emblématiques, Pascal Guillerm retrace quatre ans de combats, sur les huit cents kilomètres du front de l’ouest. Chacun de ces lieux est représenté en quelques aquarelles, accompagnées d’un texte explicatif et de la localisation GPS.

« J’ai mis dix ans pour réaliser ce projet, explique Pascal Guillerm. J’ai choisi ces lieux disséminés tout au long du front afin de pouvoir décrire des événements impliquant la majorité des pays concernés par la guerre, et couvrir presque toute la durée du conflit. »

« En fait, poursuit-il, j’ai réalisé le livre que j’aurais aimé avoir lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la Première guerre mondiale. »

Les aquarelles qui font la sève du livre sont exposées jusqu’au 25 novembre à la bibliothèque intercommunale des portes de Vassivière à Eymoutiers.

Patrice Herreyre

Bora Bora – Neutralisation d’obus laissés par l’armée américaine

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mardi 21 novembre 2017

destruction obus

Explosion d’un obus chargé à 12 kg d’explosifs en pleine mer : l’opération de destruction a parfaitement réussi. (© Delphine Simiand/LDT)

Dimanche avait lieu la deuxième journée de traitement des munitions historiques US laissées par l’armée américaine à Bora Bora. Depuis samedi, sur le quai de Vaitape, on pouvait voir deux bâtiments gris, bien différents des navires de tourisme habituels…

L’Arago est un navire des Forces armées de Polynésie française (FAPF) et le Jasmin est le navire de la gendarmerie nationale maritime. Les équipages de ces navires sont là dans un objectif précis : faire cesser le danger représenté par ces munitions immergées dans la passe de Bora Bora.

Ces obus à détruire sont des restes de l’occupation des GI’s de Bora Bora lors de la Seconde Guerre mondiale. Lors de leur présence, les soldats américains avaient mis en place un système de défense antiaérienne avec des canons sur les crêtes de l’île. Et, lorsqu’ils quittent Bora Bora en 1946, ils jettent tout simplement certaines munitions dans la passe…

Neuf munitions ont été repérées en 2011 par une équipe de plongeurs de l’OPT venus poser des câbles. En août 2017, des plongeurs des Forces armées sont venus faire faire une reconnaissance des lieux, une localisation et une identification des explosifs.

Neufs objets ont été repérés : sept obus “perforants” chargés à 2 kg d’explosifs et deux obus chargés à 12 kg d’explosifs. Ces derniers sont qualifiés de “plus sensibles” car ils sont amorcés par deux systèmes d’amorçages à l’avant et à l’arrière. Tous deux ont été retirés dimanches l’extraction des sept autres se déroule entre samedi 18 et jusqu’à aujourd’hui.

“Les obus ne représentent pas un risque particulier pour la population. Néanmoins, la dégradation opérant au fil des années, on a considéré qu’il y avait quand même un risque, de par la présence de club de plongées qui ont une tendance, peut-être, à aller voir à quoi cela peut ressembler. Nous avons donc pris la décision de retirer ces obus de la passe et de procéder à leur destruction”, explique Frédéric Poisot, directeur du cabinet du haut-commissariat de la République en Polynésie française.

Cinq navires mobilisés

Cette mission de retrait s’effectue selon un protocole très strict : mise en place d’un jalon de délimitation pour un rayon de sécurité de 1 000 m avec vérification de l’absence de plongeur en snorkeling ou de présence d’embarcations.

Ensuite seulement pouvait se dérouler la phase de relevage et de déplacement de l’obus vers la zone de destruction. Cette zone a été choisie car sa profondeur est supérieure à 1 000 m : l’obus a donc explosé en pleine eau, à une profondeur de 12m environ mais à une distance du sol de près de 1 000 m, de façon à protéger la faune et la flore sous-marine. Pour éloigner toute faune, plusieurs actions d’effarouchement ont été effectuées grâce à l’explosion de grenades.

Cette mission n’est pas anodine. Elle a nécessité un partenariat étroit entre des forces Armées spéciales de Polynésie, la gendarmerie nationale maritime, la gendarmerie nationale et la police municipale.

Cinq navires étaient mobilisés : la vedette d’intervention de la gendarmerie territoriale maritime qui était “vedette de mise en œuvre”, deux bateaux pneumatiques semi-rigides qui agissaient en tant que police intérieure, le navire Jasmin de la gendarmerie nationale maritime assurait la sécurité en mer. Un bateau de la police municipale vérifiait qu’aucun plongeur ou baigneur n’était présent sur le motu Ahuna qui se situait dans le périmètre de sécurité.

Les opérations se sont déroulées sans problème. “La tâche a été facilitée car la population joue le jeu, les périmètres de sécurité sont respectés”, assure le major Philippe, chef de mission. Une communication importante a été mise en place par la commune de Bora Bora, diffusant largement les informations sur l’arrêté pris par le haut-commissariat concernant les restrictions de navigation. Un arrêté qui court jusqu’au vendredi 24 novembre, date de fin des opérations dans la passe.

De notre correspondante, Delphine Simiand

Général Pierre de Villiers : « On ne peut pas traiter une armée professionnelle sans un budget professionnel »

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Recueilli par Corinne Laurent , le 21/11/2017
 
Dans Servir publié chez Fayard, le général Pierre de Villiers explique les raisons de sa démission du poste de chef d’état-major des armées, le 19 juillet, à la suite d’un désaccord avec le président de la République sur le budget de la défense. Il parle aussi de la fonction sociale de l’armée et de l’engagement de la jeunesse.

Le Général Pierre de Villiers  à Paris le 14 juillet 2017.

Le Général Pierre de Villiers à Paris le 14 juillet 2017. / Etienne Laurent/AFP

La Croix : Est-ce qu’il a été naturel d’écrire ce livre après votre démission en juillet ?

Pierre de Villiers : Ce livre, je le portais en moi depuis longtemps. Il n’est pas provoqué par ma démission, je l’aurais écrit si j’étais parti à l’été 2018. Après quarante-trois années au service de la France et des armées, j’avais envie de transmettre ce que j’ai appris et d’expliquer aux Français les enjeux de défense : quelles sont les menaces, que fait l’armée française d’aujourd’hui, et quelle est cette jeunesse qui s’engage pour la France.

Vous n’avez pas voulu régler de comptes…

P. de V. : Je ne suis pas intéressé par la polémique. J’ai mis en exergue cette phrase d’Alfred de Vigny : « L’honneur, c’est la poésie du devoir. » J’étais chef d’état-major des armées durant trois ans, major général durant quatre ans auparavant, je n’étais plus en état d’accomplir correctement ma mission, c’était donc la démission. Mission, démission, c’est très simple.

À lire : Pierre de Villiers, le rôle social de l’officier

Quelles leçons tirez-vous de votre expérience au contact des dirigeants politiques ?

P. de V. : Mon fil directeur, c’est la loyauté militaire aux autorités politiques et la première d’entre elles, le président de la République, chef des armées. Cette loyauté passe par la confiance et la vérité. Dire la vérité, c’est dans cet esprit que je procédais lors de mes auditions devant les commissions de la défense à l’Assemblée nationale et au Sénat, et c’est ainsi que je travaillais avec les présidents de la République que j’ai connus.

« Le monde est dangereux », dites-vous. Existe-t-il une échelle des menaces ?

P. de V. : Les menaces sont durables et plus imprévisibles. Il y a une dissémination de la menace : le terrorisme islamiste radical et les États puissances. Beaucoup d’États réarment et s’affrontent en rapports de force, en mer de Chine, au Levant, en Afrique, sur fond de terrorisme islamiste radical. Cela va durer et c’est parce que cela va durer que je crains le phénomène d’usure pour nos troupes. Depuis les attentats de janvier 2015, nous sommes à peu près 30 % au-dessus de nos capacités. C’est ce qui m’a conduit à réclamer un effort de défense supplémentaire. On ne gagne pas une guerre sans effort de guerre, c’est en quelque sorte le prix de la paix.

Avez-vous senti parfois la possibilité d’une brèche dans le lien entre l’armée et la nation ?

P. de V. : Le degré de confiance a augmenté mais, avec une armée professionnelle, il existait un risque de coupure ou de distance. J’ai toujours veillé à ce que nous n’allions pas dans une forme de sous-traitance de la sécurité. Nous avons 25 000 jeunes qui arrivent chaque année, le service militaire outre-mer (6 000 jeunes), le service militaire volontaire (1 000 jeunes), l’école des mousses à partir de 16 ans et l’égalité des chances dans l’armée de l’air. Ces dispositifs à caractère social maintiennent la vitalité du lien entre armée et nation.

A lire : Pierre de Villiers, démission d’un optimiste

Quel regard portez-vous sur l’engagement de la jeunesse ?

P. de V. : Je suis frappé par la générosité des jeunes et par la solitude de beaucoup d’entre eux. Ce sont des solidaires solitaires. Dans l’armée, ils ne sont plus solitaires car la force du collectif est puissante. Beaucoup ne sont pas habitués aux horaires, à la tenue, aux fondements d’une éducation de base. Ils découvrent une famille et des valeurs. Ils viennent chercher un idéal, un supplément d’âme. Quand on est au combat, on meurt pour la France, pour des valeurs, pour une grande cause. Dans nos sociétés matérialistes, numérisées, instantanées, ils découvrent qu’il existe quelque chose de plus. Mon fil rouge a été l’humanité. La vraie valeur d’un chef est ce qu’il apporte aux autres et ce qu’il reçoit. Toute autorité est un service. J’ai pour livre de chevet Le Rôle social de l’officier de Lyautey, je l’ai même en plusieurs exemplaires car je les perds dans mes déménagements ! C’est ce qui a animé ma carrière : le rôle social de l’officier. La vraie efficacité se moque de l’efficacité immédiate, elle passe d’abord par l’humain.

Ce modèle social que vous décrivez, comment l’armée peut-elle le préserver pour conserver son attrait ?

P. de V. : Il faut un modèle de ressources humaines avec des parcours attractifs et des emplois à haute valeur ajoutée. Il faut aussi que les conditions d’exercice du métier soient satisfaisantes. Enfin, ce sont les difficultés liées aux risques des opérations car nous sommes confrontés à un ennemi farouche, décidé, mobile, manœuvrier et jusqu’au-boutiste, avec un niveau de barbarie inégalé. On ne peut pas traiter une armée professionnelle sans un budget professionnel, et il doit être à la hauteur des besoins. Sinon, le risque est double : des difficultés de fidélisation et une baisse de moral. Or le moral, c’est le carburant. Il s’entretient par des conditions de vie à la hauteur des difficultés de l’engagement militaire.

Pourriez-vous vous engager en politique pour défendre vos convictions ?

P. de V. : Je ne ferai pas de politique car je suis un soldat. Il ne faut pas mélanger les genres. Je suis sans rancœur, sans rancune. Je continue à servir la France autrement. On peut servir de multiples façons. Servir, c’est s’oublier soi-même, penser qu’il y a quelque chose de plus grand que soi.

Périgueux : face-à-face ferme entre la secrétaire d’Etat aux armées et les anciens combattants

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Publié le 20/11/2017 par Benoît Martin.

Périgueux : face-à-face ferme entre la secrétaire d’Etat aux armées et les anciens combattants

Geneviève Darrieusecq entre la préfète et les députés Philippe Chassaing et Jean-Pierre Cubertafon. Arnaud Loth

Ce lundi midi, Geneviève Darrieussecq a dû répondre aux multiples revendications formulées par les associations qui représentent les intérêts de près de 23 000 Périgourdins.

Ce lundi midi, à la préfecture de la Dordogne à Périgueux, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, la Landaise Modem Geneviève Darrieussecq, a rencontré une dizaines de représentants d’associations d’anciens combattants, de victimes de guerre, de veufs et d’orphelins, ainsi que de harkis.

Les échanges ont été courtois mais fermes, chaque partie défendant ses positions. D’un côté, les associations ont présenté leurs doléances, parfois vieilles de trente ans ; de l’autre, la ministre a rappelé les contingences du gouvernement.

"Je ne veux pas promettre des choses que je ne pourrai pas tenir"

"Je connais tout ce que vous demandez. Vos associations m’ont décrit l’état des lieux. J’ai bien retenu qu’il y a des demandes qui sont faites depuis de très, très, très nombreuses années. La liste est très longue et très variée", a rappelé d’emblée la secrétaire d’Etat, en charge "des anciens combattants, de la mémoire, du lienNation / armées, de la formation, du service de santé des armées".

Geneviève Darrieussecq a adopté une posture très macroniste, avec un discours alliant un peu d’empathie et une bonne dose de discours de vérité : "Certaines demandes me paraissent irrationnelles. Cela représente des sommes budgétaires considérables. Il faut se donner des priorités. Je ne veux pas promettre des choses que je ne pourrai pas tenir. Nous allons travailler sur quatre ans. Les avancées ne seront jamais suffisantes à vos yeux, mais elles seront significatives".

Les représentants d'associations d'anciens combattants

Les représentants d’associations d’anciens combattants Crédit photo : Arnaud Loth

Dieppe : il y a cent ans le vapeur Maine était torpillé

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Publié 20/11/2017

Dieppe : il y a cent ans le vapeur Maine était torpillé

Autour d’Alexandre Duhornay, étudiant en histoire, Maurice Neveu, un descendant de l’une des victimes dieppoises du Maine et Bernard Brebel, le responsable de l’Admmac (amicale dieppoise de marins et de marins anciens combattants)

Autour d’Alexandre Duhornay, étudiant en histoire, Maurice Neveu, un descendant de l’une des victimes dieppoises du Maine et Bernard Brebel, le responsable de l’Admmac (amicale dieppoise de marins et de marins anciens combattants)

Hommage. Une cérémonie, est prévue ce soir, à la chapelle de Bonsecours, pour honorer la mémoire des marins du vapeur « Maine » disparus en mer, le 21 novembre 1917

Un ex-voto des victimes à Bonsecours

Notre-Dame de Bonsecours, chapelle des marins disparus porte, à Neuville-lès-Dieppe, la mémoire des naufragés. Pour ces hommes qui ont péri en mer et n’ont pas de sépulture, les familles ou les amis ont déposé des ex-voto, accrochés sur les murs de l’édifice religieux. Parmi ces plaques, on retrouve celle du Maine. Y figurent les noms de l’équipage du bâtiment torpillé : Jean-Matthieu Mallet, le capitaine originaire d’Agde où une rue porte désormais son nom ; Léon Jacques, son second, du Havre ; Pierre Hamon, timonier de Saint-Malo ; les matelots dieppois Alexandre Hesry, Armand Ladoucette et Vincent Gapenne, Eugène Rault, matelot cuisinier de Dinan, ; le tout jeune mousse dieppois âgé de 14 ans, Robert Dinet ; l’équipe des mécaniciens : Clément Peltier ; Léon Simon et Albert Brayer, de Rouen ; Auguste Donval et Alex Delestre, 1er chauffeurs l’un de Lannion, l’autre de Dieppe. Deux graisseurs dieppois, Léon Delestre et Gaston Freuillet. Les chauffeurs François Squeren (Tréguier), Édouard Neveu (Dieppe), Yves Le Corre (Paimpol), Pierre Simon (Dinan), Joseph Le Crubiere (Saint-Brieuc), François Pierre (Saint-Brieuc) et Charles Richard (Caen). Les militaires français Célestin Aloujes (Port-Vendres), Henri Jacq, Albert Timothée, Alexandre Pinabel (Cherbourg), Charles Hoornaert (Cherbourg) ; un marin britannique Short Percy, un interprète anglais Charles Mugridge.

C’était il y a 100 ans. Le 21 novembre 1917, le vapeur Maine, un cargo charbonnier de la Compagnie des chemins de Fer de l’État, réquisitionné à Dieppe pour l’effort de guerre, était torpillé vers 9 h 45 et coulé par un sous-marin allemand, à environ 30 milles de Newhaven. À bord, se trouvaient 25 membres d’équipage et une dizaine de militaires français et britanniques. Un seul survivant, Yves Lesne, le maître d’équipage originaire de Dinan, parvint à être récupéré par un chalutier anglais. Il avait déjà vécu deux naufrages et avait réussi à se munir de sa ceinture de sauvetage comme il le raconte dans le procès-verbal de disparition du Maine.

Sous la menace des U-Boot

Le bâtiment transportait, de Newhaven à Dieppe, un chargement de 522 tonnes de munitions, 5 tonnes de matériel médical et 22 tonnes de matériel divers. En pleine Première Guerre mondiale, le conflit maritime faisait rage dans la Manche. Le 9 janvier 1917, le Kaiser Guillaume II mettait l’Europe en état de blocus maritime total. L’Allemagne autorisait sa flotte à attaquer férocement en mer. Il faut dire que l’empire pouvait compter sur une arme nouvelle avec ses redoutables sous-marins U-Boot. Le 21 novembre 1917, la route du Maine, qui participait au ravitaillement des troupes engagées sur le front de la Somme par des liaisons quotidiennes entre Dieppe et Newhaven a croisé, fatalement, celle du UB56. Parmi la trentaine d’hommes à bord, des marins dieppois dont un tout jeune mousse, âgé de 14 ans seulement, Robert Dinet.

Cet épisode dramatique de sa ville, Alexandre Duhornay, jeune étudiant en histoire, l’a découvert, il y a quelques mois. « J’avais vu la plaque commémorative apposée sur le mur de la Tour aux Crabes. Puis elle a disparu lors des travaux en cours ». Passionné par l’histoire des deux guerres mondiales, le jeune homme se rapproche de l’Admmac (Amicale dieppoise de marins et de marins anciens combattants) pour en apprendre davantage. Il se retrouve naturellement à la chapelle de Bonsecours où la mémoire de ces hommes, morts en mer, perdure, protégée par le « gardien » des lieux.

« Je ne sais pas de quand date précisément la plaque collective ni celle déposée par la famille du jeune mousse, précise Serge Lannier, le président du comité de sauvegarde de la chapelle. Mais il y a dix ans nous avons fait effectuer une restauration pour que les noms restent bien lisibles pour nos nombreux visiteurs ». Ceux des marins du Maine côtoient la longue liste des 800 à 1 000 noms de marins, sans sépulture, dont la mémoire est honorée sur place. L’épave du Maine a été retrouvée et identifiée en 2007 par les « Corsaires d’Ango ». Elle est, depuis, régulièrement visitée par des plongeurs. Les fonds sous-marins de la Manche continuent, un siècle plus tard, de livrer les épaves des ennemis d’autrefois. La semaine dernière, un navire de la marine néerlandaise qui participait à une opération de déminage a découvert l’épave du UC-69, un sous-marin allemand de la Première Guerre mondiale au large du cap de Barfleur.

Saint-Pons-de-Thomières : une stèle commémorative dévoilée au Plô de Mailhac

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19/11/2017

Saint-Pons-de-Thomières : une stèle commémorative dévoilée au Plô de Mailhac

Alain David et Hocine Boudjemaa lors de la présentation du projet

Elle a été érigée par l'État pour désormais compléter ce lieu de mémoire.

Samedi 25 novembre à 11 h, en présence du sous-préfet de Béziers Christian Pouget, du président du conseil départemental Kléber Mesquida, du maire de St-Pons Georges Cèbe et du directeur départemental de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre Alain David, une stèle et une plaque seront dévoilées sur le site de l'ancien hameau de forestage du Plô de Mailhac.

"C'est ici que, de 1963 à 1974, plus de 140 familles de Harkis, rapatriées d'Algérie, ont vécu dans des baraquements sommaires, partagé des conditions de vie précaire et souffert de l'isolement et du sentiment d'avoir été abandonnées", rappelle le président de la communauté Harkis du Saint-Ponais Hocine Boudjemaa.

En 1974, ces familles rejoindront des logements HLM construits aux Marbrières du Jaur, sur la commune de Saint-Pons-de-Thomières, et seront enfin pleinement intégrés dans la vie locale.

Une première stèle y avait été érigée en 2011, celle de l'État viendra désormais compléter ce lieu de mémoire.

Une discrète visite de la ministre à la base d'Orléans-Bricy

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Publié le 19/11/2017

Une discrète visite de la ministre à la base d'Orléans-Bricy

Le vendredi 17 novembre 2017, la base de défense d'Orléans-Bricy a accueilli Madame Florence Parly, Ministre des Armées. © Armée de l'air / Mathilde Defossez

Vendredi, Florence Parly, ministre des Armées, est venue sur la base de défense d’Orléans-Bricy.

Dans le Loiret qui réunit près de quarante établissements et 6.000 personnels civils et militaires du ministère des Armées, la base de défense d'Orléans-Bricy constitue le pivot interarmées.

La ministre Florence Parly y est venue en visite vendredi, au cours de laquelle elle s’est entretenue avec les responsables de la coordination des soutiens et a échangé directement avec le personnel en charge de l’administration, ainsi qu’avec les spécialistes qui assurent au quotidien les tâches de support et d’appui au profit des forces. La ministre a aussi visité l’antenne médicale de Bricy.

La seconde vie du drapeau de la Grande Guerre

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Publié le 19/11/2017

Roger Guérin, Marie-Josèphe Mançois et Michel Blin.

Roger Guérin, Marie-Josèphe Mançois et Michel Blin. © Photo NR


Marie-Josèphe Mançois a restauré le drapeau des anciens combattants de la Première Guerre mondiale qui partait en lambeaux.


Au cours de la cérémonie du 11 Novembre, le drapeau de l’Union des anciens combattants de Montgivray, datant de la Première Guerre mondiale 1914-1918, était de nouveau de sortie. Il a été rangé pendant plusieurs années dans une salle du palais de justice de La Châtre, en attendant d’être restauré, travail qui a été confié à Marie-Josèphe Mançois, épouse d’un des porte-drapeaux, Gilbert Mançois, qui occupe cette fonction depuis plus de quarante ans.


Un élément du patrimoine local « Ça c’est fait bizarrement, explique cette dernière. J’ai toujours aimé coudre ; j’ai travaillé pendant trois années à l’usine de couture de M. Boué qui était installée à l’emplacement de l’école maternelle Flaubert, rue Alphonse-Fleury, à La Châtre, avant d’être mère au foyer pour m’occuper de mes quatre enfants. J’ai continué à coudre par plaisir, pour leur créer des vêtements. »


Lors d’une réunion de bureau, les anciens combattants ont décidé de faire restaurer le drapeau qui partait en lambeaux et de confier l’ouvrage à Marie-Josèphe Mançois. Un travail qu’elle a effectué avec beaucoup de minutie pour enlever le vieux galon et le remplacer, pour repriser le plus discrètement possible l’intérieur du drapeau avec des fils rouge et vert, les plus fidèles à la couleur initiale.


Une tâche qu’elle a eu à cœur de mener en souvenir de son père qui a participé à la Grande Guerre et de son beau-père, à celle de 1939-1945. Michel Blin, maire de Montgivray, a profité de la cérémonie pour adresser ses félicitations à Marie-Josèphe pour le temps qu’elle a consacré à la conservation de cet élément du patrimoine local. De son côté, Roger Guérin, porte-drapeau depuis plus de trente-cinq ans, est ravi de retrouver l’emblème de la Première Guerre mondiale. Il le sortait tout de même une fois ou deux par an. En attendant, on lui avait confié le drapeau de 1939-1945. Il faisait partie du régiment 2/403 d’infanterie d’artillerie de l’armée de Terre, engagé dans la guerre d’Algérie, et était parti pour Oran en octobre 1955, d’où il est revenu en février 1958. Roger Guérin qui est présent à toutes commémorations, portera maintenant avec fierté, l’honneur retrouvé des poilus.

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