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2011

Un monument pour les morts en opérations extérieures imminent, quoique !

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Publié le 20/06/2011 par Jean Guisnel

Tout le monde est d'accord pour construire un monument aux soldats morts en Opex. Mais quantité de points restent à trancher.

Bernard Thorette est conseiller d'État, général d'armée en deuxième section et président de l'association d'entraide Terre-Fraternité.

L'idée d'un monument aux soldats français morts en opérations extérieures fait son chemin depuis plusieurs mois, comme nous l'avons déjà écrit sur le Point.fr et pas seulement depuis le 27 avril, date de l'envoi de la réponse de la Mairie de Paris à une requête en ce sens de l'ADEFDROMIL. Le ministre de la Défense Gérard Longuet avait précisément indiqué son souhait en déclarant le 6 avril dernier à Nîmes : "Voilà également ce que signifiera le futur monument que je veux voir érigé à la mémoire de nos combattants morts dans les opérations extérieures et pour lequel une mission de préfiguration va être créée."

Depuis lors, cette mission a été confiée au conseiller d'État Bernard Thorette, toujours général d'armée en deuxième section et président de l'association d'entraide Terre-Fraternité, ci-devant chef d'état-major de l'armée de terre et lui-même ancien de l'opération Daguet. Difficile de trouver plus qualifié !

Avant la présidentielle

Aujourd'hui donc, la commission civilo-militaire qu'il conduit avance à grands pas. Une première ébauche de ses propositions de monument devrait être prête pour le 14 juillet, avant la remise d'un rapport définitif au ministre de la Défense, à la fin du mois de septembre. L'objectif final étant que les choses ne traînent pas et que le monument soit prêt, dans l'idéal, avant la prochaine présidentielle.

Dans un premier temps, la commission a entendu les différentes (et très nombreuses !) associations concernées par la mémoire des disparus en Opex :

la Fédération Maginot, l'Union fédérale des associations françaises d'anciens combattants, l'Union française des associations de combattants et de victimes de guerre, la Fédération nationale des anciens des missions extérieures fname69.free.fr/, les Anciens des missions extérieures, l'Association nationale de la nouvelle génération des anciens combattants, l'Association nationale des parents et amis des victimes des interventions de paix dans les Balkans, l'Association des anciens combattants des opérations et missions extérieures, l'Association nationale des participants aux opérations extérieures, l'Amicale des anciens de la division Daguet. La bonne nouvelle, c'est qu'aucun des représentants de ces associations n'a soulevé la moindre objection à la mise en place d'un tel monument à Paris. Pour le reste, bien des questions demeurent.

Combien de participants aux Opex sont décédés ?

Environ 600 soldats français et étrangers (légionnaires) seraient morts en opérations extérieures, sans plus de précision. Mais certains chiffres seraient plus proches de 750, depuis que les Opex existent, c'est-à-dire depuis la fin de la guerre d'Algérie. Mais pour ne donner qu'un aperçu du problème, l'opération Épervier, au Tchad, n'est plus officiellement considérée comme une opération extérieure. Il faudra donc s'accorder sur une définition. À ce stade, une Opex existe entre l'ordre du chef d'état-major des armées déclarant le "théâtre ouvert" et l'ordre final le déclarant "fermé". Or, de l'avis général, ce critère n'est pas suffisant. Membre de la commission Thorette, l'historien Maurice Vaïsse a été désigné volontaire pour plancher sur le casse-tête. Bon courage !

Qui sont les "morts pour la France", dont les noms sont seuls susceptibles, à ce stade, d'être inscrits sur le monument ?

Si ce critère est finalement retenu, il faudrait par exemple retirer de la liste des 62 soldats français morts en Afghanistan depuis 2001, ceux qui ont été victimes d'accidents ou ceux qui se sont suicidés. Ou encore les soldats dont une faute caractérisée a provoqué la mort. Pour un membre de la commission, la question se pose en ces termes : "Cette question devra être tranchée et endossée par le ministre. Soit nous sommes restrictifs, et nous ne retenons que les noms des morts pour la France. Soit nous sommes plus larges, et nous pourrions être questionnés par ceux qui sont morts pour la France." Dilemme...

Quelle forme doit prendre le monument ?

D'aucuns imaginent une version électronique, proche de celle retenue pour le Mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Mais pour la commission, ce monument sert de contre-exemple. Le système d'affichage ne fonctionne pas bien, il est mal situé et sert de lieux d'aisances pour les canidés. À ce stade, le seul recours à l'électronique serait un petit édifice associé au monument, sur lequel on pourrait taper le nom d'un disparu et le voir apparaître avec son histoire personnelle. Autre idée : un "monument virtuel" dédié sur le site Mémoire des hommes.

Combien coûtera-t-il ?

Actuellement, le budget prévu tourne autour du million d'euros, comme pour le mémorial du quai Branly. "On m'a dit que j'aurai l'argent", nous a confié Bernard Thorette, pour qui c'est bien le problème le moins urgent. De fait, on n'imagine pas que ce point puisse faire question...

Où l'installer ?

Huit sites sont à l'étude à l'heure actuelle. La solution retenue présentera des avantages et des inconvénients, et n'aura pas le même statut si le terrain d'implantation appartient à la Ville de Paris ou au ministère de la Défense. La nature exacte du monument sera induite par son implantation. Impossible de lancer un concours d'architecture avant qu'elle ne soit choisie. L'éventualité n'est pas exclue d'un transfert à Paris du monument Les veilleurs de paix, actuellement érigé à Verdun.

Les huit options à l'étude sont les suivantes :- Pourtour de l'arc de triomphe de l'Étoile, sous forme de plaque murale ou de dalle.
- Jardin du rond-point des Champs-Élysées.
- Jardin des Tuileries.
- Esplanade des Invalides.
- Place du Champ-de-Mars, côté tour Eiffel.
- Intérieur de l'enceinte de l'hôtel national des Invalides, sur l'espace gazonné le long des douves, côté esplanade.
- Intérieur de l'enceinte de l'hôtel national des Invalides, à droite de l'entrée de la cathédrale Saint-Louis.
- Enceinte du futur ministère de la Défense, à Balard.

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