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1938

Bulletin de l'Association générale des mutilés de la guerre. 1938/08- 1938/09.

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Alan Seeger

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Bulletin de l'Association générale des mutilés de la guerre. 1938/08- 1938/09.

Dans quelques jours il aurait cinquante ans. Le jeune poète américain qui hantait le quartier latin d'avant-guerre aurait, à n'en pas douter, enrichi de pages admirables la littérature de son pays; il serait célèbre, on se disputerait l'honneur de fêter son cinquantenaire entre artiste et lettrés.

Mais Alan Seeger avait une âme trop haute en 1914 pour songer à la seule gloire littéraire. A la fin d'août, le délicat, le raffine avait fait place au légionnaire Il ne parais- sait pas robuste, son allure était plutôt d'un bénédictin que d'un soldat, mais il avait le cœur d'un héros et à la guerre c'est le cœur qui compte.

Alan Seeger porta son sac et son fusil sur tous les champs de bataille où la Légion étonna les combattants les plus difficiles à étonner. Dans sa musette, il portait de quoi écrire lettres et poèmes. Au repos, il servait encore la cause à laquelle il s'était dédié. Il allait jusqu'à l'invective pour fustiger ceux qui, demeurés dans la paisible Amérique, n'avaient pas, comme lui, couru au canon. Il avait, lui, «pris rendez-vous avec la Mort» il lui parlait sans forfanterie, mais sans crainte : elle devait venir.

Le 4 juillet 1916, jour anniversaire de l'Indépendance Américaine, vers 6 heures du soir, à la tête d'une vague d'assaut, le caporal Alan Seeger tombait, sous le feu nourri d'un nid de mitrailleuses allemandes. L'attaque réussit, le village de Belloy-en-Santerre fut repris, mais lorsqu'au petit jour les brancardiers purent s'approcher de lui, Alan Seeger qui, durant la nuit, avait chanté des refrains populaires français s'était tu pour toujours.

Le sort devait encore s'acharner sur sa dépouille. Une contre-attaque allemande pulvérisa le pauvre cimetière où l'humble caporal gisait au milieu de ses compagnons d'armes. Le 8 juillet, il ne restait plus rien de lui.

On n'anéantit pas un poète et un héros; son âme flotte partout où il a passé. Un an après, jour pour jour, le 4 juillet 1917, retentissait au cimetière de Picpus le fameux « La Fayette nous voici» En 1918 deux millions de compatriotes d'Alan Seeger foulaient le sol de France et se ruaient sur l'envahisseur. Le 11 Novembre, le vœu d'Alan Seeger était exaucé.

Venu en France après la guerre, le père du poète ne retrouve plus rien qui puisse lui rappeler son fils. A Paris, la statue qui surmonte le monument aux volontaires américains est anonyme pour la plupart des passants;à Belloy-en-Santerre le nom du disparu figure sur le monument aux Morts, mais il reste inaperçu parmi tant de noms de soldats qui eurent, eux aussi, « l'honneur de bien mourir »

Dans le clocher reconstruit de l'église du village, une cloche baptisée des prénoms de la mère de Seeger, Charlotte Elisabeth, chante chaque soir l'Angélus, admirable don d'un père désolé qui nous ayant tout donné a voulu que résonne encore une voix céleste sur le champ de bataille régénéré où son fils s'est incorporé au sol de France.

Le souvenir d'Alan Seeger vit toujours dans le cœur des Français et des Américains. La FIDAC a voulu exprimer ses sentiments, dans des cérémonies qui eurent lieu le 4 juillet tant à Paris qu'à Belloy-en-Santerre, cérémonies intimes entre combattants cérémonies modestes, les seules qui eussent plu au disparu.

Dans toutes les écoles de France, par décision du Ministre de l’Éducation Nationale sur la suggestion de la FIDAC, les écoliers, ont récité des poèmes d'Alan Seeger et notamment : « J'ai un rendez-vous avec la mort » Ils ont appris que les temps modernes ont eu des héros comme ceux dont Plutarque a magnifié l' existence.

La Forêt des Ecrivains combattants

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