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La Lettre d'Information 19/07 du CEACH.

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La Lettre d'Information 19/07
du
Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

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Semaine dédiée à la Légion Étrangère à Sète

Lundi, 02 Septembre 2019 07:25

Réunion du bureau du CEACH

Lundi, 02 Septembre 2019 07:55

Le mercredi 4 septembre 2019 à 10H00, salle municipale de l'UNC, quai du chapitre, Palavas.

Concert de la Musique de la Légion étrangère le samedi 7 septembre 2019 à Sète

Lundi, 02 Septembre 2019 07:30

Bazeilles 2019

Lundi, 02 Septembre 2019 08:28

Sidi Brahim 2019

Lundi, 02 Septembre 2019 08:47

Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
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www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/07

« 14 juillet : Examen de conscience »

Comme chaque année, le 14 juillet, la France rendra hommage à ceux qui la servent au péril de leur vie et notamment ses soldats. Les Français honoreront en particulier les « Blessés pour la France », comme ils le font, chaque année, le 11 novembre, pour les « Morts pour la France ».

Quelle chance notre pays a de posséder en son sein un tel vivier de citoyens prêts à le servir jusqu’au sacrifice suprême si le devoir ou la mission l’exige, comme on l’a vu récemment face aux islamistes du Sahel et dans la lutte parfois mortelle contre les incendies !
Chez ces hommes et ces femmes le sens du devoir, de la mission à accomplir coûte que coûte et de l’intérêt général se mêlent intimement. Pour eux, « Honneur et Patrie » riment avec « Valeur et Discipline ».
Au-delà des clivages exprimés et souvent exacerbés par les partis politiques, les ego et les calculs intéressés de leurs responsables, il y a la France. Elle seule peut rassembler les Français si différents, sous réserve qu’on leur apprenne qu’ils appartiennent à une communauté nationale, qu’ils sont ainsi dépositaires d’un héritage sans lequel ils ne seraient rien et qu’ils ont des devoirs envers cette communauté, au moins celui de transmettre dans le même état l’héritage reçu à la génération suivante. Comme leurs parents et ancêtres l’ont fait souvent au prix du sang, ils doivent le protéger et veiller d’abord à ce que notre pays demeure la terre d’un peuple libre et indépendant, capable de s’unir face à l’ennemi et aux multiples adversaires qui cherchent à l’affaiblir voire à le conquérir.

Mais ce vivier de jeunes Français prêts à sacrifier leur vie pour la France, d’où vient-il ? Que fait-on aujourd’hui pour le développer ? Quel projet, quelle ambition, quelle vision les responsables politiques proposent-ils pour susciter dévouement et abnégation jusqu’au sacrifice? Quelle éducation est donnée et par quels maîtres ? Les parents sont-ils conscients que leur premier devoir est celui d’éduquer avant de gagner plus, de dépenser plus, de consommer plus ?

Certains médias évoquent parfois le recrutement « par tradition familiale » au sein des armées mais, outre le fait qu’il est moins fréquent que dans d’autres professions (enseignants, agriculteurs, …), il faut plutôt s’interroger sur ses causes et se demander qui parle aux jeunes Français de la France, de sa tragique et glorieuse Histoire, de ses héros, de la richesse de son exceptionnel patrimoine et de son rayonnement international. Certaines bonnes âmes s’interrogent même sur le faible nombre de noms « exotiques » dans les listes d’admission aux concours des écoles militaires alors que l’information sur les carrières militaires n’a jamais été aussi accessible…
Ne faut-il pas y voir d’abord une insuffisance d’éducation patriotique, oui osons le mot, car il est celui qui exprime les devoirs envers nos pères desquels nous avons reçu le patrimoine commun. Pour les Français de fraîche date, il s’agit de découvrir, d’accueillir, d’adopter, d’assimiler et d’aimer la France ; faire sienne cette nouvelle Patrie choisie en acceptant la perspective de se sacrifier pour elle.

Combien, parmi les dizaines de milliers d’étrangers qui rejoignent la France chaque année, peuvent déclarer comme le fit le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari, Géorgien, formidable entraîneur d’hommes, héros de Bir Hakeim, Compagnon de la Libération, commandant la 13e demi-brigade de Légion étrangère et tué au combat: « Nous étrangers n’avons qu’une façon de prouver notre amour pour la France : nous faire tuer pour elle ! »

A cet égard, comment interpréter les flux de jeunes Africains de 20 ans « fuyant la guerre dans leur pays » ? Outre le fait que nombre de pays d’où viennent les immigrés ne sont pas en guerre (Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire,…), faut-il faciliter l’accueil de ces jeunes Maliens, Nigériens, Burkinabés en âge de porter les armes pour défendre leur pays ? Faut-il donc que ce soient uniquement des jeunes Français qui aillent se sacrifier pour lutter contre la terreur islamiste dans le Sahel ? N’y a-t-il pas en France des volontaires maliens, nigériens ou burkinabés, en attente de naturalisation, pour se battre au Sahel pour leur ancienne ou future patrie ? Bref, pourquoi ne pas constituer en France des « forces sahéliennes libres », les entraîner et les engager aux côtés des soldats français, soit pour défendre leur pays d’origine, soit pour prouver leur attachement à la France, leur future patrie, comme le firent tant d’étrangers amoureux de la France durant les deux guerres mondiales ?

Les valeurs cultivées quotidiennement par les Armées, - courage, discipline, camaraderie, esprit de corps, abnégation, sens de l’effort, goût du travail bien fait, caractère sacré de la mission -, sont des valeurs auxquelles sont sensibles les Français. Sans doute ressentent-ils leur absence ou insuffisance au sein de la société actuelle. Ils devinent confusément que notre pays ne peut relever les défis et gagner que si ses dirigeants sont capables de les mobiliser, de susciter leur adhésion à un projet collectif qui les dépasse et qui soit beaucoup plus que la somme des intérêts individuels ; mais surtout ils exigent une élite qui montre l’exemple du courage et de l’abnégation, de la primauté du bien commun et de l’intérêt général.

Alors, en ce 14 juillet 2019, il appartient à chaque Français et en priorité à nos responsables politiques de s’interroger sur leurs devoirs avant de faire valoir leurs droits, leurs privilèges et leurs intérêts personnels. Il nous faut retrouver tous, sans exception, le sens du devoir d’état, du service et plus que jamais du courage sans lequel, comme le disait Napoléon qui savait de quoi il parlait, « Un homme sans courage est une chose ».


La RÉDACTION de l’ASAF*

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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/08

« Réflexions autour d’un débarquement méconnu »

Les commémorations du débarquement de Provence ont suscité, comme c’est le cas après chaque déclaration du président de la République, de nombreux commentaires, souvent très politiciens, liés en l’occurrence à une petite phrase: « La France a une part d’Afrique en elle», ou à la présence de M. Nicolas Sarkozy à ses côtés. Mais il y a plus important.

Le débarquement de Provence, événement largement méconnu de nombreux Français, a revêtu en 1944 une importance considérable pour l’avenir de notre pays. Il devrait constituer dans le contexte actuel une source de réflexion féconde pour orienter notre politique nationale.
 

Restaurer la place de la France dans le monde

Dès le 18 juin 1940, la finalité de l’action du général de Gaulle ne consistait  pas seulement à vaincre l’armée allemande et à la repousser au-delà du Rhin. Le but stratégique était de restaurer la place de la France dans le monde ainsi que sa crédibilité, notamment vis-à-vis des alliés anglo-saxons, après la terrible défaite de 1940 qui consacrait un véritable démembrement de notre pays. La nature de l’action conduite par le chef de la France Libre n’était donc pas seulement militaire mais plus globale, c'est-à-dire politique au sens complet et noble du terme.

Ce deuxième débarquement sur le territoire national, après celui de Normandie auquel peu de troupes françaises avaient participé - puisque la plupart étaient engagées victorieusement en Italie -, allait permettre à la France de déployer sur le sol national une armée de 270 000 hommes sans  compter les équipages de plusieurs dizaines de bâtiments de la Marine et de centaines d’avions des Forces aériennes françaises libres.
En débarquant avec des effectifs significatifs, l’armée « B » du général de Lattre de Tassigny, constituée de troupes souvent aguerries et sous les ordres de généraux de très grande valeur, permettait aux Français enfin libérés de retrouver leur fierté mais aussi aux Alliés de reconnaître que la France recouvrait sa puissance et son rang. Après ses succès remportés en Italie, elle libérait Toulon en 10 jours puis Marseille avec 1 mois d’avance.
En outre les effectifs de l’armée B n’ont cessé d’augmenter jusqu’à la capitulation allemande grâce à l’intégration en son sein des nombreux maquis qui menaient déjà depuis plusieurs semaines des opérations de renseignement indispensables aux Alliés ainsi que des actions de harcèlement contre les forces allemandes afin de créer l’incertitude sur le lieu exact du débarquement et d’en faciliter ainsi le déroulement.

Enfin, la remontée rapide de l’armée de Lattre contraignait les Allemands à se replier très rapidement pour éviter que leurs Ière et XIXe armées, qui occupaient le sud de la France, ne soient prises en tenaille. À cet égard, il est symptomatique d'observer que ce furent deux unités françaises qui firent leur jonction en Bourgogne : la 2e DB, après avoir débarqué en août en Normandie et libéré Paris, et la 1ère DFL  venant de Provence et qui venait de libérer Lyon.
Cet engagement  militaire français, croissant au fur et à mesure que la libération progressait, permettait au général de Gaulle de placer la France dans le camp des puissances alliées et de s’imposer définitivement comme chef du gouvernement provisoire de la République française, prélude indispensable pour que la France retrouve toutes ses prérogatives d’avant 1939.

Cette restauration nationale s’appuyant sur la puissance militaire amplifiait l’engagement hautement symbolique de la France au côté de l’URSS dans les combats sur le front de l’Est. La France fut en effet la seule nation alliée à accepter de sacrifier ses soldats aux côtés des armées soviétiques rappelant ainsi aux Anglais et aux Américains que la France de 1943, encore très faible militairement, était une puissance alliée indépendante. L’escadrille Normandie Niémen reste encore aujourd’hui très présente dans la mémoire combattante russe.

Rassembler la Nation dans le creuset de son armée

Si les armées françaises, par le volume de leurs effectifs - plus de 500 000 hommes au jour de la capitulation allemande le 8 mai 1945 – mais aussi par les objectifs importants et symboliques qu’elles ont atteints en Allemagne - Ulm et Berchtesgaden -, vont constituer un atout décisif pour replacer la France parmi les quatre vainqueurs et devenir une puissance occupante, elles ont aussi largement contribué à refaire l’unité de la Nation.
A l’instar de Leclerc qui avait su rassembler au sein de sa division des soldats ayant rejoint de Gaulle dès 1940, au combat depuis 4 ans, et des soldats de l’armée d’Afrique - c'est-à-dire essentiellement de l’armée d’armistice - qui n’avaient repris le combat que fin 1942, de Lattre intégra au sein de la 1ère armée nombre de maquis tous très différents par leur volume, leur valeur militaire, leur encadrement et leur équipement mais aussi par leur orientation politique.

En agissant ainsi l’armée devenait le creuset d’une armée de libération nationale où se fondait un grand nombre de soldats d’origines très diverses et dans laquelle tous les citoyens pouvaient se retrouver, contribuant ainsi à restaurer l’unité de la Nation déchirée par les choix différents parfois opposés que firent les Français au moment de l’armistice.
Cette intégration en masse de jeunes Français de tous horizons était d’autant plus indispensable que les combats en hiver dans les Vosges et en Alsace réduisaient l’efficacité des troupes coloniales et que de Gaulle souhaitait qu’un maximum de Français participent directement à la libération du sol national.

Connaître et comprendre notre Histoire

On comprend ainsi que le débarquement de Provence a permis à la France de restaurer son rang de grande puissance et son unité nationale ; l’armée en fut l’instrument premier. Ce constat mérite réflexion.

Mais cela n’a été possible que parce que la France et son armée, en ces moments cruciaux, avaient à leur tête des chefs déterminés et courageux, pour qui l’action guerrière servait une ambition politique claire et forte : la grandeur de la France et la place qu’elle doit occuper dans le monde, à la mesure de son génie qui s’est exprimé au cours des 15 siècles de son Histoire.
La RÉDACTION de l’ASAF*
 

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