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La Lettre d'Information 19/01 du CEACH.

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La Lettre d'Information 19/01
du
Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

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Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
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www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/01

« État faible : la Nation et son armée fragilisées »

Un bilan triste et inacceptable

Dix morts, des centaines de blessés, des scènes de pillage diffusées en direct, des dégâts matériels considérables, la liberté de circuler en voiture entravée et de nombreux Français plongés tous les samedis dans l’insécurité, en ville, aux ronds-points et péages ; c’est l’image ternie par des dérives inacceptables que donne la France au monde depuis quelques semaines. Ce désordre, encouragé par des partis politiques et dont profitent des nations étrangères, affaiblit considérablement notre pays, restreint sa capacité d’influence et réduira inévitablement sa crédibilité militaire.

Un terreau favorable

La contestation des gilets jaunes, dont la légitimité n’est pas en cause, s’est déclenchée sur un terreau favorable et a pris la forme d’un mouvement sans responsables déclarés. Du fait de certains individus radicalisés ou étrangers au mouvement, elle a dérivé, ici et là, au gré des heures et au fil des semaines, vers une forme localisée de guérilla urbaine, où se mêlent expressions d’injures et de haine, actes de violences et de pillage, autant de propos et de gestes puisés aux plus bas instincts.

Tel est le triste bilan aujourd’hui d’un État dirigé depuis tant d’années par des hommes et des femmes méconnaissant trop souvent les réalités du terrain, diffusant un sentiment de suffisance, voire parfois d’arrogance. Ils se sont montrés incapables de rassembler la Nation autour d’un projet qui redonne leur fierté aux Français et leur permette de relever collectivement les redoutables défis auxquels ils sont confrontés. Bien au contraire, les Français, dans leur majorité, ont le sentiment d’être dirigés par une classe politique inefficace qui, loin de montrer l’exemple, ne sait pas expliquer clairement les objectifs à atteindre ni les efforts inévitables à consentir pour restaurer la puissance de notre pays.

C’est une grande faute que de ne pas avoir dit franchement depuis longtemps que nous dépensons trop, que nous devons réorganiser l’État, revoir notre système social et que nous devons travailler bien davantage sous peine de devenir très rapidement un pays de second rang.

La loi bafouée

Dans cet environnement fragile, les dirigeants d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, se révèlent incapables de faire respecter la loi, y compris quand ils déclarent que « nous sommes en guerre ». Ils préfèrent dénigrer le passé et noyer la France dans une repentance historique systématique, qui mine la confiance, fissure la cohésion et éteint l’enthousiasme. Cette attitude intellectuelle est mortifère car elle divise encore davantage au lieu de rassembler et elle inocule le doute au lieu de renforcer la confiance et la fierté.

Selon la loi, toute manifestation doit être déclarée et encadrée par les manifestants sur un itinéraire défini et dans un créneau horaire précis.Cela signifie que, si une manifestation non déclarée est décidée, ses instigateurs doivent être interpellés et les participants sanctionnés.

Déclarée, une manifestation ne doit en aucun cas porter atteinte à la liberté des autres citoyens. Or depuis trop longtemps l’État tolère que les Français soient pris en otage et supportent les contraintes imposées par des manifestants, alors que la liberté de circuler prime sur le droit à manifester.

De même la sécurité des personnes et des biens doit-elle être strictement assurée. Or, depuis trop longtemps, les responsables politiques laissent les manifestants occuper illégalement des locaux ou des terrains comme ceux de Notre-Dame-des-Landes. Pourtant la mission des forces de sécurité est de faire respecter les lois de la République, y compris par la force si nécessaire. Rien ne justifie en effet, dans une démocratie comme la nôtre où les élections se déroulent à des échéances régulières, que la violence soit un moyen d’expression et de pression.

Une France affaiblie

En huit semaines, quel gaspillage : le chef de l’État, chef des Armées, contesté, insulté et menacé, la sécurité intérieure non garantie sur certains lieux de manifestation, la cohésion nationale fissurée, le symbole des sacrifices immenses de la Nation outragé !

Si des mesures très fermes ne sont pas prises au plus tôt pour neutraliser les casseurs et les pillards en les sanctionnant lourdement, la France sera demain un lieu où risquent de s’affronter ces voyous et des commerçants qui défendront leur commerce les armes à la main ou encore des Français qui n’accepteront plus de voir brûler leurs voitures. Face à ces affrontements mortels en viendra-t-on à faire intervenir l’armée ?

Pour éviter cette extrémité, l’État doit d’urgence restaurer la confiance en nos forces de sécurité intérieure en leur donnant des consignes fermes, faute de quoi la France continuera à s’affaiblir et à se discréditer pour le plus grand bonheur de ses concurrents. Quant à l’armée, intimement liée à la Nation, et dont le chef semble à ce point contesté, elle risque alors de perdre très vite une partie de sa crédibilité tant auprès de ses alliés que de ses ennemis islamistes.

Un espoir

Dans ce contexte qui ne peut plus être admis, il apparaît capital que la démarche originale de consultation des Français initiée par le président de la République, chef des Armées, porte les fruits attendus de réconciliation nationale, de retour de la confiance dans les autorités responsables, et de fierté retrouvée dans un grand destin national et européen ; d’ailleurs, sur ce dernier point, les membres de l’ASAF ont un rôle important à jouer en participant activement au grand débat national.

Mais cet espoir, c’est aussi celui que doivent nous inspirer les deux pilotes et les deux pompiers qui ont péri en s’entraînant au combat et en luttant contre un incendie ; ils ont ainsi montré que des hommes et des femmes sont toujours prêts à donner leur vie pour défendre la France et sauver leurs compatriotes.

La RÉDACTION de l’ASAF

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« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/02

« L’ASAF s’implique dans le grand débat national »

« Pour moi, il n’y a pas de questions interdites » (extrait de la lettre du président Macron)

L’ASAF, association d’intérêt général et membre du groupe des associations représentatives du monde combattant, ne saurait être absente du grand débat national. Elle l’avait du reste annoncé dans sa lettre de janvier consacrée à la crise des « gilets jaunes ».

Dans le cadre strict de ses statuts, elle propose ci-dessous les quatre points qui lui paraissent devoir et pouvoir être portés par tous ceux qui, sans omettre leurs préoccupations personnelles, souhaitent que la Défense, sujet qui concerne tous les Français, ne soit pas la grande absente de cette consultation populaire.

1- La France doit disposer d’une armée complète, bien équipée et entraînée pour garantir son indépendance, son intégrité et la protection des Français.

Il s’agit donc de veiller à ce que les ressources prévues dans la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, indispensables à la remontée en puissance de nos armées, soient préservées.

La France doit veiller à préserver son autonomie stratégique. L’exemple de l’embargo imposé par les États-Unis sur la fourniture des pièces de rechange pour les catapultes du porte-avions Charles de Gaulle, après le refus de la France de soutenir l’engagement américain en Irak, est à ce titre très révélateur.

La France doit impérativement accroître la part de son budget consacré à la Défense et atteindre dans un premier temps 2% du PIB en 2025 comme le prévoit la LPM. C’est là une condition nécessaire pour que nos Armées aient les moyens d’accomplir leurs missions.

Rappelons que, pour sa Défense, chaque Américain dépense plus de deux fois ce que dépense chaque Français.

2- La France doit renforcer sa cohésion et être fière de son passé pour bâtir son avenir.

L’État doit cesser toute forme de repentance et mettre en valeur l’exemplarité de héros français tout au long de son Histoire.

Certains dirigeants, intellectuels ou médias français jettent trop souvent l’opprobre sur certaines pages de notre histoire, soit de façon mensongère (la colonisation assimilée à un crime contre l’humanité), soit par ignorance du contexte (affaire Audin), soit par pure naïveté.

En revanche les innombrables Français dont le comportement fut héroïque sont trop rarement évoqués devant un peuple qui manque aujourd’hui de confiance en lui et une jeunesse en perte de repères.

Cette attitude est grandement préjudiciable à l’unité de la Nation car elle est susceptible de susciter chez certains, en particulier chez les jeunes nouvellement naturalisés, un sentiment de rejet au lieu d’offrir des exemples dont ils pourraient s’inspirer pour développer leur sens de l’engagement au service de la Nation.

3- Les engagements opérationnels doivent s’inscrire dans le cadre d’une politique de long terme, soutenue par l’ensemble de la population.

Nos soldats doivent bénéficier du soutien indéfectible de la Nation et être assurés que les opérations qu’ils mènent aujourd’hui au prix du sang ne seront pas dénigrées demain.

Chaque fois que l’on accuse nos soldats d’hier d’avoir commis des crimes ou des atrocités, comme c’est régulièrement le cas à propos de l’Algérie, ou, plus récemment, d’avoir favorisé le génocide au Rwanda et d’en avoir été les complices par leur passivité, on sème le doute dans les esprits des soldats engagés aujourd’hui en opérations extérieures et on les fragilise.

Comment les empêcher de penser que leurs actions d’aujourd’hui seront peut-être demain, comme celles de leurs anciens, vouées aux gémonies ? Comment peuvent-ils continuer à se battre, à souffrir et à mourir aujourd’hui pour un pays dont les responsables politiques risquent de les abandonner demain ?

L’engagement de nos forces armées est celui de la Nation tout entière et celle-ci doit faire preuve de son soutien indéfectible à ses soldats dans le long terme. C’est particulièrement vrai pour ses blessés qui l’ont été « pour la France » à 20 ans et dont les blessures nécessitent des soins très contraignants tout au long de leur vie tels que les grands brûlés, les blessés psychiques et de la moelle épinière, ou encore les amputés.

4-Les associations représentatives du monde combattant, déclarées d’intérêt général, doivent être davantage associées à la réflexion et aux décisions relatives à la Mémoire et au lien armée-nation.

Certaines dispositions relatives à la Mémoire pourraient faire l’objet d’une consultation des associations afin d’aller vers plus de cohérence et de pertinence :

  • le choix des commémorations patriotiques nationales annuelles ;
  • la place de la médaille des victimes du terrorisme qui pour l’instant est située avant celle remise pour des actes de courage et de dévouement ;
  • l’attribution de la mention « Mort pour la France» pour le colonel Beltrame et pour les militaires français tués en étant observateurs de l’ONUST ;
  • la simplification du calendrier des commémorations nationales et son recentrage sur le 11 novembre conformément à l’esprit de la loi du 28 février 2012 ;
  • enfin, quand elles ne sollicitent pas de subventions de l’État, les associations d’intérêt général, qui contribuent bénévolement au développement de l’esprit de Défense, doivent pouvoir émettre des reçus fiscaux pour les dons qu’elles reçoivent des Français.

En conclusion

Il ne faudrait pas que la satisfaction des intérêts particuliers de nos concitoyens conduise à l’affaiblissement des fonctions régaliennes de l’État et, en particulier, de la première d’entre elles : la Défense.
Dans le monde actuel il est plus que jamais essentiel que notre pays soit uni autour d’une armée forte. C’est la condition incontournable pour être efficacement protégés et rester libres.


LA RÉDACTION DE L’ASAF

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"Algérie, les oubliés du 19 mars 1962": un livre pour rappeler le drame des pieds-noirs, des rapatriés et des harkis

http://www.francesoir.fr/

Une foule d'Européens d'Algérie désireux de gagner la métropole sont massés à bord du "Ville d'Oran" et s'apprêtent à débarquer à Marseille le 25 mai 1962, deux mois après la signature des Accords d'Evian. ©AFP

Quelques jours avant l'anniversaire des Accords d'Évian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, un livre dénonçant le non-respect de ces accords dans les semaines qui ont suivi le cessez-le-feu vient de paraître: "Algérie, les oubliés du 19 mars 1962" rappelle le drame qu'ont vécu à l'époque les pieds-noirs, les rapatriés et les harkis.

C'est en novembre 2012, sous le quinquennat de François Hollande, que le Parlement a adopté une proposition de loi socialiste faisant du 19 mars la "Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc". Mais "s'il y avait une date à éviter pour célébrer la guerre d'Algérie, c'était bien le 19 mars", estime le journaliste et écrivain Alain Vincenot, qui vient de publier Algérie, les oubliés du 19 mars 1962 (Ed. de l'Archipel).

Pour lui en effet, "tant voulus par le général de Gaulle et plébiscités, en métropole, par le référendum du 8 avril 1962, les Accords d'Évian ne furent jamais respectés" par les Algériens. Ils stipulaient, outre le cessez-le-feu, que les deux parties s'engageaient à "interdire tout recours aux actes de violence, collective ou individuelle", et pourtant "des civils, mais aussi des soldats français ont continué à mourir ou disparaître. Oubliés", souligne l'auteur.

Les Accords stipulaient aussi que les Français auraient les mêmes droits que les Algériens, que la liberté d'opinion, de religion, de langue serait respectée. "Du papier, rien que du papier", accuse Alain Vincenot. "Plus d'un million de pieds-noirs n'eurent d'autre choix que «la valise ou le cercueil». Après le 19 mars 1962, massacres et enlèvements se multiplièrent afin de les pousser au départ".

Lire aussi:

> Guerre d'Algérie: Hollande indigne opposition et harkis en commémorant le cessez-le-feu du 19 mars 1962

> La France rend hommage à ses morts de la guerre d'Algérie

> Guerre d'Algérie: après Maurice Audin, Macron fait un geste pour les harkis

L'auteur rappelle les chiffres de l'après-guerre d'Algérie: entre le 19 mars 1962 et le 5 juillet 1964, date du retour en métropole des derniers contingents, 593 soldats français ont été tués ou enlevés en Algérie; auparavant, entre 500 et 1.000 (le nombre exact est inconnu) avaient également été portés disparus; et plus de 80.000 harkis (supplétifs algériens de l'armée française) ont été "exterminés par les nouveaux maîtres du pays, abandonnés par la France pour laquelle ils avaient combattu".

Journaliste (notamment au Quotidien de Paris et à France-Soir), Alain Vincenot a consacré plusieurs livres et recueils de témoignages à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et aux survivants de la Shoah: Je veux revoir maman (Éd. des Syrtes, 2005), Les Larmes de la rue des Rosiers (Éd. des Syrtes, 2010), Vél d’hiv. 16 juillet 1942 (Éd. de l’Archipel, 2012), Rescapés d'Auschwitz (Éd. de l’Archipel, 2015). Sur son autre sujet de prédilection, les suites de la guerre d'Algérie, il a publié en 2014 Pieds-noirs: les bernés de l'Histoire (Ed. de l'Archipel).

Il revient sur cette question douloureuse de l'Histoire de France récente dans son dernier livre, construit en deux parties. D'abord, il retrace les étapes de la guerre d'Algérie, en listant de manière presque exhaustive les attentats, assassinats et massacres du FLN et des fellaghas contre les civils et militaires français, avant et après 1962. Il cite également les nombreux discours, déclarations et interventions publiques des responsables politiques de l'époque, soulignant notamment l'évolution du général de Gaulle: de l'ambigu "Je vous ai compris!" le 4 juin 1958 à Alger et du "Moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur l'Algérie!" le 27 août à Saïda, au "chemin nouveau" qui, explique-t-il le 4 novembre 1960 avant son dernier voyage sur place, "conduit non plus au gouvernement de l'Algérie par la métropole française, mais à l'Algérie algérienne".

Lire aussi "C'était dans France-Soir":

> Mars 1962, la fin de la guerre d'Algérie (VIDEO)

> Décembre 1960, le dernier voyage de De Gaulle en Algérie (VIDEO)

Dans la seconde partie du livre, plus poignante, l'auteur rassemble des témoignages pour raconter le destin brisé de 11 Français oubliés, civils ou militaires, disparus entre août 1957 et septembre 1962 et que l'on n'a jamais retrouvés: Paul Bonhomme, 22 ans; Joseph Laplume, 47 ans; Louis Akermann, 54 ans, et sa femme Catherine Coll, 49 ans; Joseph Pinto, 58 ans; Paul Teuma, 44 ans; Cyr Jacquemain, 27 ans; Christian Mesmacque, 18 ans; Michel Chombeau, 21 ans; René-Claude Prudhon, 54 ans; Joseph Belda, 53 ans.

Plus que les circonstances cruelles de leur enlèvement, c'est le manque de soutien des autorités françaises aux familles et, explique Alain Vincenot, la "réticence manifeste des gouvernants à faire la lumière sur ces disparitions" qu'illustrent les témoignages des proches des disparus, ces frères, pères, maris dont ils n'ont jamais retrouvé la trace. "Dans les bas-côtés de l'Histoire gisent des dates, des patronymes et des familles qui n'ont pu faire le deuil d'êtres chers…", conclut l'auteur.

> "Algérie, les oubliés du 19 mars 1962", Éditions de l'Archipel, 352 pages, 20 euros.

La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ?

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La bataille d’Hajin (septembre 2018 – janvier 2019) du nom d’une petite localité située sur la rive Est de l’Euphrate aux confins de la Syrie et de l’Irak mérite de laisser son nom dans l’histoire militaire à plus d’un titre. Elle est d’abord la dernière « bataille rangée » contre le pseudo État islamique et semble mettre un point final à sa volonté de contrôler un territoire. Elle est ensuite, pour nous Occidentaux, riche d’enseignements sur la guerre, et tout spécialement les limites de la guerre par procuration et de notre approche tournée vers la suprématie technologique.

Au XIXe siècle, le sort d’une bataille mettant en jeu quelques milliers d’hommes était réglé en une journée – Austerlitz par exemple ; au XXe siècle, il faut compter en semaines – que l’on pense à la poche de Dunkerque en 1940 ; au XXIe siècle, il faut près de cinq mois et une accumulation de destructions pour venir à bout de 2 000 combattants ne disposant ni d’appui aérien, ni de moyens de guerre électronique, ni de forces spéciales, ni de satellites. Telle est la réalité de la guerre aujourd’hui qui doit nous conduire, décideurs politiques et chefs militaires à un examen critique salutaire sur notre façon de concevoir et faire la guerre.

Certes, la bataille d’Hajin a été gagnée mais de façon très poussive, à un coût exorbitant et au prix de nombreuses destructions. Certes, les Occidentaux, en refusant d’engager des troupes au sol, ont limité les risques et notamment celui d’avoir à s’expliquer devant l’opinion. Mais ce refus interroge : pourquoi entretenir une armée que l’on n’ose pas engager ? Si la réduction du dernier bastion de l’État islamique ne vaut pas la peine d’engager des troupes conventionnelles, quelle cause sera assez importante pour le faire ? Extrêmement à l’aise pour remplir les grands états-majors multinationaux d’une ribambelle d’officiers, les nations occidentales n’ont pas eu la volonté politique d’envoyer 1 000 combattants aguerris régler en quelques semaines le sort de la poche d’Hajin et épargner à la population plusieurs mois de guerre.

Par ailleurs, en sous-traitant aux Forces démocratiques syriennes (FDS), c’est à-dire à des proxys – des troupes soutenues par les Américains qui leur ont délégué le droit de se battre à leur place – la conduite des opérations au sol, la Coalition (1) a renoncé à sa liberté d’action et perdu la maîtrise du tempo stratégique. Prise en étau entre la décision de Donald Trump de se retirer du Nord-Est syrien et le bon vouloir des FDS, elle n’a pas trouvé de meilleure solution que d’intensifier les bombardements pour en finir au plus vite, compromettant ainsi durablement l’avenir de cette province.

In fine, la question qui se pose est de savoir si la libération d’une région ne peut se faire qu’au prix de la destruction de ses infrastructures (hôpitaux, lieux de culte, routes, ponts, habitations, etc.). C’est là, l’approche assumée sans complexe, hier et aujourd’hui, par les Américains ; ce n’est pas la nôtre et nous souhaitons ici indiquer ce qui aurait pu être fait pour mettre l’ennemi hors de combat sans transformer la poche d’Hajin en champs de ruines.

Les destructions dans le village d'Hajin, sur la route de Baghouz, où se trouve le dernier réduit du groupe Etat islamique. © Radio France / Etienne Monin

Les destructions dans le village d’Hajin, sur la route de Baghouz, où se trouve le dernier réduit du groupe État islamique. © Radio France / Etienne Monin

Caractéristiques de la bataille d’Hajin : un concentré de tous les types de guerre

Située au cœur du « Grand Jeu » entre puissances régionales et grandes puissances, la poche d’Hajin regroupe en septembre 2018 environ 2 000 combattants islamistes dont une majorité d’étrangers. S’étirant sur une trentaine de kilomètres le long de l’Euphrate en territoire arabo-kurde syrien et large d’une dizaine de kilomètres, elle est le dernier bastion du soi-disant Califat « État islamique », autant dire pas grand-chose. En réalité, nous allons voir que la bataille déborde largement de son cadre géographique pour se répandre dans le champ des perceptions, autre enjeu essentiel du combat.

La zone d’action est une bande de terrain en V coincée entre l’Euphrate à l’Ouest et la frontière irako-syrienne à l’Est avec une zone rurale (champs et villages) le long du fleuve et une zone désertique. Soulignons que la rive Ouest de l’Euphrate est plus ou moins sous contrôle du régime syrien et des milices irakiennes qui contrôlent également une partie de la frontière. La population est estimée à quelques milliers de personnes, surtout présente dans la partie Nord de la poche (localité d’Hajin).

Au Sud de la poche (pointe du V) et au bord de l’Euphrate, en territoire irakien, la ville d’Al-Qaïm. Au Nord de cette ville, la frontière est tenue par l’armée irakienne et légèrement en retrait se trouve la position de tir des moyens feux sol-sol de la coalition. Au Sud, la frontière est tenue par une milice affiliée à l’Iran (Katiba Hesbollah), véritable petite armée avec ses chars et ses canons. Si la frontière est globalement étanche au Nord, elle est très poreuse au Sud, la milice se livrant à la contrebande.

Le combat au sol a été confié à des proxys, les FDS, alliance arabo-kurde conseillée par les forces spéciales américaines et bénéficiant du soutien des moyens feux sol-sol et sol-air de la Coalition. D’un volume sensiblement équivalent à celui de Daech, leur valeur combative est toute relative sachant que les combattants kurdes viennent du Nord-Est syrien où ils sont régulièrement pris à partie par les Turcs, alliés des Américains au sein de l’Otan. Ainsi, fin octobre 2018, les FDS ont annoncé la suspension des opérations suite à des frappes turques et il a fallu plusieurs semaines de négociation pour qu’ils reprennent le combat. Le même scénario a failli se répéter mi-décembre et compromettre à nouveau la prise d’Hajin pourtant bien engagée.

Au sol, les traits distinctifs de cette bataille sont assez proches de ceux des batailles de la Première Guerre mondiale : une ligne de front entre combattants où chaque gain de 500 mètres ou 1 kilomètre de territoire représente un succès ; des contre-attaques violentes et répétées de la part d’un ennemi cerné de toute part et qui cherche à desserrer l’étau des FDS ; un emploi massif de l’artillerie, seule capable de délivrer des feux par mauvaises conditions météorologiques et qui, à plusieurs reprises, a sauvé la mise aux FDS violemment prises à partie ; des pertes importantes au regard du volume de combattants (plusieurs centaines au total de part et d’autre).

Sur un plan purement tactique, cette bataille a fait redécouvrir toutes les vertus d’un appui-feu sol-sol (2) alliant effets de saturation par obus explosif et effets de destruction par munition de précision et surtout opérationnel par tout temps. Ainsi, c’est le 3 décembre 2018 qu’ont été tirés avec succès pour la première fois en opération, les obus antichars à effet dirigé Bonus détruisant une colonne de pickup lancée à l’assaut des lignes de défense FDS.

Dans les airs, la suprématie occidentale est évidemment totale. Comme dans le film de Gavin Hood, Eye in the Sky (3), c’est la quintessence de la haute technologie qui se déploie quasiment sans limite avec l’emploi massif de moyens de surveillance et de renseignement, et d’avions pour observer et frapper. En l’espace de six mois, plusieurs milliers de bombes ont été déversées sur quelques dizaines de kilomètres carrés avec comme résultat principal la destruction des infrastructures.

L’ennemi a-t-il été détruit par ces frappes ? Oui, mais pas autant qu’on a bien voulu le faire croire dans les comptes rendus alignant un BDA (4) impressionnant calculé de façon statistique et non pas par observation visuelle.

L’ennemi a-t-il été atteint dans son moral et sa volonté de combattre ? À l’évidence, non. Il a déployé jusqu’au bout une combativité inébranlable mettant à profit les périodes de mauvaise météo, le préservant de la menace aérienne, pour contre-attaquer violemment et infliger à plusieurs reprises de sérieux revers tactiques aux FDS. La défaite devenue inéluctable, il s’est exfiltré vers des zones refuges pour poursuivre la lutte en mode insurrectionnel ne laissant sur place qu’une poignée de combattants étrangers.

Ainsi, cette bataille illustre à merveille les propos du général Desportes : « Des systèmes d’armes toujours plus performants produisent des résultats toujours plus décevants » (5). Entendons-nous bien. Ils ne sont pas décevants parce que performants mais parce que mal employés ; nous y reviendrons.

Enfin, la bataille d’Hajin dépasse largement le cadre géographique pour s’inscrire plus largement dans le champ infini des perceptions.

Force est de constater que dans ce domaine, Daech a su exploiter le moindre succès tactique pour le valoriser et en faire un succès stratégique. De même, les frappes occidentales et leurs dommages collatéraux réels ou fictifs ont aussi été largement médiatisés avec succès. En effet, à plusieurs reprises, la Coalition trop souvent en réaction sur le champ des perceptions, a dû renoncer à ses frappes face à la pression médiatique. Il y a ici tout un champ de réflexion à explorer et notamment le décalage des perspectives : là où Daech, dans une vision stratégique, s’adresse aux opinions publiques occidentales, la Coalition, outil militaire sans réelle pensée politique, est contrainte de rester au niveau tactique et ne peut exploiter ses succès dans le champ informationnel avec la même réactivité que l’ennemi.

Les limites de la guerre par procuration et de notre approche techno-centrée

La guerre par procuration ou comment perdre la main sur le plan stratégique

En s’en remettant à des proxys pour conduire la bataille au sol, les Occidentaux en ont certes retiré un avantage politique à court terme : celui d’éviter des pertes et un mouvement d’opinion contre leur politique. En revanche, sur le moyen-long terme, ce choix s’est avéré désastreux.

En affirmant que la poche était la Main Battle Area (6) tout en refusant d’y engager des moyens terrestres ou même des hélicoptères d’attaque, les Américains ont laissé planer un doute sur leurs intentions réelles d’en finir rapidement. Il est donc permis de penser que la poche d’Hajin constituait un excellent alibi pour maintenir une présence dans le Nord-Est syrien et surtout prévenir un éventuel délitement trop rapide de la Coalition. Ainsi, au fur et à mesure de la bataille, le discours s’est articulé de la façon suivante : « il faut détruire Daech » vers « oui, Daech est bientôt éliminé en Syrie mais il se reconstitue en Irak et reste tout aussi dangereux », ce qui pose la question de la pertinence de la stratégie suivie depuis des années. Où est le véritable enjeu ? Détruire Daech ou contenir l’Iran ?

Par ailleurs, la conséquence la plus immédiate d’une telle approche est la perte de la maîtrise du temps : l’opération avance au gré de la volonté des proxys et selon leur propre agenda et elle traîne en longueur quelle que soit l’ampleur des moyens consentis. Cela s’appelle un enlisement.

Pour compliquer les choses, est apparue au grand jour la divergence de vues entre Donald Trump et son état-major. Fidèle en cela à une promesse de campagne, le Président des États-Unis a saisi l’occasion de la reprise d’Hajin mi-décembre pour annoncer la victoire sur Daech et le retrait des forces américaines de Syrie montrant ainsi, certes de façon brutale, que c’est bien le tempo politique qui détermine la stratégie et non pas l’inverse.

En refusant d’inscrire dans leur stratégie du Moyen-Orient cette volonté de retrait pourtant annoncée depuis deux ans, l’Administration américaine et les étatsmajors se sont mis d’eux-mêmes en porte à faux. Bousculés par le décideur politique d’un côté, ayant perdu la main sur le tempo des opérations au sol de l’autre, c’est-à-dire privés de toute marge de manœuvres, la seule réaction a été d’intensifier les frappes aériennes et donc d’augmenter encore le nombre de destructions. Hajin a subi le même sort que Mossoul et Raqqa : une destruction quasi complète.

Ainsi, cette victoire tactique, par la façon dont elle a été acquise, a compromis l’avenir de cette province sans ouvrir de perspectives stratégiques intéressantes pour la Coalition. L’avenir du Nord-Est syrien est plus que jamais incertain et Daech, s’il a perdu son territoire, ne semble pas atteint dans sa volonté de continuer la lutte.

La leçon est la suivante : il n’y a pas de stratégie et donc de victoire durable sans liberté de manœuvre. Celle-ci est au croisement du politique et du militaire. Le stratège doit impérativement inscrire son action dans une politique et doit garder la main sur les opérations dans tous les domaines, y compris les opérations terrestres s’il veut être en mesure de présenter plusieurs options stratégiques au décideur politique. Il n’y a pas d’autres solutions possibles.

L’approche techno-centrée ou l’illusion de la puissance

En s’en remettant principalement à des moyens air inopérants sur un plan tactique lorsque les conditions météo se dégradent et aux forces spéciales, la Coalition a perdu beaucoup de temps, d’énergie et de crédibilité, Daech ayant beau jeu de se vanter d’avoir tenu en échec la première puissance mondiale pendant des mois.

Il faut être rentré dans une Strike Cell (7) par temps couvert pour comprendre toutes les limites de notre approche techno-centrée. En effet, en cas de pluie, de brouillard, de nuages, les écrans deviennent noirs, les gens jouent aux cartes ou regardent un film : la guerre s’arrête pour eux en attendant la prochaine fenêtre météo. Lors des violentes contre-attaques de Daech en octobre 2018 et le repli des FDS, le premier constat d’un officier général a été de dire : « C’est à cause de la météo, nous n’avions plus l’appui aérien. » Sous-entendu, Daech ne respecte pas les règles du jeu, il attaque par mauvais temps !

Non, nous n’avons pas été tenus en échec par la météo mais par notre refus de nous adapter à notre ennemi et au réel. La guerre par procuration, c’est-à-dire ce refus d’engager des troupes au sol aptes au combat pour s’en remettre uniquement aux forces spéciales et à l’arme aérienne est l’un des facteurs principaux de nos échecs actuels. Les forces spéciales sont faites… pour les opérations spéciales et non le combat conventionnel en zone urbaine ou désertique.

Encore une fois, ne nous y trompons pas, il ne s’agit nullement ici de critiquer l’apport indispensable aux opérations que constitue l’arme aérienne ou les forces spéciales mais de rappeler que c’est une erreur que de s’en remettre uniquement à elles pour gagner une bataille. Ce concept ultra-technologique conçu pour réduire le format des troupes conventionnelles et séduire le politique en lui faisant croire qu’on peut faire mieux avec moins est un leurre séduisant mais un leurre quand même.

Alors que fallait-il faire ?

La réponse est simple : comprendre que si la bataille se gagne au niveau tactique – adaptation au terrain et à l’ennemi – la guerre se gagne au niveau stratégique et politique, et qu’elle est une dialectique des volontés et non une éradication « des méchants » impossible à réaliser.

En l’occurrence, il fallait resituer la bataille d’Hajin dans un cadre plus global : celui d’empêcher Daech de se reconstituer d’une part et de préserver l’avenir de la moyenne vallée de l’Euphrate en évitant des destructions inutiles d’autre part.

Au niveau tactique, une bataille se gagne en disposant les moyens adéquats au bon endroit et au bon moment (principe d’économie des forces et de concentration des efforts) pour créer un rapport de force favorable. Ainsi, tout en s’appuyant sur les FDS, il fallait, en sus des moyens d’appui-feux, engager a minima un groupement tactique interarmes motorisé capable de s’emparer rapidement de la poche d’Hajin en limitant autant que faire se peut la destruction des infrastructures.

En effet, une bataille ne se résume pas à détruire des cibles comme au champ de foire. C’est la combinaison de la manœuvre et du feu qui permet de disloquer le dispositif ennemi et de le mettre dans l’impossibilité de poursuivre la bataille par la conquête des points clés du terrain, et de ses moyens de commandement et logistique. La prise d’Hajin, en décembre, en est l’illustration tardive : l’ennemi, ayant perdu son centre de commandement, n’a plus été en mesure d’opposer une résistance coordonnée par la suite.

Enfin, la bataille doit être menée en temps imminent dans le champ informationnel, c’est-à-dire avec un temps d’avance. Est cru par le plus grand nombre ce qui est affirmé en premier : c’est une loi immuable dont il faut tenir compte. Une plus grande réactivité aurait été nécessaire pour valoriser nos succès et disqualifier le comportement de l’adversaire quitte à assumer, et non pas justifier après coup, les dommages collatéraux.

L’évocation de la bataille dans le champ des influences nous permet de faire la transition avec les parties hautes de la guerre, la stratégie et la politique.

Au lieu de se focaliser de façon excessive sur la poche d’Hajin, la Coalition aurait dû l’intégrer dans une approche stratégique et ainsi découper son espace de bataille non pas en fonction de ses structures internes (répartition entre commandement des forces spéciales en Syrie et commandement conventionnel en Irak) mais en fonction de l’espace de bataille ennemi allant de Kirkuk au Nord-Est de l’Irak au désert d’Al-Anbar à l’Ouest, en passant par Hajin et Al-Qaïm.

Seule une vue globale du problème aurait permis d’ébaucher une stratégie globale et d’éviter le constat amer de voir Daech resurgir là où on l’a chassé il y a deux ans. Seule une stratégie globale laissant entrevoir une résolution politique durable aurait permis au politique de comprendre la nécessité du temps long au lieu de brusquer les choses pour sortir de ce qui s’apparente à une impasse et un échec.

Il faut donc rappeler avec le général Desportes que la victoire militaire doit toujours être pensée au prisme de son objectif politique et qu’elle ne peut se passer d’un engagement au contact : « La guerre à distance est un leurre : elle produit un effet militaire mais pas d’effet politique. La “projection de puissance”, c’est-à-dire la projection de destruction, sans “projection de forces”, de soldats sur le terrain ne fonctionne pas ; elle détruit sans maîtriser la reconstruction et crée le chaos. Il y a une vraie illusion de l’efficience aérienne : certes, elle permet quelques économies initiales mais elle ne conduit jamais au résultat espéré. À la fin des fins, il est toujours nécessaire, d’une manière ou d’une autre, de contrôler l’espace. » (8)

Conclusion

Oui, la bataille d’Hajin a été gagnée, au moins sur le terrain mais en refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? w guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate.

François-Régis Legrier

Colonel. Chef de corps du 68e régiment d’artillerie d’Afrique. Commandant la Task Force Wagram au Levant d’octobre 2018 à février 2019. Auteur de Si tu veux la paix prépare la guerre aux Éditions Via Romana

(1) Operation Inherent Resolve (OIR) : coalition dirigée par les Américains.

(2) Il faut également souligner l’emploi massif par Daech de roquettes et de mortiers allant parfois à des consommations de 100 munitions par jour.

(3) Sorti en 2016 : montre les ambiguïtés politico-juridiques d’une prise de décision d’une frappe aérienne.

(4) Battle Damage Assessment : estimation des pertes ennemies.

(5) Vincent Desportes : « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », Le Casoar n° 231, p 19.

(6) L’espace de bataille prioritaire.

(7) Centre d’opérations couvert d’écrans permettant une recopie des images fournies par les drones ou les avions. C’est à partir de là que s’effectuent les frappes aériennes et les tirs d’artillerie d’où son nom de Strike Cell.

(8) Vincent Desportes : « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », op. cit.

Photo: La Task Force Wagram dans la bataille d’Hajin

La guerre, une chose trop sérieuse pour la laisser … faire par ceux qui ne la connaissent plus ?

http://chauvancy.blog.lemonde.fr

, par François Chauvancy

A Baghouz, les forces arabo-kurdes appuyées par une coalition conduite par les Etats-Unis sont en offensive contre le dernier réduit géographique en Syrie du groupe terroriste « état islamique ». Le colonel Legrier, en activité et rentrant d’opération, tire les enseignements de la bataille précédente gagnée en janvier 2019 à Hajin. Un article a été publié dans le numéro de février 2019 de la revue mensuelle Défense nationale (www.defnat.com).

Or, cet article a ému la haute hiérarchie civile et militaire au point que sa version en ligne a été retirée sur décision du général (2S) Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue (Cf. Site de la RDN). Mon camarade de longue date ne m’en voudra pas si je critique cette décision aux raisons bien légères mais je comprends que la pression du ministère des armées, du gouvernement, de l’état-major des armées (Qui en fait ?) ait pu être suffisamment forte malgré l’affichage proclamé par la revue d’être indépendante des Armées.

En outre, cette décision pour conformité « déontologique » n’est que bien symbolique puisque l’article est présent dans le numéro de février et que les adhérents à la version numérique l’ont aussi reçu. Il peut aussi être lu sur le site « Réseau international » (Cf. Article dans son intégralité)

Conséquence, cet article a naturellement été l’objet de nombreux billets ou articles de presse qui permettent au citoyen de s’intéresser aux combats que nous menons en Syrie (Cf. OPEX360, L’Opinion, La voie de l’Epée, qui a attiré l’attention sur cet article – Merci au camarade et frère d’armes Michel Goya -, Le Monde, Le Figaro, B2-Bruxelles).

Une nouvelle censure à l’encontre des militaires ?

Il est possible d’envisager cette éventualité contre une réflexion d’un acteur de terrain et avec le sentiment que seuls les bureaux parisiens ont la vérité, comme au bon temps de la Vème République et ce jusqu’aux années 2000. Aux grades de commandant, de lieutenant-colonel puis de colonel, j’avais déjà subi avec quelques camarades ces attaques contre les écrits d’officiers qui évoquaient simplement par leurs écrits des réflexions différentes de celle des « sachant » (Cf. Mes billets du 3 octobre 2011 sur la liberté d’expression des militaires, du 21 décembre 2014, du 8 mai 2016 et du 15 mai 2016).

Je pensais ce temps révolu d’autant que la haute hiérarchie et l’Ecole de guerre, étape incontournable pour devenir colonel, sinon général après un concours sélectif, ne cessent de proclamer depuis une dizaine d’années que les officiers doivent s’exprimer. Pour reprendre les propos de JD Merchet, faut-il se contenter maintenant de parler de « militarité » et « d’éthique » ?

Réfléchir sur les opérations serait donc sanctionnable. Cela mérite réflexion. Prenons un exemple : les syndicats de police s’expriment depuis des semaines sur les conditions d’emploi des forces de sécurité contre les gilets jaunes. Qui peut s’exprimer sur les conditions d’emploi des forces armées ? Les journalistes mais est-ce bien sérieux ? Comme hier, les experts militaires devraient-ils donc se taire et faire profil bas pour satisfaire une certaine forme de « cuisine » gouvernementale ?

Certes, dans le cas du colonel Legrier, le statut général des militaires de 2005 précise : « (…) Les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ». Si l’on suit ce libellé, le colonel Legrier est sanctionnable. Si nous lisons son article, est-ce que ses propos justifient une sanction, à chacun de faire son opinion…

En l’occurrence, le colonel Legrier a fait ce que tout officier doit ou devrait faire comme expert de la guerre : tirer les enseignements des combats menés qui, à un certain niveau de responsabilité, ne peuvent pas se limiter à de simples commentaires de terrain mais doivent aussi conduire à des réflexions du niveau stratégique.

Pour ma part, je préciserai que ce débat est important et qu’un certain nombre de militaires engagés dans les opérations s’exprime sur le soldat et la guerre aujourd’hui, et pas seulement au niveau tactique mais cela fera l’objet d’un autre billet. En paraphrasant Clemenceau, je résumerai cette problématique en écrivant que la guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser … faire par ceux qui ne la connaissent plus (Cf. Mon billet du 6 avril 2014 « Qui devrait penser la stratégie militaire ? »).

Malgré un effort par rapport au passé, nos politiques sont bien trop sûrs d’eux-mêmes quant à leur compréhension de la guerre. Qu’ils respectent l’autonomie des chefs militaires qui ont notamment une obligation de résultat : en l’occurrence aujourd’hui, détruire l’ennemi pour protéger la France et sa population que cela soit loin de nos frontières … ou dans nos « frontières » si nécessaire et demandé. Faire la guerre ne se limite pas au « paraître » et à des objectifs flous, partiels ou incomplets.

Que faut-il retenir de cet article qui n’ait pas été dit par les autres commentateurs ?

Je remarque en premier lieu que nous avons un article bien construit selon la méthode de l’Ecole de guerre. Il y a effectivement une méthode pour poser un problème et y répondre clairement.

En l’occurrence, que précise l’introduction ? « Au XIXe siècle, le sort d’une bataille mettant en jeu quelques milliers d’hommes était réglé en une journée (…), au XXe siècle en quelques semaines ; au XXIe siècle, il faut près de cinq mois et une accumulation des destructions pour venir à bout de 2 000 combattants ne disposant ni d’appui aérien, ni de moyens de guerre électronique, ni de forces spéciales, ni de satellites. Telle est la réalité de la guerre d’aujourd’hui qui doit nous conduire, décideurs politiques et chefs militaires, à un examen critique salutaire sur notre façon de concevoir et faire la guerre » et « finalement, pourquoi entretenir une armée que l’on n’ose pas engager ? ».

Cette dernière remarque devrait faire réfléchir. Animateur de plusieurs « grands débats » dans mon département, le coût de la défense a été parfois évoqué dans la recherche des réductions des dépenses publiques même si l’étude des chiffres relativise cette approche biaisée (Le dossier accompagnant l’organisation du grand débat national précise que, sur 1000€ de dépenses publiques, 575€ sont dédiés à la protection sociale, 96€ à l’éducation, 37€ à la dette et …seulement 31€ à la défense).

Ainsi, la question posée par le colonel Legrier est claire. Faut-il concevoir la guerre par des destructions massives comme le font les Américains alors que ce n’est pas notre conception de la guerre ? Le but est d’éliminer avec efficacité et le plus rapidement possible l’ennemi par le combat non par des actions d’attrition, de destruction progressive, systématique et longue de l’environnement adverse dans lequel se trouve aussi une population civile, base éventuelle du recrutement des islamistes.

Comme dans tout argumentaire militaire, le colonel Legrier pose d’abord le cadre. La bataille d’Hajin est un concentré de toutes les guerres. Il évoque ensuite les limites de la stratégie choisie avec des résultats mitigés. La coalition a abordé cet affrontement en étant « technocentrée » – la technologie d’abord -et en déléguant le combat au sol. Il propose enfin ce qu’il aurait fallu faire en raison de son expérience sur le terrain.

En effet, le contexte des combats d’Hajin a montré le manque de continuité des opérations en raison des propres objectifs des forces arabo-kurdes. Il rappelle que ces affrontements ont ressemblé « furieusement » aux combats de la Première guerre mondiale en se déroulant à de faibles distances. Je pourrai en déduire que les appuis « feux » étaient en partie inopérants. Les frappes à distance ont été aussi entravées par les aléas de la météo, empêchant les tirs.

Ainsi, les résultats ont été mitigés.

  • Oui, l’ennemi a été détruit mais seulement en partie malgré les déclarations d’efficacité se référant essentiellement à des estimations statistiques et non à une réelle évaluation sur le terrain, donc au contact.
  • Non, l’ennemi n’a pas été atteint dans sa volonté de se battre. Le colonel Legrier souligne l’avantage informationnel au niveau stratégique acquis par le groupe terroriste « état islamique ». Celui-ci a su construire un environnement informationnel favorable au niveau international : l’occident a peur d’engager ses soldats et de devoir justifier des pertes ; l’occident a peur de l’influence des dommages collatéraux potentiels sur ses opinions publiques.

Pour ma part, l’image du martyr recherchée par l’islamiste terroriste, son succès obtenu au niveau international par sa capacité à résister aussi longtemps à des forces nettement supérieures lui ont donné un ascendant moral réel et attirant. Ils lui amèneront de nouveaux combattants qui viendront renforcer tous ceux qui se sont exfiltrés des zones de combats. Une destruction efficace et déterminée aurait atténué cette aura.

Je soulignerai que ce sont ces mêmes fanatiques qui seront peut-être accueillis en France sous les pressions américaines et kurdes, peut-être condamnés s’il y a des preuves de leur trahison, de toute façon un jour ou l’autre libérés. Ils représentent donc des menaces potentielles pour notre sécurité nationale et mieux vaudrait sans doute les tenir éloignés du territoire national.

Vision stratégique et approche tactique

Sa seconde partie interroge sur les buts poursuivis au niveau stratégique. Or, les combats menés ont été des combats localisés sans vision d’ensemble de la guerre à mener d’autant plus que les décisions unilatérales du président Trump ne cessent de fragiliser les actions collectives et ne favorisent pas la continuité de l’action dans le temps, élément majeur de toute stratégie.

Pour ma part, le temps de la guerre ne peut pas correspondre au temps électoral, par exemple d’un président qu’il soit américain ou français. Pour ne pas entraver la stratégie militaire d’un Etat, il faut donc agir avec force et détermination, avec tous les moyens nécessaires, dans le cadre d’une réelle vision stratégique qui peut, sinon doit se concevoir dans le long terme. On ne peut pas se limiter à des actions tactiques qui se limiteraient à des victoires locales mais bien vaines au niveau stratégique. Il serait temps d’en prendre conscience. Je rejoins totalement l’approche du colonel Legrier.

Celui-ci souligne aussi cette incapacité et cette absence de volonté à s’adapter à l’ennemi. Une « simple » météo défavorable arrêtait les opérations de la coalition au lieu de rechercher un autre mode d’action, en fait au lieu de manœuvrer laissant alors l’initiative aux combattants du groupe terroriste « état islamique ». Celui-ci ne s’est pas privé de contre-attaquer alors qu’étaient diffusés les communiqués de victoire de la coalition.

Alors que faire ? le colonel Legrier rappelle simplement dans sa dernière partie ce que les stratèges savent. Il faut une vision stratégique donc globale en vue des effets à obtenir et donc de la sortie de crise. Ensuite, au niveau tactique, il faut combattre avec force. En l’occurrence, un groupement interarmes soit quelque 1500 hommes comme cela a été redécouvert en Afghanistan aurait été une réponse tactique adaptée.

Surtout nous devons engager la bataille informationnelle et celle de l’influence qui est bien du niveau de la stratégie et de la politique. Sujet que nos dirigeants n’ont pas toujours voulu assumer. L’islamiste radical du groupe terroriste « état islamique » ne doit pas passer pour un héros, encore moins laisser croire qu’il pourrait être victorieux. Or, le manque d’engagement notamment au sol, expression forte de la guerre des volontés et sujet de débat récurrent, laisse croire qu’il met ses ennemis en échec.

Pour conclure

Faire la guerre c’est la gagner dans les esprits et pas seulement au niveau tactique mais aussi dans les opinions publiques, les médias, les réseaux sociaux et les groupes de pression ou d’influence.

Faire la guerre, c’est aussi la penser. Les officiers supérieurs et généraux sont formés pour cela. Il suffit pour s’en rendre compte de lire la revue Défense nationale de février 2019 (abonnez-vous !), où s’est exprimé le colonel Legrier et dont le dossier est intitulé « Formation et commandement ». Cela ne manque pas d’ironie alors qu’un autre article de la Revue est intitulé « Ecole de guerre : sommes-nous réellement formés pour vaincre ? ».

Enfin, servant au sein d’une Armée républicaine et respectueuse des institutions, les officiers ne remettent pas en cause le pouvoir politique. Cependant, leurs connaissances ne se limitent pas seulement au domaine de la stratégie militaire mais abordent aussi celui de la géopolitique. A ce titre, leurs compétences, leur aptitude à comprendre et à répondre aux situations complexes doivent être respectées et prises en considération avec intelligence. Sanctionner le colonel Legrier serait une erreur.

La censure des militaires comme prélude aux désastres

https://lavoiedelepee.blogspot.com/

Tribune publiée dans Le Monde
en date du 26 février 2019


 

Sous le Second Empire, on rayait de l’avancement tout officier dont le nom se trouvait sur la couverture d’un livre. En 1935, après la publication de Vers l’armée de métier par le lieutenant-colonel de Gaulle, il était imposé un imprimatur officiel à toute publication d’article ou de livre par un militaire. Le général Weygand parlera plus tard d’un vent glacial vidant d’un seul coup un espace intellectuel jusque-là bien occupé. Dans les années qui ont suivi ces deux exemples, la France a subi un désastre militaire qui, à chaque fois, a été qualifié de défaite intellectuelle.

Inversement, les forces armées françaises n’ont vraiment été fortes que lorsqu’elles ont non seulement pensé, cela toutes les organisations le font, mais débattues. Les innovations militaires de la Révolution et de l’Empire n’auraient jamais eu lieu sans les « Lumières militaires », la victoire de 1918 n’aurait pas été possible sans le bouillonnement intellectuel qui a précédé et accompagné. Il y a eu des centaines de livres et d’articles écrits par des militaires avant 1914. On y réfléchissait sur son propre métier, de la même façon qu’il y avait des débats dans les autres disciplines, comme la médecine, ou dans les sciences. Rétrospectivement, on y trouve beaucoup de bêtises, mais pas plus que dans les doctrines officielles, mais aussi tout le stock d’idées alternatives qui a permis au bouillonnement intellectuel de perdurer pendant la guerre, d’innover à grande vitesse et justement de faire évoluer les doctrines, jusqu’à la victoire finale. Après le désastre de 1940, l’armée de la France libérée a connu à son tour une effervescence de réflexions professionnelles sur tous les domaines, depuis l’emploi des blindés jusqu’aux nouvelles formes de guerre et l’appréhension du phénomène nucléaire.

Clairement, dans l’armée de la Ve République, on hésite beaucoup plus. Le syndrome algérien, la fin des débats parlementaires sur les questions de défense au profit des conversations dans les cabinets d’un exécutif désormais prédominant ont induit la tentation de l’immixtion politique jusqu’aux échelons opérationnel et tactique. Les effets de ces immixtions ont rarement été bons. Le bon exercice du métier a besoin d’une direction stratégique, mais aussi d’une autonomie professionnelle. Que la stratégie soit claire sera déjà énorme. Pour le reste les soldats s’adapteront au contexte et surtout à l’ennemi. Ils s’adapteront d’autant mieux qu’ils réfléchiront et débattront.

En 2005, le général Petraeus demandait au général britannique Aylwin-Foster de faire dans la Military Review une critique de l’action militaire américaine en Irak. Le constat n’était pas flatteur, mais il était pourtant à l’intérieur une revue institutionnelle américaine. Il a suscité par la suite un débat, qui a contribué, avec de multiples autres contributions dans d’autres revues comme la Marines Corps Gazette ou Parameters, à faire évoluer la pratique militaire américaine en Irak. Aucune intrusion dans le champ politique, aucun secret dévoilé évidemment, mais un débat entre professionnels sur la manière de l’emporter sur le terrain. Inversement, le politique ne se mêle pas de ces choses techniques.

Il y a quelques jours dans le numéro de la Revue Défense Nationale (RDN) de février 2019, un officier publiait une analyse opérationnelle et tactique de la manière dont la coalition combat au Levant contre l’État islamique. Il n’y avait là rien d’un pamphlet mais un discours argumenté, rien de politique non plus, aucun secret dévoilé et aucune attaque personnelle. Il répondait d’une certaine façon à un autre officier qui dans les numéros précédents de la revue faisait également une analyse militaire de la situation. Mais si ce premier article, il est vrai très laudateur sur la méthode opérationnelle américaine en vigueur dans toute la coalition, n’a pas été inquiété, le plus récent, plus critique, a fait l’objet d’une réaction de cabinet.

C’était oublier que nous étions en 2019 et non dans les années 1930, et qu’à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux, en voulant censurer on prend désormais le risque d’amplifier. L’article attaqué, qui sans cela serait resté dans un cadre restreint, est donc devenu à ce jour le plus lu de l’histoire de la revue. Le public sait que le cabinet du ministère a voulu le censurer et tuer ainsi toute réflexion professionnelle future.

Une armée plus que toute autre organisation car elle fait face constamment à des ennemis mortels a toujours besoin d’évoluer et de s’adapter. Notre armée a donc nécessairement besoin aussi de zones refuges de la pensée marquée « expression libre » pour des auteurs qui n’engagent pas ainsi l’institution, y compris dans ses revues institutionnelles.

On rappellera au passage pour cet exemple récent que le comité de rédaction de la RDN relève de l’association de 1901, est financièrement indépendant et revendique dans sa mission « la diffusion d'idées nouvelles », ce qui n’est pas synonyme, loin de là, de « communication ministérielle ». Il faut rappeler également que la nécessité d’une autorisation préalable de publier a été supprimée depuis longtemps pour les militaires. Il appartient aux comités de rédaction seuls de juger de la qualité de l’article, de sa conformité avec le devoir de réserve (ce qui est le cas ici) et du bon moment de sa publication (ce qui n’était pas forcément le cas ici mais c’est une toute autre question) mais à partir du moment où il est publié, un article écrit par un militaire doit être intouchable. Il peut faire l’objet d’une réponse, il peut initier un débat intéressant mais il doit être inconcevable d’en modifier une virgule.

Ne nous y trompons pas, c’est comme cela qu'on évolue vraiment et qu’on développe des idées neuves, et donc par définition avec une dose de critique autour de l’action qui n’exclut en rien la discipline dans l’action. Quitte à imiter les Américains autant imiter ce qu’ils font de bien, et leur liberté de réflexion professionnelle, préservée de toute intrusion politique, est un modèle. On doit pouvoir faire au moins aussi bien dans ce domaine. Cela sera bien plus utile pour la France qu’une censure politique qui au regard de l’histoire s’apparente toujours finalement à une forme de traîtrise.
 

Michel Goya

BRENNUS 4.0 N° 02

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