CEACH

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Agrandir le texte
  • Taille par défaut
  • Rapetisser le texte

2019

La Lettre d'Information 19/03 du CEACH.

Envoyer

La Lettre d'Information 19/03
du
Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION
Faites connaitre le site du CEACH dans vos associations.
La bibliothèque en ligne du CEACH

JOURNÉE NATIONALE DE LA RÉSISTANCE

Mercredi, 15 Mai 2019 07:50

Remise des prix aux lauréats du concours national scolaire 2019 de la Résistance et de la Déportation

Dimanche, 26 Mai 2019 05:10

LA LÉGION ÉTRANGÈRE de 1831 à 1962 - Au Palace, 24, avenue Victor Hugo à Sète le samedi 1er juin 2019 à 10 heures 30

Samedi, 25 Mai 2019 16:40

Inauguration le MERCREDI 5 juin 2019 à 11 heures d'une Stèle en souvenir de l'EAI

Dimanche, 21 Avril 2019 03:30

l’inauguration de la stèle en souvenir de l’EAI aura lieu le MERCREDI 5 juin 2019 à 11 heures à l’ancien Quartier Guillaut.

Avec l’aide de plusieurs anciens militaires qui ont servi à l’EAI le général (2S) Bernard PALHAWAN, dernier président de l’Amicales des Anciens de l’EAI de MONTPELLIER, a réussi à convaincre la municipalité de MONTPELLIER d’apposer une stèle à l’emplacement de l’ancienne EAI pour rappeler l’existence pendant près de cinquante ans à MONTPELLIER de cette glorieuse Ecole Militaire.

La mairie de Montpellier a décidé l’inauguration de cette stèle le mercredi 5 juin prochain à 11 heures par une cérémonie présidée par le maire de MONTPELLIER, monsieur SAUREL,,en présence de plusieurs anciens commandants de l’EAI à Montpellier, et du général commandant l’EI de Draguignan; celui ci pourrait fournir un piquet d’honneur et clairon.

Modalités d’exécution :

-*regroupement au quartier Guillaut pour 10 h 30 à hauteur du mas des couleurs

-*tenue adaptée avec cravate des amicales, décorations pendantes

-*un parking pour voiture devrait être ouvert dans l’enceinte du quartier (à confirmer)

-*déroulement probable :

-11h accueil des autorités

-rappel historique (en principe par le Lt-colonel Thierry Lefebvre)

-allocution AAAEAI

-allocution du maire de Montpellier

- dévoilement de la stèle et dépôt de gerbe

-sonnerie aux morts

-Marseillaise.

6 Juin 2019 - 75e Anniversaire du débarquement

Dimanche, 26 Mai 2019 05:07

AG du CEACH, le jeudi 13 juin 2019 à 10H00 au restaurant POIVRE ROUGE de LUNEL ( 34400 )

Dimanche, 26 Mai 2019 01:44

Jeudi, 18 Avril 2019 08:04

Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/03

« Défense : l’Europe impuissante »

Isolés, les pays européens seront rapidement dominés stratégiquement par les grandes puissances. Pour rester indépendants, ils sont condamnés à coopérer. Sont-ils prêts ? Veulent-ils encore peser sur le destin du monde ? Pour ce faire, il est urgent que des pays motivés, dotés de compétences avérées, coopèrent sur des projets stratégiques concrets.

Richesse et faiblesse européennes

« L’Europe puissance » n’existe pas mais chaque État européen peut s’appuyer sur un long et riche passé. Le Danemark, le Portugal, l’Espagne ou la Pologne ont tous été de grandes puissances. Leur histoire millénaire n’a rien de comparable avec celle du Nevada ou de l’Utah. Le modèle américain n’est pas transposable à l’Europe.
Les querelles entre populistes et progressistes semblent dérisoires quand se joue l’indépendance stratégique de chacune de nos nations. Inutile de dénigrer tel ou tel pays ; agir ainsi, c’est créer du ressentiment entre les peuples et faire le jeu des grandes puissances.

Nous savons hélas que les intérêts des États européens divergent souvent, mais il en est d’autres, hautement stratégiques, qui peuvent être communs. Efforçons-nous de les identifier et de rassembler nos forces pour relever les défis et porter une véritable ambition mondiale. Sinon, il est illusoire de croire que nous pourrons conserver notre identité, assurer notre indépendance et participer aux transformations du monde.

Autonomie stratégique

L’exemple de Galileo est à cet égard emblématique puisque ce système de localisation, aujourd’hui le plus performant au monde, procure à chaque pays européen une totale indépendance dans le domaine essentiel et en pleine expansion de la géolocalisation. Aucun pays européen n’aurait pu mener seul un tel projet et tous seraient alors restés dépendants du système GPS américain, y compris pour ses applications militaires comme ils l’étaient depuis plusieurs décennies.

La dépendance se paie cher et sans doute beaucoup plus que l’indépendance. Ainsi, la France ayant refusé de participer à l’opération militaire en Irak déclenchée en 2003, les États-Unis ont mis sous embargo les pièces de rechange des catapultes (d’origine américaine) du porte-avions Charles de Gaulle. Maintenue plus de 6 mois, cette mesure aurait conduit à son indisponibilité opérationnelle !

Rapport de force

Dans le rapport effectué sur le secteur spatial qu’ils ont présenté devant la commission de la Défense, en janvier 2019, MM. Olivier Becht et Stéphane Trompille relèvent : « pour la surveillance des orbites basses, la France utilise les données d’un catalogue publié par les États-Unis mais on ne peut pas s’y fier totalement : il omet certains appareils américains et certaines données orbitales sont particulièrement floues… C’est pourquoi la France a développé le système de radar GRAVES. Signe de l’importance cruciale de cette capacité: jusqu’à l’entrée en service de GRAVES, les Américains rendaient public ce qui concernait nos satellites militaires ; avec GRAVES, la France étant en position de faire de même pour les satellites américains, les États-Unis ont cessé ces publications. »

Si dans ce cas précis la France a pu réaliser ce programme, l’importance croissante des satellites d’observation, de communication et d’interception, notamment pour notre Défense, exige des capacités complémentaires satellitaires que la France ne pourra pas financer seule, d’autant qu’il existe de nombreux autres domaines dans lesquels elle révèle d’importantes lacunes. Faut-il rappeler que nous louons des avions de transport de très grande capacité à des compagnies aériennes russes et ukrainiennes pour assurer la logistique d’une partie de nos forces engagées au Sahel dans l’opération Barkhane ?

Face aux États-Unis ou à la Chine, la France peut-elle développer seule le système de combat aérien du futur, des capacités de cyberdéfense efficaces, renforcer ses moyens de recherche et d’exploitation du renseignement si ce n’est en multipliant par deux son effort de Défense ? Et quand bien même elle le pourrait, aurait-elle les ressources scientifiques et techniques suffisantes pour travailler dans ces différents domaines stratégiques alors que les Américains sont 5 fois plus nombreux et dépensent pour leur défense plus de 10 fois ce que nous consentons ?

Réagir pour restaurer notre indépendance

Face aux grandes puissances, les États européens qui le veulent doivent mettre en commun certaines de leurs ressources pour développer des capacités stratégiques essentielles. Tirons le meilleur parti de nos cultures distinctes et combinons, sur des projets concrets, nos différents talents, capacités et génies et nous serons supérieurs à nos concurrents.

Concernant nos armées, chaque pays a une culture militaire propre et des domaines d’excellence. C’est autour de ces atouts qu’il faut organiser nos forces. Devons-nous demander aux Baltes et aux Finlandais d’envoyer autant de soldats au Sahel ou en Libye que les Portugais ou les Italiens ? Il vaut mieux prendre en compte la position géographique, la perception des menaces, mais aussi les capacités naturelles, le tempérament et les pôles d’excellence de chacune des nations.

Agir au plus tôt

Il serait erroné de croire que le financement collectif de capacités trop difficiles ou impossibles à posséder au niveau national, permettrait de réaliser des économies. Malgré la crise des gilets jaunes, la France doit en effet tenir l’engagement, qu’elle a pris comme tous les pays appartenant à l’OTAN, de consacrer 2 % de son PIB pour sa Défense en 2025.

En attendant une hypothétique défense européenne, pourquoi ne pas proposer de faire financer dès à présent le surcoût des opérations menées contre les islamistes au Moyen-Orient et au Sahel par les pays qui estiment qu’ils sont un ennemi commun ?

La rédaction de l’ASAF
www.asafrance.fr

Jeudi, 18 Avril 2019 08:13

Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/04

« Retrouver le bon sens »

L’actualité couvrant des sujets d’intérêt militaire n’échappe pas aux incohérences et au prêt-à-penser de notre temps. Il est urgent de retrouver notre bon sens et notre liberté de penser.

  • Mort d’un camarade

Certains médias font valoir que la première source d’économies citée par les participants au grand débat est le budget de la Défense.
Faut-il rappeler qu’il y a eu environ 2 millions de contributions provenant de 500 000 personnes différentes et que le pourcentage cité est de 28% soit, in fine, moins de 150 000 personnes sur 47 millions de Français en âge de voter, c’est-à-dire 0,25% d’entre eux. Est-ce significatif alors qu’un récent sondage rappelle que plus de 80% des personnes interrogées estiment que l’armée française doit être modernisée ?

Mais pourquoi les médias, qui mettent en avant cet avis tout à fait marginal, ne rappellent-ils pas que le lieutenant Damien Boiteux est mort au début de l’opération Serval en pilotant un hélicoptère Gazelle de 40 ans d’âge alors que le programme Tigre avait été reporté de plusieurs années pour des raisons budgétaires ?
Faut-il préciser que le médecin-capitaine Marc Laycuras, qui vient d’être tué au Mali dans l’opération Barkhane, était dans un VAB plus vieux que lui ? Le programme Scorpion, dont le VBMR Griffon vise à remplacer les vieux VAB, a été décalé de 3 ans en 2010 et réduit en nombre. Les faits sont là. Que ceux qui proposent d’économiser sur le budget de la Défense aillent constater par eux-mêmes sur les théâtres d’opérations les effets des engins explosifs improvisés (IED) sur les VAB !

  • Empaqueter l’Arc de Triomphe

On apprend discrètement par la presse que l’Élysée aurait donné son accord pour l’empaquetage de l’Arc de Triomphe par l’artiste Christo, pendant 14 jours (du 6 au 19 avril 2020, délai de montage non compris !), à l’image de ce qu’il avait déjà fait pour le Pont Neuf en 1985. On croit rêver !
Que se passe-t-il dans la tête des conseillers de l’Élysée, des fonctionnaires du ministère de la Culture ou à la Mairie de Paris ? Quant au ministère des Armées, son silence vaut-il acquiescement ?

Tous ces responsables n’ont-ils pas compris que l’Arc de Triomphe n’est pas le Pont Neuf ? Ce lieu est sacré ! Contrairement aux œuvres éphémères de Christo, il symbolise, depuis près d’un siècle et sans aucune interruption, même sous l’occupation allemande, les immenses sacrifices consentis par notre peuple durant la Grande Guerre. Il est, depuis lors, le lieu par excellence de rassemblement et de recueillement de la Nation. Il est l’écrin d’un tombeau recouvert d’une dalle sacrée sur laquelle ces mots sont gravés : « Ici repose un soldat français Mort pour la Patrie » et auprès de laquelle brûle en permanence la flamme du souvenir.
Il n’est donc pas question que Christo dénature « l’Arche immense ». Ce monument est intouchable. Qu’il laisse le Soldat inconnu reposer en paix ! En outre, dans le contexte dramatique présent, le financement de cette opération pourrait être utilement consacré à la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

  • La mixité pour renforcer la capacité opérationnelle

Mixité et parité sont deux des mamelles du politiquement correct et semblent être des vérités indépassables. Tous ceux qui les mettent en question sont soit des malades psychiatriques incurables, soit de dangereux extrémistes !
Suffit-il de citer Jeanne d’Arc pour justifier la mixité et la parité au sein des armées aujourd’hui?
L’ASAF s’honore de compter parmi ses membres d’honneur le général Valérie André, première femme officier général de l’armée française. Notre revue ENGAGEMENT est l’un des rares médias à avoir honoré Jeannette Guyot, héroïne de la Résistance, notre site à avoir annoncé la diffusion du remarquable film « La source K », femme agent des services secrets français avant et durant la Deuxième Guerre mondiale, et enfin à avoir proposé une jeune résistante pour entrer au Panthéon sans prendre en compte la notion de parité puisqu’elle aurait été la 3e femme parmi les quatre entrants.

Cette posture intellectuelle conduit la ministre des Armées à affirmer sans le démontrer que « la mixité est une ambition collective pour renforcer l’efficacité opérationnelle de nos armées. »
Voire ; pourquoi ne pas constituer un équipage de sous-marin nucléaire entièrement féminin ? Cela confirmerait très vraisemblablement son égale valeur avec les équipages masculins, susciterait une saine émulation et éviterait très certainement les inévitables problèmes de cohabitation en milieu « clos ».
Si la valeur individuelle est essentielle, la cohésion du groupe est encore plus importante et à rechercher en priorité plutôt qu’une mixité à tout prix ou une quelconque parité.

  • Rwanda, l’intoxication médiatique

Le président de la République, chef des Armées, a décidé de fixer au 7 avril la date de la journée de commémoration du génocide des Tutsis. Pourquoi ?
N’y a-t-il pas un relent de repentance dans cette annonce, alors que notre pays a été le seul à envoyer ses soldats pour évacuer ses ressortissants et limiter des massacres qui concernent d’ailleurs non seulement les Tutsis mais également les deux millions de Hutus réfugiés en République démocratique du Congo.
La France va-t-elle décréter une journée pour chacun des génocides de la longue histoire du monde ? Doit-elle satisfaire à la bien-pensance en laissant planer un doute sur l’action de nos soldats ? Sommes-nous devenus fous ?


En conclusion, plus que jamais les Français doivent développer leur capacité de jugement et refuser les diktats médiatiques qui nous sont servis quotidiennement. Ne pas subir pour rester libres et agir.

La rédaction de l’ASAF
www.asafrance.fr

Samedi, 25 Mai 2019 14:36

Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/05

« Le sens d’un engagement »

C’est pour remplir leur mission coûte que coûte, celle de libérer et ramener vivants deux otages français, que deux commandos des forces spéciales de notre armée ont été tués dans la nuit du 9 au 10 mai 2019. Ils ont accepté de sacrifier leur vie pour ne pas risquer celle des otages. Il y a là l’expression d’un sens supérieur du devoir que le colonel Arnaud Beltrame incarna avec superbe et que les Français identifient intuitivement et admirent. Ils le mesurent d’autant mieux quand ils comparent le sens des responsabilités et du sacrifice des soldats engagés dans cette opération à l’irresponsabilité égoïste des deux touristes.

En effet, si le soldat estime que sa mission revêt toujours un caractère sacré qui justifie si nécessaire le sacrifice de sa propre vie et celle de ses camarades, le touriste, lui, dans une démarche toujours individualiste, oublie que, s’aventurant dans une zone dangereuse, il constitue une cible monnayable et qu’il engage alors la France, sa Patrie, dont la règle de conduite est de ne jamais abandonner aucun de ses citoyens. Pour tenir cet engagement notre pays met en œuvre toutes les capacités militaires dont il dispose, en acceptant de risquer la vie de ses soldats. Car, par nature, une opération de libération de ressortissants, contrainte par le souci de préserver la vie des otages, est toujours complexe et dangereuse. Elle se déroule souvent de nuit, sur court préavis, dans une zone favorable et sur un terrain connu des ravisseurs qui restent toujours aux aguets.

C’est cette exigence supérieure et permanente qui fait du soldat un citoyen à part au sein de la Nation. L’armée cultive inlassablement des valeurs qui ne s’arrêtent pas à de simples « paroles verbales » ponctuant les discours politiques mais qui sont appliquées au quotidien par les soldats au prix de leur sang. En ces temps de doute et de fragilisation de la société, ces deux commandos de la Marine adressent un message à chacun d’entre nous.

La France est notre Patrie. Nous avons reçu en héritage un pays de liberté. Nous devons le défendre et être prêts, lorsqu’il est menacé comme aujourd’hui et comme ce fut souvent le cas dans son histoire, à nous battre et à nous sacrifier pour lui si nécessaire. La France entretient une armée, mais elle ne peut vaincre que si la Nation tout entière est rassemblée et soutient indéfectiblement ses soldats, marins et aviateurs qui veillent au quotidien et se battent souvent au loin ou dans l’ombre.

La primauté de la communauté nationale

Car, répétons-le, notre liberté, notre sécurité et notre culture sont aujourd’hui menacées. Après avoir vaincu deux totalitarismes en moins d’un siècle, le nazisme et le communisme, notre pays doit en affronter un troisième : l’islamisme. Pour vaincre cette nouvelle idéologie conquérante, le combat qui est engagé exige une nation soudée, une armée forte et une détermination sans faille de tous nos concitoyens, responsables comme anonymes, dans la durée.

En effet, la force d’une nation réside dans les liens qui unissent l’ensemble de ses membres. Les talents de chacun doivent être identifiés puis sollicités et surtout conjugués. L’esprit de corps des unités militaires s’appuie sur ce constat. Du général au simple soldat, tous ont fait le même choix à vingt ans. Si c’est au chef qu’il appartient d’orienter les énergies et les capacités pour permettre à chacun de se dépasser, la victoire demeure toujours collective.


La France et son armée : le lien du sang

Le sacrifice de ces deux officiers mariniers, comme celui du colonel Beltrame et de tous ceux qui depuis des siècles sont morts pour la France, rappelle la force du lien qui attache le peuple français à ses soldats. C’est ce qui explique la fidélité à la cérémonie quotidienne du ravivage de la flamme qui brûle sans interruption depuis 1923 devant le tombeau du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

C’est aussi, hélas, l’occasion de dénoncer l’incongruité du projet d’empaquetage de l’Arc de Triomphe par Christo en avril 2020. Les réactions de milliers de Français à la suite du sondage lancé par l’ASAF contre ce projet sont unanimes ; tous, jeunes ou anciens, civils ou militaires, jugent insultant ce détournement par un « artiste » en mal de publicité de ce qui est aujourd’hui un sanctuaire national inviolable destiné à rassembler les Français autour des immenses sacrifices de nos soldats d’hier et d’aujourd’hui.
 

Espérance

Heureusement, chaque événement tragique que notre pays traverse offre aussi l’occasion de montrer que se trouvent en son sein certains de ses fils prêts à mourir pour lui. Même si c’est à bas bruit, une guerre se déroule actuellement. Il importe donc que tous les Français participent au combat et se mettent en ordre de bataille, chacun dans son domaine de compétence et en remplissant au mieux son devoir. C’est seulement à ce prix et dans une unité retrouvée face à un ennemi clairement identifié et désigné que notre pays vaincra et que le sacrifice de ces deux héros français ne sera pas vain.

L’armée, toujours prête à défendre les Français où qu’ils se trouvent et quelles que soient les circonstances, a plus que jamais besoin de sentir le soutien indéfectible de la Nation.

La rédaction de l’ASAF
www.asafrance.fr

Lettre du Président de la FNAP

Mercredi, 15 Mai 2019 08:50

Allocution d’Emmanuel Macron - Hommage National Aux Premiers Maîtres Cédric De Pierrepont Et Alain Bertoncello

Mardi, 14 Mai 2019 16:38

14 mai 2019
Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le président du Sénat,

Monsieur le président de l'Assemblée nationale,

Messieurs les présidents,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Monsieur le chef d'état-major des armées,

Monsieur le chef d'état-major de la marine,

Mesdames et Messieurs les officiers généraux, officiers, officiers mariniers, sous-officiers, quartier-maitres et matelots, soldats, aviateurs, gendarmes,

Mesdames et Messieurs,

Chères familles,

La France était encore endormie en cette nuit du 9 au 10 mai lorsqu’à plusieurs milliers de kilomètres de Paris, au nord du Burkina Faso nos forces spéciales s'engagèrent, pour neutraliser un groupe de terroristes islamistes et pour libérer deux de nos compatriotes capturés 8 jours plus tôt au Bénin. La mission était périlleuse, les ravisseurs déterminés avaient les mains encore ensanglantées de l'assassinat du guide béninois Fiacre GBÉDJI. La mission était difficile. L’immensité plate et aride du Sahel elle ne laissait à nos militaires nulle possibilité d'approcher le campement des terroristes sans se dévoiler, sans s’exposer. Mais la mission était nécessaire. Encore quelques heures et les otages seraient aux mains des terroristes maliens avec le risque de perdre complètement leurs traces. Et je pense en cet instant à Sophie PETRONIN, toujours aux mains de ces ravisseurs. Nous ne l’oublions pas, la France ne l'oublie pas. Car la France est une nation qui n'abandonne jamais ses enfants quelles que soient les circonstances et fût-ce à l'autre bout de la planète. Ceux qui attaquent un Français doivent savoir que jamais notre pays ne plie, que toujours ils trouveront notre armée, ces unités d’élites, nos alliés, sur leur chemin. Et nous continuerons ainsi à lutter sans relâche contre le terrorisme, au Sahel comme au Levant, et sur le sol français. L'opération fut donc décidée. Des Français étaient menacés, il fallait les secourir. En-tête de la colonne d'assaut deux hommes, deux militaires d'expérience, deux guerriers d'exception le maître Cédric DE PIERREPONT et le maître Alain BERTONCELLO. Dans la nuit, ces deux hommes et à leur suite leurs frères d'armes du Commando Hubert et du 1er régiment parachutiste d'infanterie de marine progressent sans se faire repérer de la sentinelle qui veillait. Soudain le silence absolu du désert cessa, brisé par le claquement des culasses et le fracas mécanique des armes. Après avoir neutralisé l'homme qui guettait, le groupe commando parvint au seuil du campement, les ravisseurs se tenaient là derrière la toile épaisse des tentes, prêts à en découdre, prêts à faire feu sans discernement. Alors dans l'obscurité d'un ciel sans étoile, la clarté fulgurante de l'évidence. Pour sauver la vie des otages, une seule solution mener l'assaut sans ouvrir le feu. Le maître Cédric DE PIERREPONT et le maître Alain BERTONCELLO n'hésitèrent pas un seul instant. Défiant la mort pour sauver des vies, faisant preuve d'une bravoure inouïe, ils pénétrèrent, armes tenues silencieuses, dans les tentes, pour sauver les vies des nôtres et ne prendre aucun risque pour eux. Rapidement les otages furent extraits. Mais l'ennemi tira à bout portant. Le maître Cédric DE PIERREPONT et le maître Alain BERTONCELLO tombèrent. La mission était un succès, mais nos deux soldats n'étaient plus. Ils étaient morts en héros, pour la France, morts en héros parce que pour eux rien n'est plus important que la mission rien de plus précieux que la vie des otages.

Le maître Cédric DE PIERREPONT s'était engagé dans la marine nationale dès l'âge de 18 ans. Major de son cours à l'école des fusiliers-marins de Lorient ce jeune breton avait dès ses débuts tout d'un héros de la nation. L’abnégation, débutant au sein du commando de Penfentenyo, il travailla sans relâche, suivi les entraînements les plus sélectifs pour rejoindre le Commando Hubert qu’il rallia en 2012. La bravoure, engagé au Levant, au Sahel, le maître Cédric DE PIERREPONT fit très vite de la libération des otages plus qu’un métier, sa raison d’être. Prendre tous les risques pour que ses compatriotes vivent, c’était son serment. Le goût de l’excellence. Equipier contre le terrorisme lors de l’opération Chammal en 2016, son engagement fut distingué maintes fois par de nombreuses citations valant titres de guerre et par des décorations dans la Croix de la valeur militaire et la médaille d'or de la Défense nationale. Oui, il avait l'âme d'un chef. Cette nuit de mai, dans l'obscurité du désert donc, Cédric n'était pas seul au-devant du groupe qu'il commandait. Sous l'eau les nageurs sont sanglés. Sur terre, ils sont liés. Et cette nuit de mai, au bout de ce lien se tenait Alain BERTONCELLO.

Le maître Alain BERTONCELLO rejoignit les rangs de la marine national à 20 ans. Alain BERTONCELLO avait la rigueur, celle acquise au contact de sa montagne natale. Seulement cinq années après avoir intégré le commando d’assaut Jaubert, il fut projeté au levant comme chef d’équipe Commando. Membre du Commando Hubert depuis deux ans, sa technique et son niveau opérationnel était au dire de tous, remarquable. Il avait la bravoure aussi. Également appelé au sein de l’opération Chammal, il se distingua par son engagement dans le combat contre Daesh, lequel lui valut une citation avec attribution de la médaille d’or de la Défense nationale. Enfin, la générosité. L’homme toujours disponible, le sourire toujours là qui rendait souvent service aux autres sans bien que cela ne se sache. De ces soldats qui façonnent la cohésion d’un groupe. Alain BERTONCELLO incarnait l’avenir du Commando Hubert fauché en pleine jeunesse il en sera lui aussi pour toujours un des symboles, oui, ces officiers mariniers étaient des soldats hors normes comme peu d’armée dans le monde ont la chance d’en compter.

Maître Cédric DE PIERREPONT, Maître Alain BERTONCELLO. Vous qui vous êtes entraînés ensemble, vous qui avez combattu ensemble, vous que la mort à jamais a uni. Voyez la Nation rassemblée dans cette cour des Invalides pour rendre l'hommage que vous méritez. Si nous sommes réunis aujourd'hui devant vos dépouilles drapées des couleurs de la France, c'est pour nous incliner devant la douleur digne de vos familles. Et je sais que ceux qui vous doivent la vie, nos deux compatriotes comme les ressortissantes américaine et sud coréenne s'associent à ce geste. C'est pour dire aussi notre solidarité avec vos frères d'armes. Ceux qui, des groupes commandos comme des autres, étaient avec vous au contact de l'ennemi et à qui nous pensons, plus particulièrement ce jour. Les autres nageurs de combat d'Hubert avec qui au Cannier sur la presqu'île de Saint-Mandrier, vous avez partagé tant et tant d'épreuves, d'entraînements difficiles pour mériter cet insigne formé de deux hippocampes enlacés autour d'une ancre, le plus prestigieux de tous. Regardez, ils sont là ce matin. Et les anciens, aussi, à qui vous étiez reliés par cette longue chaîne de solidarité unissant tous ceux qui dans leur vie ont porté l'illustre béret vert. Nous pensons à tous vos camarades des forces spéciales qui exposent si souvent leur vie - ils sont venus en nombre pour ce dernier adieu. A tous ceux de l'opération Barkhane engagés dans les dunes du Sahel, comme à tous vos camarades militaires déployés partout dans le monde car ce sont les armées tout entières qui ce jour sont en deuil. Et nous sommes là pour affirmer avec toute l'énergie que donne la rage de la tristesse que nous ne céderons rien. Des combats pour lesquels vous vous êtes engagés et avez donné votre vie.

Maître Cédric DE PIERREPONT, Maître Alain BERTONCELLO, la mort ne vous faisait pas peur parce que vous aviez ancré en vous, dans le mystère insondable de vos âmes, la volonté de servir les autres y compris au prix de votre propre vie. Parce que vous aviez fait le choix intime de consacrer cette existence à une cause plus grande que vous, celle de la France, celle de la liberté. Parce que affronter le feu de l'ennemi comme un seul homme est l'ultime valeur du soldat. Surgis du ventre de la nuit, ils sont porteurs des foudres de Neptune. Ce sont les mots que de génération en génération, les membres de votre unité se transmettent avant d'engager le combat. Les mots du mystère, les mots du secret.

Une vie arrêtée n'est pas une vie perdue. Une vie arrêtée en pleine jeunesse, en pleine conscience aussi, n'est pas une vie perdue. Une vie donnée n’est pas une vie perdue. Celui qui meurt au combat, dans l'accomplissement de son devoir, n'a pas seulement accompli son devoir, il a rempli sa destinée. Ce n'est pas un sacrifice, non. C'est le sens même de l'engagement, la part tragique de la mission et vous le saviez. Et avec vous, je le savais. Cette indicible part obscure de l'engagement, celle qui fait sa force et sa clarté, celle du don que chaque soldat à chaque mission consente à la nation. Et notre pays sent bien, notre pays sait bien dans ses profondeurs que votre exemple nous sauve tous car il nous maintient à la hauteur de nous-mêmes, de ce que nous avons à être. Oui, une nation n’est libre et forte que par la fraternité et la solidarité qui l’unissent. Une nation est libre et forte que d'avoir des héros dont elle doit se montrer digne en s'élevant à leur hauteur et en restant soudés tel est le sens profond de votre combat. Aujourd'hui, par votre mort, vous entrez dans la lumière éclatante de l'histoire de notre pays. Et voilà qu'en écho, jaillit une succession de figures qui ont donné leur vie pour notre nation. Voilà, surgissant de l'eau salée de la Manche, les soldats du commandant KIEFFER et, parmi ses hommes qui débarquèrent à Ouistreham le 6 juin 1944, la silhouette du lieutenant de vaisseau Augustin HUBERT, celui-là même qui donna son nom à votre commando et se dresse les ombres du capitaine de frégate François JAUBERT de l'enseigne de vaisseau Alain DE PENFENTENYO voilà encore le capitaine de corvette Charles TREPEL, l'enseigne de Vaisseau Louis DE MONFORT et l'amiral Pierre PONCHARDIER et voilà que les rejoignent tous ceux qui ont fait don de leur jeunesse pour le pays, pour la liberté. De Valmy à Verdun, de Patay à Camerone, de Basey au maquis, ceux dont on dit qu'ils sont tombés mais qui chaque fois ont élevé la France, c'est la cohorte de cette grande histoire, cette histoire de Français qui se sont battus pour d'autres Français, cette histoire de Français qui se sont battus pour les valeurs de la France, pour la part d'universel qui tient notre pays, que vous rejoignez aujourd'hui l'un et l'autre.

Vos familles vous pleureront toujours, avec la fierté triste qui accompagne le souvenir de celui dont l'horizon fut le sacrifice suprême. Vos frères d'armes n'oublieront jamais, et ils accompagneront vos dépouilles en entonnant ce chant, loin de chez nous, en Afrique, ils pleureront aussi en regardant droit devant pour vous rendre l'honneur qui vous est dû. Et la nation tout entière qui, en ce jour, vous rend hommage, se souviendra. Vos deux noms seront gravés au monument aux morts de vos communes, et la nation saura que vous avez fait votre devoir, car pour les peuples libres, pour les grandes nations, les noms des héros ne s'effacent jamais.

Maître Cédric DE PIERREPONT, Maître Alain BERTONCELLO, au nom de la République française, je vous fais Chevalier de la Légion d'honneur. Maître Cédric DE PIERREPONT, maître Alain BERTONCELLO, je vous fais premier maître dans le corps des officiers mariniers de maistrance.

Vive la République, vive la France.

Sauver Notre-Dame ou périr !1

Mardi, 07 Mai 2019 07:04

Quand des jeunes gens d’à peine plus de vingt ans acceptent de s’engager, armés de lourdes lances d’incendie, dans les escaliers étroits d’une tour dont on dit qu’elle menace de s’effondrer, croyez-vous vraiment que c’est seulement pour sauver des vieilles pierres ? Si ces jeunes militaires de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris2 ont risqué leur vie, le lundi 15 avril au soir, ce n’est pas simplement parce que leur devoir de soldats du feu leur imposait de remplir leur mission. C’est aussi parce que leur conscience leur disait que Notre- Dame était plus qu’un « immeuble de grande hauteur » qu’il fallait tenter de sauvegarder, mais un symbole national, légué par une multitude de générations depuis plus de huit siècles, et qui devait être à tous prix transmis aux générations suivantes.

Oui, malgré leur jeunesse, ces pompiers ont compris qu’ils avaient entre leurs mains la destinée non seulement du cœur géographique, historique et culturel de la France d’où partent toutes les routes du pays, mais aussi d’un chef d’œuvre de l’humanité qui valait de prendre tous les risques pour le sauver et rendre ainsi hommage au génie humain.

« Je suis souvent passé devant Notre-Dame sans jamais y entrer, parce que je me disais qu’elle était éternelle et que j’avais bien le temps. Mais quand elle sera reconstruite, j’irai. » Ainsi s’exprimait, le mardi 16 avril, à 7 heures du matin, un pompier qui, avec 374 de ses camarades, avait commencé la lutte la veille à 19 heures, soit 12 heures plus tôt.

Dans la soirée, le parvis de Notre-Dame s’était transformé en un immense QG rouge avec d’interminables files de camions, des tuyaux déroulés au pied de la cathédrale et dans toutes les rues avoisinantes. La Seine toute proche a heureusement fourni toutes les quantités d’eau nécessaires comme pour venir spontanément en aide à sa vieille voisine souvent comparée à un navire. 68 engins ont été déployés dont huit avec des bras aériens pouvant atteindre 50
mètres de haut et trois drones ont été utilisés.

Le porte-parole des pompiers de Paris a rappelé qu’à l’arrivée de ces derniers, la toiture était déjà embrasée et que la vitesse de propagation du feu l’a surpris. Au fil des heures, l’inquiétude grandissait et, à un moment, les pompiers ont cru que la cathédrale était perdue et allait tomber complètement à terre. C’est alors que le général de division Jean-Claude Gallet, commandant la BSPP, a pris les bonnes décisions en ciblant prioritairement les deux beffrois à commencer par celui du nord.

Cette décision judicieuse était en fait stratégique car de nombreux experts s’accordent à dire que ce beffroi nord a pu être sauvegardé à un quart d’heure près. Sa chute aurait bien évidemment entraîné celle de l’autre et, de proche en proche, celle de l’édifice tout entier. On notera le parallèle entre le commandement de ce général et celui d’un autre engagé dans un combat « classique » c'est-à-dire contre des adversaires humains. Dans les deux cas, les fondamentaux exigés sont les mêmes : capacité d’analyse, évaluation de la balance moyens amis/capacité de l’ennemi et prise de décision. Le général Gallet et ses hommes sont aujourd’hui loués parce que l’on considère qu’ils ont sauvé Notre-Dame qui, de fait, est, en l’état, reconstructible. Qu’en aurait-il été s’il ne restait aujourd’hui d’elle qu’un monceau de pierres calcinées ?

En milieu de matinée du mardi 16 avril, les pompiers de Paris ont fait un point de situation. Toute la nuit, ils ont surveillé les foyers résiduels et simultanément ont donc réussi à préserver les deux beffrois afin que les tours ne s’effondrent pas. Cependant 1 000 mètres carrés de toiture sont partis en fumée et la voûte de la cathédrale a été percée en trois endroits en particulier lors de la chute de la flèche.

Au contraire de leurs camarades des unités de combat « traditionnelles » de l’armée de Terre, les sapeurs-pompiers de Paris mènent très souvent leurs guerres devant un public. Ce fut encore le cas cette nuit-là où, dans une ambiance lourde, seuls, de temps à autre, les sirènes et les applaudissements de la foule crevaient le silence. Car foule il y avait. Par sa simple présence, elle remerciait les pompiers pour leurs efforts et peut-être Notre-Dame elle-même : « Résiste, résiste » chuchotait une dame.

Sur l’Ile de la Cité, au plus près du périmètre de sécurité, à 2 heures du matin passées, quelques dizaines de personnes étaient encore là.

Au bilan, un seul pompier a été légèrement blessé, intoxiqué par des fumées et hospitalisé à la Salpêtrière. Pour une intervention de cette nature, et qui restera comme une page marquante dans l’histoire déjà riche de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, cela tient presque du miracle.

Cet incendie qui aurait pu être tragique est l’occasion de rappeler l’éthique du pompier de Paris telle que définie par le général Robert Casso qui présida aux destinées de la brigade de 1963 à 1970 et la modernisa pour lui donner le visage qu’elle a aujourd’hui :

« Je ne veux connaître ni ta philosophie, ni ta religion, ni ta tendance politique, peu m’importe que tu sois jeune ou vieux, riche ou pauvre, français ou étranger.
Si je me permets de te demander quelle est ta peine, ce n’est pas par indiscrétion mais bien pour mieux t’aider.
Quand tu m’appelles, j’accours, mais assure-toi de m’avoir alerté par les voies les plus rapides et les plus sûres.
Les minutes d’attente te paraîtront longues, très longues, dans ta détresse pardonne mon apparente lenteur. »
Gilbert ROBINET
Secrétaire général de l’ASAF

1 En application de la devise des sapeurs-pompiers de Paris : « Sauver ou périr »
2 La brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) est une unité militaire de l’armée de Terre appartenant à l’arme du Génie.

Études marines - Nourrir

Mardi, 07 Mai 2019 06:46

La lettre d'information de la Fondation Maréchal de Lattre N° 44

Mardi, 07 Mai 2019 06:37

Les premiers pas d’Ariane

Mardi, 07 Mai 2019 04:59

« Le génie au combat en Afghanistan : adaptation d’une arme en situation de contre-insurrection 2001-2012 »

Mardi, 07 Mai 2019 04:40

Les Fêtes du Centenaire de la Conquête de l’Algérie

Jeudi, 16 Mai 2019 10:24

Dossier Rwanda Réalisé et publié en avril 2019 par l'ASAF

Mardi, 07 Mai 2019 04:20

Soldats de France N° 12

Lundi, 20 Mai 2019 12:33

Rapport de la mission d’information sur « l’évaluation des dispositifs de lutte contre les discriminations au sein des forces armées ».

Samedi, 25 Mai 2019 16:10

Lettre du CNE aux députés rapporteurs sur les discriminations au sein des forces armées.

Samedi, 25 Mai 2019 16:23

Bulletin trimestriel N° 240 de l'UNP 34

Les Lettres de Jean, fantassin, 1914-1917 - Jean-Paul Azan - 1921.

Samedi, 25 Mai 2019 18:27

Ce qui est en ligne depuis la dernière Lettre d'Information...

La Lettre d'Information 19/02 du CEACH.

Envoyer

La Lettre d'Information 19/02
du
Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION
Faites connaitre le site du CEACH dans vos associations.
La bibliothèque en ligne du CEACH

Conférence à ORANGE "Que devient le Kosovo ?" par le colonel (er) HOGARD le 3 mai 2019 à 20 heures

Dimanche, 21 Avril 2019 03:20

Inauguration de la rue «Hélie Denoix de Saint Marc», à BOLLÈNE, dans le VAUCLUSE

Dimanche, 21 Avril 2019 03:23

PROGRAMME


- 11h : Dévoilement de la plaque de rue au niveau du n° 177, Cours de la Résistance en présence des porte-drapeaux des associations patriotiques et d’anciens combattants.

- 12h : Cocktail déjeunatoire – La Cigalière - Quartier le Mas, route de Pont Saint-Esprit

- 14h : Inauguration de l’exposition sur les Harkis (ONAC)

- 15h : Projection du film : « Hélie de Saint-Marc, témoin du siècle » (60min.)

- 16h : Débat avec la réalisatrice Marcela Ferraru, Blandine de Bellecombe (fille d’Hélie de Saint-Marc), Jacques Nardin (UNACFM)

- 17h : Verre de l’amitié

Contact : Ville de Bollène : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

« L’Honneur est-il dans l’obéissance absolue au pouvoir légal, ou dans le refus d’abandonner des populations qui allaient être massacrées à cause de nous ? J’ai choisi selon ma conscience. J’ai accepté de tout perdre, et j’ai tout perdu. (…) Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié » (Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc (1er REP) - « L’aventure et l’espérance »)

Cérémonie de Commémoration des combats de Điện Biên Phủ.

Dimanche, 21 Avril 2019 03:25

Mardi 7 mai 2019 à 11h00, Square des Anciens d'Indochine, rue Jules Ferry, Castelnau le Lez.

Mesdames, messieurs, la cérémonie à laquelle vous allez assister se déroulera en trois temps :

1. Montée des couleurs.
2. Évocation et récit des combats du 7 mai 1954.
3. Dépôt de Gerbes par les anciens de Điện Biên Phủ, Honneurs aux Morts.

1. Montée des couleurs.

Le Président commande : Garde à vous. Sonnerie Garde à vous. (1) 7s

Le Président commande : Attention pour les couleurs.

Le préposé répond : prêt Président

Le Président commande : Envoyer. Sonnerie des couleurs + Marseillaise. (2) 1mn, 26s

Le préposé monte les couleurs.

Le Président commande : repos.

2. Évocation et récit des combats du 7 mai 1954.

Bande sonore évoquant la journée du 7 mais 1954. Commémoration DBP (3) 13mn, 41s

3. Dépôt de Gerbes par les autorités, Honneurs aux Morts.

Le Président commande : Garde à vous. Sonnerie : Garde à vous. (4) 7s


Dépôt de Gerbe par les présidents de l'AALEME, de l'ATDM34 et de l'UNP34.

Dépôt de Gerbe par la municipalité de Castelnau le Lez.



Le Président commande : Aux Morts. Sonnerie aux Morts. Minute de silence. Boudin. (5) 1mn, 37s

La cérémonie terminée, les autorités vont saluer les portes drapeaux. Contre les Viets (6) 9mn, 57s

74e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 à Montpellier

Dimanche, 21 Avril 2019 03:26

Cérémonies commémoratives de Điện Biên Phủ.

Mercredi, 01 Mai 2019 12:04

Conférence sur de LATTRE de TASSIGNY le 16 mai 2019 à 18 heures 30 - Grand Hôtel du Midi à MONTPELLIER

Dimanche, 21 Avril 2019 03:28

Inauguration le MERCREDI 5 juin 2019 à 11 heures d'une Stèle en souvenir de l'EAI

Dimanche, 21 Avril 2019 03:30

l’inauguration de la stèle en souvenir de l’EAI aura lieu le MERCREDI 5 juin 2019 à 11 heures à l’ancien Quartier Guillaut.

Avec l’aide de plusieurs anciens militaires qui ont servi à l’EAI le général (2S) Bernard PALHAWAN, dernier président de l’Amicales des Anciens de l’EAI de MONTPELLIER, a réussi à convaincre la municipalité de MONTPELLIER d’apposer une stèle à l’emplacement de l’ancienne EAI pour rappeler l’existence pendant près de cinquante ans à MONTPELLIER de cette glorieuse Ecole Militaire.

La mairie de Montpellier a décidé l’inauguration de cette stèle le mercredi 5 juin prochain à 11 heures par une cérémonie présidée par le maire de MONTPELLIER, monsieur SAUREL,,en présence de plusieurs anciens commandants de l’EAI à Montpellier, et du général commandant l’EI de Draguignan; celui ci pourrait fournir un piquet d’honneur et clairon.

Modalités d’exécution :

-*regroupement au quartier Guillaut pour 10 h 30 à hauteur du mas des couleurs

-*tenue adaptée avec cravate des amicales, décorations pendantes

-*un parking pour voiture devrait être ouvert dans l’enceinte du quartier (à confirmer)

-*déroulement probable :

-11h accueil des autorités

-rappel historique (en principe par le Lt-colonel Thierry Lefebvre)

-allocution AAAEAI

-allocution du maire de Montpellier

- dévoilement de la stèle et dépôt de gerbe

-sonnerie aux morts

-Marseillaise.

Journée ACORAM du dimanche 17 mars 2019 à Port-Vendres

Mercredi, 01 Mai 2019 13:00

Cérémonie en hommage au Médecin des Armées Marc LAYCURAS.

Mercredi, 01 Mai 2019 13:01

LIMA – ROMEO n°43 du dimanche 21 avril 2019

Mercredi, 01 Mai 2019 13:03

Ce qui est en ligne depuis la dernière Lettre d'Information...

La Lettre d'Information 19/01 du CEACH.

Envoyer

La Lettre d'Information 19/01
du
Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION
Faites connaitre le site du CEACH dans vos associations.
La bibliothèque en ligne du CEACH

Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/01

« État faible : la Nation et son armée fragilisées »

Un bilan triste et inacceptable

Dix morts, des centaines de blessés, des scènes de pillage diffusées en direct, des dégâts matériels considérables, la liberté de circuler en voiture entravée et de nombreux Français plongés tous les samedis dans l’insécurité, en ville, aux ronds-points et péages ; c’est l’image ternie par des dérives inacceptables que donne la France au monde depuis quelques semaines. Ce désordre, encouragé par des partis politiques et dont profitent des nations étrangères, affaiblit considérablement notre pays, restreint sa capacité d’influence et réduira inévitablement sa crédibilité militaire.

Un terreau favorable

La contestation des gilets jaunes, dont la légitimité n’est pas en cause, s’est déclenchée sur un terreau favorable et a pris la forme d’un mouvement sans responsables déclarés. Du fait de certains individus radicalisés ou étrangers au mouvement, elle a dérivé, ici et là, au gré des heures et au fil des semaines, vers une forme localisée de guérilla urbaine, où se mêlent expressions d’injures et de haine, actes de violences et de pillage, autant de propos et de gestes puisés aux plus bas instincts.

Tel est le triste bilan aujourd’hui d’un État dirigé depuis tant d’années par des hommes et des femmes méconnaissant trop souvent les réalités du terrain, diffusant un sentiment de suffisance, voire parfois d’arrogance. Ils se sont montrés incapables de rassembler la Nation autour d’un projet qui redonne leur fierté aux Français et leur permette de relever collectivement les redoutables défis auxquels ils sont confrontés. Bien au contraire, les Français, dans leur majorité, ont le sentiment d’être dirigés par une classe politique inefficace qui, loin de montrer l’exemple, ne sait pas expliquer clairement les objectifs à atteindre ni les efforts inévitables à consentir pour restaurer la puissance de notre pays.

C’est une grande faute que de ne pas avoir dit franchement depuis longtemps que nous dépensons trop, que nous devons réorganiser l’État, revoir notre système social et que nous devons travailler bien davantage sous peine de devenir très rapidement un pays de second rang.

La loi bafouée

Dans cet environnement fragile, les dirigeants d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, se révèlent incapables de faire respecter la loi, y compris quand ils déclarent que « nous sommes en guerre ». Ils préfèrent dénigrer le passé et noyer la France dans une repentance historique systématique, qui mine la confiance, fissure la cohésion et éteint l’enthousiasme. Cette attitude intellectuelle est mortifère car elle divise encore davantage au lieu de rassembler et elle inocule le doute au lieu de renforcer la confiance et la fierté.

Selon la loi, toute manifestation doit être déclarée et encadrée par les manifestants sur un itinéraire défini et dans un créneau horaire précis.Cela signifie que, si une manifestation non déclarée est décidée, ses instigateurs doivent être interpellés et les participants sanctionnés.

Déclarée, une manifestation ne doit en aucun cas porter atteinte à la liberté des autres citoyens. Or depuis trop longtemps l’État tolère que les Français soient pris en otage et supportent les contraintes imposées par des manifestants, alors que la liberté de circuler prime sur le droit à manifester.

De même la sécurité des personnes et des biens doit-elle être strictement assurée. Or, depuis trop longtemps, les responsables politiques laissent les manifestants occuper illégalement des locaux ou des terrains comme ceux de Notre-Dame-des-Landes. Pourtant la mission des forces de sécurité est de faire respecter les lois de la République, y compris par la force si nécessaire. Rien ne justifie en effet, dans une démocratie comme la nôtre où les élections se déroulent à des échéances régulières, que la violence soit un moyen d’expression et de pression.

Une France affaiblie

En huit semaines, quel gaspillage : le chef de l’État, chef des Armées, contesté, insulté et menacé, la sécurité intérieure non garantie sur certains lieux de manifestation, la cohésion nationale fissurée, le symbole des sacrifices immenses de la Nation outragé !

Si des mesures très fermes ne sont pas prises au plus tôt pour neutraliser les casseurs et les pillards en les sanctionnant lourdement, la France sera demain un lieu où risquent de s’affronter ces voyous et des commerçants qui défendront leur commerce les armes à la main ou encore des Français qui n’accepteront plus de voir brûler leurs voitures. Face à ces affrontements mortels en viendra-t-on à faire intervenir l’armée ?

Pour éviter cette extrémité, l’État doit d’urgence restaurer la confiance en nos forces de sécurité intérieure en leur donnant des consignes fermes, faute de quoi la France continuera à s’affaiblir et à se discréditer pour le plus grand bonheur de ses concurrents. Quant à l’armée, intimement liée à la Nation, et dont le chef semble à ce point contesté, elle risque alors de perdre très vite une partie de sa crédibilité tant auprès de ses alliés que de ses ennemis islamistes.

Un espoir

Dans ce contexte qui ne peut plus être admis, il apparaît capital que la démarche originale de consultation des Français initiée par le président de la République, chef des Armées, porte les fruits attendus de réconciliation nationale, de retour de la confiance dans les autorités responsables, et de fierté retrouvée dans un grand destin national et européen ; d’ailleurs, sur ce dernier point, les membres de l’ASAF ont un rôle important à jouer en participant activement au grand débat national.

Mais cet espoir, c’est aussi celui que doivent nous inspirer les deux pilotes et les deux pompiers qui ont péri en s’entraînant au combat et en luttant contre un incendie ; ils ont ainsi montré que des hommes et des femmes sont toujours prêts à donner leur vie pour défendre la France et sauver leurs compatriotes.

La RÉDACTION de l’ASAF

www.asafrance.fr

Association de soutien à l’armée française

18, rue de VEZELAY
75008 PARIS
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

www.asafrance.fr

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)

Lettre de l’ASAF 19/02

« L’ASAF s’implique dans le grand débat national »

« Pour moi, il n’y a pas de questions interdites » (extrait de la lettre du président Macron)

L’ASAF, association d’intérêt général et membre du groupe des associations représentatives du monde combattant, ne saurait être absente du grand débat national. Elle l’avait du reste annoncé dans sa lettre de janvier consacrée à la crise des « gilets jaunes ».

Dans le cadre strict de ses statuts, elle propose ci-dessous les quatre points qui lui paraissent devoir et pouvoir être portés par tous ceux qui, sans omettre leurs préoccupations personnelles, souhaitent que la Défense, sujet qui concerne tous les Français, ne soit pas la grande absente de cette consultation populaire.

1- La France doit disposer d’une armée complète, bien équipée et entraînée pour garantir son indépendance, son intégrité et la protection des Français.

Il s’agit donc de veiller à ce que les ressources prévues dans la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, indispensables à la remontée en puissance de nos armées, soient préservées.

La France doit veiller à préserver son autonomie stratégique. L’exemple de l’embargo imposé par les États-Unis sur la fourniture des pièces de rechange pour les catapultes du porte-avions Charles de Gaulle, après le refus de la France de soutenir l’engagement américain en Irak, est à ce titre très révélateur.

La France doit impérativement accroître la part de son budget consacré à la Défense et atteindre dans un premier temps 2% du PIB en 2025 comme le prévoit la LPM. C’est là une condition nécessaire pour que nos Armées aient les moyens d’accomplir leurs missions.

Rappelons que, pour sa Défense, chaque Américain dépense plus de deux fois ce que dépense chaque Français.

2- La France doit renforcer sa cohésion et être fière de son passé pour bâtir son avenir.

L’État doit cesser toute forme de repentance et mettre en valeur l’exemplarité de héros français tout au long de son Histoire.

Certains dirigeants, intellectuels ou médias français jettent trop souvent l’opprobre sur certaines pages de notre histoire, soit de façon mensongère (la colonisation assimilée à un crime contre l’humanité), soit par ignorance du contexte (affaire Audin), soit par pure naïveté.

En revanche les innombrables Français dont le comportement fut héroïque sont trop rarement évoqués devant un peuple qui manque aujourd’hui de confiance en lui et une jeunesse en perte de repères.

Cette attitude est grandement préjudiciable à l’unité de la Nation car elle est susceptible de susciter chez certains, en particulier chez les jeunes nouvellement naturalisés, un sentiment de rejet au lieu d’offrir des exemples dont ils pourraient s’inspirer pour développer leur sens de l’engagement au service de la Nation.

3- Les engagements opérationnels doivent s’inscrire dans le cadre d’une politique de long terme, soutenue par l’ensemble de la population.

Nos soldats doivent bénéficier du soutien indéfectible de la Nation et être assurés que les opérations qu’ils mènent aujourd’hui au prix du sang ne seront pas dénigrées demain.

Chaque fois que l’on accuse nos soldats d’hier d’avoir commis des crimes ou des atrocités, comme c’est régulièrement le cas à propos de l’Algérie, ou, plus récemment, d’avoir favorisé le génocide au Rwanda et d’en avoir été les complices par leur passivité, on sème le doute dans les esprits des soldats engagés aujourd’hui en opérations extérieures et on les fragilise.

Comment les empêcher de penser que leurs actions d’aujourd’hui seront peut-être demain, comme celles de leurs anciens, vouées aux gémonies ? Comment peuvent-ils continuer à se battre, à souffrir et à mourir aujourd’hui pour un pays dont les responsables politiques risquent de les abandonner demain ?

L’engagement de nos forces armées est celui de la Nation tout entière et celle-ci doit faire preuve de son soutien indéfectible à ses soldats dans le long terme. C’est particulièrement vrai pour ses blessés qui l’ont été « pour la France » à 20 ans et dont les blessures nécessitent des soins très contraignants tout au long de leur vie tels que les grands brûlés, les blessés psychiques et de la moelle épinière, ou encore les amputés.

4-Les associations représentatives du monde combattant, déclarées d’intérêt général, doivent être davantage associées à la réflexion et aux décisions relatives à la Mémoire et au lien armée-nation.

Certaines dispositions relatives à la Mémoire pourraient faire l’objet d’une consultation des associations afin d’aller vers plus de cohérence et de pertinence :

  • le choix des commémorations patriotiques nationales annuelles ;
  • la place de la médaille des victimes du terrorisme qui pour l’instant est située avant celle remise pour des actes de courage et de dévouement ;
  • l’attribution de la mention « Mort pour la France» pour le colonel Beltrame et pour les militaires français tués en étant observateurs de l’ONUST ;
  • la simplification du calendrier des commémorations nationales et son recentrage sur le 11 novembre conformément à l’esprit de la loi du 28 février 2012 ;
  • enfin, quand elles ne sollicitent pas de subventions de l’État, les associations d’intérêt général, qui contribuent bénévolement au développement de l’esprit de Défense, doivent pouvoir émettre des reçus fiscaux pour les dons qu’elles reçoivent des Français.

En conclusion

Il ne faudrait pas que la satisfaction des intérêts particuliers de nos concitoyens conduise à l’affaiblissement des fonctions régaliennes de l’État et, en particulier, de la première d’entre elles : la Défense.
Dans le monde actuel il est plus que jamais essentiel que notre pays soit uni autour d’une armée forte. C’est la condition incontournable pour être efficacement protégés et rester libres.


LA RÉDACTION DE L’ASAF

www.asafrance.fr

"Algérie, les oubliés du 19 mars 1962": un livre pour rappeler le drame des pieds-noirs, des rapatriés et des harkis

http://www.francesoir.fr/

Une foule d'Européens d'Algérie désireux de gagner la métropole sont massés à bord du "Ville d'Oran" et s'apprêtent à débarquer à Marseille le 25 mai 1962, deux mois après la signature des Accords d'Evian. ©AFP

Quelques jours avant l'anniversaire des Accords d'Évian qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, un livre dénonçant le non-respect de ces accords dans les semaines qui ont suivi le cessez-le-feu vient de paraître: "Algérie, les oubliés du 19 mars 1962" rappelle le drame qu'ont vécu à l'époque les pieds-noirs, les rapatriés et les harkis.

C'est en novembre 2012, sous le quinquennat de François Hollande, que le Parlement a adopté une proposition de loi socialiste faisant du 19 mars la "Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc". Mais "s'il y avait une date à éviter pour célébrer la guerre d'Algérie, c'était bien le 19 mars", estime le journaliste et écrivain Alain Vincenot, qui vient de publier Algérie, les oubliés du 19 mars 1962 (Ed. de l'Archipel).

Pour lui en effet, "tant voulus par le général de Gaulle et plébiscités, en métropole, par le référendum du 8 avril 1962, les Accords d'Évian ne furent jamais respectés" par les Algériens. Ils stipulaient, outre le cessez-le-feu, que les deux parties s'engageaient à "interdire tout recours aux actes de violence, collective ou individuelle", et pourtant "des civils, mais aussi des soldats français ont continué à mourir ou disparaître. Oubliés", souligne l'auteur.

Les Accords stipulaient aussi que les Français auraient les mêmes droits que les Algériens, que la liberté d'opinion, de religion, de langue serait respectée. "Du papier, rien que du papier", accuse Alain Vincenot. "Plus d'un million de pieds-noirs n'eurent d'autre choix que «la valise ou le cercueil». Après le 19 mars 1962, massacres et enlèvements se multiplièrent afin de les pousser au départ".

Lire aussi:

> Guerre d'Algérie: Hollande indigne opposition et harkis en commémorant le cessez-le-feu du 19 mars 1962

> La France rend hommage à ses morts de la guerre d'Algérie

> Guerre d'Algérie: après Maurice Audin, Macron fait un geste pour les harkis

L'auteur rappelle les chiffres de l'après-guerre d'Algérie: entre le 19 mars 1962 et le 5 juillet 1964, date du retour en métropole des derniers contingents, 593 soldats français ont été tués ou enlevés en Algérie; auparavant, entre 500 et 1.000 (le nombre exact est inconnu) avaient également été portés disparus; et plus de 80.000 harkis (supplétifs algériens de l'armée française) ont été "exterminés par les nouveaux maîtres du pays, abandonnés par la France pour laquelle ils avaient combattu".

Journaliste (notamment au Quotidien de Paris et à France-Soir), Alain Vincenot a consacré plusieurs livres et recueils de témoignages à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et aux survivants de la Shoah: Je veux revoir maman (Éd. des Syrtes, 2005), Les Larmes de la rue des Rosiers (Éd. des Syrtes, 2010), Vél d’hiv. 16 juillet 1942 (Éd. de l’Archipel, 2012), Rescapés d'Auschwitz (Éd. de l’Archipel, 2015). Sur son autre sujet de prédilection, les suites de la guerre d'Algérie, il a publié en 2014 Pieds-noirs: les bernés de l'Histoire (Ed. de l'Archipel).

Il revient sur cette question douloureuse de l'Histoire de France récente dans son dernier livre, construit en deux parties. D'abord, il retrace les étapes de la guerre d'Algérie, en listant de manière presque exhaustive les attentats, assassinats et massacres du FLN et des fellaghas contre les civils et militaires français, avant et après 1962. Il cite également les nombreux discours, déclarations et interventions publiques des responsables politiques de l'époque, soulignant notamment l'évolution du général de Gaulle: de l'ambigu "Je vous ai compris!" le 4 juin 1958 à Alger et du "Moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur l'Algérie!" le 27 août à Saïda, au "chemin nouveau" qui, explique-t-il le 4 novembre 1960 avant son dernier voyage sur place, "conduit non plus au gouvernement de l'Algérie par la métropole française, mais à l'Algérie algérienne".

Lire aussi "C'était dans France-Soir":

> Mars 1962, la fin de la guerre d'Algérie (VIDEO)

> Décembre 1960, le dernier voyage de De Gaulle en Algérie (VIDEO)

Dans la seconde partie du livre, plus poignante, l'auteur rassemble des témoignages pour raconter le destin brisé de 11 Français oubliés, civils ou militaires, disparus entre août 1957 et septembre 1962 et que l'on n'a jamais retrouvés: Paul Bonhomme, 22 ans; Joseph Laplume, 47 ans; Louis Akermann, 54 ans, et sa femme Catherine Coll, 49 ans; Joseph Pinto, 58 ans; Paul Teuma, 44 ans; Cyr Jacquemain, 27 ans; Christian Mesmacque, 18 ans; Michel Chombeau, 21 ans; René-Claude Prudhon, 54 ans; Joseph Belda, 53 ans.

Plus que les circonstances cruelles de leur enlèvement, c'est le manque de soutien des autorités françaises aux familles et, explique Alain Vincenot, la "réticence manifeste des gouvernants à faire la lumière sur ces disparitions" qu'illustrent les témoignages des proches des disparus, ces frères, pères, maris dont ils n'ont jamais retrouvé la trace. "Dans les bas-côtés de l'Histoire gisent des dates, des patronymes et des familles qui n'ont pu faire le deuil d'êtres chers…", conclut l'auteur.

> "Algérie, les oubliés du 19 mars 1962", Éditions de l'Archipel, 352 pages, 20 euros.

La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ?

bataille d'Hahjin 20190216

La bataille d’Hajin (septembre 2018 – janvier 2019) du nom d’une petite localité située sur la rive Est de l’Euphrate aux confins de la Syrie et de l’Irak mérite de laisser son nom dans l’histoire militaire à plus d’un titre. Elle est d’abord la dernière « bataille rangée » contre le pseudo État islamique et semble mettre un point final à sa volonté de contrôler un territoire. Elle est ensuite, pour nous Occidentaux, riche d’enseignements sur la guerre, et tout spécialement les limites de la guerre par procuration et de notre approche tournée vers la suprématie technologique.

Au XIXe siècle, le sort d’une bataille mettant en jeu quelques milliers d’hommes était réglé en une journée – Austerlitz par exemple ; au XXe siècle, il faut compter en semaines – que l’on pense à la poche de Dunkerque en 1940 ; au XXIe siècle, il faut près de cinq mois et une accumulation de destructions pour venir à bout de 2 000 combattants ne disposant ni d’appui aérien, ni de moyens de guerre électronique, ni de forces spéciales, ni de satellites. Telle est la réalité de la guerre aujourd’hui qui doit nous conduire, décideurs politiques et chefs militaires à un examen critique salutaire sur notre façon de concevoir et faire la guerre.

Certes, la bataille d’Hajin a été gagnée mais de façon très poussive, à un coût exorbitant et au prix de nombreuses destructions. Certes, les Occidentaux, en refusant d’engager des troupes au sol, ont limité les risques et notamment celui d’avoir à s’expliquer devant l’opinion. Mais ce refus interroge : pourquoi entretenir une armée que l’on n’ose pas engager ? Si la réduction du dernier bastion de l’État islamique ne vaut pas la peine d’engager des troupes conventionnelles, quelle cause sera assez importante pour le faire ? Extrêmement à l’aise pour remplir les grands états-majors multinationaux d’une ribambelle d’officiers, les nations occidentales n’ont pas eu la volonté politique d’envoyer 1 000 combattants aguerris régler en quelques semaines le sort de la poche d’Hajin et épargner à la population plusieurs mois de guerre.

Par ailleurs, en sous-traitant aux Forces démocratiques syriennes (FDS), c’est à-dire à des proxys – des troupes soutenues par les Américains qui leur ont délégué le droit de se battre à leur place – la conduite des opérations au sol, la Coalition (1) a renoncé à sa liberté d’action et perdu la maîtrise du tempo stratégique. Prise en étau entre la décision de Donald Trump de se retirer du Nord-Est syrien et le bon vouloir des FDS, elle n’a pas trouvé de meilleure solution que d’intensifier les bombardements pour en finir au plus vite, compromettant ainsi durablement l’avenir de cette province.

In fine, la question qui se pose est de savoir si la libération d’une région ne peut se faire qu’au prix de la destruction de ses infrastructures (hôpitaux, lieux de culte, routes, ponts, habitations, etc.). C’est là, l’approche assumée sans complexe, hier et aujourd’hui, par les Américains ; ce n’est pas la nôtre et nous souhaitons ici indiquer ce qui aurait pu être fait pour mettre l’ennemi hors de combat sans transformer la poche d’Hajin en champs de ruines.

Les destructions dans le village d'Hajin, sur la route de Baghouz, où se trouve le dernier réduit du groupe Etat islamique. © Radio France / Etienne Monin

Les destructions dans le village d’Hajin, sur la route de Baghouz, où se trouve le dernier réduit du groupe État islamique. © Radio France / Etienne Monin

Caractéristiques de la bataille d’Hajin : un concentré de tous les types de guerre

Située au cœur du « Grand Jeu » entre puissances régionales et grandes puissances, la poche d’Hajin regroupe en septembre 2018 environ 2 000 combattants islamistes dont une majorité d’étrangers. S’étirant sur une trentaine de kilomètres le long de l’Euphrate en territoire arabo-kurde syrien et large d’une dizaine de kilomètres, elle est le dernier bastion du soi-disant Califat « État islamique », autant dire pas grand-chose. En réalité, nous allons voir que la bataille déborde largement de son cadre géographique pour se répandre dans le champ des perceptions, autre enjeu essentiel du combat.

La zone d’action est une bande de terrain en V coincée entre l’Euphrate à l’Ouest et la frontière irako-syrienne à l’Est avec une zone rurale (champs et villages) le long du fleuve et une zone désertique. Soulignons que la rive Ouest de l’Euphrate est plus ou moins sous contrôle du régime syrien et des milices irakiennes qui contrôlent également une partie de la frontière. La population est estimée à quelques milliers de personnes, surtout présente dans la partie Nord de la poche (localité d’Hajin).

Au Sud de la poche (pointe du V) et au bord de l’Euphrate, en territoire irakien, la ville d’Al-Qaïm. Au Nord de cette ville, la frontière est tenue par l’armée irakienne et légèrement en retrait se trouve la position de tir des moyens feux sol-sol de la coalition. Au Sud, la frontière est tenue par une milice affiliée à l’Iran (Katiba Hesbollah), véritable petite armée avec ses chars et ses canons. Si la frontière est globalement étanche au Nord, elle est très poreuse au Sud, la milice se livrant à la contrebande.

Le combat au sol a été confié à des proxys, les FDS, alliance arabo-kurde conseillée par les forces spéciales américaines et bénéficiant du soutien des moyens feux sol-sol et sol-air de la Coalition. D’un volume sensiblement équivalent à celui de Daech, leur valeur combative est toute relative sachant que les combattants kurdes viennent du Nord-Est syrien où ils sont régulièrement pris à partie par les Turcs, alliés des Américains au sein de l’Otan. Ainsi, fin octobre 2018, les FDS ont annoncé la suspension des opérations suite à des frappes turques et il a fallu plusieurs semaines de négociation pour qu’ils reprennent le combat. Le même scénario a failli se répéter mi-décembre et compromettre à nouveau la prise d’Hajin pourtant bien engagée.

Au sol, les traits distinctifs de cette bataille sont assez proches de ceux des batailles de la Première Guerre mondiale : une ligne de front entre combattants où chaque gain de 500 mètres ou 1 kilomètre de territoire représente un succès ; des contre-attaques violentes et répétées de la part d’un ennemi cerné de toute part et qui cherche à desserrer l’étau des FDS ; un emploi massif de l’artillerie, seule capable de délivrer des feux par mauvaises conditions météorologiques et qui, à plusieurs reprises, a sauvé la mise aux FDS violemment prises à partie ; des pertes importantes au regard du volume de combattants (plusieurs centaines au total de part et d’autre).

Sur un plan purement tactique, cette bataille a fait redécouvrir toutes les vertus d’un appui-feu sol-sol (2) alliant effets de saturation par obus explosif et effets de destruction par munition de précision et surtout opérationnel par tout temps. Ainsi, c’est le 3 décembre 2018 qu’ont été tirés avec succès pour la première fois en opération, les obus antichars à effet dirigé Bonus détruisant une colonne de pickup lancée à l’assaut des lignes de défense FDS.

Dans les airs, la suprématie occidentale est évidemment totale. Comme dans le film de Gavin Hood, Eye in the Sky (3), c’est la quintessence de la haute technologie qui se déploie quasiment sans limite avec l’emploi massif de moyens de surveillance et de renseignement, et d’avions pour observer et frapper. En l’espace de six mois, plusieurs milliers de bombes ont été déversées sur quelques dizaines de kilomètres carrés avec comme résultat principal la destruction des infrastructures.

L’ennemi a-t-il été détruit par ces frappes ? Oui, mais pas autant qu’on a bien voulu le faire croire dans les comptes rendus alignant un BDA (4) impressionnant calculé de façon statistique et non pas par observation visuelle.

L’ennemi a-t-il été atteint dans son moral et sa volonté de combattre ? À l’évidence, non. Il a déployé jusqu’au bout une combativité inébranlable mettant à profit les périodes de mauvaise météo, le préservant de la menace aérienne, pour contre-attaquer violemment et infliger à plusieurs reprises de sérieux revers tactiques aux FDS. La défaite devenue inéluctable, il s’est exfiltré vers des zones refuges pour poursuivre la lutte en mode insurrectionnel ne laissant sur place qu’une poignée de combattants étrangers.

Ainsi, cette bataille illustre à merveille les propos du général Desportes : « Des systèmes d’armes toujours plus performants produisent des résultats toujours plus décevants » (5). Entendons-nous bien. Ils ne sont pas décevants parce que performants mais parce que mal employés ; nous y reviendrons.

Enfin, la bataille d’Hajin dépasse largement le cadre géographique pour s’inscrire plus largement dans le champ infini des perceptions.

Force est de constater que dans ce domaine, Daech a su exploiter le moindre succès tactique pour le valoriser et en faire un succès stratégique. De même, les frappes occidentales et leurs dommages collatéraux réels ou fictifs ont aussi été largement médiatisés avec succès. En effet, à plusieurs reprises, la Coalition trop souvent en réaction sur le champ des perceptions, a dû renoncer à ses frappes face à la pression médiatique. Il y a ici tout un champ de réflexion à explorer et notamment le décalage des perspectives : là où Daech, dans une vision stratégique, s’adresse aux opinions publiques occidentales, la Coalition, outil militaire sans réelle pensée politique, est contrainte de rester au niveau tactique et ne peut exploiter ses succès dans le champ informationnel avec la même réactivité que l’ennemi.

Les limites de la guerre par procuration et de notre approche techno-centrée

La guerre par procuration ou comment perdre la main sur le plan stratégique

En s’en remettant à des proxys pour conduire la bataille au sol, les Occidentaux en ont certes retiré un avantage politique à court terme : celui d’éviter des pertes et un mouvement d’opinion contre leur politique. En revanche, sur le moyen-long terme, ce choix s’est avéré désastreux.

En affirmant que la poche était la Main Battle Area (6) tout en refusant d’y engager des moyens terrestres ou même des hélicoptères d’attaque, les Américains ont laissé planer un doute sur leurs intentions réelles d’en finir rapidement. Il est donc permis de penser que la poche d’Hajin constituait un excellent alibi pour maintenir une présence dans le Nord-Est syrien et surtout prévenir un éventuel délitement trop rapide de la Coalition. Ainsi, au fur et à mesure de la bataille, le discours s’est articulé de la façon suivante : « il faut détruire Daech » vers « oui, Daech est bientôt éliminé en Syrie mais il se reconstitue en Irak et reste tout aussi dangereux », ce qui pose la question de la pertinence de la stratégie suivie depuis des années. Où est le véritable enjeu ? Détruire Daech ou contenir l’Iran ?

Par ailleurs, la conséquence la plus immédiate d’une telle approche est la perte de la maîtrise du temps : l’opération avance au gré de la volonté des proxys et selon leur propre agenda et elle traîne en longueur quelle que soit l’ampleur des moyens consentis. Cela s’appelle un enlisement.

Pour compliquer les choses, est apparue au grand jour la divergence de vues entre Donald Trump et son état-major. Fidèle en cela à une promesse de campagne, le Président des États-Unis a saisi l’occasion de la reprise d’Hajin mi-décembre pour annoncer la victoire sur Daech et le retrait des forces américaines de Syrie montrant ainsi, certes de façon brutale, que c’est bien le tempo politique qui détermine la stratégie et non pas l’inverse.

En refusant d’inscrire dans leur stratégie du Moyen-Orient cette volonté de retrait pourtant annoncée depuis deux ans, l’Administration américaine et les étatsmajors se sont mis d’eux-mêmes en porte à faux. Bousculés par le décideur politique d’un côté, ayant perdu la main sur le tempo des opérations au sol de l’autre, c’est-à-dire privés de toute marge de manœuvres, la seule réaction a été d’intensifier les frappes aériennes et donc d’augmenter encore le nombre de destructions. Hajin a subi le même sort que Mossoul et Raqqa : une destruction quasi complète.

Ainsi, cette victoire tactique, par la façon dont elle a été acquise, a compromis l’avenir de cette province sans ouvrir de perspectives stratégiques intéressantes pour la Coalition. L’avenir du Nord-Est syrien est plus que jamais incertain et Daech, s’il a perdu son territoire, ne semble pas atteint dans sa volonté de continuer la lutte.

La leçon est la suivante : il n’y a pas de stratégie et donc de victoire durable sans liberté de manœuvre. Celle-ci est au croisement du politique et du militaire. Le stratège doit impérativement inscrire son action dans une politique et doit garder la main sur les opérations dans tous les domaines, y compris les opérations terrestres s’il veut être en mesure de présenter plusieurs options stratégiques au décideur politique. Il n’y a pas d’autres solutions possibles.

L’approche techno-centrée ou l’illusion de la puissance

En s’en remettant principalement à des moyens air inopérants sur un plan tactique lorsque les conditions météo se dégradent et aux forces spéciales, la Coalition a perdu beaucoup de temps, d’énergie et de crédibilité, Daech ayant beau jeu de se vanter d’avoir tenu en échec la première puissance mondiale pendant des mois.

Il faut être rentré dans une Strike Cell (7) par temps couvert pour comprendre toutes les limites de notre approche techno-centrée. En effet, en cas de pluie, de brouillard, de nuages, les écrans deviennent noirs, les gens jouent aux cartes ou regardent un film : la guerre s’arrête pour eux en attendant la prochaine fenêtre météo. Lors des violentes contre-attaques de Daech en octobre 2018 et le repli des FDS, le premier constat d’un officier général a été de dire : « C’est à cause de la météo, nous n’avions plus l’appui aérien. » Sous-entendu, Daech ne respecte pas les règles du jeu, il attaque par mauvais temps !

Non, nous n’avons pas été tenus en échec par la météo mais par notre refus de nous adapter à notre ennemi et au réel. La guerre par procuration, c’est-à-dire ce refus d’engager des troupes au sol aptes au combat pour s’en remettre uniquement aux forces spéciales et à l’arme aérienne est l’un des facteurs principaux de nos échecs actuels. Les forces spéciales sont faites… pour les opérations spéciales et non le combat conventionnel en zone urbaine ou désertique.

Encore une fois, ne nous y trompons pas, il ne s’agit nullement ici de critiquer l’apport indispensable aux opérations que constitue l’arme aérienne ou les forces spéciales mais de rappeler que c’est une erreur que de s’en remettre uniquement à elles pour gagner une bataille. Ce concept ultra-technologique conçu pour réduire le format des troupes conventionnelles et séduire le politique en lui faisant croire qu’on peut faire mieux avec moins est un leurre séduisant mais un leurre quand même.

Alors que fallait-il faire ?

La réponse est simple : comprendre que si la bataille se gagne au niveau tactique – adaptation au terrain et à l’ennemi – la guerre se gagne au niveau stratégique et politique, et qu’elle est une dialectique des volontés et non une éradication « des méchants » impossible à réaliser.

En l’occurrence, il fallait resituer la bataille d’Hajin dans un cadre plus global : celui d’empêcher Daech de se reconstituer d’une part et de préserver l’avenir de la moyenne vallée de l’Euphrate en évitant des destructions inutiles d’autre part.

Au niveau tactique, une bataille se gagne en disposant les moyens adéquats au bon endroit et au bon moment (principe d’économie des forces et de concentration des efforts) pour créer un rapport de force favorable. Ainsi, tout en s’appuyant sur les FDS, il fallait, en sus des moyens d’appui-feux, engager a minima un groupement tactique interarmes motorisé capable de s’emparer rapidement de la poche d’Hajin en limitant autant que faire se peut la destruction des infrastructures.

En effet, une bataille ne se résume pas à détruire des cibles comme au champ de foire. C’est la combinaison de la manœuvre et du feu qui permet de disloquer le dispositif ennemi et de le mettre dans l’impossibilité de poursuivre la bataille par la conquête des points clés du terrain, et de ses moyens de commandement et logistique. La prise d’Hajin, en décembre, en est l’illustration tardive : l’ennemi, ayant perdu son centre de commandement, n’a plus été en mesure d’opposer une résistance coordonnée par la suite.

Enfin, la bataille doit être menée en temps imminent dans le champ informationnel, c’est-à-dire avec un temps d’avance. Est cru par le plus grand nombre ce qui est affirmé en premier : c’est une loi immuable dont il faut tenir compte. Une plus grande réactivité aurait été nécessaire pour valoriser nos succès et disqualifier le comportement de l’adversaire quitte à assumer, et non pas justifier après coup, les dommages collatéraux.

L’évocation de la bataille dans le champ des influences nous permet de faire la transition avec les parties hautes de la guerre, la stratégie et la politique.

Au lieu de se focaliser de façon excessive sur la poche d’Hajin, la Coalition aurait dû l’intégrer dans une approche stratégique et ainsi découper son espace de bataille non pas en fonction de ses structures internes (répartition entre commandement des forces spéciales en Syrie et commandement conventionnel en Irak) mais en fonction de l’espace de bataille ennemi allant de Kirkuk au Nord-Est de l’Irak au désert d’Al-Anbar à l’Ouest, en passant par Hajin et Al-Qaïm.

Seule une vue globale du problème aurait permis d’ébaucher une stratégie globale et d’éviter le constat amer de voir Daech resurgir là où on l’a chassé il y a deux ans. Seule une stratégie globale laissant entrevoir une résolution politique durable aurait permis au politique de comprendre la nécessité du temps long au lieu de brusquer les choses pour sortir de ce qui s’apparente à une impasse et un échec.

Il faut donc rappeler avec le général Desportes que la victoire militaire doit toujours être pensée au prisme de son objectif politique et qu’elle ne peut se passer d’un engagement au contact : « La guerre à distance est un leurre : elle produit un effet militaire mais pas d’effet politique. La “projection de puissance”, c’est-à-dire la projection de destruction, sans “projection de forces”, de soldats sur le terrain ne fonctionne pas ; elle détruit sans maîtriser la reconstruction et crée le chaos. Il y a une vraie illusion de l’efficience aérienne : certes, elle permet quelques économies initiales mais elle ne conduit jamais au résultat espéré. À la fin des fins, il est toujours nécessaire, d’une manière ou d’une autre, de contrôler l’espace. » (8)

Conclusion

Oui, la bataille d’Hajin a été gagnée, au moins sur le terrain mais en refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? w guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate.

François-Régis Legrier

Colonel. Chef de corps du 68e régiment d’artillerie d’Afrique. Commandant la Task Force Wagram au Levant d’octobre 2018 à février 2019. Auteur de Si tu veux la paix prépare la guerre aux Éditions Via Romana

(1) Operation Inherent Resolve (OIR) : coalition dirigée par les Américains.

(2) Il faut également souligner l’emploi massif par Daech de roquettes et de mortiers allant parfois à des consommations de 100 munitions par jour.

(3) Sorti en 2016 : montre les ambiguïtés politico-juridiques d’une prise de décision d’une frappe aérienne.

(4) Battle Damage Assessment : estimation des pertes ennemies.

(5) Vincent Desportes : « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », Le Casoar n° 231, p 19.

(6) L’espace de bataille prioritaire.

(7) Centre d’opérations couvert d’écrans permettant une recopie des images fournies par les drones ou les avions. C’est à partir de là que s’effectuent les frappes aériennes et les tirs d’artillerie d’où son nom de Strike Cell.

(8) Vincent Desportes : « Leçons d’aujourd’hui pour les guerres de demain », op. cit.

Photo: La Task Force Wagram dans la bataille d’Hajin

La guerre, une chose trop sérieuse pour la laisser … faire par ceux qui ne la connaissent plus ?

http://chauvancy.blog.lemonde.fr

, par François Chauvancy

A Baghouz, les forces arabo-kurdes appuyées par une coalition conduite par les Etats-Unis sont en offensive contre le dernier réduit géographique en Syrie du groupe terroriste « état islamique ». Le colonel Legrier, en activité et rentrant d’opération, tire les enseignements de la bataille précédente gagnée en janvier 2019 à Hajin. Un article a été publié dans le numéro de février 2019 de la revue mensuelle Défense nationale (www.defnat.com).

Or, cet article a ému la haute hiérarchie civile et militaire au point que sa version en ligne a été retirée sur décision du général (2S) Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue (Cf. Site de la RDN). Mon camarade de longue date ne m’en voudra pas si je critique cette décision aux raisons bien légères mais je comprends que la pression du ministère des armées, du gouvernement, de l’état-major des armées (Qui en fait ?) ait pu être suffisamment forte malgré l’affichage proclamé par la revue d’être indépendante des Armées.

En outre, cette décision pour conformité « déontologique » n’est que bien symbolique puisque l’article est présent dans le numéro de février et que les adhérents à la version numérique l’ont aussi reçu. Il peut aussi être lu sur le site « Réseau international » (Cf. Article dans son intégralité)

Conséquence, cet article a naturellement été l’objet de nombreux billets ou articles de presse qui permettent au citoyen de s’intéresser aux combats que nous menons en Syrie (Cf. OPEX360, L’Opinion, La voie de l’Epée, qui a attiré l’attention sur cet article – Merci au camarade et frère d’armes Michel Goya -, Le Monde, Le Figaro, B2-Bruxelles).

Une nouvelle censure à l’encontre des militaires ?

Il est possible d’envisager cette éventualité contre une réflexion d’un acteur de terrain et avec le sentiment que seuls les bureaux parisiens ont la vérité, comme au bon temps de la Vème République et ce jusqu’aux années 2000. Aux grades de commandant, de lieutenant-colonel puis de colonel, j’avais déjà subi avec quelques camarades ces attaques contre les écrits d’officiers qui évoquaient simplement par leurs écrits des réflexions différentes de celle des « sachant » (Cf. Mes billets du 3 octobre 2011 sur la liberté d’expression des militaires, du 21 décembre 2014, du 8 mai 2016 et du 15 mai 2016).

Je pensais ce temps révolu d’autant que la haute hiérarchie et l’Ecole de guerre, étape incontournable pour devenir colonel, sinon général après un concours sélectif, ne cessent de proclamer depuis une dizaine d’années que les officiers doivent s’exprimer. Pour reprendre les propos de JD Merchet, faut-il se contenter maintenant de parler de « militarité » et « d’éthique » ?

Réfléchir sur les opérations serait donc sanctionnable. Cela mérite réflexion. Prenons un exemple : les syndicats de police s’expriment depuis des semaines sur les conditions d’emploi des forces de sécurité contre les gilets jaunes. Qui peut s’exprimer sur les conditions d’emploi des forces armées ? Les journalistes mais est-ce bien sérieux ? Comme hier, les experts militaires devraient-ils donc se taire et faire profil bas pour satisfaire une certaine forme de « cuisine » gouvernementale ?

Certes, dans le cas du colonel Legrier, le statut général des militaires de 2005 précise : « (…) Les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ». Si l’on suit ce libellé, le colonel Legrier est sanctionnable. Si nous lisons son article, est-ce que ses propos justifient une sanction, à chacun de faire son opinion…

En l’occurrence, le colonel Legrier a fait ce que tout officier doit ou devrait faire comme expert de la guerre : tirer les enseignements des combats menés qui, à un certain niveau de responsabilité, ne peuvent pas se limiter à de simples commentaires de terrain mais doivent aussi conduire à des réflexions du niveau stratégique.

Pour ma part, je préciserai que ce débat est important et qu’un certain nombre de militaires engagés dans les opérations s’exprime sur le soldat et la guerre aujourd’hui, et pas seulement au niveau tactique mais cela fera l’objet d’un autre billet. En paraphrasant Clemenceau, je résumerai cette problématique en écrivant que la guerre est une chose trop sérieuse pour la laisser … faire par ceux qui ne la connaissent plus (Cf. Mon billet du 6 avril 2014 « Qui devrait penser la stratégie militaire ? »).

Malgré un effort par rapport au passé, nos politiques sont bien trop sûrs d’eux-mêmes quant à leur compréhension de la guerre. Qu’ils respectent l’autonomie des chefs militaires qui ont notamment une obligation de résultat : en l’occurrence aujourd’hui, détruire l’ennemi pour protéger la France et sa population que cela soit loin de nos frontières … ou dans nos « frontières » si nécessaire et demandé. Faire la guerre ne se limite pas au « paraître » et à des objectifs flous, partiels ou incomplets.

Que faut-il retenir de cet article qui n’ait pas été dit par les autres commentateurs ?

Je remarque en premier lieu que nous avons un article bien construit selon la méthode de l’Ecole de guerre. Il y a effectivement une méthode pour poser un problème et y répondre clairement.

En l’occurrence, que précise l’introduction ? « Au XIXe siècle, le sort d’une bataille mettant en jeu quelques milliers d’hommes était réglé en une journée (…), au XXe siècle en quelques semaines ; au XXIe siècle, il faut près de cinq mois et une accumulation des destructions pour venir à bout de 2 000 combattants ne disposant ni d’appui aérien, ni de moyens de guerre électronique, ni de forces spéciales, ni de satellites. Telle est la réalité de la guerre d’aujourd’hui qui doit nous conduire, décideurs politiques et chefs militaires, à un examen critique salutaire sur notre façon de concevoir et faire la guerre » et « finalement, pourquoi entretenir une armée que l’on n’ose pas engager ? ».

Cette dernière remarque devrait faire réfléchir. Animateur de plusieurs « grands débats » dans mon département, le coût de la défense a été parfois évoqué dans la recherche des réductions des dépenses publiques même si l’étude des chiffres relativise cette approche biaisée (Le dossier accompagnant l’organisation du grand débat national précise que, sur 1000€ de dépenses publiques, 575€ sont dédiés à la protection sociale, 96€ à l’éducation, 37€ à la dette et …seulement 31€ à la défense).

Ainsi, la question posée par le colonel Legrier est claire. Faut-il concevoir la guerre par des destructions massives comme le font les Américains alors que ce n’est pas notre conception de la guerre ? Le but est d’éliminer avec efficacité et le plus rapidement possible l’ennemi par le combat non par des actions d’attrition, de destruction progressive, systématique et longue de l’environnement adverse dans lequel se trouve aussi une population civile, base éventuelle du recrutement des islamistes.

Comme dans tout argumentaire militaire, le colonel Legrier pose d’abord le cadre. La bataille d’Hajin est un concentré de toutes les guerres. Il évoque ensuite les limites de la stratégie choisie avec des résultats mitigés. La coalition a abordé cet affrontement en étant « technocentrée » – la technologie d’abord -et en déléguant le combat au sol. Il propose enfin ce qu’il aurait fallu faire en raison de son expérience sur le terrain.

En effet, le contexte des combats d’Hajin a montré le manque de continuité des opérations en raison des propres objectifs des forces arabo-kurdes. Il rappelle que ces affrontements ont ressemblé « furieusement » aux combats de la Première guerre mondiale en se déroulant à de faibles distances. Je pourrai en déduire que les appuis « feux » étaient en partie inopérants. Les frappes à distance ont été aussi entravées par les aléas de la météo, empêchant les tirs.

Ainsi, les résultats ont été mitigés.

  • Oui, l’ennemi a été détruit mais seulement en partie malgré les déclarations d’efficacité se référant essentiellement à des estimations statistiques et non à une réelle évaluation sur le terrain, donc au contact.
  • Non, l’ennemi n’a pas été atteint dans sa volonté de se battre. Le colonel Legrier souligne l’avantage informationnel au niveau stratégique acquis par le groupe terroriste « état islamique ». Celui-ci a su construire un environnement informationnel favorable au niveau international : l’occident a peur d’engager ses soldats et de devoir justifier des pertes ; l’occident a peur de l’influence des dommages collatéraux potentiels sur ses opinions publiques.

Pour ma part, l’image du martyr recherchée par l’islamiste terroriste, son succès obtenu au niveau international par sa capacité à résister aussi longtemps à des forces nettement supérieures lui ont donné un ascendant moral réel et attirant. Ils lui amèneront de nouveaux combattants qui viendront renforcer tous ceux qui se sont exfiltrés des zones de combats. Une destruction efficace et déterminée aurait atténué cette aura.

Je soulignerai que ce sont ces mêmes fanatiques qui seront peut-être accueillis en France sous les pressions américaines et kurdes, peut-être condamnés s’il y a des preuves de leur trahison, de toute façon un jour ou l’autre libérés. Ils représentent donc des menaces potentielles pour notre sécurité nationale et mieux vaudrait sans doute les tenir éloignés du territoire national.

Vision stratégique et approche tactique

Sa seconde partie interroge sur les buts poursuivis au niveau stratégique. Or, les combats menés ont été des combats localisés sans vision d’ensemble de la guerre à mener d’autant plus que les décisions unilatérales du président Trump ne cessent de fragiliser les actions collectives et ne favorisent pas la continuité de l’action dans le temps, élément majeur de toute stratégie.

Pour ma part, le temps de la guerre ne peut pas correspondre au temps électoral, par exemple d’un président qu’il soit américain ou français. Pour ne pas entraver la stratégie militaire d’un Etat, il faut donc agir avec force et détermination, avec tous les moyens nécessaires, dans le cadre d’une réelle vision stratégique qui peut, sinon doit se concevoir dans le long terme. On ne peut pas se limiter à des actions tactiques qui se limiteraient à des victoires locales mais bien vaines au niveau stratégique. Il serait temps d’en prendre conscience. Je rejoins totalement l’approche du colonel Legrier.

Celui-ci souligne aussi cette incapacité et cette absence de volonté à s’adapter à l’ennemi. Une « simple » météo défavorable arrêtait les opérations de la coalition au lieu de rechercher un autre mode d’action, en fait au lieu de manœuvrer laissant alors l’initiative aux combattants du groupe terroriste « état islamique ». Celui-ci ne s’est pas privé de contre-attaquer alors qu’étaient diffusés les communiqués de victoire de la coalition.

Alors que faire ? le colonel Legrier rappelle simplement dans sa dernière partie ce que les stratèges savent. Il faut une vision stratégique donc globale en vue des effets à obtenir et donc de la sortie de crise. Ensuite, au niveau tactique, il faut combattre avec force. En l’occurrence, un groupement interarmes soit quelque 1500 hommes comme cela a été redécouvert en Afghanistan aurait été une réponse tactique adaptée.

Surtout nous devons engager la bataille informationnelle et celle de l’influence qui est bien du niveau de la stratégie et de la politique. Sujet que nos dirigeants n’ont pas toujours voulu assumer. L’islamiste radical du groupe terroriste « état islamique » ne doit pas passer pour un héros, encore moins laisser croire qu’il pourrait être victorieux. Or, le manque d’engagement notamment au sol, expression forte de la guerre des volontés et sujet de débat récurrent, laisse croire qu’il met ses ennemis en échec.

Pour conclure

Faire la guerre c’est la gagner dans les esprits et pas seulement au niveau tactique mais aussi dans les opinions publiques, les médias, les réseaux sociaux et les groupes de pression ou d’influence.

Faire la guerre, c’est aussi la penser. Les officiers supérieurs et généraux sont formés pour cela. Il suffit pour s’en rendre compte de lire la revue Défense nationale de février 2019 (abonnez-vous !), où s’est exprimé le colonel Legrier et dont le dossier est intitulé « Formation et commandement ». Cela ne manque pas d’ironie alors qu’un autre article de la Revue est intitulé « Ecole de guerre : sommes-nous réellement formés pour vaincre ? ».

Enfin, servant au sein d’une Armée républicaine et respectueuse des institutions, les officiers ne remettent pas en cause le pouvoir politique. Cependant, leurs connaissances ne se limitent pas seulement au domaine de la stratégie militaire mais abordent aussi celui de la géopolitique. A ce titre, leurs compétences, leur aptitude à comprendre et à répondre aux situations complexes doivent être respectées et prises en considération avec intelligence. Sanctionner le colonel Legrier serait une erreur.

La censure des militaires comme prélude aux désastres

https://lavoiedelepee.blogspot.com/

Tribune publiée dans Le Monde
en date du 26 février 2019


 

Sous le Second Empire, on rayait de l’avancement tout officier dont le nom se trouvait sur la couverture d’un livre. En 1935, après la publication de Vers l’armée de métier par le lieutenant-colonel de Gaulle, il était imposé un imprimatur officiel à toute publication d’article ou de livre par un militaire. Le général Weygand parlera plus tard d’un vent glacial vidant d’un seul coup un espace intellectuel jusque-là bien occupé. Dans les années qui ont suivi ces deux exemples, la France a subi un désastre militaire qui, à chaque fois, a été qualifié de défaite intellectuelle.

Inversement, les forces armées françaises n’ont vraiment été fortes que lorsqu’elles ont non seulement pensé, cela toutes les organisations le font, mais débattues. Les innovations militaires de la Révolution et de l’Empire n’auraient jamais eu lieu sans les « Lumières militaires », la victoire de 1918 n’aurait pas été possible sans le bouillonnement intellectuel qui a précédé et accompagné. Il y a eu des centaines de livres et d’articles écrits par des militaires avant 1914. On y réfléchissait sur son propre métier, de la même façon qu’il y avait des débats dans les autres disciplines, comme la médecine, ou dans les sciences. Rétrospectivement, on y trouve beaucoup de bêtises, mais pas plus que dans les doctrines officielles, mais aussi tout le stock d’idées alternatives qui a permis au bouillonnement intellectuel de perdurer pendant la guerre, d’innover à grande vitesse et justement de faire évoluer les doctrines, jusqu’à la victoire finale. Après le désastre de 1940, l’armée de la France libérée a connu à son tour une effervescence de réflexions professionnelles sur tous les domaines, depuis l’emploi des blindés jusqu’aux nouvelles formes de guerre et l’appréhension du phénomène nucléaire.

Clairement, dans l’armée de la Ve République, on hésite beaucoup plus. Le syndrome algérien, la fin des débats parlementaires sur les questions de défense au profit des conversations dans les cabinets d’un exécutif désormais prédominant ont induit la tentation de l’immixtion politique jusqu’aux échelons opérationnel et tactique. Les effets de ces immixtions ont rarement été bons. Le bon exercice du métier a besoin d’une direction stratégique, mais aussi d’une autonomie professionnelle. Que la stratégie soit claire sera déjà énorme. Pour le reste les soldats s’adapteront au contexte et surtout à l’ennemi. Ils s’adapteront d’autant mieux qu’ils réfléchiront et débattront.

En 2005, le général Petraeus demandait au général britannique Aylwin-Foster de faire dans la Military Review une critique de l’action militaire américaine en Irak. Le constat n’était pas flatteur, mais il était pourtant à l’intérieur une revue institutionnelle américaine. Il a suscité par la suite un débat, qui a contribué, avec de multiples autres contributions dans d’autres revues comme la Marines Corps Gazette ou Parameters, à faire évoluer la pratique militaire américaine en Irak. Aucune intrusion dans le champ politique, aucun secret dévoilé évidemment, mais un débat entre professionnels sur la manière de l’emporter sur le terrain. Inversement, le politique ne se mêle pas de ces choses techniques.

Il y a quelques jours dans le numéro de la Revue Défense Nationale (RDN) de février 2019, un officier publiait une analyse opérationnelle et tactique de la manière dont la coalition combat au Levant contre l’État islamique. Il n’y avait là rien d’un pamphlet mais un discours argumenté, rien de politique non plus, aucun secret dévoilé et aucune attaque personnelle. Il répondait d’une certaine façon à un autre officier qui dans les numéros précédents de la revue faisait également une analyse militaire de la situation. Mais si ce premier article, il est vrai très laudateur sur la méthode opérationnelle américaine en vigueur dans toute la coalition, n’a pas été inquiété, le plus récent, plus critique, a fait l’objet d’une réaction de cabinet.

C’était oublier que nous étions en 2019 et non dans les années 1930, et qu’à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux, en voulant censurer on prend désormais le risque d’amplifier. L’article attaqué, qui sans cela serait resté dans un cadre restreint, est donc devenu à ce jour le plus lu de l’histoire de la revue. Le public sait que le cabinet du ministère a voulu le censurer et tuer ainsi toute réflexion professionnelle future.

Une armée plus que toute autre organisation car elle fait face constamment à des ennemis mortels a toujours besoin d’évoluer et de s’adapter. Notre armée a donc nécessairement besoin aussi de zones refuges de la pensée marquée « expression libre » pour des auteurs qui n’engagent pas ainsi l’institution, y compris dans ses revues institutionnelles.

On rappellera au passage pour cet exemple récent que le comité de rédaction de la RDN relève de l’association de 1901, est financièrement indépendant et revendique dans sa mission « la diffusion d'idées nouvelles », ce qui n’est pas synonyme, loin de là, de « communication ministérielle ». Il faut rappeler également que la nécessité d’une autorisation préalable de publier a été supprimée depuis longtemps pour les militaires. Il appartient aux comités de rédaction seuls de juger de la qualité de l’article, de sa conformité avec le devoir de réserve (ce qui est le cas ici) et du bon moment de sa publication (ce qui n’était pas forcément le cas ici mais c’est une toute autre question) mais à partir du moment où il est publié, un article écrit par un militaire doit être intouchable. Il peut faire l’objet d’une réponse, il peut initier un débat intéressant mais il doit être inconcevable d’en modifier une virgule.

Ne nous y trompons pas, c’est comme cela qu'on évolue vraiment et qu’on développe des idées neuves, et donc par définition avec une dose de critique autour de l’action qui n’exclut en rien la discipline dans l’action. Quitte à imiter les Américains autant imiter ce qu’ils font de bien, et leur liberté de réflexion professionnelle, préservée de toute intrusion politique, est un modèle. On doit pouvoir faire au moins aussi bien dans ce domaine. Cela sera bien plus utile pour la France qu’une censure politique qui au regard de l’histoire s’apparente toujours finalement à une forme de traîtrise.
 

Michel Goya

BRENNUS 4.0 N° 02

Lundi, 28 Janvier 2019 00:21

L’éthique dans le métier des armes.

Vendredi, 08 Mars 2019 14:18

Études Marines hors série : La Marine dans la Grande Guerre

Bulletin trimestriel de l'ALAAI N° 68

Bulletin trimestriel de l'UNP 34 N° 239

L'Ancien Combattant du Ministère de l'Intérieur N° 29

MINERVE, EURYDICE : DEUX TRAGÉDIES MAL ÉLUCIDÉES.

Ce qui est en ligne depuis la dernière Lettre d'Information...

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui5166
mod_vvisit_counterHier11655
mod_vvisit_counterCette semaine73122
mod_vvisit_counterSemaine dernière78575
mod_vvisit_counterCe mois278041
mod_vvisit_counterMois dernier293159
mod_vvisit_counterDepuis le 30/04/163563440

Qui est en ligne ?

Nous avons 913 invités en ligne

Statistiques

Membres : 2
Contenu : 11267
Liens internet : 6
Affiche le nombre de clics des articles : 2865322
Vous êtes ici : NEWSLETTERS 2019
Secured by Siteground Web Hosting