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La Lettre d'Information 18/36 du CEACH.

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La Lettre d'Information 18/36
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Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

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11 novembre: l’Élysée ne veut pas de célébration trop «militaire» de l'armistice

Mardi, 30 Octobre 2018 22:15
http://www.lefigaro.fr/
Par Edouard de Mareschal - Publié le 22/10/2018


À l'approche des commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, l'Élysée a fait savoir qu'il ne s'agissait pas de célébrer la victoire « militaire » de 1918, provoquant un début de polémique.

Un 11 novembre sans «expression trop militaire», ni hommage aux Maréchaux ; voilà la teinte que l'Élysée entend donner aux commémorations du centenaire de la fin de la grande Guerre, selon les informations de l'Opinion . De façon générale, Emmanuel Macron ne souhaite pas de cérémonie «trop militaire» ; une décision prise en accord avec l'Allemagne, qui sera représentée par la chancelière Angela Merkel. «Le sens de cette commémoration, ce n'est pas de célébrer la victoire de 1918», dit-on rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Car pour l'Élysée, commémorer la victoire militaire comporte deux écueils: cela reviendrait à rendre hommage aux huit Maréchaux victorieux dont Philippe Pétain, héros de Verdun... et chef du gouvernement de Vichy. Mais à en croire l'Élysée, cela irait surtout à l'encontre de l'idée que la France contemporaine se ferait de la Grande Guerre: non pas une grande victoire, mais une «grande hécatombe».

«Insulte aux soldats de 1918»

Le 11 novembre prochain, il s'agira donc de célébrer un poilu débarrassé de ses oripeaux militaires: «Les combattants (...) étaient pour l'essentiel des civils que l'on avait armés», résume-t-on à l'Élysée. La phrase n'a pas manqué dimanche d'agiter les réseaux sociaux. Michel Goya, historien et ancien colonel d'infanterie, parle d'une «insulte aux soldats de 1918».

«C'est une réflexion totalement anachronique car cette guerre est intervenue dans un moment où l'armée reposait essentiellement sur les appelés.»

Bénédicte Chéron, enseignant chercheur spécialiste des questions de Défense

Pour Bénédicte Chéron, enseignant chercheur spécialiste des questions de Défense*, l'Élysée a clairement commis un faux pas. «Ils donnent l'impression de méconnaître la continuité entre l'engagement des soldats de 14-18, et celui des soldats d'aujourd'hui», explique-t-elle. «C'est une réflexion totalement anachronique car cette guerre est intervenue dans un moment où l'armée reposait essentiellement sur les appelés. Qualifier les soldats de 14 de ‘civils que l'on avait armés', c'est méconnaître leur filiation avec l'armée d'aujourd'hui et, in fine, considérer que le sacrifice des militaires contemporains ne serait pas du même ordre», estime-t-elle.

La réflexion élyséenne serait d'autant plus maladroite que depuis le 11 novembre 2011, la France ne commémore plus seulement l'Armistice de 1918 mais aussi tous les soldats français tombés en opération. Amorcé par Nicolas Sarkozy et pérennisé par une loi adoptée en 2012, cette nouvelle forme d'hommage devait justement «tisser un lien de continuité entre le sacrifice des soldats de 14, et celui des militaires d'aujourd'hui», poursuit Bénédicte Chéron. Pour preuve, ce texte a rendu possible l'inscription des noms des soldats morts en Opex sur les monuments aux morts des communes.

«Mauvaise polémique»

«Jamais un président n'aura consacré autant de temps pour se rendre sur les lieux des grandes batailles.»

Le général (2s) Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris

Mais pour le général (2s) Bruno Dary, ancien gouverneur militaire de Paris, «il s'agit vraiment d'une mauvaise polémique». «La cérémonie officielle se déroulera autour du Soldat inconnu, et le dispositif militaire sera identique aux années précédentes», assure-t-il. «Mais surtout, jamais un président n'aura consacré autant de temps pour se rendre sur les lieux des grandes batailles», ajoute-t-il, en référence à «l'itinérance mémorielle» d'Emmanuel Macron, qui se rendra pendant les cinq jours précédents de 11 novembre sur les lieux les plus emblématiques du conflit.

Face à la polémique, Jean-Dominique Merchet est revenu sur le sujet dans un billet d'humeur publié dimanche soir sur l'Opinion. Pour le journaliste spécialiste des questions de Défense, cette polémique est le signe que l'armée souffre d'un «décalage des mémoires», entre les «huit millions d'hommes mobilisés» que l'on célèbre, et les militaires professionnels qui «sont aujourd'hui à eux seuls toute l'armée française».

* Bénédicte Chéron vient de publier «Le soldat méconnu, les Français et leurs armées» (Armand Colin, 2018).

Regarder sur Figaro Live : 11 Novembre: Emmanuel Macron rend hommage au soldat inconnu

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11 novembre : « À force de vouloir innover, Macron en vient à ignorer l'histoire »

Mardi, 30 Octobre 2018 21:40
http://www.lefigaro.fr/
Par Juliette Singeot - Publié le 23/10/2018

VOTRE AVIS - Pour les lecteurs du Figaro, l'Élysée commet une erreur en ne voulant pas d'une commémoration «trop militaire».

Emmanuel Macron a décidé de ne pas faire parader l'armée pour commémorer la victoire française de la Première guerre mondiale. «Le sens de cette commémoration, ce n'est pas de célébrer la victoire de 1918», a indiqué l'Élysée. Une décision prise en accord avec l'Allemagne qui sera représentée par Angela Merkel. Pour les internautes du Figaro, ne pas célébrer la victoire militaire est une aberration!

«Nos aînés qui se sont sacrifiés sous l'uniforme méritent d'être honorés»

Mijeguth est en colère. «Si ce n'était pas une victoire alors comment expliquer le cri de délivrance qui a traversé tout le pays lors de l'armistice? Pour autant, ce n'est pas chaque année un affront à la face des Allemands! Eux aussi, ont souffert de cette guerre. Le meilleur terreau de la réconciliation est d'étudier ensemble les mentalités de l'époque qui ont mené les Allemands à suivre leur empereur, puis leur führer, dans une guerre d'agression caractérisée. Les Allemands d'aujourd'hui n'en sont évidemment pas responsables. Pour autant, nos aînés qui se sont sacrifiés sous l'uniforme méritent d'être honorés. Mais comment cela peut-il atteindre Emmanuel Macron qui n'a même pas fait son service militaire!». Pour Arlet, le président commet une erreur car «à force de vouloir innover, il en vient à ignorer l'histoire. Refuser de reconnaître tout ce que la victoire de 1918 représente pour les millions de familles françaises meurtries dans leur chair est une grande faute».

11-Novembre : "peut-on oublier les "poilus"?" - Regarder sur Figaro Live

LIRE AUSSI: Commémorer l'Armistice de 1918 sans célébrer la victoire, un étrange paradoxe

«2018 est une date importante pour le centenaire de la fin de la grande guerre»

Selon Bengo, c'est «un non-sens. Que les relations franco-allemandes aient évolué personne ne le nie. Elles sont même plus symboliques que toutes les commémorations. Cependant, il est important qu'elles se fassent dans les règles». Et Beret T ajoute: «Le 11 novembre 1918 fut la fin d'une effroyable hécatombe. À cause du nationalisme, on a envoyé des millions de jeunes dans les bourbiers du front. Et le résultat n'a été que le prélude à un massacre encore plus grand 25 ans plus tard. De plus, 2018 est une date importante pour le centenaire de la fin de la grande guerre.»

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Centenaire du 11 Novembre: nos ancêtres les victimes…

Mardi, 30 Octobre 2018 21:30
https://www.causeur.fr/
par Nicolas Lévine - 30 octobre 2018

Oubliés les héros de la Grande Guerre, notre époque a décidé de faire des « poilus » des victimes. Et Emmanuel Macron, de la victoire française une ode enchanteresse à l’amitié franco-allemande…

En 2014, son portrait dans Libération nous apprenait que Nicolas Offenstadt porte des baskets. A priori, c’est très banal. Sauf que le bonhomme a la cinquantaine et qu’il est maître de conférences à l’université Paris-I. Il est « décalé », et surtout le chef de file d’une école historiographique qui domine aujourd’hui l’interprétation de la Première Guerre mondiale.

Inutile de préciser que Nicolas Offenstadt est de gauche. Comme tous les intellectuels de cette couleur politique, il ne voit pas en quoi ses convictions idéologiques pourraient troubler la scientificité de ses travaux. Les « partisans », c’est ceux d’en face ; en ce qui concerne l’histoire, c’est les Gouguenheim, les Pétré-Grenouilleau contre lesquels leurs collègues, voltairiens mais pas trop, n’hésitent pas à lancer des pétitions, à réclamer – dans le cas du premier, au nom du « vivrensemble », ne l’oublions pas – leur renvoi. Le camp du bien est plein de militants neutres.

Les chantiers de la gloire

La contrainte : voilà la notion autour de laquelle s’articule l’exégèse qu’Offenstadt, ses associés et leurs épigones font de la Grande Guerre. Ils se posent cette question légitime : comment nos arrière-grands-pères ont-ils tenu quatre ans dans les tranchées ? Ils répondent en substance que le bourrage de crâne, la censure et la peur du peloton d’exécution expliquent cette ténacité stupéfiante. Manipulés, surveillés, menacés par la presse et la hiérarchie militaire, les poilus ne pouvaient faire autrement que de combattre. Cette thèse mérite à tout le moins qu’on la discute. Justement, c’est ce que fait l’Historial de Péronne : autour de Jean-Jacques Becker et Stéphane Audoin-Rouzeau, d’autres historiens ont développé un concept concurrent : le consentement. Pour eux, les hommes de 14-18, s’ils étaient soumis aux phénomènes décrits par Offenstadt, étaient aussi et d’abord de jeunes paysans charnellement attachés à leur terre et patriotes – les hussards noirs avaient bien travaillé.

A lire aussi: Ce lycée qui refuse de porter le nom d’un résistant

Au fond, les deux analyses forment une dialectique stimulante. Puisqu’on ne peut sonder le cœur de huit millions d’hommes, subodorons que la plupart d’entre eux subissaient cette guerre qu’ils entendaient « en même temps » remporter. Hélas, dans la sphère médiatique – irriguée par une littérature et un cinéma uniformément antimilitaristes et pacifistes – seule la contrainte a droit de cité. Les soldats de 14-18 sont passés du statut de héros à celui de victimes – en l’occurrence, d’un monstre froid et aveugle, l’État, animé par des passions mauvaises : puissance, prestige, grandeur, indépendance. Incapables de sentiment patriotique, les progressistes d’aujourd’hui ne peuvent imaginer que d’autres avant eux aient pu volontairement se battre et mourir pour leur pays. Conscrit de la Marne et spectateur du Bataclan même combat, en somme, ou plutôt même souffrance, perpétrée par la « société », cet insupportable réel qui pourrait disparaître si, laissant de côté nos différences, nous nous donnions tous la main en chantant du Black M.

La victoire des perdants

On cite ce dernier à dessein. Car il y a une continuité évidente entre François Hollande, son Verdun pour les enfants et le centenaire de l’Armistice pensé par son successeur à l’Élysée. En effet, on apprend qu’Emmanuel Macron désire faire des commémorations à venir une ode à l’amitié franco-allemande. La parade militaire sera la même que d’habitude. Hors de question de commémorer la victoire de nos armes ; le 11 novembre, cette année-là, il n’y avait que des perdants, dit une conseillère du président. Il s’agit de célébrer la réconciliation entre Paris et Berlin, et, plus encore, « la vie ». C’était d’elle que le maire de Verdun, Samuel Hazard, parlait pour justifier, en 2016, la « fête » organisée par ses services, à l’ombre de l’ossuaire de Douaumont, et dont le concert de Black M devait être le climax. Fort heureusement, ce dernier n’a pas eu lieu ; la méchante « fachosphère » avait déterré un texte du troubadour dans lequel il qualifiait la France de « pays de kouffars », c’est-à-dire de mécréants.

A lire aussi: Verdun: j’irai sprinter sur vos tombes

Faire la « fête » à Verdun… La solennité, c’est morbide, voyez-vous. On veut des nounours, des câlins et des psys. Notre époque pratique sur le passé un impérialisme émotionnel ; toutes les grandes figures et les grands événements passent par le filtre d’un sentimentalisme digne d’une esthéticienne fan de Cali. Est-ce honorer nos soldats, tombés pour que nous demeurions un peuple libre – rappelons que le Reich prévoyait de dépecer la France –, que de les considérer comme des sortes d’esclaves ? Sans jamais la mentionner, l’État suit l’école de la contrainte ; il fait aujourd’hui siens les principes idéologiquement clairs qui la fondent et l’attisent. Emmanuel Macron, pour qui notre histoire n’est décidément pas un bloc, qui prétend être patriote en liquidant le peu qu’il reste de notre souveraineté – les mots sont tellement vidés de leur substance que cette dérive orwellienne ne choque même pas –, s’inscrit dans ce mouvement déjà ancien de repentir collectif et qui, s’adressant à lui-même et se donnant lui-même l’absolution, n’est en fait que de l’onanisme.

Victimes de notre époque

Les années passent, puis les siècles, et avec eux la mémoire des hommes. Un jour, les soldats du Chemin des Dames n’évoqueront rien de plus que, pour nous, ceux de Salamine. La Grande Guerre est appelée à rejoindre toutes les autres dans l’histoire, ce grand monument de gloire et de douleur. Pour l’heure, il est trop tôt ; Lazare Ponticelli est parti il y a dix ans à peine. Or, pressée d’accaparer ces morts, l’époque les maquille en nous-mêmes et les fait entrer de force dans sa chronologie toujours recommencée. Quel orgueil que celui qui consiste à tout ramener à soi, à trouver des « féministes » au XIIe siècle et des « libertaires » sous Périclès. Comme les autres, les poilus subissent notre expansion temporelle. D’elle, pour le coup, ils sont vraiment victimes.

Le 11 novembre, rien ne remplacera la victoire

Mardi, 30 Octobre 2018 04:26

https://lavoiedelepee.blogspot.com/
mercredi 24 octobre 2018

Version développée d'un texte publié par Figaro Vox (ici) et Le Figaro du 24 octobre.

Il se murmure (ici) que le président de la République ne souhaiterait pas célébrer le centenaire de la victoire de la France et de ses alliés le 11 novembre prochain. A la place, il ne serait question, à travers un « périple mémoriel », que d’évoquer les souffrances de nos soldats et de rendre hommage à leur courage tout au long de la guerre, ce qui paraît être la moindre des choses, mais sans évoquer le sens de ces mêmes souffrances, ce qui paraît être une faute.
Le président, pour reprendre les termes de Bruno Roger-Petit, son « conseiller mémoire », « regarde l'histoire en face » et souhaiterait d'abord que l'on retienne que la Grande Guerre fut « une grande hécatombe » lors de laquelle « les combattants, qui seront au cœur des commémorations, étaient pour l’essentiel des civils que l’on avait armés ». Ces mots paraissent difficiles à imaginer en 2018 tellement ils apparaissent comme la lumière résiduelle d’une étoile idéologique déjà morte. Ils l’ont été pourtant témoignant alors d’une histoire non pas vue de face mais de biais. Non monsieur le président, il ne s’agissait pas de « civils que l’on avait armés » mais de citoyens, qui pour reprendre les termes de la loi du 5 septembre 1798, étaient forcément « aussi des soldats et se devaient à la défense de la patrie ». Concrètement, en 1914, tout français physiquement apte était soldat jusqu’à l’âge de 49 ans, plus tardivement encore pour les militaires.
Le citoyen défend la cité lorsque celle-ci est menacée, c’est un des fondements de la République, or, il ne faudrait pas l’oublier, la République française était bel et bien menacée en août 1914. Elle fut même partiellement envahie et ravagée. Les quatre millions d’hommes qui se sont rassemblés alors n’étaient pas des civils naïfs. C’était absolument tous des soldats d’active ou de réserve qui répondaient sans joie mais consciemment à l’appel à défendre la patrie. Il n’y avait alors et il n’y aura jamais aucun doute parmi eux sur la justesse de ce combat sinon sur la manière de le mener. Même les mutineries de 1917 ont été à cet égard bien plus des grèves que des révoltes, l’idée d’arrêter le combat et d’accepter la défaite en étant exclue.
Ce combat, ils ne l’ont pas mené non plus sous la contrainte impitoyable et au profit d’une classe de profiteurs et de généraux bouchers, mais pour « faire leur devoir », selon les mots qui reviennent sans cesse dans leurs propos ou leurs lettres. Ils n’auraient jamais combattu avec une telle force si cela n’avait pas été le cas. Faut-il rappeler que le nombre d’exemptés demandant à aller au combat malgré tout a toujours été très supérieur à celui des réfractaires ? Que ce nombre très faible de réfractaires n’a cessé de diminuer avec la guerre ? Dire que leur combat n’avait pas de sens, ce qui est le cas lorsqu’on refuse d’évoquer la victoire, équivaudrait à traiter ces hommes d’idiots. Ils savaient ce qu’ils faisaient, ils méritent mieux que cela.
D’ailleurs ces « civils que l’on a armés » et qui auraient pris sur eux toute la charge du combat, qui sont-ils ou plutôt de qui faudrait-il les distinguer ? Des professionnels ? Car ceux-ci ne souffraient peut-être pas, eux et leur familles, parce qu’ils étaient volontaires ? Des officiers, dont un sur quatre a laissé la vie dans l’infanterie ? Des généraux, ceux-là même dont 102 sont « morts pour la France » en quatre ans ? Des dirigeants et représentants du peuple, dont 16 ont été tués par l’ennemi ? Faut-il rappeler aussi que les uns et les autres avaient leur fils en première ligne ? Le général de Castelnau en a perdu trois, le sénateur et futur président de la République Paul Doumer quatre, et il n’agissait pas hélas de cas isolés.
Faut-il rappeler encore que loin de la vision idéologique que ce conseiller du président semble reprendre à leur compte, ces généraux ont non seulement conduit les troupes à la victoire sur le champ de bataille mais ont réussi également la plus importante transformation de toute notre histoire ? L’armée française de novembre 1918 était la plus forte et la plus moderne du monde. Cela n’a pas été pas le produit d’un heureux hasard mais d’un immense effort et peut-être d’un peu d’intelligence.
Parmi ces généraux, les plus illustres ont reçu le titre de maréchal de France, ce n’est pas rien maréchal de France, c’est une dignité dans l’Etat. Ne pas les évoquer serait donc déjà étonnant. Il est vrai que parmi eux il y a le très gênant Pétain, futur coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison, mais aussi, l’avenir ne détruisant pas le passé, un des artisans majeurs de la victoire de 1918. Mais il est vrai que si on ne veut pas parler de celle-ci il n’est pas besoin de parler non plus de tous ses artisans. Les maréchaux, et peut-être même les généraux, et pourquoi pas tous les officiers pour peu qu'ils soient professionnels, seront donc effacés de l’histoire comme les ministères de la vérité effaçaient les indésirables des photos dans les régimes totalitaires.
Ce sont les nations qui font les guerres et non les armées et la guerre est un acte politique. Célébrer la fin de la guerre sans célébrer la victoire, c’est refuser la politique et sans politique l’emploi de la force n’est que violence criminelle. Refuser la politique et donc la victoire, c’est traiter le gouvernement de la France pendant la Grande Guerre comme l’on traite les organisations terroristes lorsqu’on leur nie tout projet politique et on les cantonne à la folie. C’est placer Poincaré ou Clemenceau au rang de criminels et tous les soldats à celui de victimes. Et si les événements n’ont été que pure criminalité de la part des dirigeants de l’époque, la suite logique en serait pour les dirigeants actuels de s’en excuser, encore une fois.
Sans la défaite de l’armée allemande, concrétisée par l’armistice du 11 novembre 1918, la France et l’Europe n’auraient pas été les mêmes. Il n’est pas évident qu’elles en fussent meilleures sous la férule du Reich. La moindre des choses serait de le rappeler et de le dire, à moins qu’une loi mémorielle non écrite interdise de fâcher nos amis d’aujourd’hui parce qu’ils ont été nos ennemis hier, ce qui conduit de fait à interdire de célébrer une grande partie de notre passé. On peut même imaginer en allant jusqu’au bout, d’inverser la logique expiatrice en participant aux célébrations des victoires de nos anciens ennemis, comme celle de Trafalgar en 2005. Les Britanniques, eux, n’ont pas honte de leurs combats et ils n’hésitent pas à les célébrer dignement sans considérer que l’hommage à leurs soldats vainqueurs soit une insulte aux anciens vaincus. Faut-il rappeler le contraste édifiant à quelques semaines d’écart en 2016 entre les traitements respectifs des batailles de Verdun et de la Somme ?
La victimisation est peut être une tendance actuelle, elle n’était pas du tout celle de mon grand-père, valeureux combattant des tranchées qui n’aurait absolument pas compris qu’on lui vole ce pourquoi lui et ses camarades se sont battus. Lorsque plus de trois millions d’hommes ont été tués et gravement blessés pour atteindre un but, on peut considérer que celui-ci aussi a, à peine cent ans plus tard, encore des « droits sur nous ».
Pour fêter cette victoire, nul besoin forcément de défilé militaire grandiose mais au moins une reconnaissance, un remerciement, un mot, un geste du chef des armées serait suffisant. Un discours de vainqueur à la hauteur de ceux de Clemenceau, l’annonce que le centenaire du défilé du 14 juillet 1919 sera le moment principal de la célébration, entre nous ou avec nos alliés de l’époque, voilà qui serait un minimum, en complément de l’indispensable hommage aux soldats.
Pour le reste pour célébrer l’heureuse amitié franco-allemande, retournement incroyable au regard de l’histoire, il sera possible le 22 janvier de fêter l’anniversaire du traité de l’Élysée qui la marque bien plus dans l’histoire que le 11 novembre. Nous n'étions pas du tout amis à l'époque. Il n’y a pas d’ « en même temps » en histoire, il n’y a que des faits réel et distincts, et on peut tourner le 11 novembre dans tous les sens, cela restera toujours l’anniversaire de la victoire de la France.

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