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La Lettre d'Information 18/42 du CEACH.

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La Lettre d'Information 18/42
du
Comité d'Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

A REDIFFUSER SANS MODÉRATION
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Sète commémore le centenaire de l'armistice

Dimanche, 11 Novembre 2018 21:31

https://www.midilibre.fr/
Publié le 11/11/2018

Un moment de recueillement devant le monument aux morts.

Un moment de recueillement devant le monument aux morts.

Les autorités civiles et militaires étaient réunis au parc Simone Veil, entourés de nombreux enfants.

Comme partout en France, Sète a commémoré le centenaire de l'armistice de la guerre de 14-18.

"Commémorer, c’est aussi lancer un appel à la vigilance"

Lundi, 12 Novembre 2018 13:39
https://www.midilibre.fr/
Publié le 08/11/2018

Elrick Irastorza va accompagner jusqu’au 11 novembre le Président Macron.

Elrick Irastorza va accompagner jusqu’au 11 novembre le Président Macron.

Le général Irastorza, qui vit à Castries dans l’Hérault, est à la tête de la Mission centenaire depuis 2014.

Quel regard portez-vous sur cette longue plongée dans l’histoire de 14-18 ?

Je veux d’abord rappeler ce que nous avons voulu faire : commémorer. Commémorer, c’est faire mémoire ensemble de ce qui est la plus grande épreuve, la plus grande rupture sociétale qu’ait supportée ce pays à ce jour. On n’a jamais connu pire. Commémorer, ce n’est pas un acte gratuit, ça doit inciter à la réflexion, et à servir de leçon. Il serait heureux que beaucoup s’en souviennent aujourd’hui dans un monde qui n’est guère plus stable qu’il ne l’était en 1914.

Qu’est-ce qui a guidé votre action ?

Le premier principe, c’était d’honorer tous les combattants. Les Français, les Allemands, mais aussi tous ceux venus de loin, souvent, pour se battre pour notre liberté. Il fallait aussi témoigner des acquis de la construction européenne : depuis la nuit des temps, les pays européens se sont entre-déchirés, mais on est arrivés à une construction, imparfaite sans doute, qui fait qu’on ne s’est pas battu en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, si ce n’est malheureusement dans les Balkans.

Comment transmettre l’ampleur du conflit ?

Il faut faire comprendre aux plus jeunes comment on a pu arriver à un tel dérèglement mondial. Comment nos grands-parents ont pu supporter pendant 1 561 jours plus de 900 tués par jour. Supporter cela, et toutes les douleurs associées, qu’elles soient au front, à l’arrière. Vous savez, quand vous êtes à l’ossuaire de Verdun, sous les pieds, vous avez 130 000 morts. C’est l’équivalent de la ville d’Amiens. Vous regardez par le porche, vous avez la nécropole en bas, avec 16 000 tombes. C’est la ville de Tarascon. Et si vous regardez vers la forêt qui est juste derrière, vous avez encore 80 000 corps qui sont enterrés sur le champ de bataille : c’est la ville de Pau. Comment peut-on rester insensible à ça et se dire que maintenant on est en paix, et que tout va bien aller ? Non. Commémorer, c’est aussi lancer un appel à la vigilance.

Quel est l’apport de la Mission à la connaissance de la Grande Guerre ?

La recherche et les moyens techniques ont permis des avancées très importantes. Un exemple : tous les soldats avaient une fiche individuelle, avec leur filiation et leurs états de service. On avait jusqu’ici un accès assez facile au 1,4 million de fiches de ceux qui avaient été tués. C’était plus compliqué pour les autres combattants : il y a plus de 8 millions de fiches. Toutes les archives départementales les ont numérisées, et avec le moteur de recherche “Grand mémorial”, vous pouvez désormais retrouver les états de service de chaque soldat mobilisé, et ce qu’ils ont fait après : vous avez dans le lot des héros des deux guerres. Notre mémoire évoquait surtout les morts. Mais il ne faut pas oublier le courage des survivants.

Qu’avez-vous appris qui vous ait surpris ?

J’ai été frappé par le décalage qui existe entre l’histoire que nous avons apprise, de nos parents ou de nos professeurs, et celle qu’on découvre en allant aux sources. On s’aperçoit que les choses ne sont pas aussi simples que cela. Il y a des kystes mémoriels, comme celui des fusillés de la Grande Guerre. Grâce à un rapport au cas par cas, on découvre ainsi que les cinq premiers mois de la guerre ont été les plus douloureux : on a là un tiers des pertes, et un tiers des fusillés pour crime militaire : 200 sur 600. L’année 1917 est dans la mémoire des gens comme l’année la plus sanglante du conflit, mais les pertes sont deux fois moindres que la moyenne de toutes les années.

Alors que cette justice militaire a été par moments dévoyée, c’est sûr. Mais au titre des mutineries, on a eu en 1917 28 condamnés à mort, et 26 fusillés : un malheureux s’est suicidé avant l’exécution, et un a réussi à se sauver, et a été réhabilité entre les deux guerres.

Quelle leçon pour la France d’aujourd’hui ?

D’abord, quels que soient nos problèmes, essayons de les résoudre collectivement, au plan mondial en paix, pour ne pas rajouter de la souffrance aux difficultés. Ensuite, que la défense de la Nation est toujours nécessaire, et que la reconnaissance due à nos soldats ne doit pas s’estomper. Ces souffrances en opération, la douleur des familles lorsqu’ils sont tués, blessés ou mutilés est de la même nature que ce qui a été enduré un siècle plus tôt, à une échelle heureusement bien moindre.

Recueilli par François BARRERE

Hommage aux 45.863 tirailleurs malgaches de la Grande Guerre à Paris

Lundi, 12 Novembre 2018 16:43

https://mg.ambafrance.org/

12/11/2018

Le 10 novembre 2018, dans le cadre des commémorations de la Grande Guerre, l’association Cefmad, présidée par Christophe Gasnot, a organisé à Paris une cérémonie en hommage aux troupes malgaches qui ont combattu aux côtés des troupes métropolitaines pendant la Grande Guerre.

Cette cérémonie a vu la présence du Secrétaire d’état aux Affaires étrangères, Jean Baptise Lemoyne, du ministre des Affaires étrangères malgache Maxime Dovo ainsi que de la Maire du 12ème arrondissement de Paris.

Un dépôt de gerbes a été réalisé au Jardin d’Agronomie Tropicale, où se dresse la stèle à la mémoire des 10% des artilleurs malgaches morts au combat.

Le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptise Lemoyne n’a pas manqué de rappeler la contribution du 12ème bataillon malgache au génie militaire et à l’effort de guerre produit dans les usines durant la guerre.

Des représentants de la diaspora malgache étaient présents à cette cérémonie, dont les descendants et membres de la famille des soldats ayant donné leur vie lors de la Grande Guerre.

Commémoration de la fin de la Grande Guerre au Lac Anosy le 11 novembre

Lundi, 12 Novembre 2018 16:51

https://mg.ambafrance.org/

12/11/2018

Le dimanche 11 novembre s’est tenue au Lac Anosy la commémoration du centenaire de la Grande Guerre. La cérémonie était présidée par le Général de Corps d’Armée Béni Xavier Rasolofonirina, ministre de la Défense Nationale, de l’Ambassadeur de France Véronique Vouland-Aneini ainsi que par le colonel Bruno Malet, Attaché de Défense.

La cérémonie de commémoration du centenaire de la Grande Guerre a été l’occasion de rendre hommage aux morts pour la Paix. Le ministre de la défense Nationale et Madame l’Ambassadeur de France ont également ingauguré une plaque commémorative pour le centenaire de la Grande Guerre, accompagnés du Secrétaire d’Etat en charge de la Gendarmerie, du président du Conseil d’administration de l’Organisation Nationale Malgache des Anciens Combattants et Victimes de Guerres et de l’attaché de défense le Colonel Bruno Malet. Sur cette plaque est inscrit :

1918-2018
Centenaire de la grande guerre
En mémoire de ceux qui sont tombés à la Guerre et Morts pour la France
Paix, Liberté en Héritage
« Honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire. Par eux, nous pouvons dire qu’avant tout armistice, la France a été libérée par la puissance des armes. La guerre est finie, reste à gagner la Paix » Georges Clemenceau

Inaugurée par :
Le ministre de la Défense Nationale
Le Général de Corps d’Armée RASOLOFONIRINA Béni Xavier
L’Ambassadeur de France à Madagascar
Madame Véronique VOULAND-ANEINI
Le Président du Conseil d’Administration de l’ONMAC-VG
Le Vice-Amiral RAKOTOARISOA Marie Jean Lucien
L’Attaché de Défense près l’Ambassade de France à Madagascar
Le Colonel Bruno Malet
Le Président du Comité du Centenaire de Madagascar,
Directeur de l’Office National Malagasy des Anciens Combattants et Victimes de Guerre
Le Général de Brigade Aérienne RANDRIANIRINA Jean José Désiré
Anosy, le 11 novembre 2018.

Un hommage a également été rendu aux Morts pour la France en 2018 :
- Adjudant Emilien MOUGIN, Mort pour la France
- Maréchal des logis Thimoté DERNONCOURT, Mort pour la France
- Caporal Bogusz POCHYLSKY, Mort pour la France

Enfin, l’attaché de défense a remis la Croix du Combattant et la médaille de Reconnaissance de la Nation à Messieurs Philippe PASCAU et Alain PRIMAUX.

Lors d’une réception à la Résidence de France dans la suite de la cérémonie au Lac Anosy, l’Ambassadeur de France, Mme Véronique Vouland-Aneini, a saisi l’occasion de la présence du Général de Corps d’Armée Béni Xavier Rasolofonirina, ministre de la Défense Nationale pour évoquer à nouveau la question sécuritaire à Madagascar, à laquelle est confrontée la communauté française, l’un de nos compatriotes enlevés ayant récemment recouvré la liberté alors qu’un autre, kidnappé il y a quelques jours, est toujours détenu.

L’Ambassadeur a ensuite lu le discours du Président de la République, M. Emmanuel Macron, pour cette cérémonie du 11 novembre :

"Un siècle.

Un siècle que l’Armistice du 11 novembre 1918 est venu mettre un terme aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.

A cet affrontement interminable nation contre nation, peuple contre peuple. Avec ses tranchées pleines de boue, de sang et de larmes. Ses orages de feu et d’acier qui grondaient par tous les temps et déchiraient les ciels les plus clames. Ses champs de bataille éventrés et la mort, omniprésente.

Le 11 novembre 1918, un grand soupir de soulagement traverse la France. Depuis Compiègne où l’Armistice a été signé à l’aube, il se propage jusqu’aux champs de bataille.
Enfin, après quatre interminables années de bruit et de fureur, de nuit et de terreur, les armes se taisent sur le front occidental.
Enfin, le vacarme funeste des canons laisse place à la clameur allègre qui s’élève de volées de cloches en sonneries de clairons, d’esplanades de grandes villes en places de villages.

Partout, on célèbre alors avec fierté la victoire de la France et de ses alliés. Nos poilus ne se sont pas battus pour rien ; ils ne sont pas morts en vain : la patrie est sauvée, la paix, enfin, va revenir !

Mais partout, aussi, on constate le gâchis et on éprouve d’autant plus le deuil : là, un fils pleure son père ; ici, un père pleure son fils ; là, comme ailleurs, une veuve pleure son mari. Et partout on voit défiler des cortèges de mutilés et de gueules cassées.

Françaises, Français, dans chacune de nos villes et dans chacun de nos villages, Françaises et Français de toutes générations et de tous horizons, nous voilà rassemblés en ce 11 novembre.
Pour commémorer la Victoire. Mais aussi pour célébrer la Paix.

Nous sommes réunis dans nos communes, devant nos monuments aux morts, pour rendre hommage et dire notre reconnaissance à tous ceux qui nous ont défendu hier mais aussi à ceux qui nous défendent aujourd’hui, jusqu’au sacrifice de leur vie.
Nous nous souvenons de nos poilus, morts pour la France. De nos civils, dont beaucoup ont aussi perdu la vie. De nos soldats marqués à jamais dans leur chair et dans leur esprit. De nos villages détruits, de nos villes dévastées.
Nous nous souvenons aussi de la souffrance et de l’honneur de tous ceux qui ont quitté leur terre et sont venus d’Afrique, du Pacifique et d’Amérique sur ce sol de France qu’ils n’avaient jamais vu et qu’ils ont pourtant vaillamment défendu.
Nous nous souvenons de la souffrance et de l’honneur des dix millions de combattants de tous les pays qui ont été envoyés dans ces combats terribles.

Françaises, Français, nous sommes aussi unis en ce jour dans le conscience de notre histoire et dans le refus de sa répétition.
Cet la siècle qui nous sépare des terribles sacrifices des femmes et des hommes de 14-18 nous a appris la grande précarité de la Paix.
Nous savons avec quelle force, les nationalismes, les totalitarismes, peuvent emporter les démocraties et mettre en péril l’idée même de civilisation.
Nous savons avec quelle célérité l’ordre multilatéral peut soudain s’écrouler.
Nous savons que l’Europe unie, forgée autour de la réconciliation de la France et de l’Allemagne, est un bien plus fragile que jamais.

Vigilance ! Tel est le sentiment que doit nous inspirer le souvenir de l’effroyable hécatombe de la Grande Guerre.
Ainsi serons-nous dignes de la mémoire de celles et ceux qui, il y a un siècle, sont tombés. Ainsi serons-nous dignes du sacrifie de celles et ceux qui, aujourd’hui, font que nous nous tenons là, unis, en peuple libre.

Vive l’Europe en paix !
Vive la République !
Vive la France !

Pierre de Villiers - Qu'est-ce qu'un chef ?

Lundi, 12 Novembre 2018 19:37
https://www.fayard.fr/

Qu'est-ce qu'un chef ?

Réflexion à l’usage de tous ceux qui exercent une responsabilité, si minime soit-elle, cet ouvrage est aussi un ambitieux essai sur l’ordre. Comme un officier le ferait pour ses hommes, le général de Villiers indique au lecteur la destination, le point à atteindre et l’itinéraire pour se diriger dans un monde complexe et pour agir utilement.

« Je ne suis ni philosophe, ni sociologue, ni capitaine d’industrie. Je suis un praticien de l’autorité qui s’est toujours efforcé de placer les relations humaines au cœur de son engagement au service de la France et de ses armées. Car l’autorité n’est pas spécifiquement militaire, c’est le lien fondamental de toute société humaine. Fort de ces convictions, je propose dans ce livre quelques jalons pragmatiques, simples et avérés pour sortir d’un mal-être sociétal croissant, diriger avec justesse et discernement. »

Le général Pierre de Villiers signe un essai ambitieux sur l’ordre, remettant l’Homme au centre du système. Comme le ferait un officier, il indique au lecteur le cap qu’il faut tenir dans un monde complexe et sa méthode pour y agir utilement.
Mêlant une réflexion puissante sur les problèmes profonds que traverse notre époque et des solutions efficaces, le général de Villiers met ici son expérience unique au service de tous.


Après quarante-trois années d’une carrière militaire qui l’a conduit à devenir chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers est président d’une société de conseil en stratégie. Il a publié en 2017 Servir aux éditions Fayard.

Lire un extrait

Général d’armée Pierre de Villiers : «Il y a une crise de l’autorité aujourd’hui»

Lundi, 12 Novembre 2018 19:52
http://www.leparisien.fr/
Propos recueillis par Henri Vernet et Charles de Saint Sauveur - 12 novembre 2018
 

Seize mois après sa démission de ses fonctions de chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers publie une réflexion sur l’autorité, sobrement intitulée « Qu’est-ce qu’un chef ? ».

Il ne souhaitait pas que l’interview paraisse le dimanche 11 novembre, jour de « commémoration des soldats tombés sur le champ de bataille »… On ne quitte pas l’uniforme comme ça, même seize mois après avoir démissionné de ses fonctions de chef d’état-major des armées, suite à une passe d’armes avec le président Macron. Président d’une société de conseil en stratégie, l’ex-CEMA (Chef d’état-major des armées) de 62 ans dispense depuis ses conseils aux entreprises ou aux associations. « Mon agenda est toujours très chargé, souffle-t-il, mais heureusement, j’ai un peu plus le temps de lire. » Et d’écrire ! Son premier livre, « Servir » (qui vient de paraître en format poche chez Pluriel) s’est vendu à 140 000 exemplaires. Son nouvel ouvrage, qui paraît mercredi chez Fayard, ambitionne de répondre à cette vaste question : « Qu’est-ce qu’un chef ? ». Une réflexion qui renvoie aux désordres de notre époque, et à quelques pistes pour les résoudre.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

PIERRE DE VILLIERS. Parce qu’il y a un fossé grandissant entre ceux qui dirigent et ceux qui exécutent. Une des causes est une forme de déshumanisation qui s’accroît partout. Il faut remettre l’homme et la femme au centre. Quelle est la responsabilité fondamentale du chef ? C’est le bonheur de l’homme, pas simplement la performance ou la dimension financière. Il faut revenir à l’origine latine du mot : autoritas, élever vers. Non pas en faisant pression sur ses équipes, mais en faisant jaillir d’elles l’initiative, l’imagination, les solutions.

Est-ce une crise du chef que vous diagnostiquez ?

Il y a une crise de l’autorité aujourd’hui. Pas simplement en France, mais dans nos démocraties occidentales. Elle est liée à des facteurs qui pèsent de plus en plus sur les dirigeants : l’élargissement de l’espace avec la mondialisation, le temps qui presse et qui stresse ; l’insécurité qui règne, l’individualisme favorisé par les technologies… Tous ces facteurs complexifient l’exercice de l’autorité.

Les politiques savent-ils être des chefs ?

Ce qui manque en politique comme ailleurs, c’est la vision stratégique. Nous sommes dans le temps court, dans la tactique, dans les moyens… Il faut retrouver la vision qui donne du sens.

Votre frère Philippe vous a récemment prêté des propos que vous auriez tenus au président Macron : « Si ça pète dans les banlieues, on n’a pas les moyens de faire face »… Est-ce exact ?

Comme vous le dites fort justement, ce sont des propos qu’il me prête… ce qui ne signifie en aucun cas qu’ils m’appartiennent, nonobstant toute l’affection que j’ai pour mon frère. Ce que je peux dire, c’est que la situation dans certains quartiers est très préoccupante. Les difficultés n’y sont pas seulement économiques ou sociales, mais culturelles. L’échec en matière d’intégration est patent. Pourtant, je suis frappé de voir combien nous avons une belle jeunesse. Mais elle attend du sens, de l’humanité, le signal de valeurs partagées… et qu’on l’encourage.

Le service national universel (SNU) pourrait-il remplir un rôle utile ?

Je n’ai pas la version définitive du projet. Mais je comprends que l’effet voulu est de reconstituer le creuset national. J’y souscris, puisqu’il y a à peu près 100 000 jeunes - sur les 800 000 d’une classe d’âge - qui sont en dehors du système, qu’on veut réinsérer. Il y a trois difficultés à surmonter sur le SNU : budgétaire d’abord - ça ne peut pas être le budget des Armées. L’infrastructure ensuite, pour loger tout le monde. L’encadrement enfin. Ces jeunes, en particulier ceux qui sont en marge, exigeront un encadrement étoffé. Mais là encore, je ne vois pas comment les armées, qui sont déjà à 25 % au-dessus de leur capacité opérationnelle, pourraient y parvenir.

L’autorité était un ressort de l’élection de Macron. A-t-elle été restaurée ?

Tous les événements quotidiens montrent une crise de l’autorité, c’est patent. Mais le président est là depuis 18 mois, c’est le chef des Français, de la nation, il a été le mien et j’ai toujours été un homme loyal. Laissons-lui le temps nécessaire.

Se poser en président autoritaire, ça ne se décrète pas ?

L’autorité, ce n’est ni la mollesse tiède ni la dureté froide. C’est le chef qui est au service du bien commun, de l’intérêt général, qui fait éclore chez les gens tous les talents.

Il ne délègue pas assez ?

Je n’ai ni jugement ni conseils à lui donner.

Que faut-il pour faire un bon chef ?

La confiance, c’est la valeur clé, l’aboutissement de l’exercice de l’autorité : quand on est chef, l’adhésion doit l’emporter sur la contrainte, et sur toute pression qu’on ferait peser sur ses subordonnés. C’est ce que j’appelle l’obéissance d’amitié : on est suivi parce qu’on est aimé. Le chef doit apporter du calme et de la sérénité. Plus ça chauffe, plus les merdes volent en escadrilles, plus il doit absorber les inquiétudes et diffuser de la confiance. Après, il y a d’autres qualités que je décris dans le livre : la compétence bien sûr, l’expérience, l’ouverture aux autres, la délégation et l’exemplarité.

Vous êtes fan de football. Didier Deschamps est-il un vrai chef à vos yeux ?

Absolument ! Il a été parfois critiqué car il n’a pas forcément pris les meilleurs joueurs techniquement, mais ceux dont il était certain qu’ils s’inséreraient dans le collectif. Il a su tirer les enseignements du désastre de Knysna en 2010. Il a construit un groupe, l’a fédéré, puis il en a fait une équipe qui a gagné.

Le patriotisme a-t-il compté dans la victoire à Moscou ?

J’en suis sûr ! J’ai été frappé par deux choses en entendant les interviews des joueurs. 1. Le groupe d’abord. 2. Quand on porte le maillot de l’équipe de France, on doit être fier et on donne absolument tout. Les voir chanter la Marseillaise avant les matchs, c’était fabuleux. C’est la même démarche qui m’a animé quand j’étais chef militaire. On n’emmène pas les gens au combat - que ce soit sur un terrain de foot ou au nord Mali, même si la comparaison est audacieuse - juste avec l’intelligence et le schéma tactique. La motivation, c’est la clé. Quelle que soit l’organisation.

Un chef doit-il nécessairement gagner beaucoup plus ?

Il est légitime d’être mieux rémunéré si on endosse plus de responsabilités. Mais je trouve certains écarts de salaires choquants dans les grandes entreprises : parfois, cela va de 1 à 300 ! Dans l’armée, c’est 1 à 8. En matière de justice sociale et d’équité, elle a de quoi inspirer d’autres organisations.

Jusqu’à être un modèle de société ?

Disons plutôt un laboratoire et une référence. Certains problèmes sociétaux sont moindres dans l’armée. Il est vrai que le regard qu’on porte sur elle a beaucoup changé. Quand j’y suis rentré en 1975, c’était un vrai répulsif : j’étais insulté sur les terrains de foot parce que mes cheveux courts indiquaient que j’étais militaire. Elle est désormais populaire, respectée, applaudie… bref, à la mode !

Emmanuel Macron vient de plaider pour une « armée européenne ». Et vous ?

Tout dépend de ce que revêt ce terme. Si elle prend la forme de projets de coopération entre différents pays autour de projets concrets, c’est même nécessaire ! Si c’est une armée fusionnée pour en faire une force armée pilotée de Bruxelles, non, impossible. On meurt pour son chef, sa patrie, ses valeurs nationales. Pas pour une communauté économique. Je suis pour une France souveraine dans une Europe forte, car nous n’avons plus le choix vu l’état du monde.

Un monde « en fusion », écrivez-vous…

Ce monde est dangereux et surtout, beaucoup plus instable. A quoi assiste-t-on ? Au retour des Etats-puissance qui augmentent de 5 à 10 % par an leurs moyens militaires et pratiquent la diplomatie du fait accompli. Au terrorisme islamiste avec lequel le monde et la France n’en ont pas fini. Aux migrations incontrôlées et au dérèglement climatique… Nous sommes dans une période de point de bascule, avec suffisamment d’éléments instables pour qu’un événement embrase tout. L’Histoire s’écrit sous nos yeux.

Le Président a évoqué un climat d’entre-deux-guerres.

A certains égards, c’est une comparaison judicieuse. Oui, il y a urgence. Il faut construire et gagner la paix - par la force, qui permet d’éradiquer la violence - avant qu’il ne soit trop tard. Et pour cela, on a besoin de chefs.

Avez-vous envie de vous lancer en politique ?

Je comprends que la question se pose avec ce livre, mais je suis un soldat. Je ne ferai pas de politique. Ce n’est pas mon métier, ni ma volonté.

« Qu’est-ce qu’un chef ? », Pierre de Villiers, éd. Fayard, 256 pages, 20,90 euros.

« MAHAZOMORA, le tirailleur malgache »

Lundi, 12 Novembre 2018 14:06

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