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2016

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«L’important, c’est de pérenniser l’association des anciens combattants»

Samedi, 31 Décembre 2016 05:25

LA VOIX DU NORD

Par Christian Pruvost (CLP) | Publié le 30/12/2016

Émile Gallet est le nouveau président de l’association des anciens combattants d’Auxi-le-Château et des environs. Il succède à Robert Ramousset. Émile Gallet est entré dans la section en 2012 comme membre et en 2013 dans le bureau.

Émile Gallet était entré dans la section en 2012.
Émile Gallet était entré dans la section en 2012.

– Parlez-nous de la section d’Auxi-le-Château et des environs…

« Le nombre d’adhérents est de 136 personnes en 2016, c’est une section importante. Il est équivalent à celui de 1994. Il y a 91 CATM (combattants d’Algérie – Tunisie – Maroc), 27 veuves, un résistant 39-45, trois OPEX (opérations extérieures) et 14 sympathisants. 11 communes sont rattachées à Auxi. »

– Quels sont les projets ?

« L’important, c’est de pérenniser l’association dans le temps. Il faut assurer le bureau pour continuer à défendre les droits, assurer les devoirs et perpétuer le devoir de mémoire et le culte du souvenir. Il faut exister, être présent auprès des autres, rencontrer les autres présidents de comités du secteur, rencontrer les élus. Je profite de l’occasion pour lancer un appel aux anciens militaires, à ceux qui ont participé à des OPEX et aux sympathisants qui souhaitent perpétuer le devoir de mémoire. Ils peuvent nous rejoindre en me contactant ou en se rapprochant de Just Hernu, le trésorier de l’association. »

– Et vos prochains rendez-vous ?

« L’association fera son assemblée générale le 12 mars à 10 heures, à la salle des fêtes d’Auxi-le-Château. En mai, l’association participera à une journée pédagogique à Notre-Dame de Lorette. »

Son parcours

Originaire d’Hesdin, Émile Gallet est entré dans l’armée de terre en 1975. Il servira en tant que sous-officier puis officier dans l’artillerie après avoir passé le concours en 1991. En 1997, il passe le concours des officiers de gendarmerie et rejoint l’escadron d’Amiens en tant que capitaine. En 2001, il est affecté à l’état-major de la légion de gendarmerie de Haute-Normandie à Rouen et en 2006 il est détaché à l’état-major des armées avec le grade de commandant. En 2009, il est affecté à la direction générale de la gendarmerie et en 2011 le lieutenant-colonel part en retraite.

Il est chevalier dans l’ordre national du mérite depuis 2006. Il est également titulaire de la croix du combattant, de la médaille de la reconnaissance de la nation, de la médaille de défense nationale échelon or et de celle de l’ONU.

Jura : une médaille nazie pour les anciens combattants

Samedi, 31 Décembre 2016 05:06

Philippe Sauter|28 décembre 2016

Le bulletin municipal de Mont-sous-Vaudrey (Jura) comportait une photo de médaille piochée sur une banque d'images.

C'est ce qu'on appelle une bourde. Le bulletin municipal de Mont-sous-Vaudrey (Jura) a voulu, comme chaque année, rendre hommage à ses anciens combattants. Dans le dernier numéro, ce sont les médaillés des dernières cérémonies du 11 Novembre qui sont mis à l'honneur. Une page complète consacrée au devoir de mémoire, illustrée des photos des récipiendaires mais aussi de la médaille censée leur avoir été décernée. Et c'est là que réside la « maladresse », dixit la mairie. A la place, c'est un cliché de la Croix du mérite de guerre, une distinction créée par Adolf Hitler pour ses meilleurs combattants, qui apparaît. C'est l'une des trois bénévoles qui s'occupent du bulletin qui a choisi une mauvaise médaille dans une banque d'images sur Internet.

« On a du mal à comprendre une telle erreur, s'énerve un responsable des anciens combattants de Lons-le-Saunier (Jura). Il y a en plein centre de la médaille une croix gammée très visible ! Il faut qu'on leur explique que c'était le symbole des nazis ? » L'Association intercommunale des anciens combattants demande que des excuses soient publiées dans le prochain bulletin. Une requête qui devrait être acceptée par le maire qui précise qu'aucune nostalgie du III e Reich n'anime son village...

Le Parisien

Journal d'un soldat français en Afghanistan

Afganistan, la guerre inconnue des soldats français

Si tu veux la paye, ne prépare pas la guerre

Samedi, 31 Décembre 2016 03:01

lundi 26 décembre 2016

Quand un historien du futur examinera ce schéma d’organisation du soutien dans les armées, il commencera par se demander comment cela pouvait bien fonctionner. Il lira que vers 2008 il avait été décidé de résoudre enfin le problème du financement des grands programmes d’équipements en supprimant une bonne partie de ceux qui les utilisaient. De Livre blanc en Livre blanc, visiblement plus préoccupés par la manière de faire des économies que de lutter contre qui que ce soit, et de loi de programmation non respectée en loi de programmation non respectée, il avait prévu de supprimer près de 80 000 postes au ministère de la Défense. Comme l’expliquait à l’époque une responsable des ressources humaines au ministère, il n’y avait pas de raison que l’on ne fasse pas comme dans les grandes sociétés privées et de préférer les machines aux hommes et aux femmes afin de faire monter la productivité (entendre le budget divisé par les humains). Et puis, c’était tellement facile : 70 % de CDD, pas de syndicat, discipline et dévouement (le même historien lira sans doute les déclarations de ce général de l’armée de terre se félicitant que les suppressions de régiments aillent plus vite que prévu).
Pour gérer cette ponction humaine sans trop pénaliser les engagements opérationnels, il fut décidé de se « recentrer sur le cœur de métier », autrement dit de réduire le soutien et l’administration. L’idée était de « mutualiser » les organismes chargés de l’environnement des unités opérationnelles et de revenir à la brillante organisation du Second Empire en séparant nettement ces deux structures et les plaçant sous des chaînes de commandement différentes. Les unités opérationnelles restaient sous le commandement organique des Chefs d’état-major des différentes armées et sous le commandement opérationnel du Chef d’état-major des armées (CEMA). Le soutien et l’administration, par ailleurs de plus en plus « civilianisés » relevaient désormais de leur côté du CEMA et du Secrétaire général de l’administration (SGA) par le biais d’un Commandement interarmées du soutien (CIS).
Les directions centrales des services (cinq dépendantes du CEMA et trois du SGA) allaient former des « verticalités » agissant sur les unités, soit directement sur elles, soit par le biais d’une structure intermédiaire nouvelle : la base de défense (BDD). La BDD regroupe donc les services administratifs (administration du personnel, achats, restauration, habillement) et les soutiens (santé, services d’information, infrastructures, carburant, transport et munitions non spécialisées). C’est la généralisation du système des bases aériennes et navales, avec toutefois deux innovations majeures : mélanger les armées (et parfois la Direction générale de l’armement) et les statuts puis ne pas fonctionner sur le principe de la colocalisation (qui aurait imposé aux unités de l’armée de terre essentiellement un regroupement coûteux sur quelques emprises). On ajoutait ainsi le désordre à l’éloignement, d’autant plus que ces BDD étaient des « patates » dessinées sur la carte et dont aucune n’avait le même volume (elles englobent des entités de 1 000 à 15 000 individus). Le commandant de la BDD (rattaché au CIS) est alors chargé de faire le lien entre les demandes d’ « en bas » et les services, en faisant appel aussi à l’externalisation. Il dispose du Groupement de soutien de la BDD dont le chef est rattaché à la direction centrale du commissariat des armées. Les services s’y déclinent (ou pas) en sigles majestueux : USID (unité du service infrastructure défense), UCIRISI (unité du centre interarmées des réseaux interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information), etc. La coordination de ces tuyaux d’orgue est assurée en haut par un CICOS (centre interarmées de conduite des opérations de soutien) et en bas par les BDD (ou non).
A ce stade, notre historien du futur se demandera comment des individus ayant réussi des concours brillants ont pu, au mépris de l’histoire et du reste du monde (à l’exception de l’Union soviétique, visiblement une source d’inspiration), créer une structure aussi manifestement débile. Toutes les tentatives précédentes et approchantes de ce type d’organisation avaient échoué (voir ici), depuis le Second Empire et la mobilisation pitoyable de 1870 jusqu’à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah. Israël avait organisé le soutien logistique de son armée de terre en bases de zone et comme pour l’armée de Napoléon III dès qu’il avait fallu monter rapidement en puissance, le système avait explosé. Alors même que les unités combattaient à quelques dizaines de kilomètres des bases plus personne ne savaient qui soutenait qui. Deux ans plus tard et sans réelle expérimentation, la France adoptait le même système mais en plus compliqué et plus rigide encore.

N’importe quel étudiant en sociologie des organisations aurait compris qu’une telle structure était en réalité à niches à coûts cachés : coûts de transaction (le temps perdu par exemple pour se déplacer ou simplement pour comprendre qui est responsable de quoi et trouver le bon interlocuteur), déshumanisation et éloignement géographique mais aussi technique de la gestion du personnel, coûts des catastrophes que l’on a laissé prospérer dans les zones grises de la non-responsabilité (accidents, adoption du désastreux logiciel de paiement Louvois, etc.), pertes de compétences internes par les externalisations, non maîtrise des contrats civils des partenariats public-privé (site de Balard : loué 17 500 euros de l’heure pendant 27 ans, 13.613 euros pour mettre en place une imprimante et un scanner dans une salle, etc.), explosion de certains délais de maintenance (un an désormais pour l’entretien programmé d’un hélicoptère Tigre), explosion des délais administratifs (il faut désormais plus de temps en 2016 qu’en 1916 pour décorer les soldats pour des actes de courage), incitation au soutien gris (c’est-à-dire payer tout de suite les choses de ses propres deniers ou par le biais de « caisses noires » plutôt que de faire une « demande Sillage » et d’attendre des mois), etc. Autrement dit, ce type de structure, et toute l’histoire des organisations le démontre, est à la fois inefficace et exaspérante dans la vie courante (voir le 8e rapport du HCECM ici ou un résumé ici) et extrêmement vulnérable à tout changement brutal.
Le pire, constatera notre historien, c’est que cela n’a servi à rien, la « bosse budgétaire » (la somme totale à payer pour financer les grands programmes industriels) n’ayant quasiment pas bougé en 2015 par rapport à 2008 (35 à 40 milliards d’euros environ). Cela n’a même pas suffi à arrêter les suppressions d’effectifs et à protéger les unités de combat…jusqu’à l’action, par ailleurs totalement prévisible, de trois salopards en janvier 2015 qui, elle, va suffire à stopper l’hémorragie des effectifs et du budget.

Toute la difficulté est désormais de sortir d’un système alors que ses concepteurs sont encore largement aux affaires (et l’histoire tend aussi à montrer que ce sont rarement les créateurs des problèmes qui les résolvent). Cela passe parfois par l’arrivée d’une nouvelle génération, en espérant qu’elle ne se soit pas tellement habituée au système qu’elle ne puisse en concevoir d’autre, en espérant surtout qu’il se trouve parmi elle ou parmi des décideurs politiques éclairés quelques audacieux. Cela passe, surtout en France, le plus souvent par le choc d’un désastre.
HCECM : Haut Comité d'évaluation de la condition militaire.
La description de ce système génial est tiré de : Général Michel Forget, Nos armées au temps de la Ve République, Economica, 2016.
Sur le désastre Louvois : Jean-Michel Palagos, Julia Maris, Diriger en ère de rupture : Brouillard et solitude, Editions Hermann, 2016.
Lire aussi : Hugues Esquerre, Quand les finances désarment la France, Economica, 2015 et Général Vincent Desportes, La dernière bataille de la France : lettre aux Français qui croient encore être défendus, Gallimard, 2015.

PS : J'ai retiré la phrase "rigidité croissante du soutien par la civilianisation", interprétée à tort comme une défiance vis-à-vis du personnel civil de la défense alors que c'était l'évolution de la structure générale, et plutôt dans les postes de responsabilité, dont il était question mais c'est un tout autre débat. Voir le lien "statuts" vers l'article de la Revue défense nationale.

HAUT COMITÉ D’ÉVALUATION DE LA CONDITION MILITAIRE - 10e RAPPORT

Samedi, 31 Décembre 2016 02:51

La Force aérienne indienne aurait besoin d’au moins 200 Rafale de plus

Samedi, 31 Décembre 2016 02:24 Administrateur

zonemilitaire
Posté dans Asie-Pacifique, Forces aériennes par Laurent Lagneau Le 29-12-2016

En septembre, l’Inde signait le contrat portant sur l’acquisition de 36 avions Rafale pour 7,8 milliards d’euros, à l’issue de négociations qui durèrent près d’un an et demi. Pour les observateurs, cette commande était alors susceptible d’en annoncer d’autres, l’Indian Air Force (IAF) ayant en effet exprimé le souhait d’équiper au moins 5 escadrons avec l’appareil de Dassault Aviation (soit 80 unités).

« On a toutes les raisons de penser que les Indiens ont intérêt à acquérir davantage d’avions mais pas à démultiplier les flottes s’ils veulent contenir les coûts de maintien en condition opérationnelle », avait-on d’ailleurs souligné du côté du ministère français de la Défense au moment de la signature du contrat indien.

Pour atteindre les objectifs définis par son contrat opérationnelle, la force aérienne indienne doit disposer de 42 escadrons de chasse. Or, elle n’en compte actuellement que 33. Mais ce « n’est qu’une valeur numérique. Ce qui compte, c’est d’avoir un mélange de capacités », a fait valoir l’Air Chief Marshal Arup Raha, le chef d’état-major de l’IAF, qui partira en retraite le 31 décembre [Il sera remplacé par l'Air Marshal Birender Singh Dhanoa, ndlr].

Selon lui, l’IAF dipose suffisamment de chasseurs lourds Su-30 MKI de facture russe, ces appareils devant rester en service pendant 30 ou 40 ans. Même chose pour les avions « légers » HAL Tejas, commandés 123 exemplaires.

En revanche, pour la catégorie des avions « poids moyens », comme le Rafale, c’est loin d’être le cas. « Nous avons besoin de plus d’avions de cette catégorie », a-t-il dit, le 28 décembre, avant d’estimer à 200 le nombre idéal d’appareils que New Delhi devrait acquérir.

Cela étant, l’Air Chief Marshal Raha aurait pu évoquer l’achat d’un autre avion appartenant à la même catégorie que celle de l’avion français. Mais il a été très clair : le Rafale « est un avion multi-rôle qui peut être utilisé de façon très efficace. Il peut prouver sa valeur en toute situation », a-t-il avancé. « Mais nous venons d’en commander 36 et nous avons besoin de plus d’avions dans cette catégorie ‘poids moyen’ pour disposer de tout le spectre de la capacité », a-t-il insisté.

Un autre dossier avancé par le chef de l’IAF est celui des avions ravitailleurs. Et la question est sensible car les Iliouchine Il-78 qui assurent les missions de ravitaillement en vol accumulent les problèmes techniques et leur maintenance est compliquée. Pour remédier à ce déficit capacitaire, New Delhi a lancé deux appels d’offres pour 6 appareils, chaque fois remportés par l’A330 MRTT d’Airbus. Mais la dernière procédure a été annulée en septembre.

« Malheureusement, il y a eu certains problèmes dans le [processus] d’acquisition. Un nouvel appel d’offres sera bientôt lancé », a assuré l’Air Chief Marshal Raha.

Voeux de l'ASAF.

Samedi, 31 Décembre 2016 01:32

Tous les membres de l’ASAF 34 me chargent de vous souhaiter une

et vous invitent à les rejoindre, chaque fois que vous le pourrez, sur la plage de la Méditerranée où a été gravée cette formule magique.

Charles JANIER, délégué ASAF 34

Inauguration de l'espace souvenir de Nousseviller-lès-Bitche

Samedi, 31 Décembre 2016 03:48
Volmunster Info
samedi 17 décembre 2016
Un espace du souvenir, inauguré par Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire, est un événement exceptionnel pour ce petit village de Nousseviller-lès-Bitche en présence de Christophe Salin, sous-préfet et de nombreuses personnalités.
Photos Joseph Antoine Sprunck
Pour cette inauguration, la circulation a été déviée par Dollenbach. Ils sont venus nombreux pour inaugurer le monument aux morts au centre d’un espace original où coule l’eau dans un abreuvoir dans lequel le soleil peut se réverbérer. Avaient pris place autour de la place une délégation de la musique du 2ème régiment des Hussards de Oberhoffen près de Haguenau, une section du 16 ème régiment des chasseurs de Bitche, les anciens combattants de Bitche et de Rolbing, des élèves de l’école Adolphe Yvon de Volmunster, les porte-drapeaux, les représentants de diverses administrations, les élus, et la population de la commune,
Une place du souvenir et de la mémoire
Dans son allocution, Jacqueline Glad, maire de la commune,

rappelle l’histoire de cette «fontaine, construite en 1901 où tous les habitants du village se rendaient au moins une fois par jour jusque dans les années 1970» Elle rappelle que suite à la chute de l’ancien mémorial, il fallait le remplacer, car y figurent les soldats de la grande guerre et les jeunes « malgré-nous enrôlés de force dans l’armée allemande» Le livre posé sur le lutrin « retrace brièvement la parcours de vie de chaque victime nommée sur le monument» En conclusion , elle cite Jean d’Ormesson qui dit "il y a quelque chose de plus fort que la mort: c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants et la transmission, à ceux qui ne sont pas encore, du nom, de la gloire, de la puissance et de l’allégresse, de ceux qui ne sont plus, mais qui vivent à jamais dans l’esprit et dans le coeur de ceux qui se souviennent». Puis elle remercie tous ceux qui ont participé à réaliser: « Pascal Demoulin, architecte, instigateur de ce projet, Bernard Petry, artiste sculpteur concepteur de cet ensemble harmonieux, l’entreprise Grebil et Natura Concept, Claude Meyer, fontainier, pour le branchement de l’eau, Jean Wagner et Jean-Luc Bichler, meilleur ouvrier de France pour les finitions, Marie-Laure Hoffmann, rédacteur du livre, Germaine Stenger pour son travail généalogique et Antoinette Schneider, la mémoire vivante.»

Une réussite esthétique
Anne Mazuy-Harter, conseillère départementale, releva que «cet espace de mémoire est une véritable réussite esthétique» Céleste Lett « C’est un véritable honneur pour le Bitcherland, la visite de Jean-Marc Todeschini et cet aménagement historique fait le bonheur de la population»
Pour Jean-Marc Todeschini «l’histoire et la mémoire nous interpellent. Il est important de faire vivre notre histoire. Je félicite la commune d’avoir saisi l’occasion pour créer cet espace original qui rend hommage à la mémoire non seulement de la France, mais aussi celle du Pays de Bitche»
Participation des enfants
Après la sonnerie aux morts de la délégation de la musique de 2ème régiment des Hussards de Oberhoffen, près de Haguenau et le dépôt des gerbes, les enfants de l’école Adolphe Yvon sous la direction d’Anny Hauck ont interprété la chanson “La Croisade des enfants” de Higelin et la Marseillaise. Jean-Marc Todeschini est allé féliciter les enfants et les a récompensés en leur offrant plusieurs livres historiques sur les deux guerres mondiales.
Joseph Antoine Sprunck

L'Art de la guerre, écouter...

Mercredi, 28 Décembre 2016 04:30

La Newsletter 16/33 du CEACH

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L'armée française à bout de souffle ?

Mardi, 27 Décembre 2016 09:22

Slatefr

Antoine Hasday France Monde 21.12.2016

Des soldats français en Irak I AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Des soldats français en Irak I AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Il y a un an, François Hollande promettait solennellement de tout mettre en œuvre pour «détruire l’armée des fanatiques». A-t-il tenu son engagement ?

En septembre 2014, un an et demi après l’intervention française au Mali contre les djihadistes, le gouvernement irakien sollicite l’aide militaire de la France face aux avancées de l’EI. Le 20 septembre 2014, l’opération Chammal est lancée: l’armée française bombarde l’organisation djihadiste en Irak, aux côtés de ses alliés –notamment américains– engagés dans l’opération Inherent Resolve. Quelques jours plus tard, l’EI appelle ses sympathisants à assassiner des ressortissants français (même si certains projetaient déjà des attaques en France et l’Europe). Selon Michel Goya, ancien colonel de Marine, analyste des conflits et auteur du blog La voie de l’épée, l’opération Chammal est inefficace sous sa forme actuelle.

«L’engagement des forces aériennes françaises en Irak, c’est quatre bombes par jour, sur un territoire grand comme le Royaume-Uni. Et pendant longtemps, c’était deux bombes par jour, soit 5% des frappes totales de la coalition. On s’est aligné sur le mode opératoire des Américains, qui ont besoin du vote du Congrès pour engager des troupes au sol. Avec la force aérienne, on ne peut frapper qu’un certain type de cibles, plutôt fixes. Et pour l’ennemi, c’est plus facile de se défendre. L’opération Chammal a coûté environ un milliard d’euros, soit 0,045% du PIB. Mais ça n’a permis de neutraliser qu’un millier de combattants. Ça fait donc un million d’euros par djihadiste éliminé», explique-t-il.

Michel Goya rappelle également la terrible spécificité de cette guerre contre l’EI: 100% des pertes françaises sont des civils, tués sur le territoire national dans le cadre d’attentats terroristes. Selon l’ancien colonel, l’armée française devrait pouvoir déployer des moyens plus diversifiés, et pas seulement des bombardements aériens, pour vaincre son adversaire. C’est le mode opératoire mis en œuvre pour combattre les djihadistes au Sahel, dans le cadre des opérations Serval puis Barkhane.

«Ainsi, on peut à la fois appuyer nos alliés au plus près et agir dans la profondeur, sur des cibles plus stratégiques. En Irak, les Américains ont progressivement élargi leur mode d’action. Ils ont introduit des avions d’attaque, quelques hélicoptères, de l’artillerie... Au Sahel, l’armée française, qui est également dans une stratégie d’appui aux forces locales, a déployé des hélicoptères et des troupes au sol. Elle aurait également pu le faire en Irak, où on a récemment déployé une batterie d’artillerie. Mais on est resté dans un format a minima, alors que nous avons déclaré la guerre à l’EI et frappé les premiers. La guerre, il faut la faire sérieusement, surtout quand on s’engage devant les familles des victimes du terrorisme à ‘engager tous les moyens», analyse Michel Goya.

L’opération Sentinelle, peu efficace et problématique

Depuis plus de vingt ans, les Français se sont habitués à la présence de soldats patrouillant dans les rues. Le plan Vigipirate, mis en œuvre à partir de 1991, instaure une surveillance militaire autour des sites dits «sensibles». Au lendemain des attentats de janvier 2015, le gouvernement met en place l’opération Sentinelle, qui mobilise environ 10.000 soldats supplémentaires. Toutefois, ce déploiement pose question quant à son efficacité. Le soir du 13 novembre 2015, les militaires présents à proximité du Bataclan ne sont pas intervenus car ils n’en avaient pas reçu l’ordre. En revanche, rue de Charonne, des membres du 1er régiment de chasseurs de Verdun ont mis en place un cordon de sécurité qui a permis aux secours d’intervenir.

Pendant qu’ils patrouillent dans les rues, les militaires ne s’entraînent pas. Le temps de préparation a été considérablement réduit en 2015

«Est-ce que l’efficacité de Sentinelle est à la mesure de son coût? On a effectivement un gain de sécurité car on complique la tâche de l’adversaire. Mais si on maintient le dispositif en l’état, on prend le risque d’abîmer ou de fatiguer notre outil de défense, le seul qui puisse intervenir en dehors du territoire national. Les avantages ne sont donc pas à la hauteur des sacrifices. De plus, le niveau de violence auquel nous sommes confrontés sur le territoire national peut être traité par les forces de sécurité (police et gendarmerie), qui ont été équipées récemment de fusils d’assaut, de casques pare-balles, de boucliers... Les armées doivent rester l’ultima ratio, le dernier recours», explique le chercheur Elie Tenenbaum.

En juin 2016, il pointait les limites du dispositif dans un rapport rédigé pour l’IFRI. Les qualités spécifiques des militaires n’ont pas d’utilité dans le cadre des missions qui leurs sont confiées (principalement des patrouilles). Les militaires ne sont donc présents que pour pallier l’absence de forces de réserve dans la police et la gendarmerie. Mais surtout, cette opération limite le temps disponible pour l’entraînement des soldats et pèse sur leur moral.

«Pendant qu’ils patrouillent dans les rues, les militaires ne s’entraînent pas. Le temps de préparation a été considérablement réduit en 2015. C’est un peu mieux en 2016 mais ça reste en dessous des durées exigées par l’Otan et par notre Livre blanc [90 jours par an]. Avec l’éloignement [220 jours par an, tout compris, en 2015], les soldats passent beaucoup de temps loin de leur famille et de leur régiment, avec les mêmes restrictions qu’en opération extérieure. On prend le risque d’avoir une armée de terre mal entraînée qui, lors de la prochaine opération, n’aura plus ses bases, ses réflexes et son moral», analyse Elie Tenenbaum.

Le chercheur avance différentes propositions pour optimiser le fonctionnement du dispositif et limiter ses effets pervers. Les deux principales consistent à intégrer les militaires à la chaîne de commandement –sur le modèle de l’opération Harpie en Guyane– et à réduire considérablement le nombre de soldats dans les rues.

«Premièrement, je préconise une chaîne de commandement commune, pour que l’armée puisse contribuer à la planification. Aujourd’hui, Sentinelle fonctionne sur le mode de la réquisition par le préfet: la chaîne de commandement n’inclut pas les militaires, notamment sur le renseignement. À l’inverse de ce qui se fait par exemple en Guyane, dans le cadre de l’opération Harpie contre l’orpaillage illégal: là, les forces armées sont impliquées en amont et apportent leurs savoir-faire spécifiques sur le terrain. Deuxièmement, il faudrait réduire considérablement l’effectif. En ce moment, 7.000 soldats sont déployés et 3.000 sont en réserve. Je propose d’inverser: entre 2 et 3.000 hommes dans les rues, plus 7.000 hommes en réserve, qui continuent à s’entraîner mais sont mobilisables rapidement en cas d’attentat», explique-t-il.

Manque de matériel et problèmes de ressources humaines

Ces opérations s’inscrivent dans un contexte budgétaire difficile pour la défense française. En euros constants, le budget de la défense a diminué de 20% en 25 ans, même s’il est en hausse depuis 2015. Ces difficultés budgétaires compliquent notamment le renouvellement des équipements indispensables à son fonctionnement, comme l’explique Florent de Saint-Victor, spécialiste des questions de défense et auteur du blog Mars Attaque.

L’armée doit éviter l’éviction de ces “cadres” vers le civil. Actuellement, les militaires sont loin de leur base et de leur famille 220 jours par an en moyenne, ce qui est intenable pour leur vie personnelle

«Actuellement, les armées s’usent plus vites qu’elles ne se régénèrent. En passant le budget de la défense à 2% du PIB, on pourrait limiter cette tendance. 80 à 85% des crédits d’investissement sont immobilisés dans des programmes existants, d’où l’importance de consacrer les moyens restants aux chantiers les plus urgents. Par exemple, des moyens supplémentaires pour le programme Scorpion permettraient de renouveler le matériel roulant de l’armée de terre plus rapidement. Une autre priorité, c’est le transport tactique, principalement des avions C-130. En ce qui concerne les hélicoptères, l’armée en possède 300 mais il n’y en a qu’une centaine de disponibles. Il faudrait passer à 150 ou 180. Pour la marine, une question importante est le renouvellement des patrouilleurs. Le renseignement militaire aurait également besoin de moyens supplémentaires: drones, satellites, achat d’images satellites», détaille Florent de Saint-Victor.

Un autre défi consiste à maintenir les soldats expérimentés au sein de l’armée. Comme l’expliquait Elie Tenenbaum, le nombre de jours d’absence, où les soldats sont déployés loin de leur base et de leur famille, n’a cessé de s’accroître durant les dernières années, notamment à cause de l’opération Sentinelle. Les dysfonctionnements du logiciel LOUVOIS, qui gère leurs paies, sont également source de frustration. Or, la majorité des militaires sont recrutés à travers des contrats à durée déterminée. Lorsque ceux-ci arrivent à échéance, les soldats peuvent être tentés de partir face à ces difficultés.

«Il faut parvenir à conserver au sein des forces armées des hommes expérimentés, qui ont déjà participé à plusieurs opérations. Ce sont eux qui ont les compétences adaptées, le bon comportement sur le terrain et qui sont capables d’encadrer les soldats plus jeunes. L’armée doit éviter l’éviction de ces “cadres” vers le civil. Actuellement, les militaires sont loin de leur base et de leur famille 220 jours par an en moyenne, ce qui est intenable pour leur vie personnelle. Il est donc important de réduire ce nombre de journées d’absence», rappelle Florent de Saint-Victor.

Un manque de vision

Enfin, la multiplication des opérations simultanées complique la tâche de l’armée française. Certaines capacités de commandement, de communications, de santé ou de renseignement sont menacées de surchauffe. Selon Michel Goya, cet empilement d’opérations traduit aussi un manque de vision stratégique de la France, qui limite la capacité des forces armées à agir efficacement.

«L’ensemble des trois opérations [Barkhane, Chammal, Sentinelle] correspond à l’engagement majeur prévu par le Livre blanc de la défense. Mais notre action est davantage guidée par un empilement de réactions que par une véritable stratégie. Quand les djihadistes progressent au Mali, on s’engage au Mali. Quand ils progressent en Irak, on s’engage en Irak... Par conséquent, on est faible partout.»

Charles de Gaulle : Succès du passage au tout Rafale

Mardi, 27 Décembre 2016 09:26

Mer et Marine

14/12/2016

C’était l’un des grands enjeux du déploiement en Méditerranée orientale du Charles de Gaulle, avec une chasse embarquée pour la première fois uniquement constituée de Rafale Marine suite au retrait du service des Super Etendard Modernisés (SEM) l’été dernier. Quinze ans après sa mise en service, en 2001, le porte-avions français a pu opérer dans la configuration pour laquelle il a été conçu. Alors qu’un groupe aérien embarqué (GAE) mixte de 8 SEM et 18 Rafale (nombre record jusque-là) était à bord au cours de la dernière mission Arromanches, de novembre 2015 à mars 2016, il y avait cette fois 24 Rafale à bord, avec en plus deux avions de guet aérien embarqué E-2C Hawkeye et quatre hélicoptères, dont un Caïman Marine, autre nouveauté importante puisque le NH90 français n’avait pas encore été intégré dans le GAE. « C’est la première fois depuis que le Charles de Gaulle est opérationnel que le groupe aérien embarqué est constitué comme cet outil avait été imaginé et pensé. Nous atteignons aujourd’hui la pleine puissance de ce que l’on souhaite faire. Par rapport aux déploiements antérieurs, le delta réside dans la différence très importante des capacités de projection de puissance du Rafale, qui dispose d’un rayon d’action, d’une capacité d’emport et de capteurs bien supérieurs au SEM, tout en étant polyvalent », rappelle le commandant du groupe aérien embarqué (COMGAE), le capitaine de vaisseau Jean.

(© : MARINE NATIONALE)

La possibilité d’embarquer 30 Rafale, voire plus

Le passage au « tout Rafale » constituait un vrai challenge et un certain nombre de mauvaises langues estimaient que le Charles de Gaulle aurait bien du mal à mettre en œuvre et soutenir autant d’avions de ce type. Mais après deux mois et demi d’opérations intensives contre Daech en Irak et en Syrie, le défi a été plus que relevé. « Je n’ai jamais douté du fait que cela puisse marché mais nous l’avons démontré. Avec 24 Rafale, nous avons un système hyper-fluide qui fonctionne très bien », se félicite le commandant du groupe aéronaval. Et le contre-amiral Le Bas, qui rappelle que le Charles de Gaulle a été initialement conçu pour mettre en oeuvre 40 aéronefs, se dit « sûr que nous pouvons monter à 30 Rafale, voire plus ». Un avis partagé par le COMGAE : « 30 avions ça ne me fait absolument pas peur ! », lance-t-il, alors que le commandant du Charles de Gaulle, le CV Malbrunot, est tout aussi confiant : « 30, c’est certain que nous pouvons le faire et je pense que nous pouvons aller au-delà moyennant une organisation adaptée. En tous cas, nous sommes parfaitement à l’aise avec nos 24 Rafale, nos 2 E2-C et notre Caïman ».

A bord du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les marins pensent en fait qu’il serait sans doute possible, le cas échéant, d’embarquer trois flottilles complètes de Rafale, soit 36 avions en tout, et une quarantaine d'aéronefs avec les Hawkeye et hélicoptères. En cas d’engagement dans une crise ou un conflit majeur, cela offrirait une force de frappe considérable, mais il convient aussi de ne pas saturer les installations aéronautiques du porte-avions ou, du moins, de ne pas obérer une certaine souplesse au profit du nombre, d’autant que la polyvalence du Rafale lui permet de remplir tous les profils de missions. « C’est une question de juste équilibre en fonction de l’engagement. Plus d’avions ne signifie d’ailleurs pas forcément plus de vols », commente le COMGAE. « Cela offre la possibilité de mener des raids massifs mais cela apporte surtout plus de souplesse et moins d’urgence, en laissant le temps aux techniciens de mener les interventions nécessaires et de mieux réfléchir à la gestion du parc ». Bien entendu, la perspective de pouvoir si besoin embarquer plus de 30 avions de combat dépend aussi de la capacité de l’aéronautique navale à fournir autant d’appareils. Car les réductions budgétaires ont largement amputé le programme, la Marine nationale ne disposant aujourd’hui que de 42 Rafale, sur les 46 livrés depuis 1999 (les M18, M22, M24 et M25 ont été perdus accidentellement entre 2009 et 2012). On est donc bien loi des 86 initialement prévus et, même si le programme de rénovation des 10 premiers Rafale Marine, livrés au standard F1, s’achèvera l’an prochain, il ne reste plus dans la commande de Rafale en cours que deux avions navalisés, les M47 et M48, qui n’intègreront probablement pas les flottilles avant 2020. Sachant qu’il faut compter avec les périodes de maintenance, l’attrition naturelle au fil des années et que trois Rafale Marine sont mis à disposition de l’escadron de transformation de Saint-Dizier, le parc parait donc clairement sous-dimensionné.

Catapultage de Rafale engagés contre Daech (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Valider les capacités avant l’arrêt technique

En attendant que ce problème soit solutionné, ce qui pourrait être le cas au cours de la prochaine décennie puisque le Charles de Gaulle s’est largement révélé au cours des derniers engagements militaires de la France comme un outil indispensable, la marine fait avec les moyens dont elle dispose. Et déjà, il fallait donc valider le passage au tout Rafale sur le Charles de Gaulle.

Si à bord du porte-avions comme dans les flottilles, on était depuis un bon moment confiant dans la capacité du porte-avions à opérer selon ses spécifications d’origine, il convenait bien entendu de le vérifier. D’où l’intérêt de la mission Arromanches 3, qui n’était pas prévue initialement, le bâtiment devant débuter en septembre son second arrêt technique majeur, doublé d’une refonte. Un chantier titanesque qui l’immobilisera pendant un an et demi et a finalement été repoussé de cinq mois. Ce qui a permis au groupe aéronaval français de mener un déploiement supplémentaire, arrivé à point nommé pour accentuer le soutien aérien aux troupes irakiennes et kurdes engagées contre Daech, en particulier à Mossoul et autour de Raqqa.

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Gérer le même espace avec des avions plus gros

De quoi donc vérifier cette capacité en opération car le Charles de Gaulle, dont la découpe de la première tôle remonte à 1987, a été conçu à une époque où les marins n’avaient pas de retour d’expérience sur le Rafale, en particulier dans le domaine de la maintenance, très différente de celle du SEM. De plus, sans parler du fait que la Marine nationale souhaitait encore au début des années 90 l’achat de F/A-18 américains alors que le porte-avions n’en était qu’au début de sa construction, le passage du Super Etendard au Rafale implique une évolution sensible en termes d’encombrement. Le nouvel avion est, en effet, nettement plus gros que son aîné et c’est un biréacteur, alors que le SEM ne disposait que d’un unique moteur. « Nous avons en gros le même nombre d’avions qu’avant mais l’encombrement n’est pas le même. Le Rafale est plus large et n’a pas comme le Super Etendard des ailes repliables. Il a donc fallu se réapproprier l’espace », explique le capitaine de frégate Benoît, chef du pont d’envol et du hangar. Au PC Pont d'Envol, les chiens jaunes disposent, entre autres, d'un moyen très simple pour gérer le rangement : Les plans des installations sur lesquels sont disposés les profils des avions, à leur emplacement exact à cet instant. Des pastilles de couleurs sont posées sur chaque profil, blanc ou rouge selon la flottille d'appartenance, afin de connaître son état exact (disponibilité, armement, combustible...)

Au PC Pont d'Envol (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Répartition des appareils dans le hangar

Le hangar fut l’un des grands enjeux du passage au « tout Rafale » car c’est là que les équipes techniques des flottilles assurent la maintenance et les réparations des appareils. Desservant le pont d’envol au moyen de deux ascenseurs, ce vaste espace de 3900 m² mesure environ 138 mètres de long pour 29 mètres de large, avec un peu plus de 6 mètres de hauteur sous plafond. Il est organisé en deux demi-hangars pouvant être séparés en déployant une grande cloison pare-feu en cas d’incendie. « Avant, nous séparions les types d’avions. Les SEM, qui nécessitaient plus de travaux sur les cellules, étaient logés dans le hangar arrière alors que les Rafale, immobilisés moins longtemps du fait de leur système de maintenance, étaient mis à l’avant. Aujourd’hui, nous répartissons l’espace entre flottilles de Rafale, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière, et l’on complète avec les Hawkeye et les hélicoptères ».

Le hangar du Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Avec le départ des SEM, tout a en fait commencé par un grand ménage : « On a tout sorti et, une fois les équipements liés au Super Etendard partis, nous avons regardé ce qui servait et ne servait pas avant de tout réorganiser. Pour dégager de la place, nous avons notamment remonté beaucoup de matériel sur les mezzanines qui entourent les hangar, ce qui a libéré des surfaces au sol ».

Une logistique impressionnante

Il faut imaginer que ce hangar, doublé d’ateliers, bancs d’essais, magasins et soutes, c’est un gigantesque garage aéronautique, dans lequel travaillent les équipes techniques des flottilles, déployées avec les avions quand le Charles de Gaulle quitte Toulon. « Nous avons le même soutien qu’à la base et pour effectuer nos missions, qui durent plusieurs mois, nous embarquons un million de pièces de rechange, avec 40.000 références, de la goupille au moteur M88 de Rafale. S’y ajoutent des ravitaillements réguliers, soit par un bâtiment logistique, soit par voie aérienne. Nous avons tous les moyens techniques et les compétences humaines pour entretenir, réparer et régénérer en toute autonomie et dans la durée les appareils et leurs systèmes », détaille le capitaine de frégate Loïs, commandant adjoint Soutien technique aéronautique du porte-avions. « Le passage au tout Rafale est marqué par le fait que ces avions sont plus grands que ne l’étaient les SEM. En gros, deux Rafale prennent la place de trois SEM. Cela impose une certaine gymnastique qui nécessite une bonne organisation pour gérer les priorités au plus juste et, ainsi, ne pas gâcher de place ».

Le hangar @ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Le hangar @ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

Maintenance facilitée

En clair, les avions sont disposés selon les interventions dont ils doivent faire l’objet et le temps que cela prendra. Evidemment, si le Rafale occupe plus de place et qu’il faut un stock de moteurs plus important, le départ du SEM génère des avantages : « Nous avons moins de types de pièces détachées, donc on y gagne, et c’est la même chose pour le matériel de soutien ». De plus, la maintenance du Rafale change radicalement de celle de son aîné : « Le concept d’entretien est différent, c’est de la maintenance en continu avec des aides au diagnostic ». Le nouvel avion est, ainsi, doté d’un système intelligent qui détecte les pannes, y compris des évènements mineurs dont le pilote n’a pas eu connaissance durant sa mission. Lorsque l’avion est de retour sur le Charles de Gaulle, ces données sont analysées et les techniciens, qui ont notamment à leur disposition le banc Mermoz (permettant de tester les systèmes électroniques du Rafale) savent précisément l’état et le potentiel de tous les systèmes ainsi que les interventions à réaliser. Du coup, « les dépannages sont bien plus rapides ».

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

« Cet avion est arrivé à un vrai niveau de maturité »

Avec le départ du SEM et la standardisation Rafale, les équipes techniques des deux flottilles de chasse du GAE, puisqu’elles travaillent sur les mêmes avions, peuvent également s’entraider, ce qui n’empêche pas une réelle émulation entre les marins de la « La Furieuse » 11F et les « Canards » de la 12F, avant que « La Glorieuse » 17F, qui vient d’effectuer sa transformation sur Rafale, embarque à son tour lors de prochains déploiements. Il convient aussi de souligner que le passage au tout Rafale s’appuie maintenant sur une solide expérience puisque l’appareil de Dassault Aviation est en service depuis 2001 dans la Marine nationale. « Nous avons des Rafale depuis 15 ans donc une excellente connaissance de cet avion qui est arrivé à un vrai niveau de maturité. C’est cette parfaite connaissance de la machine, qui en est aujourd’hui à son troisième standard, et l’expertise du personnel, qui permettent de bien l’entretenir, être réactif, connaître le lot précis de pièces détachées à emmener… », explique le COMGAE.

Un taux de disponibilité remarquable

Le CV Jean souligne par ailleurs la disponibilité remarquable des 24 Rafale présents à bord. Après deux mois et demi d’opération, près de 500 sorties et 2700 heures de vol pour les avions du GAE, le taux de disponibilité des Rafale est de 94% et celui des Hawkeye supérieur à 90%. Un niveau à faire pâlir d’envie n’importe quelle force aérienne.

« Avec le Rafale, la maintenance est un vrai atout car elle va vite. C’est un avion fiable, facile à dépanner et qui dispose maintenant d’une maintenance aboutie. Avec lui, il n’y a pas de surprise », renchérit le CF Benoit, qui s’appuie aussi sur cet atout pour maximiser le potentiel des installations aéronautiques.

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MARINE NATIONALE)

Pont d’envol : de multiples configurations testées

La gestion du stockage et des flux d’appareils dans le hangar s’est d’ailleurs doublée d’une autre gymnastique, intimement liée, celle des manœuvres sur le pont d’envol. Là aussi, il a fallu se réorganiser pour gérer au mieux le parking et les mouvements des avions. « Sur le pont, on arrive à tout mettre sans problème particulier. Nous avons testé un maximum de configurations différentes pour voir ce qui marche et ce qui est le plus efficace. On définit des emplacements types autour desquels on va évoluer en fonction des besoins. Il n’y a pas de schéma figé, il faut être novateur et utiliser intelligemment toute la place disponible ». Et le chef des chiens jaunes entend bien poursuivre ses tests jusqu’au retour à Toulon afin d’emmagasiner un maximum d’expérience sur la gestion spatiale du tout Rafale avant l’arrêt technique du porte-avions. « Nous saurons alors exactement combien d’appareils on peut stocker dans le hangar et sur le pont suivant telle ou telle situation et je préciserai les configurations qui me semblent les plus intéressantes. Notre document de référence va donc évoluer avec de nouvelles places de principe ».

13 Rafale en parking avant (© : MARINE NATIONALE)

Un étonnant jeu de « Tetris »

Alors que le hangar peut accueillir une jusqu'à vingtaine d’appareils et que l’ensemble du GAE a été placé sur le pont pour les besoins d’un shooting aérien, ranger les avions dans un espace somme toute très réduit s’apparente souvent à un vrai jeu de « Tetris », surtout dans le hangar, où les Rafale, de forme triangulaire, peuvent être entreposés tête-bêche les uns contre les autres. Et sur le pont d’envol aussi, il y a parfois des configurations étonnantes. « Nous avons notamment beaucoup travaillé sur les retours de pontées, en testant des pontées massives de 20 Rafale avec pour objectif de voir comment optimiser l’espace sur le pont d’envol. Nous avons entre autres validé la possibilité de mettre 13 avions en parking avant, tout en laissant libres la piste oblique et la catapulte latérale », précise le commandant du porte-avions, qui salue « le travail remarquable effectué en symbiose par les équipes techniques et de pont d’envol ».

Le commandant Malbrunot (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le déploiement a par ailleurs permis de valider la logistique en termes d’armement, sachant que le Rafale offre une capacité d'emport doublée par rapport au SEM (10 tonnes au lieu de 5). « Les capacités des soutes correspondent bien à ce qui avait été anticipé lors de la conception du porte-avions », estime le CF Loïs. Bombes de 250 kilos, armements air-sol modulaires (AASM), missiles de croisière Scalp EG et autres missiles air-air-Mica ont défilé depuis septembre sur le pont d’envol afin d’être fixés sur les Rafale. S’y ajoutent d’autres systèmes, comme le pod de désignation d’objectifs Damoclès, la nacelle de reconnaissance RECO NG ou les équipements permettant à certains avions d'assurer la fonction de « nounou », c'est-à-dire le ravitaillement en vol d'autres appareils. « Le système et les équipes sont parfaitement rôdés, tout s’est déroulé sans problème. On avait déjà le savoir-faire du Rafale et, même si nous avons plus d’avions de ce type à bord et que leur capacité d’emport est nettement supérieure à celle des SEM, nous gardons les mêmes méthodes et le même fonctionnement parce que cela marche », souligne le chef du pont d’envol et du hangar, qui note que cette petite révolution capacitaire s’est finalement déroulée de manière fluide. « Nous avions l’expérience et nous nous y étions largement préparés. Au final, il ne nous aura guère fallu plus de 15 jours pour nous approprier ce nouvel environnement ».

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

@ MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La reprise de 2018 en ligne de mire

Un challenge réussi sur la base duquel la Marine nationale peut maintenant préparer sereinement l’arrêt technique majeur de son porte-avions. Un chantier qui verra notamment les installations aéronautiques modifiées, ce qui facilitera l'accueil d'un nombre plus conséquent de Rafale. Les locaux seront aussi définitivement adaptés à cet avion et à ses prochaines évolutions dans le cadre du standard F3R, qui comprend par exemple le nouveau missile de supériorité aérienne Meteor, prévu pour entrer en service en 2018.

Grâce à la mission Arromanches 3, quand les marins reprendront en main leur bâtiment, qui doit réintégrer la flotte mi-2018, la remontée en puissance dans cette nouvelle configuration sera facilitée par toute l’expérience engrangée ces derniers mois. Pour le pacha du Charles de Gaulle : « Cela a été très important de pouvoir faire ce déploiement avant l’arrêt technique car nous avons pu apprivoiser le fonctionnement avec une GAE constitué uniquement de Rafale. Cela nous permet de pouvoir préparer au mieux la reprise de 2018, en ayant fait bien plus que dégrossir le travail ».

(© : MARINE NATIONALE)

EcoDef N° 86

Mardi, 27 Décembre 2016 08:37

Doctrine N° 7

Mardi, 27 Décembre 2016 04:53

Des principes de la guerre : conférences faites à l'École supérieure de guerre par le lieutenant-colonel d'artillerie F. Foch. 1903.

Mardi, 27 Décembre 2016 03:46

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Bonne lecture.

Aux tirailleurs sénégalais, la France reconnaissante 50 ans après

Samedi, 24 Décembre 2016 12:55
Le Point.fr
Publié le 24/12/2016

De la boue d'Indochine aux nuits froides du djebel algérien, il s'est battu sous le drapeau bleu-blanc-rouge. Cinquante ans après, cet ancien tirailleur sénégalais recevra bientôt la nationalité française. "Mieux vaut tard que jamais", sourit Yoro Diao, 88 ans.

Après des années de bataille administrative, cette reconnaissance à laquelle il "ne croyait plus" a été solennellement promise cette semaine par le président François Hollande.

"C'est une injustice qui est réparée. Au Sénégal tout le monde en parle et aussi à Bamako, à Abidjan...", se félicite M. Diao, une barrette de décorations colorées épinglée sur sa veste grise.

Cet homme mince est le doyen d'un petit groupe d'anciens combattants sénégalais qui viennent de quitter un foyer vétuste pour s'installer dans un local neuf à Bondy, au nord de Paris.

Des anciens tirailleurs sénégalais, le 22 décembre 2016 à Bondy, près de Paris © BERTRAND GUAY AFP
Des anciens tirailleurs sénégalais, le 22 décembre 2016 à Bondy, près de Paris © BERTRAND GUAY AFP

Certains portent une calotte traditionnelle, tous ont sorti cravate et costume pour célébrer la nouvelle, même s'"il ne faut pas danser avant que le tam-tam n'arrive", plaisante l'un d'eux.

Agés de 77 à 88 ans, ils appartiennent à la "dernière génération" d'une longue lignée de combattants africains engagés volontaires ou enrôlés d'autorité dans les rangs de l'armée française. Ils ont été de tous les combats du conflit de 1870 contre la Prusse à la guerre d'Algérie achevée en 1962.

Si les premiers régiments ont été formés au Sénégal, ces "tirailleurs sénégalais" à la célèbre chéchia rouge étaient originaires de toutes les colonies françaises, de l'Afrique de l'ouest et du centre, jusqu'à Madagascar.

"On sait qu'ils étaient plus de 200.000 hommes lors de la Première guerre mondiale, 150.000 pour la Seconde, 60.000 en Indochine?", explique l'historien Julien Fargettas auteur d'un ouvrage consacré à ces "soldats noirs".

Le président François Hollande et son homologue sénégalais Macky Sall, le 20 décembre 2016 à l'Elysée, à Paris © ALAIN JOCARD POOL/AFP/Archives
Le président François Hollande et son homologue sénégalais Macky Sall, le 20 décembre 2016 à l'Elysée, à Paris © ALAIN JOCARD POOL/AFP/Archives

Engagé volontaire en 1951, Yoro Diao a servi en Indochine puis en Algérie. Il montre quelques photos jaunies tirées d'une enveloppe kraft. "C'était plus dur en Indochine. On tombait souvent dans des embuscades, j'ai perdu beaucoup de camarades, des Blancs, des Noirs".

Longtemps sous-payés, cantonnés à des grades subalternes, les soldats "indigènes" ont obtenu l'égalité des soldes en 1947 puis la possibilité de grimper sans frein dans la hiérarchie.

- 'Tests de français' -

Démobilisés, ces anciens combattants sont rentrés faire leur vie dans leur pays natal après l'indépendance, sans penser que la France, leur "deuxième patrie", pourrait leur tourner le dos.

Pourtant, en 1959, Paris gèle leurs pensions d'anciens combattants. C'est pour les tirailleurs le début d'une nouvelle guerre de tranchées, contre l'administration française.

Ousmane Sagna (L) et Guorgui M' Bodji (R), anciens tirailleurs sénégalais, et Aissata Seck (c), adjointe au maire socialiste de Bondy, en charge des anciens combattants, le 22 décembre 2016 à Bondy, près de Paris © BERTRAND GUAY AFP
Ousmane Sagna (L) et Guorgui M' Bodji (R), anciens tirailleurs sénégalais, et Aissata Seck (c), adjointe au maire socialiste de Bondy, en charge des anciens combattants, le 22 décembre 2016 à Bondy, près de Paris © BERTRAND GUAY AFP

De haute lutte, ils obtiennent le déblocage de leur pension en 2006. Comme leurs frères d'armes français, ils touchent désormais 336 euros tous les six mois.

Pour le symbole et une plus grande sécurité matérielle, ceux qui vivent en France réclament l'octroi de la nationalité. On les renvoie de ministère en préfecture. On leur demande de fournir les actes de naissance de leurs parents - souvent inexistants -, de passer un test de français.

"Humiliant", tranche Aïssata Seck, adjointe au maire socialiste de Bondy en charge des anciens combattants. "On ne leur a pas demandé de passer tous ces tests quand on les a envoyés au front".

Petite-fille d'un tirailleur sénégalais, cette élue de 36 ans a décidé de lancer une pétition après avoir constaté que les démarches individuelles restaient vaines. "A Bondy, il y a eu 33 demandes, un seul a été naturalisé, après trois ans de procédure", souligne-t-elle.

Lancé sur internet la veille des commémorations du 11 novembre 1918, le texte a recueilli plus de 60.000 signatures en quinze jours, dont celles des comédiens Omar Sy et Jamel Debbouze. Et la situation s'est débloquée.

Contactée par le gouvernement, Assaïta Seck a reçu mercredi une lettre de François Hollande. Elle a rendez-vous tous les mois au ministère de l'Intérieur pour suivre les dossiers qu'elle reçoit de toute la France. "Moins de 1.000" vétérans seraient concernés.

"Bien sûr que c'est tard" mais désormais "c'est officiel, on ne peut pas revenir en arrière", se réjouit-elle. "Du baume au coeur", conclut M. Diao.

24/12/2016 09:52:37 - Bondy (AFP) - © 2016 AFP

La France aurait pu être la troisième puissance militaire mondiale, à moindre coût... mais finalement non.

La voie de l'épée

mercredi 21 décembre 2016

Il est singulier de constater que ceux qui réclamaient une riposte immédiate et foudroyante en Syrie en 2013 et qui sont aujourd'hui sur le devant de la scène pour demander la destruction de Daesh sont les mêmes qui militaient vingt ans plus tôt pour toucher les « dividendes de la paix ». Le personnel politique français ne se renouvelant que très lentement, il peut arriver ainsi que l’on en vienne à être rattrapé par les effets à long terme des causes que l’on a défendu en son temps.

Le fait est que sans cet empressement à baisser la garde à la fin de la guerre froide et en considérant que l’on ait maintenu le même effort de défense qu’à l’époque, on aurait investi un ordre de grandeur de 200 milliards d’euros (de 2014) supplémentaires dans notre outil de défense, dont environ 80 milliards en investissements industriels et technologiques. Le budget s’élèverait aujourd’hui à environ 56 milliards d’euros au lieu de 31,4 et si les contribuables français faisaient le même effort que les contribuables américains ce budget avoisinerait même les 80 milliards d’euros. Nous serions déjà plus puissants militairement que la Russie. Notons qu'alors que le budget de la défense diminuait légèrement en valeur absolu, les autres dépenses de l'Etat s'accroissaient d'environ 80 %.

Cet effort maintenu aurait eu évidemment un impact économique. Une somme de 200 milliards d’euros représente environ 10 % du déficit public actuel. En fait, ces 200 milliards et surtout les 80 milliards d’achats industriels auraient occasionné aussi un accroissement de richesses, consolidé notre industrie et à l’instar des Etats-Unis largement stimulé une recherche-développement irriguant l’ensemble du tissu économique. Plus de 200 000 emplois dans les armées et l’industrie de défense (dont on rappellera qu’elle est peu délocalisable) auraient été maintenus. Ces emplois se seraient même sans doute accrus.

L’exemple américain est également là pour démonter qu’on exporte beaucoup plus facilement lorsque la puissance militaire permet de créer des alliances. Au bilan, les retombées fiscales directes de l’industrie de défense et indirectes partout ailleurs dans l’économie aurait largement réduit ce coût bien en dessous des 10 %. Il n'est pas impossible même que l'exercice ait été bénéficiaire pour le budget de l'Etat. Cela avait réussi à l'économie de l'Allemagne nazie (à nos dépens), au 3e New deal de Roosevelt (à notre profit indirect, surtout à partir de 1942), à l'économie américaine des années 1980 et sans doute aussi des années 2000 avant l'engagement en Irak, cela profite actuellement à l'industrie russe mais pas à nous.

En interne au ministère de la défense, on aurait aussi évité toutes ces mesures d’économie à court terme qui finissent par devenir coûteuses à long terme et provoquer une forme lente d’implosion : report et réduction de commandes qui aboutissent parfois au bout du compte à avoir moins d’équipements que prévu mais pour un total plus cher (frégate FREMM ou véhicule VBCI), maintien en condition d’équipements anciens maintenus plus longtemps que prévu, regroupement des véhicules terrestres en parcs aboutissant au désintérêt des utilisateurs occasionnels et donc à une casse et des accidents accrus, mise en place d’un soutien de type « Second Empire » avec les mêmes résultats qu’à l’époque, etc. Nous sommes, depuis plusieurs années déjà, dans une situation où les capacités se réduisent beaucoup plus vite que le budget.

Surtout, ce financement aurait permis d’absorber largement tous les grands programmes de recapitalisation des années 1980 en les adaptant évidemment au contexte actuel. Nous aurions peut-être déjà deux porte-avions et de nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque, l’avion Rafale équiperait presque complètement nos escadrons, nous aurions sans doute renouvelé notre flotte de ravitailleurs en vol et de transport, nos troupes au sol, enfin, ne pourraient plus être confondues avec celles de l’opération Daguet en 1991. Avec un système félin plus avancé et nos engins Scorpion, notre infanterie, pour ne citer qu’elle, serait la mieux équipée du monde. Nous aurions enfin eu suffisamment de moyens pour explorer les voies nouvelles comme les drones, la robotique ou le cyber et y être en pointe (avec encore les fois de nombreuses retombées industrielles) plutôt qu’à la traîne. Non seulement nos équipements seraient plus modernes mais ils seraient d’autant plus nombreux que la disponibilité technique serait sans doute plus élevée. Surtout, il n'aurait pas été nécessaire de réduire nos effectifs de 80 000 hommes et femmes en dix ans. On aurait peut-être même pu les accroître. Avec les emplois industriels déjà évoqués, c'est peut-être 400 000 postes de travail de plus qui existeraient aujourd'hui.

Le plus important est que politiquement nous disposerions d’un outil de projection de forces puissant, second seulement de celui des Etats-Unis et sans leurs contraintes institutionnelles. Nous ne serions pas obsédés par l’idée de « peser dans une coalition » puisque nous n’aurions pas besoin de coalition. Nous ne serions pas condamnés à mener des guerres minuscules. Nous serions capables de vaincre des adversaires bien supérieurs en volume et en puissance aux 3 000 combattants que nous avons affrontés au Mali, nous aurions pu (avec moins d'intrusion politique) mieux assurer notre mission en Kapisa-Surobi, nous serions intervenus seuls en Libye s’il avait fallu (et non simplement représenter 20 % des frappes), nous aurions pu porter nous-mêmes nos troupes au Mali, nous aurions été capables si nous l'avions voulu de lancer une campagne de frappes sur la Syrie sans avoir à attendre une décision américaine, nous aurions été capables d'envoyer les effectifs suffisant en Centrafrique pour y assurer une vraie mission de stabilisation, nous ne représenterions pas enfin 3 % des frappes contre l'Etat islamique après avoir tant occupé l'espace diplomatique. Bref, nous serions encore une puissance indépendante et respectée, la 3e au lieu de la 8e en termes de budget de défense, pour un effort finalement modeste voire même profitable économiquement.

Au lieu de cela, on préfère encore réduire les moyens de notre outil militaire, en réduisant ouvertement le budget de défense ou, plus discrètement, en mentant sur des recettes exceptionnelles qui ne viendront jamais. On sous-budgétise le coût anticipé des opérations extérieures et on prend ensuite une partie de la différence dans les investissements des armées. On aboutit ainsi à ce paradoxe que chaque opération, même réussie, réduit nos capacités et qu'à force de victoires, on tende à disparaître. Pour un coût équivalent à cette ponction, on préfère supprimer le jour de carence des fonctionnaires.

Il est temps de savoir si nous voulons toujours être une puissance. Si tel est le cas, il n'y a pas d'autre solution que de revenir sur la spirale de destruction des outils qui permettent de l'être. Dans le cas contraire, autant supprimer tout de suite notre armée avant que tout cela ne devienne définitivement ridicule.

Raizeux Il veut rassembler les Anciens combattants

Samedi, 24 Décembre 2016 12:50

78actu

Publié le : 22/12/2016

Cette année, 17 sections d'Anciens combattants ont disparu sur l'équivalent de l'ancien département de Seine-et-Oise. Une disparition contre laquelle se bat Jacques Dupré, ancien officier.

Jacques Dupré lit chaque année les noms des soldats du village morts en 1914-1918, comme ici à Raizeux le 11 novembre dernier.
Jacques Dupré lit chaque année les noms des soldats du village morts en 1914-1918, comme ici à Raizeux le 11 novembre dernier.

Du haut de ses 69 ans, Jacques Dupré, lieutenant-colonel à la retraite, est le plus jeune membre de l’association des Anciens combattants d’Hermeray et de Raizeux. Une situation qui le désespère. « En 2014, pour la première messe commune il y avait neuf porte-drapeaux représentant chacun un village. Cette année, ils n’étaient plus que six. À ce rythme-là, dans trois ou quatre ans, nous ne serons plus que trois personnes valides à faire marcher cette association, nous ne pouvons pas continuer comme cela », estime cet ancien militaire d’active, trésorier de la section.

Recruter des jeunes

Aujourd’hui, l’association compte quinze adhérents, dont la moyenne d’âge est de 80 ans. « À l’origine et encore aujourd’hui, les Anciens combattants, ce sont à 90 % des appelés d’Algérie. Il faut élargir notre recrutement, nous devons tout d’abord trouver des jeunes. Beaucoup d’habitants de notre région ont fait le Liban, l’Afghanistan ou encore l’Irak. Ce sont des jeunes entre 30 et 50 ans », plaide-t-il avec force.

Jacques Dupré espère aussi « récupérer » les Anciens combattants qui ont adhéré à la section de Rambouillet.

C’est aussi faire appel aux Britanniques qui habitent la région et dont plusieurs aïeux sont enterrés dans les cimetières du Sud-Yvelines. « Chaque année, nous fleurissons les tombes des soldats anglais et canadiens enterrés à Hermeray. J’ai même réussi à convaincre un Anglais de rejoindre notre comité d’organisation des cérémonies. Il va venir chaque année avec son drapeau », se réjouit l’ancien militaire.

Un devoir de mémoire

« L’objectif de notre association, c’est de maintenir le souvenir », rappelle Jacques Dupré. Désespéré par le petit nombre de personnes assistant aux commémorations des deux guerres mondiales, il s’est retroussé les manches pour qu’elles retrouvent un peu de leur superbe dans les deux villages de Raizeux et Hermeray. Depuis 2014 et l’ouverture du centième anniversaire de la Grande Guerre, une messe est organisée dans l’un des villages du regroupement paroissial. « Je lis à cette occasion les noms des soldats du village morts au combat », explique Jacques Dupré. Il a aussi entraîné les enfants des écoles. Cette année, à Hermeray et Raizeux les CM2 ont chanté la Marseillaise et l’Hymne à la joie le 11 novembre. « Du coup, les parents viennent. Et tout le monde est rassemblé autour du monument aux morts », se félicite-t-il. L’ancien officier a également participé à la mise en place d’une exposition sur 14-18, ouverte aux enfants et aussi aux adultes.

Des moments de fraternité que Jacques Dupré espère pérenniser au-delà du centenaire de la Grande Guerre.

78125 Raizeux

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Essai sur la Tactique de l'Infanterie - 1761

La Bataille d'Italie et le Corps Expéditionnaire Français (1943-1944)

Samedi, 24 Décembre 2016 15:31

Commandant Kieffer chef des troupes françaises du débarquement

Dimanche, 25 Décembre 2016 13:24

Bataille de France

Samedi, 24 Décembre 2016 15:27

La Newsletter 16/31 du CEACH

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Faites connaitre le site du CEACH dans vos associations.

Vœux du Président.

Vendredi, 23 Décembre 2016 12:36

Chers Présidente et Présidents,


Je ne suis que l’un d’entre vous et soyez persuadés que je suis attentif à vos idées, à vos actions quand elles sont à la base de notre volonté commune de défendre les buts inscrits dans les statuts du Comité d’Entente des Associations patriotiques et de Combattants de l’Hérault.

Au sein du bureau, nous avons eu à cœur, en 2016, de nous organiser et de mettre en perspective nos idéaux communs pour une nouvelle dynamique. Elle a porté ses fruits et nous avons été heureux d’accueillir 6 nouvelles associations en notre sein et de passer une belle journée de partage lors de notre assemblée plénière à Marseillan le 17 novembre. Nous sommes en ordre de marche.

Tous ensemble, nous pouvons aller de l’avant. Je voudrais que notre message d’union soit entendu du Biterrois1, du Lodévois2 et du Lunellois3 mais aussi qu’il pénètre encore davantage le "Cœur d’Hérault"4 ainsi que les associations de harkis5.

En fait, ce doit être notre action commune, si nous pensons que notre regroupement a un sens pour défendre les valeurs que nous portons tous pour la défense de notre patrie. J’ajouterai que l’un de mes plus grand regrets est relatif au silence du Président de la Fédération de l’Hérault des Médaillés militaires. Moi fils de sous-officier, médaillé militaire, mort pour la France, je suis devant une énigme. Alors si je peux recevoir une explication de mon ami Paul Battut, membre honoraire du CEACH au titre des Médaillés militaires de l’Hérault, je suis preneur.

Nous pourrions formuler un autre souhait : prendre l’habitude de mieux communiquer. Comment ? Via le site ou en adressant au Secrétaire et à moi-même votre document (invitation à un évènement ou une communication) qui sera répercuté.

Ce sont là mes vœux pour le CEACH en 2017 et je souhaite à chacune et chacun d’entre vous et aux adhérent(e)s que vous représentez une bonne et heureuse année que je concrétise en joignant la carte de vœux de l’ANOCR à ses associations sœurs.

Amicalement.

Claude Gradit

Président du CEACH
Président ANOCR 34


(1) Nous comptons sur Yves COLIN (président de l’AASSDN) pour finaliser notre rapprochement avec notre ami Camille TORQUEBIAU, président du Comité d’Entente des Associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre de Béziers

(2) Nous comptons sur Christian GUÉGAN (président de l’Amicale des Anciens d’Outre-Mer et Anciens Combattants des Troupes de Marine pour introduire le CEACH auprès des associations qu’il a côtoyées à et autour de Lodève

(3) Nous comptons sur Jean-Marie GONZALEZ, notre trésorier, pour nous mettre en contact avec le Comité d’Entente de Lunel

(4) Nous comptons sur Francis PIGEAUD, Robert BAYLE et Gérard GIMENO pour renforcer notre présence entre Sète et Agde.
(5) Nous comptons sur Charles JANIER, président de l’ASAF et secrétaire général du CEACH, pour mieux porter notre message, avec l’aide de Rabah BENSAÏDI, président de l’APAH, à nos camarades harkis.

Images de Nà Sàn

Pour le plaisir... “En avant la musique”

Services secrets français - Joséphine s'en va-t-en guerre

Le Point.fr

Publié le 23/12/2016

Au 2e Bureau ou au service de la France libre, la danseuse mène une drôle de revue pour laquelle elle recevra les honneurs militaires.

Par Bruno Fuligni

Double jeu. En 1940, pour mieux dissimuler ses activités, Joséphine Baker (à dr.), titulaire d’un brevet de pilote, rejoint les infirmières pilotes secouristes de l’air.

Qu'elle franchisse la frontière espagnole, séjourne au Portugal, parte en tournée en Amérique latine ou au Maroc, Joséphine Baker éblouit tous ceux qui l'accueillent et qu'elle honore d'un sourire étincelant. Qui prêterait attention au petit homme moustachu, binoclard, insignifiant qui porte ses bagages et lui tient lieu de secrétaire ? Diplomates et douaniers n'ont d'yeux que pour la star, qui leur soumet en même temps son passeport et celui de son factotum : les deux sont tamponnés d'un même mouvement, sans qu'on se préoccupe de ce Jacques-François Hébert dont l'état civil même semble d'u...

Article réservé aux abonnés

Les espions à Paris. 1922

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Vœux de l'UNP 34

Voeux de l'AALESSE

L'AALESSE VOUS SOUHAITE UN JOYEUX NOËL, DE BONNES FÊTES DE FIN D’ANNÉE

ET VOUS INVITE LE 13 JANVIER A 19H00 EN LA MAISON DES ANCIENS COMBATTANTS

POUR LA GALETTE DES ROIS A L'OCCASION DES VŒUX DU PRÉSIDENT.

Noël 2016

Les guerres décisives de l'histoire. 1933

En plein feu... Documents vécus réunis pour l'histoire.

Vendredi, 23 Décembre 2016 18:04

Tome 1 - 1914

Tome 2 - 1914

Tome 3 - 1914

Tome 4 - 1914

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Défense : le chef des armées réclame un effort budgétaire

Mercredi, 21 Décembre 2016 12:12


21 décembre 2016

Le chef d'état major des armées monte en première ligne pour demander un effort budgétaire supplémentaire afin de faire face aux menaces alors que l'outil militaire atteint ses limites

Alors que 20 000 soldats sont déployés 24 heures sur 24 dans des opérations extérieures et en France pour combattre le terrorisme, le général Pierre de Villiers, chef d'état- major de l'armée française, plaide pour un effort budgétaire en matière de défense en soulignant qu' «on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre».

Le projet de budget de la Défense pour 2017 s'élève à 32,7 milliards d'euros, soit 1,77% du produit intérieur brut (PIB), ce qui marque une stabilité par rapport à 2016. Si la France s'est engagée à le porter à 2% du PIB d'ici 2025 dans le cadre de l'Otan, le patron des armées demande, dans un entretien au quotidien Les Echos, d'accélérer le mouvement. Il s'agit, selon lui, de «rester capable d'assurer, dans la durée, la protection de la France et des Français face au spectre complet des menaces.»

Même s'il souligne la «fin de la tendance baissière des trente-cinq dernières années» en rendant hommage au «volontarisme» de Jean-Yves le Drian, le général estime que, «désormais, pour les armées, cet effort doit se traduire par une hausse progressive du budget de la défense pour rejoindre la cible de 2% du PIB, avant la fin du prochain quinquennat.» Le général Pierre de Villiers voudrait atteindre un budget de 41 milliards en 2020.

Pour 2017, Jean-Yves Le Drian a déjà obtenu une rallonge de 600 millions, mais il faudra trouver encore 2,2 milliards supplémentaires en 2018 et 2019. La décision de François Hollande après les attentats du 13 novembre, avec le maintien de 10 000 postes maintenus et redéployés d'ici à 2019, a pour effet d'entraîner un surcroît de dépenses estimé à 1,2 milliard pour les salaires et à 800 millions pour l'équipement des soldats et les munitions.

Dans cet environnement, le général Pierre de Villiers rend hommage aux militaires. «Nos trois armées n'ont jamais cessé d'être aptes à intervenir dans chacun des cinq milieux que sont la terre, la mer, l'air, le cyber et l'espace. Elles n'ont déserté aucun des champs d'affrontement tout en s'adaptant, en temps réel, au nouveau continuum entre défense extérieure et sécurité intérieure. Elles ont toujours assumé la totalité de leurs responsabilités internationales. Cette réalité atteste de la pertinence de notre modèle complet d'armée, tel qu'il a été pensé. Le modèle est bon ; mais il fut taillé au plus juste», souligne-t-il dans les Echos.

Un matériel à renouveler

Cette demande d'un renfort budgétaire doit, selon le chef des armées, servir à poursuivre trois objectifs: «Il faut pouvoir récupérer des capacités auxquelles il avait fallu renoncer temporairement, pour des raisons budgétaires, à un moment où le contexte sécuritaire était différent. Demain, si rien n'est fait, ces impasses affecteront sérieusement la conduite des opérations. C'est le cas, par exemple, des patrouilleurs hauturiers nécessaires à la surveillance des côtes ; c'est, également, le cas des avions ravitailleurs et des avions de transport qui permettent d'agir dans la profondeur ; il en va de même pour les véhicules blindés qui connaissent un vieillissement accéléré. Ce ne sont là que des exemples parmi d'autres.»

En outre, le général demande «d'aligner les contrats opérationnels sur la réalité des capacités que nous engageons en opération : hommes, équipements, logistique, munitions... Ces contrats sont, désormais, très en deçà de l'engagement réel et actuel de nos forces. Cette situation de distorsion est commune à nos trois armées. Elle n'est pas tenable dans un contexte de dégradation durable de la sécurité et ne pourra être résolue par une réponse exclusivement fondée sur le « tout-technologique ».

Enfin, le troisième objectif est d'assurer «l'indispensable crédibilité de la dissuasion nucléaire par le renouvellement de ses deux composantes, océanique et aérienne. Pour être soutenable, l'effort doit être lissé sur les quinze prochaines années ; il en va de la cohérence de notre défense au moment du retour des Etats puissances. Différer cette décision acterait, en réalité, un véritable renoncement.»

Pour le général de Villiers, cet effort n'est pas à fond perdu. «Il faut le rappeler, avec la logique économique : 1 euro investi dans la défense représente deux euros de retombées pour l'économie nationale avec des effets de levier extrêmement puissants en matière de recherche et de développement, d'aménagement du territoire, d'emploi, d'exportations et, in fine, de compétitivité.»

Projet de loi de finance 2017. Les gagnants et les perdants du nouveau budget


Évolutions en % et budget en milliards d'euros

PLF 2017

Évolution 2016 - 2017

Budget de la défense : Valls et Peillon acquiescent à l’appel du général de Villiers

Mercredi, 21 Décembre 2016 11:52

Les Echos

Les Echos Le 21/12

Après la tribune publiée dans "Les Echos" par Pierre de Villiers, l’ex-Premier ministre a jugé sur Europe 1 qu’il fallait "se donner l’objectif" d’atteindre un budget militaire à 2% du PIB en 2025.

Après la tribune du chef d'état-major des armées dans "Les Echos" , Manuel Valls a réagi sur Europe 1 estimant que Pierre de Villiers avait raison de réclamer un "nouvel effort" pour l'armée afin d'atteindre un budget égal à 2% du PIB, contre 1,77% aujourd'hui : "Oui, il faut se donner cet objectif d'atteindre 2% de notre richesse pour notre budget de la défense, c'est-à-dire passer aujourd'hui de 32,7 milliards à un peu plus de 40 milliards", a indiqué l'ex-Premier ministre, candidat à la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle.

Si Pierre de Villiers estime que cet objectif de 2% doit être rejoint "avant la fin du prochain quinquennat", c'est-à-dire 2022, Manuel Valls considère, pour sa part, que cela doit se faire "à l'horizon 2025".

Priorité dans "les années qui viennent"

Pour l'ex-chef du gouvernement, cet effort est nécessaire car il faut, selon lui, se préparer à une "guerre longue" : "Nous l'avons fait en donnant plus de moyens à nos forces de sécurité, à nos services de renseignement, à nos armés." L'effort doit être de "2 milliards tous les ans", affirme Manuel Valls. "Donc cela veut bien dire que notre priorité dans les années qui viennent sera bien la protection des Français."

Le budget de la défense , qui a été augmenté de 600 millions d'euros en 2016 pour être porté à 32 milliards, augmentera encore de 700 millions en 2017. Parallèlement, François Hollande a annoncé qu'il n'y aurait plus de diminution d'effectifs dans la défense jusqu'en 2019.

Peillon veut une discussion avec les Allemands

L'objectif d'un budget à 2% du PIB a également été réaffirmé en juillet lors du sommet de l'Otan à Varsovie . La question, qui a fait l'objet de plusieurs bras de fer entre Bercy et l'hôtel de Brienne au cours du quinquennat dans un contexte budgétaire serré, fait globalement l'objet d'un consensus au sein de la classe politique. Sur RTL, le candidat à la primaire de la gauche, Vincent Peillon, est également allé dans le sens de Pierre de Villiers : "Nous nous sommes effectivement un peu déshabillés sur le plan militaire. Depuis quelques années, il y a un budget militaire en hausse, il faut continuer."

En revanche, il demande à ce que cet effort n'ait pas d'impact sur le déficit. "Nous devons avoir une discussion avec les Allemands pour savoir si nous ne devons pas faire en sorte que les dépenses liées à une défense européenne soient sorties d'une trajectoire de finance publique, et des fameux 3% de déficit."

Hollande: budget militaire suffisant aujourd'hui, à augmenter dans les années qui viennent

Mercredi, 21 Décembre 2016 13:06

21 décembre 2016

François Hollande a souligné mercredi que le budget de la Défense avait été augmenté durant son quinquennat, estimant qu'il était actuellement suffisant même s'il faudrait des "efforts supplémentaires" dans les prochaines années.
Interrogé par des journalistes sur une demande exprimée par le chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers, d'"une hausse progressive du budget de la défense" pour atteindre les 2% du PIB, contre 1,77% actuellement, le président de la République a souligné que "le budget de la défense a déjà été augmenté (...), tout au long du quinquennat".

"La loi de programmation militaire a été révisée à la hausse, aucune loi de programmation militaire sous la Ve République n'avait été révisée à la hausse", a ajouté M. Hollande dans la cour de l'Elysée à la suite du Conseil des ministres.

"C'est une responsabilité que j'ai prise avec les Premiers ministres successifs, de faire que nos armées puissent être dotées des moyens indispensables pour assurer nos missions à l'extérieur, celles que j'ai moi même décidées pour assurer la protection des Français à l'intérieur, dans l'opération Sentinelle, et faire en sorte que nous puissions avoir une force de dissuasion qui soit crédible", a précisé M. Hollande.

"Nous avons aujourd'hui les ressources nécessaires par rapport à nos objectifs, mais il y aura encore dans les prochaines années à faire des efforts supplémentaires", a-t-il conclu; il s'est ensuite rendu à la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne pour signer un registre de condoléances après l'attentat de Berlin, accompagné du Premier ministre Bernard Cazeneuve, du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir.

Le chef d'état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, plaide mercredi dans Les Echos pour un effort budgétaire accru en matière de défense, soulignant qu'"on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre".

Au surlendemain de l'attentat au camion-bélier qui a fait 12 morts lundi soir à Berlin, le CEMA signe une tribune dans le quotidien économique où il demande "une hausse progressive du budget de la défense" pour atteindre les 2% du PIB, contre 1,77% actuellement.

Il s'agit de "rester capable d'assurer, dans la durée, la protection de la France et des Français face au spectre complet des menaces", écrit-il.

AFP

Un miracle en 1943, pendant la Seconde Guerre Mondiale

En 1943 une collision en vol le 1er février 1943, entre un B17 et un Chasseur allemand au dessus du port de Tunis est devenue l’objet de l’une des plus célèbres photographies de la WWII. Un chasseur ennemi attaquant une formation de 97th Bomb Group perdit le contrôle (probablement avec un pilote blessé) au court de sa descente mortelle contre la partie arrière du fuselage de la forteresse volante nommée « All American » , pilotée par le Ltt Kendrick R. Bragg du 414th Bomb Squadron.

Lorsque le chasseur a percuté, il s’est disloqué mais a laissé des morceaux dans le B17. La partie gauche du plan fixe et l’aileron gauche ont été complètement arrachés.

Les deux moteurs droits étaient HS et l’un de gauche avait une sérieuse fuite à la pompe à huile. La partie de la dérive fixe et la partie mobile ont été endommagées, le fuselage a été pratiquement entièrement sectionné seulement tenu par deux petites parties de la cellule, les radios et les systèmes électrique et oxygène endommagés. Il y avait aussi un trou sur le dessus de plus de 4,80 m de long et 1,20 m de large sur la partie la plus large. La rupture du fuselage allait jusqu’à la tourelle du mitrailleur du haut.
Bien que la queue cabossée se balançait dans le vent relatif, elle se tordait lorsque l’avion tournait et tous les câbles furent sectionnés à l’exception d’un seul qui fonctionnait encore, et l’avion continuait miraculeusement à voler !
Le mitrailleur de queue était pris au piège car il n’y avait plus de plancher reliant la queue du reste de l’avion. Les mitrailleurs du fuselage et de la queue utilisèrent des morceaux du chasseur allemand et leur propre harnais de parachute afin d’éviter que la queue ne se détache et que les deux côtés du fuselage ne se séparent.
Lorsque les trappes de bombardement furent ouvertes, les turbulences furent telles qu’un des mitrailleurs du fuselage fut soufflé dans la partie abîmée de la queue. Cela prit plusieurs minutes à quatre membres de l’équipage de lui passer des suspentes de parachute et de le tracter vers l’avant de l’avion. Quand ils essayèrent de faire la même chose pour le mitrailleur de queue, la queue se mit à battre tellement qu’elle commençait à se détacher. Le poids du mitrailleur de queue ajoutait de la stabilité à la section arrière, aussi il retourna à sa place. Le virage retour vers l’Angleterre dût être fait très lentement pour éviter que la queue ne se détache. Ils parcoururent presque 70 nautiques pour faire le virage retour. Le bombardier était tellement endommagé qu’il perdait de l’altitude et de la vitesse et se retrouvait bientôt seul dans le ciel.
Pendant un bref instant deux autres chasseurs allemands Me-109 attaquèrent le « All American ». En dépit des dommages progressant, tous les mitrailleurs furent capables de répondre à ces attaques et bientôt éconduisirent les chasseurs. Les deux mitrailleurs de fuselage se tenaient debout avec la tête dehors au travers du trou dans la partie supérieure du fuselage pour braquer et tirer avec les mitrailleuses. Le mitrailleur de queue devait tirer de courtes rafales parce que le recul faisait tourner l’avion.
Pendant que l’équipage essayaient que le bombardier ne se déboîte, le pilote continuait sur son « run » et larguait ses bombes sur l’objectif.
Des chasseurs P 51 alliés interceptèrent le « All American » comme il traversait la Manche et prirent une des photos montrées. Ils prévinrent la base par radio en décrivant que l’appendice surfait comme la queue d’un poisson et que l’avion ne pourrait pas se rendre à la base et qu’il fallait envoyer des bateaux pour récupérer l’équipage lorsqu’ils sauteraient.
Les chasseurs restèrent avec la Forteresse, recevant des signaux manuels du LTT Gragg et les relayant à la base. Le Ltt Bragg signala que 5 parachutes et le spare avaient été utilisés, aussi cinq membres d’équipage ne pourraient pas évacuer. Il prit la décision que s’ils ne pouvaient pas évacuer en toute sécurité, il resterait dans l’avion pour le poser.
Deux heures et demie après avoir été percuté, l’avion fit son dernier virage face à la piste alors qu’il était encore à plus de 40 nautiques.
Il descendit pour un atterrissage d’urgence et fit une décélération normale sur son train d’atterrissage.
Ce vieil oiseau a fait son boulot et a ramené l’ensemble de l’équipage sain et sauf à la maison.
Article transmis par Jean-Claude MALINGE (coin’s 623)

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Hommage au commandant Antoine de Saint-Exupéry

Mercredi, 21 Décembre 2016 13:59

Le Petit Prince.com

14 décembre 2016 par Morgane

Le Mardi 13 décembre Antoine de Saint-Exupéry recevait un Hommage National au Panthéon, où une plaque commémorative a été posée. En présence des ministres de la Défense et de la Culture, c’était aussi l’occasion de célébrer les 70 ans de l’édition française du « Petit Prince », l’ouvrage de littérature française le plus lu et le plus traduit dans le monde après la Bible.

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« Humaniste militant » pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ayant à coeur « la volonté d’union » selon la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, la figure de l’écrivain-aviateur Antoine de Saint-Exupéry a été saluée.

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« A l’heure où notre pays doit relever des défis majeurs, l’humanisme d’Antoine de Saint-Exupéry est une ressource plus que jamais nécessaire à notre République », a affirmé Jean-Yves Le Drian alors que sont célébrés les 70 ans du « Petit Prince », le livre français le plus traduit dans le monde.

« Au fil des années, l’oeuvre de Saint-Exupéry est devenue universelle, atteignant toutes les jeunesses du monde et l’engagement exemplaire dont il fit preuve dans son époque demeure une source d’inspiration pour les générations présentes et à venir », a assuré M. Le Drian.

Sa collègue Audrey Azoulay a exalté quant à elle « la volonté d’union » des Français du « commandant-poète ».

« Convaincu de la force de l’art parce qu’il était un grand poète, Antoine de Saint-Exupéry en connaissait aussi la force de rassemblement. Et au-delà même de son expression artistique, son existence entière portait sa volonté d’union », a affirmé la ministre de la Culture.

Elle a mis en avant l’appel lancé par Saint-Exupéry depuis New York en 1942, trois semaines après le débarquement allié en Afrique du Nord: « Français, réconcilions-nous pour servir ».

2016-hommage-au-commandant-st-exupery-pantheon-024

Hommage au commandant Antoine de Saint-Exupéry

UNC AGDE 09 2015

Jeudi, 22 Décembre 2016 03:22

Deeds of heroism and bravery - 1920

Mercredi, 21 Décembre 2016 19:22

Reportage CECAD, 2016.

Jeudi, 22 Décembre 2016 00:52

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