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2018

Deux articles de la LPM défavorables aux blessés et victimes de guerre ?

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http://defense.blogs.lavoixdunord.fr/
09/03/2018

Deux articles (32 et 36) du projet de loi de programmation militaire 2019-2025, actuellement à l'étude à l'Assemblée nationale, font bondir des associations de blessés, notamment Les Gueules cassées (ou l'Union des blessés de la face et de la tête, logo ci-contre). Son vice-président honoraire, le général d'armée (2S) Bertrand de Lapresle, s'insurge : " Il est essentiel que le code des pensions militaires d'invalidité refondu pérennise, au lieu de les affadir, voire de les priver de leur substance, les droits imprescriptibles à reconnaissance et à réparation dus aux sacrifiés de la nation. " Il est soutenu dans sa démarche par le général (2S) Etienne Leclère, président de l'association Qui Ose Gagne des anciens parachutistes troupes de marine et paras-colos, lui-même blessé durant la première guerre du Golfe : " Avec l'accroissement des nos engagements militaires et du nombre de blessés de guerre et de victimes, prendre des mesures qui leur seraient potentiellement défavorables serait injuste et perçu comme tel tant par les intéressés que par la société. "

Le débat est assez technique. L'article 32 va supprimer les 75 juridictions spéciales (constituées chacune d'un magistrat, d'un médecin et d'un pensionné) devant lesquelles se traitaient les désaccords avec l'administration pour les droits à pension, les soins, l'appareillage... Ces juridictions remontaient à la loi Lugol de 1919 ! Elles seront remplacées par des juridictions administratives de droit commun, sans prendre en compte, a priori, les spécificités du droit à réparation et faisant disparaître cent ans de jurisprudence. L'article 36 prône la ratification des ordonnances de la loi d'actualisation de la LPM de 2015. Les plaignants dénoncent " des entorses flagrantes à la règle du droit constant ", ce qui empêche jusqu'ici l'actualisation du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre.

L'avocate spécialisée Véronique de Tienda-Jouhet souhaite le retrait de ces deux articles polémiques, passés inaperçus jusqu'ici : " Ces sujets ne peuvent se trouver ainsi confisqués par l'administration. Les bénéficiaires des droits à pension ne sont pas et ne seront jamais de simples administrés. Ce sont des créanciers de la nation toute entière, unie et s'inclinant devant leur sacrifice. "

Des satellites « sensibles » français approchés par des engins aux intentions parfois « inamicales »

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http://www.opex360.com/
Posté par Laurent Lagneau Le 02-04-2018
 

En mai 2016, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le général Jean-Daniel Testé, alors à la tête du Commandement interarmées de l’espace, révéla qu’un satellite militaire de télécommunications Syracuse [SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE] avait été approché par un « autre objet » dont il ne précisa pas l’origine.

« Mais nous avons la certitude que les Russes, les Chinois et les Américains ont mis au point des systèmes destinés à aller observer et écouter au plus près les systèmes spatiaux d’autres pays, ce qui pose de graves questions en termes de sécurité », avait ensuite expliqué le général Testé.

Moins de deux ans plus tard, son successeur, le général Jean-Pascal Breton, aborda également cette question. « Les stratégies de contestation ou de déni d’accès prennent des formes nouvelles. Outre le développement d’armes à effet dirigé, capables de dégrader les performances de nos moyens, la maîtrise de la technique de rendez-vous dans l’espace permet de venir à proximité de capacités spatiales d’autres pays sur l’ensemble des orbites. Plusieurs de nos satellites ont ainsi été approchés par des objets de type satellites inspecteurs », avait-il dit.

Ces satellites « inspecteurs » se contentent-ils d’observer? Ou bien leur présence cache-t-elle autre chose? Directeur du renseignement militaire (DRM), le général Jean-François Ferlet a donné quelques détails lors de son audition par la commission de la Défense, à l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du projet de loi de Programmation militaire (LPM) 2019-2025. Et, visiblement, la question de l’espace exo-atmosphérique est un enjeu de taille.

Dans ce domaine, le rôle de la DRM est « d’évaluer la menace spatiale à l’encontre de nos intérêts nationaux », les opérations relevant du Commandement interarmées de l’espace. Le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes est quant à lui chargé d’établir la situation spatiale.

« Grâce à des capteurs qui permettent de surveiller assez finement l’espace, nous savons qu’il s’y passe quelque chose. Aujourd’hui, pour vous donner un exemple très concret, des microsatellites gravitent autour de nos satellites les plus sensibles », a expliqué le général Ferlet aux députés. Et ces engins sont potentiellement hostiles. « Nous voyons bien que leur cinématique n’est absolument pas normale et qu’elle est suspecte, voire inamicale, de la part de certains pays », a-t-il en effet ajouté, sans toutefois donner de précision sur lesdits « pays ».

Étant donné que les forces armées sont dépendantes de l’espace, que ce soit pour les transmissions, l’observation, le renseignement et la navigation, rendre inopérants les satellites qu’elles utilisent (destruction physique, dommages sur leur électronique, cyberattaque, etc) aurait évidemment de fâcheuses conséquences sur leurs capacités.

« Les satellites sont vulnérables par nature : il est plus facile de les attaquer que de les défendre, car on ne va pas les blinder – sinon, le coût serait considérable, la mise en orbite se payant au poids », a relevé le général Ferlet. Aussi, a-t-il ajouté, « un des moyens de contournement auxquels nous réfléchissons, comme les Américains, consiste à envoyer des essaims de satellites, beaucoup plus petits et orbitant plus bas, au lieu d’utiliser seulement deux ou trois satellites de taille plus importante pour assurer la même couverture. On obtiendrait un résultat plus résilient car l’ensemble serait plus difficile à neutraliser. »

Les militaires morts en opérations seront cités lors des commémorations du 11 novembre

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http://defense.blogs.lavoixdunord.fr/
22/03/2018
 

Le député LREM du Calvados, Christophe Blanchet, a fait adopter l'amendement 343 mercredi soir durant l'étude de la loi de programmation militaire. Dans l'article 2, après la deuxième phrase de l'alinéa 218, est inséré les deux phrases suivantes :

« À l'occasion de la journée d'hommage à tous les morts pour la France, la liste des militaires morts en opération dans les douze mois précédents sera transmise à chaque commune de France pour que leur nom, leur âge, leur unité, soient énoncés pendant les commémorations du 11 novembre. Le nombre et l'âge de leurs enfants seront également transmis. »

Depuis le 28 février 2012, la date du 11 novembre constitue la « journée d'hommage à tous les morts pour la France » et prévoit qu'un hommage leur soit rendu le même jour. C'est donc la reconnaissance du pays envers tous les morts pour la France, tombés pendant et depuis la Grande Guerre (en particulier en opérations extérieures), qui s'exprimeront chaque 11 novembre. Le texte sera transmis aux communes par les préfets qui tiendront les informations du ministère des Anciens Combattants. L'objectif est de renforcer le lien armée-nation. Depuis 2011, ils étaient uniquement cités par le président de la République lors de la cérémonie de commémoration du 11 novembre à l'Arc de Triomphe.

Le 2e RIMa inaugure une stèle en mémoire de ses morts

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/
02.04.2018

Le Colonel Ianni, chef de corps et le Commandant Verhaeghe, vice-président de l'Amicale des Anciens du 2e RIMa.

21 noms sur une stèle. Samedi, le 2e régiment d'infanterie de marine (RIMa) a inauguré un monument érigé en l'honneur de ses morts, au camp d'Auvours.

Du lieutenant Gerlotto, en 1979, au sergent-chef de réserve cassante en 2017, 21 marsouins du 2e RIMa (Régiment d’infanterie de Marine) sont tombés en service, depuis l’installation du régiment au camp d’Auvours de Champagné, en 1963.

Pour "entretenir la mémoire et le souvenir et pour donner du sens à l’engagement", selon le colonel Ianni, chef de corps, la décision a été prise en 2016 par le 2e RIMa, d’ériger un monument en l'honneur de ses morts. A l'occasion de l’assemblée générale de l’Amicale des anciens du régiment, la stèle a été dévoilée, le 31 mars, en présence de deux anciens combattants de la France libre, de nombreuses autorités militaires et de prédécesseurs du colonel Ianni.

Francis Lecointre : Le soldat XX-XXIème siècle

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https://metamag.fr/
2 avril 2018

CULTURE EN BREF : C’est un livre de poche qu’il faut offrir à ses enfants. C’est plus précisément une compilation réunie par le nouveau chef d’état-major des armées, le général Francis Lecointre : Le soldat XX-XXIe siècle.

Cet ouvrage collectif se présente comme un manuel destiné aux cadres militaires et aux officiers amenés à tenir des postes à responsabilité dans la sphère politico-militaire. Le général Lecointre est rompu à l’exercice car il fut l’un des fondateurs d’Inflexions, la revue de réflexion de l’armée de Terre, en tant que membre de son comité de rédaction. Elle fut créée en 2005 dans un contexte de rupture avec celui de la Guerre froide et de suspension du service national au profit d’une armée professionnelle et fut pendant quelques années la boîte à idées de l’armée de Terre.

De fait alors que les militaires sont remplacés au Ministère comme partout par de hauts fonctionnaires civils et des technocrates issus de l’ENA, les militaires n’ont, en fait, jamais autant écrit, reçu des prix, préfacé, dirigé des collections chez les éditeurs et même enseigné dans des structures civiles comme Sciences po, jusqu’à intervenir dans les médias. Ils viennent même d’être autorisés à participer comme élus aux conseils municipaux des petites villes.

L’ouvrage, introduit par le professeur Jean-Pierre Rioux, présente 24 textes extraits de la revue Inflexions, regroupés en trois grandes parties portant sur le « soldat », le « combat » et le « retour ». Les 17 auteurs sont des militaires : officiers supérieurs et officiers généraux d’active, en retraite ou de 2ème section mais aussi des civils, professeurs d’université ou de Saint-Cyr.

Au sein de ces parties, les textes plongent le lecteur dans les grands thèmes de la spécificité militaire : la formation physique, la bravoure, le courage et les forces morales, le sens des commémorations et des décorations, l’obéissance aux ordres, l’autorité mais aussi une réflexion sur l’ennemi, la mort, le statut du soldat dans la société du XXIe siècle.

Pour le néophyte, ce petit livre peut constituer une première approche du monde militaire et même susciter des vocations. ML.

François Lecointre, Le soldat, XX-XXIe siècle , Gallimard, Folio Histoire, 443 p.

L'Hôtel de la Marine pas encore prêt à appareiller

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https://www.constructioncayola.com/
Par la rédaction, le 30 mars 2018

L'Hôtel de la Marine pas encore prêt à appareiller

Les opérations de curage et de désamiantage continuent sur le chantier de restauration de l’Hôtel de la Marine à Paris. La réouverture au public n’est pas prévue avant début 2020.

Pour mémoire, le Centre des Monuments Nationaux, chargé de la gestion de l’Hôtel de la Marine depuis le départ de l’Etat-major de la Marine en 2015, a donné le feu vert à un important chantier portant sur la restauration et le réaménagement du monument. D’ici 2020, doit voir le jour dans les bâtiments de l’ancien Garde-Meuble de la Couronne un nouvel établissement voué à contribuer au rayonnement parisien.

Les travaux concernent la totalité du monument, qui doit à terme conserver sa cohérence, et se concentrent sur la restauration des façades et de l’ensemble des appartements qui seront restitués au plus proche de leur état au XVIIIe siècle. Les pièces d’appart (galeries, salons, salle à manger, et bureau de l’aile Condorde) seront conservées dans leur état avec des décors remaniés au XIXe siècle.

Pour mener à bien le projet, le groupement Valgo-ATD, attributaires d’un contrat de plus de 5 M€, s’emploient à curer, désamianter et déplomber plus de 17 000 m² du monument. Les équipes font face à des locaux particulièrement exigus et difficiles d’accès et sont contraintes de mener ces travaux complexes en co-activité avec les opérations de restauration extérieure et intérieure.

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame nous a quittés.

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Marc Chassillan : « Dans les guerres actuelles, il y a des chars partout »

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https://www.lopinion.fr/
20 Mars 2018

Ingénieur, spécialiste des blindés, il vient de publier un hors-série de Raids sur les guerres actuelles avec le colonel Pierre Santoni.

Syrie, Irak, Libye, Ukraine et Yémen : deux grands spécialistes des questions militaires publient ensemble un numéro hors-série du magazine Raids entièrement consacré à une analyse des conflits terrestres actuels. Marc Chassillan, aujourd’hui consultant, a longtemps travaillé dans l’industrie et il est l’auteur de nombreuses publications sur les blindés, dont il est un expert international. Son coauteur, le colonel Pierre Santoni, spécialiste de la guerre urbaine, a commandé le Cenzub de l’armée de terre et publié un livre sur ce thème « L’ultime champ de bataille » (Ed Pierre de Taillac, 2016) avec Frédéric Chamaud. Marc Chassillan a bien voulu répondre à nos questions.

Vous venez d’analyser cinq conflits actuels du point de vue de la tactique et du matériel. Quelle est votre principale conclusion ?

On assiste, peu ou prou, à un retour à un mode de combat que l’on pensait dépassé, derrière nous : la manœuvre à l’échelle d’un bataillon, voire de la brigade, d’unités blindées et mécanisées, qui conjugue le feu et la manœuvre. C’est le type de combat conventionnel comme on s’y préparait durant la guerre froide. On l’avait déjà vu à l’œuvre durant les deux guerres contre l’Irak (1991 et 2003), et il a réapparu dans l’Est de l’Ukraine (2014). On l’observe en Syrie, en Irak, au Yémen et de manière plus modeste en Libye. Ces formations blindées mécanisées ne sont d’ailleurs plus l’apanage des seuls gouvernements légaux et on a vu Daech les utiliser dans sa phase de conquête, avec des anciens de l’armée de Saddam.

Quelles leçons les Occidentaux en général, et les Français en particulier, devraient-ils tirer de ces conflits ?

Je vois une prise de conscience en France, quand le général Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre, évoque une remontée vers le haut de spectre ». Ce que nous observons dans ces conflits actuels est à cent lieues de ce que fait l’armée française à Barkhane. Nos forces évoluent dans un confort opératif.

Un confort opératif ?

On peut le définir ainsi :

- nos flux logistiques ne sont pas entravés - si ce n’est par les difficultés du terrain ou quelques attaques IED.

- nos moyens de communications (SIC) ne sont ni brouillés, ni leurrés, ni ne font l’objet d’intrusion.

- aucune menace ne vient du ciel, que ce soit de l’artillerie ou de l’aviation ennemie. Nos soldats ne regardent plus vers le haut ! Si l’on exclut le bombardement de Bouaké, la dernière fois que des soldats français ont été l’objet d’attaques de l’aviation, c’est durant la campagne d’Alsace (1944-45). Quant à l’artillerie, à part quelques tirs de mortiers ou de roquettes, sporadiques et peu précis, le dernier déluge de feu remonte à Dien Bien Phu… C’est le cas de toutes les armées occidentales, sauf les Britanniques aux Malouines.

L’armée américaine est en train de comprendre que ce confort opératif se termine et que nous pourrions assister à une mise en cause extrêmement violente de nos modes d’action. Que se passerait-il en cas de destruction de nos moyens de communication par des attaques cyber ou autres ? Quelle résistance à la guerre électronique ? Et si notre logistique était entravée ? Qu’en est-il de la défense sol-dair des troupes au sol ? Leur vulnérabilité est une vraie question. Et quid de la rusticité de nos matériels ou de ceux du programme Scorpion ? Ce qui nous frappe par exemple c’est que dans les conflits actuels, on observe des bricolages pour protéger et blinder les pneus des véhicules qui ne résistent pas au déluge de feu du champ de bataille…

A feuilleter ce numéro de Raids, on est frappé par le nombre de photos de chars…

En effet, il y a aujourd’hui des chars partout ! Plus ou moins bien utilisés et de toute génération. Et qui changent parfois de mains… On voit encore des vieux T 55 russes, des T 62, des T 72, des M. 60 des M1 Abrams, des Leopard, des Leclerc. Beaucoup de chars donc, mais très peu de combats entre chars, sauf en Ukraine. Dans ces guerres, le char est utilisé comme arme de choc contre l’infanterie ou comme canon d’appui ou d’assaut. On constate que l’emploi et la tactique, plus que la technologie, font la différence. Autre fait notable : l’utilisation de génération d’armement qui s’étalent sur 70 ans. La mitrailleuse de 12,7 remonte aux années trente, la Kalachnikov à 1945, les BM21 ne sont que des Orgues de Staline modernisées. A côté de cela, il y a le Leclerc ou des véhicules MRAP de dernière génération.

Le bricolage des armes semble être une autre constante. Certaines photos sont frappantes : on se croirait dans Mad Max !

Oui, le bricolage est partout, tout est détourné. Ainsi les canons antiaériens sont utilisés pour l’appui au sol. Le véhicule de base reste le « technical », c’est-à-dire un 4x4 américain ou japonais, qui est fiable, versatile, facilement accessible et bon marché. Ils sont adaptés à toutes les sauces. L’une des innovations de ces conflits est la doctrine d’emploi du VBIED, le Vehicle Borne Improvised Explosive Device), c’est-à-dire le véhicule piégé. Il n’est plus seulement utilisé pour commettre des attentats, mais comme une sorte de missile téléguidé dont la télécommande est un candidat au suicide. Daech les a utilisés par centaines, en particulier à Mossoul, pour détruire des points d’appui ou ouvrir des brèches. A défaut d’aviation, le VBIED est devenu la bombe guidée de Daech.

Qu’en est-il de la technologie des armes réellement employées ?

Ces conflits sont longs, ce sont des guerres d’usure. La première qualité du matériel est l’endurance, la robustesse et la rusticité. Et le besoin d’un faible soutien logistique. Le char américain M1 Abrams est le contre-exemple : il consomme 2 000 litres de gasoil pour 300 km. Et les composants de sa mobilité (train de roulement, moteur) sont réputés fragiles. Personne n’est donc capable d’en assurer le MCO et les M1 irakiens capturés par Daech ont été détruits comme trophées. Alors qu’avec un vieux T55, en deux heures, quatre paysans sont capables de l’utiliser ! On devrait donc sérieusement réfléchir à l’emploi de vieux matériels, comme celui des Russes. Ils sont très efficaces quand on les emploie bien. Ainsi les T55 de Daesh ont été utilisés plus efficacement que les M1 Abrams saoudiens au Yémen. Avec une petite couche de modernisme (des bons postes radios et des systèmes de vision nocturne), les engins rustiques pourraient souvent suffire pour ce qu’il y à faire. Un autre trait saillant est l’usage immodéré des missiles antichars et pas seulement contre les blindés. Grâce à la protection que la distance garantit, on tire sur tout, des murs, des snipers, etc.

Les guerres que vous décrivez ne voient plus des Etats s’affronter. Qu’en est-il ?

En effet. Il n’est pas facile de savoir qui est l’ennemi. Des alliances entre groupes se nouent, puis se dénouent. Pensons aussi au recours au mercenariat : des Colombiens sont recrutés par les Emirats pour se battre au Yémen. Les Kurdes du PYD ont eu des snipers serbes, mais aussi des volontaires occidentaux, etc. Sur le terrain, l’identification de l’ennemi est devenue très problématique. Songeons à ce qui se passe au Sahel : quelle différence entre un berger peul et un combattant du Macina ? Ajoutons que les groupes qui ne possèdent pas de force aérienne on apprit à se dissimuler, grâce au camouflage, aux caches, à la déception, au leurrage, afin d’échapper aux frappes. L’essentiel des combats a d’ailleurs lieu en zone urbaine, les zones ouvertes servant à la manœuvre et aux mouvements. Les villes sont non seulement un enjeu politique, mais aussi un lieu où il est plus facile de se dissimuler.

Même si ce ne sont plus des Etats qui s’affrontent, nous n’en sommes plus aux guérillas. On observe une montée en gamme de l’armement. Prenons les Houthis au Yémen : ils sont capables de tirer des missiles balistiques sur l’Arabie saoudite et même des missiles de croisière… Pour les Occidentaux, cela pourrait être une surprise stratégique extrêmement préoccupante.

Armées : « le temps des sacrifices » est révolu (Parly devant l'Assemblée)

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https://www.cbanque.com/
Publié le mardi 20 mars 2018

 
La ministre des Armées Florence Parly a clamé mardi devant les députés que « le temps des sacrifices » était révolu pour la Défense, avec le projet de loi de programmation militaire 2019-2025, ripostant aux critiques « des grincheux et des amnésiques ».

« Le temps des sacrifices est révolu » et « le renouveau de nos Armées commence », a vanté la ministre en ouverture de trois jours de débats dans l'hémicycle sur ce texte prévoyant que la France consacrera 295 milliards d'euros à sa défense sur ces sept ans.

Avec ce projet pour « réparer et préparer », « la Nation tout entière va investir massivement dans les armées, avec des moyens financiers mais aussi humains -notamment pour le renseignement et la lutte dans l'espace cyber- » pour « être capable d'agir rapidement sur tous les terrains » et « disposer d'un modèle d'armée moderne, complet et équilibré », selon Mme Parly.

Cette programmation, « solide, fondée sur des moyens sincères, pose les fondements d'un outil de défense trop souvent devenu la variable d'ajustement des décennies passées », a encore plaidé la ministre, néanmoins convaincue que cela ne fera « pas taire les vociférations de la troupe des grincheux et des amnésiques » dans une allusion aux critiques notamment des LR.

Outre la modernisation d'équipements à bout de souffle alors que l'armée reste engagée sur de nombreux fronts au Sahel (opération Barkhane), au Levant (Chammal), au Liban (Finul) ou sur le territoire national (Sentinelle), l'objectif de la LPM est aussi de « se placer à hauteur d'homme » via une série de mesures pour l'amélioration du « quotidien du soldat », a-t-elle réaffirmé.

Et de glisser que, « depuis des années, les coupes budgétaires opérées par les gouvernements successifs portaient systématiquement sur les petits équipements, signe d'une mesquinerie comptable inacceptable ».

Aux détracteurs faisant « comme si la question du surcoût des Opex (ndlr, Opérations extérieures) n'était pas tranchée », elle a assuré qu'il était « inscrit noir sur blanc que les surcoûts éventuels seront financés en interministériel ». Quant à ceux qui s'alarment d'une amputation de la programmation militaire pour financer le service national universel, la ministre a souligné qu'Emmanuel Macron a été « très explicite » et répété que « le SNU fera l'objet d'un financement ad hoc ».

Cheyenne Carron : « La Légion est une institution d’exception ! »

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http://www.bvoltaire.fr/
 

Mercredi dernier sortait le dernier film de Cheyenne Carron, Jeunesse aux cœurs ardents. Ce film, qui raconte la relation entre un jeune en quête d’idéal et un ancien combattant, veut rendre hommage à nos anciens combattants d’Indochine, d’Algérie, à nos soldats de façon générale et, plus particulièrement, à la Légion étrangère. Au micro de Boulevard Voltaire, Cheyenne Carron.

On peut voir ce très beau film actuellement à Paris au cinéma Le Balzac ou bien en le commandant directement en cliquant ici.

Vous sortez votre onzième réalisation, Jeunesse aux coeurs ardents.
Comment est né ce projet ?

J’avais envie de parler de la Légion depuis très longtemps. La Légion évoque des souvenirs de mon adolescence, de ma jeunesse et d’un idéal que j’avais quand j’avais 16, 17 ans.
Arrivée à Paris, je me suis engagée sur d’autres films. J’ai atterri un jour dans l’immeuble de Pierre Schoendoerffer et j’ai découvert son cinéma. Un jour, je me suis dit que le temps était venu de faire ce film. Il rend hommage aux soldats en général, et aux anciens combattants de la guerre d’Indochine et d’Algérie en particulier et parle d’un engagement dans la Légion étrangère.

Votre film parle de la relation entre un jeune en quête d’idéal et un ancien combattant.
Vous dîtes dans le film : « sans héros, la jeunesse est condamnée à mourir de froid ».
L’époque est-elle favorable aux héros
?

Je pense que la jeunesse est en quête d’idéaux. Si on fait l’effort d’aller fouiller dans le passé, nous avons une Histoire militaire et plus largement une Histoire des hommes en Europe assez exceptionnelle. Elle peut servir de socle et de support d’inspiration pour beaucoup de jeunes, mais le relais n’est pas toujours fait à l’école ou dans les médias. On nous parle peu de nos héros. Même dans le domaine du cinéma, peu de films mettent en avant les héros de notre Histoire. Prenons l’exemple des Cadets de Saumur ou la bataille de Camerone, pour revenir à la Légion. Il n’y a pas de film sur ces sujets. Il y aurait pourtant beaucoup à faire.
Même s’il est difficile de parler pour toute une jeunesse, je pense que cette jeunesse peut se transcender, se fortifier et s’exalter si on lui permet d’entrevoir des héros qui ont marqué l’Histoire et auxquelles ils peuvent s’identifier.
En France, les héros ne manquent pas.

La Légion étrangère est-elle une belle source d’héroïsme pour la jeunesse ?

La Légion, c’est l’héroïsme, bien sûr. C’est les batailles gagnées ou perdues avec panache. Mais ce n’est pas que cela, c’est aussi des valeurs, un code d’honneur, un idéal de solidarité entre hommes, une tenue face au monde et dans le combat. La Légion est une institution d’exception.
Il n’y a pas que le mythe. Il en faut évidemment pour pouvoir se transformer et avoir les modèles, mais c’est aussi une réalité.

Comment avez-vous réussi à convaincre les véritables anciens combattants de devenir acteurs dans votre film ?

Plutôt que d’être acteurs, je dirais qu’ils ont plutôt incarné leur propre rôle au service d’une histoire que je racontais.
Cela s’est fait assez naturellement. J’ai d’abord rencontré des responsables d’associations d’anciens combattants, notamment le Général Pinard Legry de l’association l’ASAF et la fédération Maginot, Les gueules cassées, etc.
J’avais déjà des films a montré qui parlaient de mon cinéma pour les mettre en confiance.
Ayant le soutien de la Légion étrangère, c’était beaucoup plus simple.
Parce qu’ils ont cru en mon projet, ces hommes m’ont soutenu et m’ont ouvert les portes de leurs connaissances. Le Général Pinard Legry m’a en particulier beaucoup soutenue tout au long du film. Il m’a permis de rencontrer des anciens.
À chaque fois, je leur racontais mes motivations et l’histoire de ce film.
Dès lors, je pense au Général Gausserès, patron de la FSALE. C’est un homme remarquable qui m’a ouvert beaucoup de portes. Il m’a ramené beaucoup d’anciens de la Légion, car il savait que le film allait leur rendre hommage. Ils ont donc accepté de travailler avec moi. Bosser avec eux a été formidable pour moi.

Où peut-on voir votre film ?

Pour ceux qui vivent à Paris et qui souhaitent le voir en salle, il est projeté au Balzac.
Il est vrai que faire du cinéma hors système me ferme beaucoup de salles en France.
En revanche, ils peuvent l’acheter sur mon site.

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