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2017

Loi Sauvadet: la Défense épinglée, comme prévu, et à l'amende

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/
29.12.2017

Selon Le Monde, les ministères de la Justice et des Armées vont être sanctionnés pour ne pas avoir respecté la loi Sauvadet sur la parité. L'amende pour le MinArm est de 120 000 euros.

Depuis le 1er janvier 2013, la Sauvadet impose un taux minimum de personne de chaque sexe parmi les personnes nommées pour la première fois aux principaux emplois de l’encadrement supérieur et dirigeant de l’État, des collectivités territoriales et de la fonction publique hospitalière. Ce dispositif conçu de manière progressive prévoyait une montée en charge qui s’est achevée le 1er janvier 2017 en portant le taux à 40 %.

Or le MinArm n'atteint pas ce taux.

C'est ce que reconnaissait en juin dernier Anne Sophie Avé, directrice des ressources humaines et haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes au ministère de la Défense, dans un entretien à Acteurs publics. Elle anticipait déjà l'amende.

Extraits de l'entretien:
Le ministère de la Défense atteindra-t-il les 40 % de primonominations féminines à des postes d’encadrement supérieur en 2017, comme le veut la loi Sauvadet ?
D’abord, je voudrais rappeler que le ministère de la Défense compte un peu plus de 20 % de femmes parmi ses personnels, 15,5 % dans ses effectifs militaires et 37,7 % dans ses personnels civils. Ensuite, l’objectif de 40 % ne prend en compte que les premières nominations, pour un même groupe d’emploi. Autrement dit, même quand une femme passe d’un poste de direction à un autre de même niveau, cela n’est pas comptabilisé. Les années précédentes, nous avons atteint tous les seuils fixés. Et même dépassé les objectifs en 2015, avec 32 % ! Nous sommes aujourd’hui à 26 % de femmes dans les postes d’encadrement, dont seulement 19 % de “primonommées”.
Vous faites les frais d’un vivier trop limité…
Le vrai sujet, c’est la proportion de candidates par rapport à la proportion de femmes nommées : pour 19 % de candidates, il y a 26 % de femmes finalement nommées. Pourquoi ? Parce que le comité d’audition choisit les meilleures, sur des critères de compétences, et il s’est trouvé qu’en 2016, c’étaient un peu plus souvent des femmes. Nos grilles d’entretien n’évaluent que les compétences et nous ne sélectionnons que sur ces critères ; ces chiffres prouvent que cela ne défavorise pas les femmes, au contraire.
La défense devra donc payer de lourdes amendes en 2017…
Nous appliquons les règles. Le cœur de métier du ministère de la Défense, c’est d’abord d’assurer la sécurité des Français, y compris sur le territoire français. La question de la “parité” ne vient pas intuitivement à l’esprit comme première dans notre ministère. Et pourtant, il est considéré comme exemplaire en la matière. Il est l’un des premiers à avoir produit une feuille de route sur l’égalité ; il a mis en place un haut fonctionnaire à l’égalité avant même que ce ne soit obligatoire. Depuis 2016, cette fonction est même confiée au DRH, preuve que l’égalité fait partie intégrante de la politique RH.

Déclaration d’inutilité aux besoins des armées et de déclassement du domaine public de l’immeuble dénommé « Hôtel des états-majors » situé à Montpellier (Hérault).

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L’œil du Scorpion

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https://www.ttu.fr/
19 décembre 2017
 

Une fois n’est pas coutume, le 1er décembre dernier, une délégation de l’ambassade des Etats-Unis, menée par le lieutenant-colonel Naylor de l’US Army, a été reçue à la DGA pour acquérir un équipement baptisé Antarès, réalisé par l’entité optronique de Thales, TOSA.

Conçu il y a dix ans dans le cadre d’un projet personnel d’un ingénieur, et remarqué par un ancien de l’Onera, J.-C. Fontanella, le projet Antarès cherchait à proposer une solution alternative et low cost aux systèmes de protection des blindés utilisant plusieurs caméras disposées autour du véhicule, mais surtout une régie vidéo pour en assurer le dispatching auprès de l’équipage.

Antarès n’utilise, lui, qu’un seul capteur, mais une lentille spéciale permet de filmer l’environnement du blindé sur 360° avec une résolution de 5 mégapixels. Un petit logiciel adresse ensuite en temps réel les champs de vision nécessaires à la mission du pilote, de l’artilleur et du chef de char.

Légère, plug and play, adaptable à tous types de plateformes, offrant la vision de nuit, cette solution trop avant-gardiste n’avait pas retenu l’attention et sombre peu à peu dans l’oubli. C’est alors que le bouche à oreille prend le relais. D’abord avec le général Gomard, qui en parle à la STAT, puis avec l’Onera, qui pousse à son tour le sujet auprès de la DGA. Au final, et à la demande des opérationnels, Antarès intègre l’offre Thales pour le programme Scorpion. Il sera ensuite présenté à la délégation militaire américaine et à Donald Trump en personne lors du défilé du 14-Juillet dernier.

En dehors d’une longue liste de questions techniques, le lieutenant-colonel Naylor a refusé de s’exprimer sur la quantité et la nature des plateformes qui pourraient accueillir Antarès. Mais l’US Army cherche depuis plusieurs mois une solution pour renforcer la protection des 5 000 véhicules blindés Stryker vulnérables en combat urbain et dans les scénarios de guerre hybride.

D’ailleurs le système MCRWS de Kongsberg, qui commande la tourelle et le canon de 30 mm des Stryker, offre un bus d’entrée/sortie compatible avec Antarès. Mais surtout un millier de ces véhicules seraient destinés à évoluer vers des plateformes autonomes entièrement robotisées, pour lesquelles la vision sur 360° en temps réel est un pré-requis indispensable.

Après les ventes record de caméras Sophie sur les chars T-90 russes, c’est sans doute une nouvelle success story qui s’annonce pour TOSA.

Comment est perçue l’Ecole Polytechnique par ses étudiants ? Réponse avec Sacha Izadi, élève au sein de la fameuse « X ».

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http://www.vousnousils.fr/
19 décembre 2017
 

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Après un baccalauréat scientifique au Lycée Louis le Grand à Paris, j’ai suivi deux ans de classes préparatoires PCSI (physique chimie Sciences de l’ingénieur) puis PC* (Physique Chimie) toujours à Louis le Grand – ce qui correspond à l’une des voies des fameuses Math Sup / Maths Spé. Puis j’ai passé les concours d’entrée aux grandes écoles, notamment ceux de l’École Polytechnique que j’ai intégrée il y a un peu plus de deux ans.

Comment se déroule le cursus au sein de l’École Polytechnique ?

La formation à l’ « X » repose sur un vaste socle d’enseignements scientifiques (avec un fort accent mis sur les mathématiques), auxquels s’ajoutent une formation humaine et militaire de haute volée et qui fait la spécificité de cette École. Le cycle ingénieur polytechnicien se déroule en 4 ans. La première année débute par un stage de formation humaine et militaire : avec une formation militaire initiale au camp de La Courtine dans le Creuse (marche au pas, chant, sorties sur le terrain, parcours d’obstacles, tir au Famas, etc), puis un stage de 6 mois dans les armées ou dans un organisme civil d’intérêt public. C’est un moment fort dans la scolarité à l’Ecole qui nous fait découvrir de nouveaux horizons et crée une incroyable cohésion au sein d’une promotion. Puis nous rentrons sur le campus de Palaiseau au printemps, nous rejoignons alors nos sections sportives et nous suivons tous les mêmes cours du « tronc commun ». Une grande partie d’entre nous défile par la suite sur les Champs Elysées le 14 juillet.
En deuxième année nous pouvons choisir nos cours parmi un large panel comprenant maths fondamentales, maths appliquées, physique, mécanique, économie, informatique, biologie, chimie, humanités, management … et où la multidisciplinarité est fortement valorisée. Nous poursuivons les entraînements sportifs commencés l’année passée, et nous suivons également des cours de langues. Nous passons ensuite la majeure partie de l’été en stage en entreprise.
En troisième année nous nous spécialisons davantage et rejoignons un « parcours d’approfondissement » dans l’un des départements de l’Ecole . En mars, nous quittons définitivement le campus et partons en stage de recherche (en laboratoire ou en entreprise) pour 4 à 5 mois.
Enfin la 4ème année se fait dans une autre école ou dans une université, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Personnellement, j’ai suivi la formation militaire initiale à la Courtine, puis j’ai effectué mon stage militaire auprès des ingénieurs de l’armement spécialisés en parachutage à Toulouse. J’ai ensuite rejoint Palaiseau dans la section Boxe de l’Ecole, puis j’ai suivi les cours du tronc commun, avant d’avoir l’honneur de défiler le 14 juillet. En deuxième année j’ai suivi des cours très variés en maths appliquées, informatique, économie, physique, mécanique et d’excellents cours de philosophie, et j’ai effectué mon stage de 2ème année chez le leader du e-commerce en Afrique. Pour ma 3ème année j’ai rejoint le double diplôme X-HEC Data Science for Business du département de maths appliquées, et je ferai ma 4ème année dans la majeure Digital d’HEC.

Pouvez-vous nous décrire une semaine type de travail à Polytechnique ?

Cela dépend d’où vous vous placez dans le cursus, une semaine à La Courtine est bien évidemment différente d’une semaine à Palaiseau, et même sur le campus les semaines se ressemblent assez peu. De manière très schématique une semaine en 2ème année :

– lundi matin : entraînement sportif, cours de langue

– lundi après-midi : cours en amphi

– mardi matin : entraînement sportif, TD sur les cours vus la veille

– mardi après-midi : cours en amphis, cours de langue

– mercredi matin : TD sur les cours vus la veille

– les mercredi après-midi sont banalisés pour pouvoir effectuer des travaux de recherche en groupe (le PSC : projet scientifique commun)

– jeudi matin : cours d’humanités et sciences sociales

– jeudi après-midi : entraînement sportif

– vendredi : cours/TP en laboratoire ou… weekend !

Ceci est pour la partie cours, mais au quotidien il y a une incroyable diversité d’activités extra-scolaires qui sont organisées le soir et l’après-midi : à l’« X » il y a plus d’une centaine d’associations étudiantes qui sont extrêmement actives dans l’Ecole. J’ai généralement eu des soirées bien remplies.

Comment gérez-vous la charge de travail au quotidien ?

Les années en classe préparatoire nous ont appris à devoir appréhender une grande charge de travail dans un temps imparti, nous continuons donc sur la même lancée à l’École Polytechnique.

Quels conseils donneriez-vous à des élèves souhaitant intégrer Polytechnique ?

Peu importe la filière (classes prépa, filière universitaire, voies internationales), je dirais qu’il faut s’avoir s’accrocher dans la préparation d’un concours reconnu pour être extrêmement exigeant. Il n’y a pas de formule miracle, mais un travail attentif, rigoureux et régulier est un facteur clé de succès. Il faut aussi prendre soin de se ménager des moments de repos et de détente pour profiter de la vie.

Participez-vous à des activités extra-scolaires (sport, culture, association d’étudiants…) ?

Comme je le disais la vie associative à l’X est extrêmement riche et variée, il y a plus d’une centaine de « binets » (argot polytechnicien signifiant « association ») pour tous les goûts (festivités, arts et culture, science et technologie, politique et débats, gastronomie, sport, humanitaire et social …). Personnellement j’étais dans plusieurs de ces binets : je suis parti en mission humanitaire pendant 1 mois en Bolivie dans le cadre de Mission Potosi (une association humanitaire de l’ESSEC qui a une antenne à l’X), j’étais dans l’équipe organisatrice du TEDx de Polytechnique (les conférences TED sont des conférences généralement atypiques, et organisées un peu partout dans le monde), et j’étais surtout membre de la Kès qui est le BDE (Bureau des élèves) de l’Ecole. C’est véritablement à travers la Kès et aux côté de mes 15 autres camarades kessiers, que je me suis engagé dans la vie associative de l’Ecole, mes missions étaient très variées : rôle de représentant des élèves auprès de l’Administration de l’Ecole, animateur sur les réseaux sociaux des élèves, et organisation d’événements divers et variés (soirées, spectacles, périodes d’incorporation …). Une chose est sûre : cela a été une expérience inoubliable, riche en émotion, et j’y ai tissé de très belles amitiés.

Internet : la Russie peut couper la connexion en France à tout moment

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http://www.phonandroid.com/
Par Alexandre Schmid, 19/12/2017
 

La Russie peut couper internet en France et dans les pays de l’OTAN quand elle le souhaite, prévient le chef d’État-Major des armées britanniques. Des navires et sous-marins russes sillonnent l’océan Atlantique et ont été plusieurs fois aperçus à proximité des câbles reliant les États-Unis et l’Europe.

internet france

Internet mis en danger par la Russie ? Le Kremlin a la possibilité de couper la connexion en France et dans les pays de l’OTAN à tout moment, assure Stuart Peach, le chef d’État-Major des armées britanniques. Navires et sous-marins russes ont été repérés en train de roder autour des câbles de l’océan Atlantique, qui permet les communications entre les États-Unis et l’Europe mais aussi avec le reste du globe : 97% des communications mondiales sont effectuées par ce biais, indique le thinktank Policy Exchange.

La connexion internet en France menacée par la Russie ?

« Il y a un nouveau risque pour notre prospérité et notre mode de vie », estime Peach. « La coupure ou destruction de ces câbles causerait immédiatement et catastrophiquement une fracture pour le commerce international et internet », explique-t-il. Chaque jour, ce sont 10 trillions de dollars (1018) de transaction financières qui sont transmises à travers ces câbles.

D’après un rapport du député conservateur britannique Rishi Sunak, le risque est réel car la Russie a déjà utilisé pareille méthode. Quand le pays a annexé la Crimée en 2013, il a commencé par couper le câble principal qui reliait la province ukrainienne au reste du monde. Inquiétant alors que les renseignements américains ont fait part « d’opération agressives » de sous-marins russes près des câbles de l’Atlantique.

Le Guardian émet l’hypothèse que la Russie n’a pas l’intention de s’attaquer directement aux câbles, mais qu’elle cherche plutôt à collecter des données et intercepter des communications, comme ce qu’ont pu faire les États-Unis et le Royaume-Uni pendant longtemps. La Russie est accusée depuis plusieurs années d’avoir investi dans de l’équipement de « cyberguerre » en plus du matériel militaire plus traditionnel.

Une nouvelle épée de Damoclès plane sur le budget des Armées et les ambitions stratégiques de la France

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Posté par Laurent Lagneau Le 18-12-2017

Il y a des sujets autrement plus importants qu’un séjour présidentiel au château de Chambord qui mériteraient de faire l’objet d’une polémique… Ainsi en est-il, par exemple, des 700 millions d’euros du budget des armées encore gelés par le ministère de l’Action et des Comptes publics, ou encore de l’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques (LPFP) pour les années 2018-2022, examiné par les députés le 15 décembre au soir.

L’un des premiers à avoir mis en garde contre les conséquences potentiellement dévastatrices de ce texte pour les Armées est le député (LR) François Cornut-Gentille. Lors de son intervention en commission élargie, lors de l’examen des crédits de la mission « Défense » pour 2018, le parlementaire avait interpellé Mme le ministre des Armées, Florence Parly, sur ce point.

« L’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques gèle le reste à payer pour les années à venir au montant de celui de 2017 soit environ 100 milliards pour l’Etat, dont 50 milliards pour le ministère des armées dont 35 milliards pour le seul programme 146 [équipement des forces, ndlr]. Dans ces conditions, la modernisation des équipements militaires au cœur de la prochaine loi de programmation militaire risque d’être sérieusement mise à mal. En effet, les équipements militaires obéissent à une logique pluriannuelle incompatible avec le couperet » de ce texte, avait prévenu M. Cornut-Gentille.

« La stricte mise en œuvre de l’article 14 ne risque-t-elle pas d’entraîner le retour des fameuses sociétés de projet ou d’autres types d’achat en leasing, au final plus coûteux que l’acquisition patrimoniale? », s’était en outre inquiété le député de la Haute-Marne.

Interrogée, plus tard, sur cet article 14 par les sénateurs, Mme Parly avait admis que « s’il devait devait être appliqué de manière unilatérale au seul ministère des Armées, ce serait évidemment un frein majeur à la modernisation des équipements. » Et d’assurer qu’elle serait « extrêmement attentive à ce que ne soit pas le cas et que la capacité d’engagement du ministère dont les programmes d’équipement s’étalent sur un grand nombre d’années soit préservée. »

Seulement, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ne l’entend pas de cette oreille. Si les sénateurs ont exclu le ministère des Armées de cet article 14, le gouvernement a en effet soumis au vote l’amendement n°45 pour rétablir ce texte dans sa version initiale.

« Cet article vise avant tout à assurer une meilleure transparence et information du Parlement. Il concerne l’ensemble du budget général de l’État et ne cible aucune mission en particulier. Exclure les investissements du ministère des armées (sauf la mission ‘Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation’) aurait par conséquent peu de sens », est-il avancé dans cet amendement. Peu de sens, vraiment?

Poids lourd de la majorité et président de la commission de la Défense, le député Jean-Jacques Bridey a croisé le fer quand cet amendement a été discuté dans l’Hémicycle, le 15 décembre.

Sans remettre en cause l’objectif de contenir la hausse des « restes à payer », M. Bridey a toutefois fait remarquer que le mécanisme imaginé pour les limiter « fait cependant peser plusieurs risques sur la prochaine loi de programmation militaire. »

Parmi ces risques, le président de la commission de la Défense a cité une gestion plus difficile « des aléas inhérents aux programmes d’armement », un « effet de ciseaux » et un « plafonnement des restes à payer, qui pourrait inciter à recourir à des stratégies de contournement », avec le retour possible des « sociétés de projets envisagées dès 2015 pour s’exonérer des contraintes budgétaires ».

S’agissant plus particulièrement de « l’effet de ciseaux », M. Bridey a rappelé que, selon la volonté du gouvernement, il « suffirait que les autorisations d’engagement d’autres ministères soient couvertes par des crédits de paiement pour redonner des marges de manœuvre au ministère des armées. » Or, a-t-il demandé, « est-il bien raisonnable de soumettre la programmation de la défense nationale à la rigueur d’autres ministères, ou de prendre par exemple le risque d’une remise en cause très rapide de ce plafond s’il se révélait intenable? »

Enfin, le député a souligné un risque « plus paradoxal ». Alors que cet article 14 est « vendu » comme étant un élément de bonne gestion, « le plafonnement trop rigide des restes à payer pourrait empêcher la réalisation d’économies d’échelle dans le cadre de commandes globales », a-t-il dit.

« L’amendement du gouvernement présente donc un risque sérieux de remise en question de nos ambitions stratégiques telles qu’elles ont été élaborées de manière consensuelle dans la récente revue stratégique et telles que nous aurons à les traduire prochainement lors de nos débats sur la programmation militaire », a ensuite conclu Jean-Jacques Bridey.

Mais ses arguments n’ont pas été entendus… et l’article 14 a été rétabli dans sa version initiale. Ce qui a fait réagir le député Cornut-Gentille. « Cinglant camouflet infligé cette nuit par Bercy au ministère des Armées via la loi de programmation des finances publiques : la majorité LREM a privé la future loi de programmation militaire de tout levier budgétaire », a-t-il dénoncé via Twitter.

« En intégrant la Défense dans le plafonnement des restes à payer, Bercy prive Florence Pary de la capacité à lancer de nouveaux programmes pour moderniser les équipements de la Marine nationae, de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air. On comprend mieux la priorité donnée au MCO [Maintien en condition opérationnelle, ndlr] », a encore ironisé le député de la Haute-Marne.

Avec la coupe de 850 millions d’euros faite cet été dans le programme 146 « Équipements des Forces », les 700 millions d’euros encore gelés (et qui concernent le même programme) et l’adoption de cet article 14 de la LPFP, cela fait beaucoup en si peu de temps pour le ministère des Armées, que l’on croyait pourtant prioritaire.

Ministère des Armées : une flotte de terrain

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par Manon Lamoureux - 18 décembre 2017
 
En pleine restructuration de sa flotte depuis le retour à la propriété en 2014, le ministère des Armées doit faire face à de nombreux défis dont le verdissement et l’optimisation du parc des 14 500 véhicules de la gamme commerciale. Avec un impératif opérationnel incontournable : répondre avant tout aux besoins des armées sur le terrain.

Ministère des Armées - Véhicule sentinelle

Véhicule sentinelle (c) Ministère des Armées

Au sein du ministère des Armées, il existe trois grands univers demandeurs de véhicules : les armées, la direction générale de l’armement et le secrétariat général pour l’administration. C’est à ce dernier univers qu’appartient la sous-direction des transports du service parisien de soutien de l’administration centrale, avec à sa tête Christophe Chamoux, sous-directeur des transports.

« La fonction transport est éclatée entre plusieurs acteurs : nous qui achetons, maintenons les véhicules et donnons des directives ; le service du commissariat des armées qui reçoit ensuite ces véhicules, les gère au quotidien et les met à disposition des armées sur le territoire ; et enfin les utilisateurs qui les conduisent », explique Christophe Chamoux.

Garder le sens des réalités

Ce fonctionnement comporte toutefois des exceptions : le service de Christophe Chamoux gère en propre la flotte de véhicules de fonction et le parc de l’administration centrale de Paris (véhicules du cabinet du ministre, des directions, etc.). « Cela évite de perdre le sens des réalités : nous sommes confrontés au quotidien aux problèmes rencontrés par les équipes en local, ce qui légitime nos directives », pointe sa collaboratrice Angélique Pluta, chef du bureau des véhicules de la gamme commerciale. C’est justement sur cette gamme que se portent les regards afin de définir le format de parc le plus adapté pour le ministère.La gamme commerciale compte 14 500 véhicules, un chiffre stable en légère décroissance. À l’origine, tous ces véhicules étaient en LOA dans le cadre d’un marché conclu en 2006 avec GE Fleet Services. « Ce marché avait pour but de recenser exactement le nombre de véhicules, de définir un format de parc et de diminuer les coûts, relate Christophe Chamoux. Mais surtout, il permettait de réaffecter les personnels employés à la fonction de gestion de flotte vers leur cœur de métier : les armes. » En juillet 2014, le ministère est revenu à la pleine propriété et a racheté près de 14 000 véhicules sur les 15 000 en location, tout en optant pour une maintenance externalisée.
 
Ces deux évolutions faisaient partie des orientations données par les circulaires du 16 février 2015 et du 20 avril 2017. Cette dernière a été pensée et mise en œuvre par la direction des achats de l’État dont dépend la mission interministérielle du parc automobile de l’État (Mipa). Le texte liste dix axes de progrès, avec pour objectif une économie de 150 millions d’euros sur trois ans (voir l’encadré ci-dessous).

Les 10 commandements de la circulaire du 20 avril 2017

1. Le recours à l’achat mutualisé auprès de l’Ugap demeure la seule règle d’acquisition des véhicules de l’État et des établissements publics. L’achat de VO est interdit. Le recours à la LLD reste proscrit sauf pour les véhicules hybrides et électriques.

2. Tout véhicule des services de l’État et des établissements publics, hors véhicule opérationnel, doit impérativement recourir au prestataire de gestion de l’entretien et de la maintenance de l’Ugap.

3. La mise en vente des VP est systématiquement effectuée au bout de 120 000 km parcourus, et au plus tard dans le courant de leur septième année (sauf les modèles électriques et hybrides, et les moyens et grands utilitaires).

4. La fiscalisation de l’avantage en nature résultant de la mise à disposition d’un véhicule administratif doit être systématiquement appliquée.

5. Le recours aux véhicules à faibles émissions doit représenter un minimum de 50 % des acquisitions annuelles lors du renouvellement des parcs.

6. Le principe de mutualisation doit permettre de réduire la taille du parc d’au moins 15 % d’ici 2020, en référence à la situation de parc déclaré au titre de l’année 2015.

7. Chaque ministère et établissement public disposant d’un parc de plus de 100 véhicules autres qu’électriques, doit piloter un plan d’actions visant à réduire ses dépenses de carburant (en prix et en volume) d’au moins 15 % d’ici à la fin 2020.

8. Les services de l’État et les établissements publics ont obligatoirement recours au marché d’assurance de l’Ugap pour assurer« au tiers » l’ensemble de leurs véhicules.

9. Les achats du dernier trimestre doivent être limités à 25 % des commandes annuelles de véhicules.

10. Les gestionnaires de flotte seront les acteurs majeurs de la mutualisation des actes de gestion (achats, approvisionnements, etc.) des parcs automobiles et des usages à l’échelon territorial.

LOA ou propriété : quelles économies ?

En dépit de ces deux expériences de la LOA et de la propriété, il reste difficile de les confronter. Les véhicules entrent dans leur dixième année : les dépenses de maintenance ne sont donc pas du tout les mêmes que durant le marché en LOA. « Nous ne sommes pas encore en mesure de trancher en coût complet entre ce que coûtait la LOA, c’est-à-dire des voitures louées avec la maintenance incluse, et ce que coûtent des voitures achetés avec la maintenance externalisée », juge Christophe Chamoux.

Pour comparer, le ministère a pris le problème différemment : « Nous comparons combien nous coûterait une gestion en LLD aujourd’hui par rapport à la pleine propriété, segment par segment, résume Angélique Pluta. Ce travail de comparaison est en cours d’approfondissement ».

Compte tenu de la contrainte budgétaire, le ministère n’exclut a priori aucune solution de gestion, avec si besoin un dialogue avec la direction des achats de l’État qui a posé le principe d’une acquisition des véhicules en pleine propriété. En effet, depuis quelques années, l’État est de plus en plus impliqué dans la gestion de flotte de l’ensemble des ministères : « Nous avons un acheteur unique, l’Ugap, des directives sur les modèles avec des plafonds de prix extrêmement fermes, et des marchés uniques de maintenance et de carburant », décrit Christophe Chamoux.

La loi de transition énergétique, relayée par la circulaire du 20 avril 2017, impose en parallèle l’achat de 50 % de véhicules à faibles émissions à chaque renouvellement de parc pour tous les services de l’État (voir l’encadré ci-dessus).

Diversifier les motorisations

Pour le ministère, cette obligation de verdissement n’est pas simple : nombre de ses véhicules servent à des missions opérationnelles, y compris dans la gamme commerciale, et en sont donc largement exemptés. Il en va pareillement avec les vignettes Crit’Air : tous les véhicules du ministère ont accès aux zones à circulation restreinte.

« La priorité reste de remplir les missions, c’est la raison d’être du ministère, argumente Christophe Chamoux. Mais nous avons concilié ce respect absolu de l’opérationnel avec un début de diversification. Nous avions au départ un parc exclusivement diesel, alimenté par les stocks de carburant des armées. Depuis 2014, nous avons acheté des véhicules essence, électriques et hybrides. »

La flotte roule actuellement à 85 % au diesel contre 100 % sous le marché de GE, avec une prise en compte de la diversité des usages. Le diesel concerne certains véhicules qui parcourent de nombreux kilomètres, en particulier lors des trajets entre les bases de défense, des inspections de site ou des transports d’équipes avec leur paquetage. D’autres servent uniquement aux trajets administratifs courts pour lesquels l’électrique correspond bien. Et des usages très spécifiques, tel le transport intensif en véhicules 9 places, n’offrent pas d’alternative au diesel.

« Nous essayons de trouver pour chaque usage le type de véhicule et la motorisation qui correspondent le mieux et qui sont les plus rentables, tout en essayant de maximiser la polyvalence de l’ensemble des véhicules, expose Angélique Pluta. En sachant que le transport est une fonction très sensible pour les armées, et que notre rôle est de répondre au plus près à leurs besoins. »

Dans sa flotte de 14 500 véhicules de service, le ministère des Armées possède 60 % d’utilitaires avec pour certains des usages très spécifiques comme le transport intensif par le biais de véhicules 9 places.

Les petits trajets en électrique ou en hybride

Si la part de l’électrique dépasse tout juste les 3 % du parc du ministère, elle représente tout de même 450 véhicules. « Nous avons 317 Kangoo Z.E. grand volume avec cabine approfondie : ils servent pour les réparations, le transport de petits colis et l’entretien des infrastructures. Et nous possédons 133 Zoé, majoritairement des véhicules de service destinés aux parcours de petit rayon, urbains et périurbains », détaille Angélique Pluta. Bien que la majorité des VE ait été livrée fin 2016, le ministère a déjà installé 500 bornes de recharge dans l’ensemble de ses emprises sur le territoire.

« Pour l’instant, ce déploiement est en pause, le temps que nous voyions comment tout se met en place, commente Christophe Chamoux. L’installation de bornes a un coût important : plus de 1,7 million d’euros ont été dépensés en 2016. Il faut donc beaucoup rouler avec les VE pour compenser. Si on sait bien les utiliser, cela peut être rentable. Mais comme toute chose, si on l’utilise mal, cela sera moins intéressant. Nous n’avons pas encore le recul sur ce point. » Sans compter la nécessaire acculturation des armées au mode d’emploi des VE : « Quand il faut recharger toute la nuit ou seulement pendant deux ou trois heures, ce n’est pas pareil qu’un plein à la pompe du régiment. »

Le ministère possède aussi 274 Yaris hybrides non rechargeables destinées à un usage périurbain. « C’est un acte de foi que nous avons fait en les achetant, reprend Christophe Chamoux. Je ne sais pas quelles économies on peut en attendre puisqu’il y a un surcoût à l’achat, et je pense que cela demande une utilisation très adaptée. »

Le CO2 en règle de bon achat

Au-delà de la diversification des motorisations, la loi de transition énergétique impose une obligation de grammage pour tout achat de véhicule, avec un seuil provisoire fixé à 120 g/km de CO2. Une mesure anticipée dès 2014 : « Même si nous n’étions pas encore assujettis à cette obligation lors de nos précédents achats, nous avons pris en compte la dimension CO2 dans un souci d’économie. Par exemple, les 208 que nous avons achetées émettent autour de 120 g », indique Angélique Pluta. « Par principe, pour les petits VP, nous n’achetons pas de véhicules avec un malus sauf quand il n’y a pas de choix. C’est une règle de bon achat », ajoute Chistophe Chamoux.

Lors des premiers renouvellements, le ministère a choisi des motorisations essence Renault Energy avec une meilleure rentabilité sur la consommation et le CO2 selon le constructeur. Mais attention aux motorisations très basses : « Nous avons souvent augmenté la motorisation en seconde vague d’achat pour disposer du Stop & Start, censé diminuer le bilan carbone », précise Christophe Chamoux.

Reste le problème classique des VU pour lesquels l’offre essence reste anecdotique pour les plus gros modèles. « Le Master Z.E. est sorti mais il n’a pas beaucoup d’autonomie pour un prix d’achat très élevé. Et il existe très peu d’offres en hybride rechargeable », déplore Angélique Pluta. « Il y a un problème d’adéquation entre les contraintes législatives et ce qui nous est proposé sur le marché ou dans le catalogue des centrales d’achat », complète Christophe Chamoux. Mais contrairement à d’autres administrations, la faiblesse de l’offre ne devrait pas pénaliser le ministère dont beaucoup d’utilitaires sont employés dans un cadre opérationnel et ne sont pas concernés par l’obligation de grammage.

Véhicules de fonction : vers l’essence

Le ministère cherche aussi à privilégier les motorisations propres pour ses véhicules de fonction. « Nous ne les avons pas encore renouvelés complètement mais lors des derniers achats, nous avons pris environ 20 % de diesel et 80 % d’essence, note Angélique Pluta. Au moment de choisir la motorisation, nous regardons le kilométrage moyen par an : à plus de 15 000 ou 20 000 km, nous optons pour le diesel et en dessous pour l’essence. »

L’essence est aussi prioritaire pour les véhicules roulant essentiellement en ville, surtout en Île-de-France, pour éviter les problèmes de maintenance. « Auparavant, les diesel utilisés à Paris tombaient en panne car ils n’étaient pas faits pour cela, rappelle Angélique Pluta. Pour les grosses berlines, les constructeurs nous ont ouvert des motorisations essence sur les dernières sorties de modèles. Nous nous poserons la question des hybrides rechargeables lorsqu’il y en aura au catalogue en acquisition », ajoute-t-elle. Dans l’attente, lorsqu’un général a demandé un véhicule de fonction électrique, le ministère a dû se contenter de lui fournir la finition la plus élevée de la Zoé.

Le parc de véhicules de fonction reste toutefois essentiellement diesel. « Bien qu’il y ait tous les types d’usage, cette population rassemble beaucoup de gros rouleurs, entre autres en raison des inspections ou bien encore des déplacements des généraux en commandement dans les unités », conclut Angélique Pluta.

La télématique pour définir un format de parc

Dans l’optique de construire le parc idéal, le ministère des Armées s’est lancé dans une expérimentation de télématique embarquée, en relation avec le commissariat des armées. Ce test est mené sur 520 véhicules répartis dans plusieurs secteurs : en Île-de-France, dans l’Ouest sur la base de défense de Brest-Lorient, et dans le Sud sur les bases de Bordeaux, Toulon et Lyon.

« Grâce à ce dispositif, nous observerons le taux d’utilisation de ces 520 véhicules : nombre de missions par jour, de kilomètres parcourus, d’heures sur les routes, types de mission, etc. Nous voulons essayer d’en tirer des lois pour construire le format de parc le plus adapté aux besoins du ministère et aussi au meilleur coût. Toute voiture inutilement achetée est un coût mort », explique Christophe Chamoux.

La phase d’expérimentation a commencé début 2017 : les constructeurs partenaires, Peugeot et Renault, ont chacun proposé une solution applicative via un marché. Les véhicules achetés sont équipés de boîtiers télématiques directement sur la chaîne de production, sauf certains qui bénéficieront d’une installation en deuxième monte par Masternaut. Ce sont les constructeurs qui remontent les données par leurs propres interfaces.

« Nous n’avons pas retenu la géolocalisation, précise Christophe Chamoux. Premièrement parce que le but n’est pas de savoir où sont les véhicules mais de connaître leur taux d’utilisation pour voir si l’argent public investi dans leur achat est bien employé. L’objectif est de savoir si des voitures dorment ou sont surutilisées. » Le but est aussi de vérifier si la généralisation de la télématique est rentable. Face aux coûts que représentent l’équipement des voitures et l’activation de l’application, l’enjeu est d’évaluer les gains réalisés. « Les économies potentielles, c’est peut-être acheter moins grâce à un meilleur usage des véhicules. C’est aussi moins de maintenance et de consommation parce que les véhicules sous télématique induisent des comportements plus mesurés, plus vertueux. Si au final ce système est trop coûteux et que nous ne nous y retrouvons pas pour optimiser l’emploi du parc, nous ne le généraliserons pas », conclut sur ce sujet Christophe Chamoux.

La disparition des ateliers de maintenance

Lors du rachat par le ministère de sa flotte en LLD, la maintenance est restée externalisée auprès d’un prestataire unique pour l’ensemble des services de l’État. « Aujourd’hui, il reste de la maintenance uniquement pour les véhicules spécialisés et certains véhicules tactiques, gérés directement par les armées », précise Christophe Chamoux. En conséquence, les ateliers qui entretenaient les véhicules avant la LLD ont tous disparu et le ministère répare beaucoup moins. « Nous faisons moins de carrosserie, notamment parce que les véhicules nous appartiennent », illustre Angélique Pluta.

Cette décision a aussi eu un impact humain avec la disparition des emplois du personnel des ateliers. « Dans mon équipe, j’ai beaucoup d’anciens mécaniciens et peintres. Nous les avons transformés en gestionnaires de flotte ou en experts auto », se félicite Angélique Pluta. Ces personnels apportent une importante valeur ajoutée pour la gestion de la maintenance dont le pilotage budgétaire et technique est resté centralisé au sein du service.

De nombreux membres de l’équipe gèrent les contrats de maintenance : ils sont chargés d’expertiser les devis en interne pour les demandes de réparation excédant 400 euros. Leur expertise technique est aussi très appréciée lors du choix des pneus ou de la revente des véhicules : elle permet de diffuser ensuite des directives techniques précises à l’ensemble des bureaux de transport des correspondants opérationnels locaux.

« Nos véhicules ont entre neuf et dix ans, nous allons donc réfléchir aux dépenses de maintenance à effectuer : par exemple, faut-il remplacer les courroies de distribution de tous les véhicules ? Ces personnels ont en tête le calendrier de maintenance de chaque type de véhicule et sont capables de l’intégrer dans nos problématiques », ajoute Angélique Pluta.

« Cette reprise en interne est une réussite car je crois que les personnels techniques sont plutôt heureux dans leurs postes. Une question reste : que va-t-on faire le jour où ces personnes partiront à la retraite ? Même si nous avons encore de la ressource, ce sujet doit être pris en compte dans les réflexions sur l’externalisation : quand vous externalisez, un jour vous perdez la compétence et vous ne la récupérez plus », rappelle Christophe Chamoux.

La flotte du ministère des Armées en chiffres

14 500 véhicules de service • 14 500 véhicules de service dont 60 % de VU et 40 % de VP
• 85 % de diesel
• Des constructeurs majoritairement français
• 450 véhicules électriques dont 133 Renault Zoé et 317 Kangoo Z.E.
• 274 Toyota Yaris hybrides non rechargeables

Inquiétudes au Parlement sur de nouvelles règles budgétaires pour les Armées

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http://www.boursorama.com/
le 18/12/2017

 
Plusieurs parlementaires s'alarment de nouvelles règles budgétaires sur le point d'être gravées dans la loi de programmation de finances publiques 2018-2022 qui risquent selon eux de gravement handicaper les capacités d'investissement du ministère des Armées.

En cause: l'article 14 de ce projet de loi, voté vendredi soir à l'Assemblée et qui doit être définitivement adopté jeudi. Défendu par Bercy, il prévoit de plafonner le montant des "restes à payer" de l'Etat au niveau atteint fin 2017 (dépenses engagées et pas encore soldées, ndlr).

Ces restes à payer s'élèvent à plus de 100 milliards d'euros pour le budget total de l'Etat, dont quelque 50 mds EUR relèvent du budget de la Défense (incluant plus de 35 mds EUR d'équipements), caractérisé par des investissements pluriannuels, courant parfois sur des dizaines d'années.

"Cinglant camouflet infligé par Bercy au ministère des Armées: la majorité LREM a privé la future loi de programmation militaire de tout levier budgétaire", a réagi samedi sur Twitter le député François Cornut-Gentille (LR), rapporteur spécial des crédits défense à la commission des Finances.

"Quand on veut renouveler le matériel, cette somme (de 35 mds EUR, ndlr) est forcément appelée à augmenter", explique-t-il. "Or la loi de programmation des finances publiques veut bloquer cette mécanique en plafonnant les restes à payer. Cela signifie que sur un budget d'investissements, il n'y a quasiment plus de marge, on ne fait qu'acter ce qui a été commandé depuis longtemps".

Cette règle de plafonnement des restes à payer "présente un risque sérieux de remise en question de nos ambitions stratégiques", à l'heure où le gouvernement élabore sa prochaine loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2019-2025, qui doit décider des prochaines priorités d'investissements, a également prévenu vendredi soir le président de la commission Défense à l'Assemblée, Jean-Jacques Bridey (LREM).

"Le ministère des Armées, en pratique, ne pourra respecter la règle fixée par cet article 14 qu'en couvrant ses engagements passés encore non payés avant de procéder aux nouveaux engagements qu'exige aujourd'hui, de façon urgente, la remontée en puissance capacitaire de nos forces", renchérit le sénateur Cédric Perrin (LR).

"Or c'est structurellement impossible" compte tenu du "fonctionnement des marchés d'armement, pluriannuels par nature, qui impliquent un décalage entre les engagements (pour les commandes) et les paiements (pour les livraisons)", fait valoir le vice-président de la commission sénatoriale de la Défense, auteur d'un amendement qui prévoyait d'exclure de cette nouvelle règle les dépenses des Armées.

Garde nationale: gagner la bataille de la fidélisation

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http://forcesoperations.com/
Nathan Gain 18 décembre, 2017

« La garde nationale est aujourd’hui sur trajectoire », rassurait son secrétaire général, le général Gaëtan Poncelin de Raucourt, le 6 décembre devant la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Avec 70 000 réservistes aujourd’hui et 15 000 de plus pour 2018, la bataille des effectifs est sur le point d’être gagnée. Reste à remporter celle de la fidélisation.

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(Crédit photo: Gouvernement.fr)

Créée en octobre 2016, la garde nationale emploie chaque jour 7 300 personnes, dont 70% « n’ont pas de passé militaire d’active » et 37% sont des jeunes de moins de 30 ans, détaille Poncelin de Raucourt. D’ici fin 2018, elle sera composée de 85 000 membres, dont 9250 déployés quotidiennement. Un plafond qui devrait être atteint sans mal, tant la garde nationale est victime de son succès, « car nous avons davantage de candidats que de postes », se félicite Poncelin de Raucourt. Encore faut-il durabiliser ces effectifs car, jusqu’en 2015, les départs surpassaient encore les engagements. Afin d’accroître l’activité et inverser cette tendance, le secrétariat général de la Garde nationale (SGGN), jusqu’à présent soutenu par les lois de finances successives, multiplie aujourd’hui les mesures d’incitation.

« Dans un contexte où nous sommes appelés à amplifier la dynamique et à consolider les premiers résultats obtenus », la priorité reste la sanctuarisation des budgets, évalués 199,5M€ dans le PLF 2018 (contre 113,5M€ en 2017). Les 177M€ alloués au volet salarial, un budget plus que doublé depuis 2014, permettront notamment de renforcer les mesures indemnitaires et de rehausser la moyenne annuelle de jours d’activité par réserviste de 35 à 36,5 jours. Une dynamique budgétaire que Poncelin de Raucourt espère reproduire en faveur des équipements, afin que ceux-ci soient alignés sur les standards du personnel d’active. Un effort « inédit pour la réserve » de 169M€ est prévu à ce titre pour toute la durée de la loi de programmation militaire… mais qui dépendra sans doute du résultat du bras de fer opposant actuellement Brienne et Bercy.

Hormis l’aspect financier, le SGGN travaille au renforcement des relations entre les réservistes et les entreprises, trop peu enclines à tolérer les absences de leurs employés malgré les avantages fiscaux qui leur sont accordés. Dés lors, près de 70% des réservistes ne déclareraient pas leur engagement auprès d’un employeur qui, en conséquence, ne profitera pas de l’octroi d’une réduction d’impôt. « Il est très difficile de déterminer précisément la proportion de réservistes ‘clandestins’ » mais « nous savons que ce chiffre est élevé », confirme pour sa part Poncelin de Raucourt.

D’après ce dernier, la solution résiderait par exemple dans la multiplication des conventions de partenariat avec les entreprises, notamment soutenues par les correspondants réserve entreprises défense (CRED). Véritables VRP consacrés au démarchage des entreprises, ces CRED, aujourd’hui au nombre de 75, seront une centaine en France à la fin de l’année 2018. Outre une présence sur les réseaux sociaux, le SGGN travaille au développement de l’application « e-partenariat » qui, d’ici 2019, permettra aux entreprises intéressées de disposer des informations nécessaires et d’élaborer un début de convention de soutien à la politique de réserve.

Malgré tous les efforts consentis, certaines zones géographiques demeurent de véritables déserts militaires. Selon le rapport d’évaluation de la réserve militaire de 2016, « vingt-quatre départements comptent moins de cinquante réservistes des armées », rappelle le député LREM Jean-Philippe Ardouin. Si le problème ne peut s’appliquer aux gendarmes, présents sur tout le territoire français, il est vrai néanmoins que « s’agissant des armées, l’absence de bases ou de régiments dans certaines zones soulève des difficultés, car on observe que le réserviste a tendance à servir dans un rayon de 50 kilomètres autour de son domicile », confirme Poncelin de Raucourt.

Une PME française a mis au point un blindage plus résistant et deux fois plus léger

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http://www.opex360.com/
Posté par Laurent Lagneau Le 17-12-2017

Avec le soutien de la Direction générale de l’armement (DGA), via le dispositif RAPID, et en partenariat avec le CTTC (Centre de transfert de technologies céramiques) de Limoges, la PME française Marion Technologies a mis au point un procédé de fabrication qui, appelé « NANO NOXCERA », permet de produire des blindages 20% plus résistants par rapport aux standards actuels du marché tout en étant deux fois plus légers.

Présentée lors du dernier forum DGA Innovation, NANO NOXCERA s’appuie sur les nanotechnologies et allie deux innovations « majeures. »

La première porte sur la production d’une poudre céramique à base de carbure de bore, de taille nanométrique. Les propriétés de ce matériau se rapprochent de celles du diamant, du moins pour ce qui concerne sa dureté. « Plus le grain est fin, plus la dureté, ‘propriété naturelle’ de cette matière est préservée », explique la DGA.

La seconde innovation fait appel à un procédé appelé « frittage flash », que maîtrisent le CTTC et le laboratoire de rechercche « Science des procédés céramiques et de traitements de surface » (SPCTS) de l’Université de Limoges.

Avec ce procédé, la poudre de carbure de bore est consolidée par un courant pulsé de haute intensité, tout en étant soumise à une haute pression et à une température de 1.600°C. « La matière est transformée vingt fois plus vite qu’avec un procédé standard », souligne la DGA. Et d’ajouter : « Le matériau produit est nanostructuré, c’est à dire que ces grains de très petite taille lui procurent une dureté et une résistance améliorée, ce qui est particulièrement intéressant pour les applications en blindage. »

Cette innovation a des applications militaires évidentes. Mais pas seulement car elle peut aussi intéresser l’industrie nucléaire pour la mise au point de barres neutroniques.

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