CEACH

  • Plein écran
  • Ecran large
  • Ecran étroit
  • Agrandir le texte
  • Taille par défaut
  • Rapetisser le texte

2018

Critiques du film de Cheyenne - Marie Carron

Envoyer

Officier catholique et franc-maçon versus radicalisé islamique

Envoyer
http://chauvancy.blog.lemonde.fr/
26 mars 2018
 

L’assassinat du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame a profondément bouleversé ses frères qu’ils soient d’armes, catholiques ou francs-maçons, la communauté militaire, la société civile.

Un engagement total

Aujourd’hui, l’hommage religieux a été rendu à cet officier catholique emprunt d’humanisme, au fort sens du devoir, qui a trouvé la foi il y a quelques années et devait se marier religieusement en juin prochain.

De même, la Grande Loge de France a diffusé un communiqué affichant sa douleur suite au décès d’Arnaud (Cf. Communiqué de la GLDF). Il est bon de rappeler que les extrémistes catholiques tout comme les extrémistes musulmans, tout comme hier les nazis ou les communistes, condamnent l’appartenance à une obédience maçonnique.

Le lieutenant-colonel Beltrame a montré que l’on pouvait avoir plusieurs engagements au service de notre pays sans qu’ils ne soient antinomiques : officier, catholique et franc-maçon. Cette alchimie des engagements est une richesse issue de notre culture et de notre histoire, conjuguant leurs forces pour apporter la Lumière et pour lutter contre l’obscurantisme.

Quant à l’antimilitarisme stupide, nous en avons eu encore une preuve aujourd’hui avec cet ancien élu de la France insoumise (Cf. Yahoo.news). Il tombe sous le coup de la loi pour ce qu’il a tweeté sur le lieutenant-colonel Beltrame mais il faudra être vigilant sur les suites judiciaires une fois l’émotion retombée. Il est temps que l’autorité de l’Etat s’exprime totalement pour lutter contre des dérives qui n’ont que trop duré à l’encontre des serviteurs de l’Etat. Heureusement, son parti l’a condamné. Cela ne veut pas dire que ce parti n’est pas antimilitariste mais il lui est nécessaire de préserver une image de parti de gouvernement.

Que nous rappelle cet événement tragique ?

L’esprit de sacrifice est inhérent à l’état militaire. D’aucuns pourraient dire comme cet ancien policier sur la 5 vendredi soir, « surtout, ne pas échanger sa vie contre celle d’un otage ». C’est bien là la différence entre « eux » et nous, sans que cela n’exclut totalement l’esprit de sacrifice.

Le général Bosser, chef d’état-major de l’Armée de terre avait exprimé cette spécificité militaire dans le Figaro qui inclut naturellement l’esprit de sacrifice, gravé dans le marbre dans le statut des militaires (Cf. Le Figaro 28 février 2018. Général Bosser). Ce n’est pas prendre le risque de mourir en faisant son métier. C’est d’accepter d’aller au-delà de cette prise de risque en cas de besoin, c’est à dire d’offrir sa vie pour une cause noble et juste.

Je pense que nous avons un bel exemple avec le sacrifice choisi du lieutenant-colonel Beltrame, un vrai martyr au sens chrétien. Il a donné sa vie pour les autres à la différence de ces islamistes qui prennent la vie des autres, s’en glorifient et se prétendent des soldats de l’état islamique et des combattants d’Allah.

Peut-on d’ailleurs honorer ces soi-disant soldats qui se comportent sans honneur et n’agissent que comme des assassins ? Comme je l’écrivais le 17 janvier 2016, le salafiste n’est pas un héros (Cf. Billet du 17 janvier 2016) et nous devons déconstruire cette fausse image positive qui pourrait influencer une jeunesse désorientée sinon fragile.

Certains pourraient rétorquer qu’après tout l’islamiste qui a assassiné le lieutenant-colonel Beltrame a aussi « offert » sa vie à sa cause. Une différence majeure apparaît : ce lâche assassin a tué au nom de la religion des personnes ne pouvant pas se défendre. Le lieutenant-colonel Beltrame a échangé sa vie pour en sauver une autre au nom de son sens du devoir, de sa foi religieuse, de son humanisme. La différence est majeure.

Servir a un sens. S’engager a un sens. Entrer dans la vie militaire n’est pas venir chercher un métier mais aller bien souvent au-delà de ce que le commun des mortels accepterait. La société civile le redécouvre depuis quelques années et l’exemplarité du soldat qu’a montrée le lieutenant-colonel Beltrame rappelle que des hommes (ou des femmes) peuvent être des symboles forts de l’engagement, de la droiture, de la résistance à la barbarie dans une France qui doute et a rapidement peur.

Nul doute qu’un hommage national sera rendu au lieutenant-colonel Beltrame et que le président Macron ne pourra pas en être absent. Nul doute aussi qu’une promotion d’officiers portera son nom bientôt avec fierté que ce soit dans l’Armée de terre ou dans la Gendarmerie.

De l’islam en France

Cet acte terroriste pose à nouveau la place des islamistes radicaux dans nos sociétés et en particulier celle du salafisme, sans oublier celle des frères musulmans. La place de l’islam est aussi posée avec toutes ses ambiguïtés. La réforme de l’islam en France est en gestation. Il est temps mais elle ne pourra faire l’économie du contrôle de cette religion au moins dans sa dimension politique tant qu’un islam français n’aura pas été mis en place. Les religions doivent se soumettre aux lois de la République.

L’acte terroriste de Trèbes montrant à nouveau le mauvais côté de l’islam survient alors que le ministère des armées diffuse un manuel sur la laïcité militaire (Cf. La laïcité militaire). J’ai d’ailleurs répondu à une longue interview en direct sur une radio de Lyon « Radio pluriel », dans l’émission « Arc en ciel » le dimanche 18 mars. Cette émission a vocation à promouvoir la relation France-Maroc. Le nombre de terroristes islamistes marocains ou d’origine marocaine montre la nécessité de se battre sur ce front.

Les questions ont été intéressantes. Intervenant après d’autres, il me semble important de faire le constat des dérives françaises habituelles dans le relativisme cette fois cultuel. Bien sûr, l’objet de ce débat radiophonique était de répondre à la crainte de la communauté musulmane. Ce qui s’est passé ce vendredi à Trèbes pourrait effectivement être inquiétant sur la perception de l’islam en France. Il n’empêche que les questions qui m’ont été posées interrogent :

• Faut-il développer l’apprentissage de l’arabe à l’école pour mieux comprendre le Coran et l’islam ? Proposition faite par certains non-musulmans juste avant mon interview, leur cécité est grave. La langue française est la langue de la République française. Elle est le lien entre chaque individu de la communauté nationale. Instiller ce ferment de division est grave. En outre, l’éducation nationale n’a pas vocation à favoriser le développement de l’islam en France. Enfin, le coran a été traduit en français. Rendons-le obligatoire.

• Faut-il enseigner l’histoire des religions à l’école ? Oui, sans aucun doute. Connaître les religions est une nécessité. Et qui peut ignorer que le fait religieux soit inhérent aux sociétés humaines ? Il n’y a que les extrémistes laïques qui l’ignorent au point de contester que la gendarmerie honore par tradition Sainte-Geneviève notamment en programmant une messe en l’honneur des gendarmes morts en service (Cf. Le Républicain lorrain).

• Faut-il financer la construction des mosquées ? Bien sûr que non. Cela est de la responsabilité des fidèles comme bien souvent les fidèles d’autres religions en France l’ont assumée dans notre histoire. Le financement étranger doit être interdit bien qu’il semble que les Etats étrangers ne financent que modérément la construction des mosquées. Ce n’est d’ailleurs pas l’Arabie saoudite dont il faudrait se méfier aujourd’hui mais de la Turquie.

• Pourquoi une laïcité militaire ? il n’y a pas plusieurs laïcités mais pourquoi dans les armées, le problème religieux n’existe pas ? Sans doute parce que les règles de l’engagement en commun prime sur les choix personnels. Elles sont appliquées et la laïcité dite « militaire » telle qu’elle est organisée dans les armées pourrait être un exemple pour la société civile.

Alors oui, on peut rassurer la communauté française de confession musulmane. Il faut cependant rappeler que tous les musulmans de France ne sont pas des citoyens français. Pour éviter tout fantasme ou instrumentalisation, il est temps aussi de faire le point sur la réalité de la population française de confession musulmane.

Enfin, les conditions de l’exercice de ce culte doivent être en conformité avec les règles d’une République française laïque mais aussi de culture chrétienne qui est la nôtre, que cela plaise ou non. Nous n’allons pas changer notre histoire.

PROJET DE LOI relatif à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense

Envoyer

PROPOSITION DE LOI visant à la protection du monde combattant

Envoyer

Thèse présentée par Romain Mielcarek : L'influence limitée de la communication militaire française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan (2001 - 2013)

Envoyer

http://www.guerres-influences.com/

« L’influence limitée de la communication militaire française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan (2001-2013) », ma thèse de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, est librement téléchargeable et consultable.

Menée sous la direction du Professeur Philippe Breton, elle a été soutenue le 1er février 2018 à l’Université de Strasbourg.

LIBRE OPINION du général (2s) Bernard MESSANA : Suicide de l’État de droit.

Envoyer
https://www.asafrance.fr/
Posté le samedi 31 mars 2018
 

Le 25 mars, mon quotidien a titré en gros caractères, sous la photo du visage du lieutenant-colonel Beltrame, « Il s’est sacrifié ». Et, tout en comprenant la volonté de rendre ainsi hommage à cet officier courageux et d’un exceptionnel dévouement, allé même « jusqu’au sacrifice suprême », comme le revendiquent fièrement les statuts du militaire, j’ai eu le sentiment que les termes utilisés ne traduisaient pas la réalité des faits. Ils pouvaient même en fausser le sens.

Le lieutenant-colonel Beltrame n’est pas « allé » au sacrifice, il n’est pas l’agneau pascal, il n’a pas « donné » sa vie, il l’a risquée, « pour son Pays, pour sa Patrie ». Officier d’excellence, au physique exceptionnel, au moral puissant, il a jugé que ce terroriste islamiste qui s’était introduit dans la supérette de Trèbes n’était pas un professionnel endurci. Dangereux certes car « fou de Dieu », jeune, imprévisible, mais vulnérable puisqu’il avait eu la faiblesse d’accepter le dialogue et l’échange d’otages. Le réduire à merci était donc chose risquée certes, mais faisable pour le lieutenant-colonel, et il était, sur ce terrain précis, dans ces circonstances, le plus qualifié pour tenter le duel, en vrai professionnel. Et puis c’était là son devoir de soldat. C’est ainsi qu’il a décidé de remplacer et sauver la femme gardée en otage, pour affronter, seul, le terroriste. Ils sont alors restés face à face pendant un temps très long,- plus de deux heures- ce qui autorise à penser que l’officier s’attachait à exploiter la faille psychologique qu’il avait décelée. Et puis quelque chose s’est produit que nous ne savons pas, - parole, geste, événement extérieur …-, et le terroriste a tué. Et il a été abattu.

Les discours de compassion et de chagrin louant qui le « martyre » du colonel, qui le fait d’avoir « donné » sa vie, de s’être « sacrifié », sont profondément sincères, et personne n’en doute. Ils n’ont toutefois pas été accompagnés du discours de combat nécessaire. Dès lors, les terroristes en puissance, tapis dans « l’islamisme souterrain » évoqué par le président de la République, risquent de n’avoir retenu qu’un message de faiblesse. Pour ces islamistes, c’est le terroriste abattu qui est un martyr glorieux, un héros ; il a donné sa vie pour supprimer des « infidèles », avec enthousiasme. Si les « kouffar » se contentent de pleurer la mort de leur héros, louer son sacrifice, sa volonté de martyre, c’est tant mieux. Sans doute ont-ils peur. Dans ces centaines de zones de non-droit où sévissent aujourd’hui les islamistes, on savoure la nouvelle. La tâche des futurs tueurs n’en sera que plus facile.

C’est donc fausser le sens du geste du colonel que de ne parler que du « martyre ». Son geste est un acte de combat. Quand le Premier ministre clame que cet officier « incarne la République, il est son image, son corps », a t’il en tête l’image d’une République martyre, d’une Marianne posant sa tête sur le billot ? Non, le colonel « incarne l’esprit français de résistance » dira le président de la République, ajoutant que « nous l’emporterons grâce au calme et la résilience des Français. Nous l’emporterons par la cohésion d’une nation rassemblée ».

Mais cela n’est pas suffisant. M. Hollande, en son temps, avait déclaré que nous étions en guerre, sans toutefois se résigner à désigner clairement notre ennemi. M. Macron, lui, vient de le faire avec clarté, c’est l’islamisme. Mais il ne parle que de « résistance » à cet ennemi, mot qui révèle une posture fondamentalement défensive. En déclenchant l’opération Serval, au Mali, M. Hollande avait par contre été limpide, enjoignant à nos forces de « détruire » l’adversaire. Aujourd’hui où le combat se livre sur notre sol, enjoindre de « résister » ne signifie pas détruire. Le colonel Beltrame, issu des écoles de Saint-Cyr, en connaissait la devise, « Ils s’instruisent pour vaincre ». Lui voulait vaincre, pas résister, et, comme chef, il se devait d’en montrer le chemin. Sans doute voulait-il sauver un otage, mais il voulait aussi détruire l’adversaire.

On sent donc aujourd’hui chez nos responsables une attitude incertaine, et on en comprend la raison : ces terroristes tuent au nom de l’islam, et pourtant tous les musulmans ne sont pas terroristes. Mais comment, en France, séparer le bon grain de l’ivraie dans cette masse confuse où les « bons » ne semblent pas vouloir ou pouvoir dénoncer les « méchants » ? Alors, englués dans la nécessité de sauvegarder un « vivre ensemble » chancelant, les responsables se résignent à vivre sous la menace de quelques tueurs illuminés, et à ne réagir qu’au coup par coup à l’évènement ? Certains démentiront, avec raison peut-être, affirmant que nombre d’entreprises criminelles sont aujourd’hui déjouées avant leur déclenchement ? Mais, faute de preuves avouables, n’est-ce pas là encore ajouter au malaise général, en affirmant que la menace est encore pire que celle qui se manifeste ?

Pourquoi se refuser à comprendre que les citoyens sont las de subir, et veulent se battre ? L’exemple du colonel Beltrame les transporte. Il suffit de voir combien les centres de recrutement des forces de l’ordre sont assaillis de demandes d’engagement après les attentats. A cet engagement massif qui traduit bien cette « cohésion » voulue par le Président, ne répond cependant aucun message de combat pouvant traduire une volonté offensive :

  • celle de réduire ces listes interminables de suspects fichés en éliminant ceux qui, étrangers ou binationaux à déchoir de la nationalité française, sont à expulser, et créer pour ceux qui restent les conditions d’un suivi crédible ;
  • celle de reconquérir sans faiblesse ces zones de non droit où l’on acclame les terroristes et caillasse journalistes et représentants de l’ordre ;
  • celle d’imposer à l’islam en France les règles de la vie républicaine, que l’on a su imposer aux juifs en 1808, aux chrétiens en 1905 ;
  • celle d’appliquer les lois et règlements, avec la fermeté voulue, comme ne le démontre pas le traitement de la ZAD de Notre Dame des Landes, toujours occupée, ou ces clandestins au droit d’asile refusé, mais toujours présents sur notre sol ;
  • et bien d’autres…

Mais, à ces invocations, on sait la réponse de l’État procureur : la France est un État de Droit. Oubliant que ce Droit a été fait par les hommes, pour le bien des hommes, l’harmonie de notre société. Et donc, s’il devient un carcan étouffant, il faut savoir le rompre. A moins d’aspirer au suicide.

Ou bien d’attendre que devant la situation intenable, le politique ne se tourne alors vers l’officier, et lui demande : « Réglez moi ça, mon colonel ». Comme à Alger en 1957. Soudain le besoin d’un chef qui décide resurgit… Sans doute a-t-on noté, dans les hommages innombrables adressés au colonel Beltrame celui, simple et vrai, d’un de ses sous-officiers : « Moi, je n’ai pas perdu un héros, j’ai perdu un Chef ».

On s’apprête dans les prochaines semaines, à célébrer Mai 68… Et si, en Mai 2018, les mots d’ordre étaient « Il est nécessaire d’interdire ! », « Faites la guerre, l’amour peut attendre ! ».

Général (2s) Bernard MESSANA
30 mars 2018

Rediffusé par le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

LE RÔLE STRATÉGIQUE DES FORCES TERRESTRES

Envoyer

Connaître son histoire militaire pour irriguer la réflexion et anticiper l’avenir

Envoyer
http://chauvancy.blog.lemonde.fr/
11 mars 2018
 

Le premier numéro numérique 2018 de « Soldats de France », magazine d’histoire militaire de l’Armée de terre, a été diffusé (Cf. Site de l’Armée de terre). Cette publication comble depuis 2017 une lacune importante : l’histoire militaire. La force d’une armée s’appuie sur son histoire qui crée ses traditions mais la prépare aussi à « faire face » avec la réflexion sur les expériences passées.

Histoire de l’Armée française

J’ai justement retrouvé dans ma bibliothèque un magnifique ouvrage du général Maxime Weygand (Cf. Biographie du général Weygand) intitulé « Histoire de l’Armée française ». Publié en 1938 dans un grand format aux éditions Flammarion, il est richement illustré avec pratiquement une photo ou un dessin sur chacune des 389 pages de l’ouvrage alors que bien souvent les illustrations sont plutôt rares aujourd’hui. J’y ai retrouvé les récits des batailles lues durant ma jeunesse. La bataille de Bouvines gagnée par Philippe Auguste en 1214 est sans aucun doute celle qui est restée gravée dans ma mémoire.

D’une plume alerte et avec un grand esprit de synthèse, le général Weygand, membre de l’Académie française, décrit l’évolution de l’Armée française jusqu’à la fin de la Première guerre mondiale dans une approche intégrée à notre histoire nationale, que ce soit par les guerres menées ou subies, ou dans les soubresauts internes de notre Nation. Stratégie, tactiques, armements nous sont décrits certes, avec parfois des mots ou des affirmations que nous n’oserions plus dire pour éviter tout contresens ou sans doute toute polémique. Cependant, le style de l’auteur de cet ouvrage écrit avant qu’il ne soit rappelé par le pouvoir politique en 1940 permet aussi de comprendre indirectement une partie de son comportement entre 1940 et 1944 au service du maréchal Pétain.

Paradoxe. Cet ouvrage a été édité à la veille de la Seconde guerre mondiale qui a vu la plus sévère défaite de l’histoire de notre pays. Il laissait aussi supposer la force invincible de l’Armée française après sa victoire de 1918. Nous connaissons la suite. Rien n’est jamais acquis et l’histoire critique contribue à la réflexion pour mieux anticiper et s’adapter aux nouvelles menaces. Il est vrai aussi que le général Weygand n’a jamais commandé de grandes unités ni même suivi les enseignements de l’Ecole de guerre. Lieutenant-colonel en 1914, affecté dès le début la guerre auprès du général Foch, il est nommé général de brigade en 1916, général de division en 1917, ce qui pourrait laisser rêveurs bien des officiers car la durée dans le grade permet aussi d’acquérir des compétences avant le grade suivant.

Cet ouvrage montre donc l’évolution de notre Armée dans une approche essentiellement terrestre. La Marine est effectivement peu présente dans cet ouvrage. Weygand regrette d’ailleurs qu’elle n’ait pas été suffisamment prise en considération par ceux qui ont régné ou gouverné dans notre histoire.

L’histoire militaire, révélatrice des qualités et des défauts de l’Armée

Cependant, les défauts et les qualités de l’Armée y apparaissent d’une manière récurrente au cours des siècles, ce qui ne manque pas d’interroger sur leurs causes. Un invariant semble apparaître avec ce besoin finalement d’être mise en échec pour se relever et surtout en être capable. Ce qu’on appellerait « résilience » aujourd’hui est aussi un bon prétexte pour affirmer que « nous nous en sortirons toujours », arrogance ou optimisme persistant, mais aussi toujours ces manques de moyens, situation qui ne s’est pas démentie au moins jusqu’en 2017… On fait « avec » même si on a peu ou pas tout ! Le soldat quelle que soit son armée d’appartenance fait face pour remplir la mission.

Sans identifier la part prise par chacun, formation, recrutement, esprit de corps, traditions plusieurs fois centenaires parfois, cet ensemble est ce qui fait sa force et conduit souvent à l’héroïsme dans des combats qui semblent perdus d’avance. Le numéro 5 de Soldat de France montre d’ailleurs cette force morale des Français dans la re-création de l’Armée française pour la libération de la France en 1944 (Cf. Soldats de France n°5)

L’histoire militaire est donc essentielle et ce renouveau est une action positive pour montrer que les armées ont un passé lié à la France, qu’elles peuvent en être fières. Les faits d’armes y contribuent que ce soit dans la victoire ou la défaite notamment au profit de la formation morale du soldat. L’Armée de terre a donc mis cette connaissance à la disposition de tous, civils compris, sous la houlette du lieutenant-colonel Portes, historien militaire reconnu.

Cela donne l’opportunité de citer les sites officiels du ministère des armées consacrés à l’histoire militaire :

Construire l’Armée de terre de nos besoins dans ce monde qui vient

Cependant se référer à l’histoire ne suffit pas car elle se répète très rarement. La construction de l’Armée de terre, sinon sa reconstruction est en cours pour répondre aux menaces.

Poursuivant notre réflexion sur l’évolution de l’Armée de terre, un document de l’IFRI de février 2018 sur le rôle stratégique des forces terrestres (Cf. Le rôle stratégique des forces terrestres) évoque les forces terrestres qui n’englobent certes pas uniquement l’Armée de terre. Le contrôle de l’espace terrestre reste une nécessité de toute stratégie sinon de souveraineté nationale mais l’Armée de terre y retrouve comme hier cette responsabilité qui fait d’elle le premier rempart de notre sécurité.

La lecture de cette étude peut aussi être complétée par celle du même auteur sur l’opération Sentinelle (Cf. La Sentinelle égarée ? L’Armée de terre face au terrorisme) qui montre l’évolution de l’Armée de terre en particulier dans ses missions du XXIe siècle et sur sa place dans l’organisation de la sécurité sur le territoire national.

Pour conclure, il n’en reste pas moins qu’une continuité se dessine à travers l’approche historique évoquée et notre période contemporaine. « La France fut faite à coups d’épée » comme l’écrivait le général De Gaulle dans « La France et son armée » en 1938. Il n’est pas certain que cette citation soit obsolète.

Audition du général François Lecointre, chef d’état-major des armées, sur le projet de loi de programmation militaire

Envoyer

DJIBOUTI : LE GRAND JEU !

Envoyer
http://prochetmoyen-orient.ch/
numéro 172 / 2 avril 2018

L'ENVERS DES CARTES
 

Le 17 mars 2017, prochetmoyen-orient.ch se félicitait d’enregistrer un certain retour de la France à Djibouti en titrant : « Paris – Djibouti : remise à flot… » Un an plus tard, force est de constater la confirmation du mouvement et l’intensification d’un Grand jeu dont Djibouti est devenu l’épicentre. Cette évolution confirme l’une des principales conclusions de la Revue Stratégique de Défense et de Sécurité, remise par Arnaud Danjean au Président de la République en novembre dernier : l’un des axes stratégiques majeurs de notre pays relie la Méditerranée, le canal de Suez, la mer Rouge à l’océan Indien. Djibouti en constitue le pivot central !

Bien avant son indépendance, l’histoire de la jeune République de Djibouti n’a pas été un long fleuve tranquille. « La Grande Bretagne, qui avait établi son protectorat sur l’Egypte en 1882, se prétendit héritière de droit des possessions égyptiennes sur les rives de la mer Rouge et de l’océan Indien. Ses visées se portèrent plus particulièrement sur Zeila, Berbera et Bulhar mais Massaoua fut laissée à l’Italie. Trop prudente pour risquer une aventure jusqu’à Harar, l’Angleterre abandonna à Ménélik – roi du Choa – la conquête de cette ville. L’Ethiopie dut cependant renoncer, une fois de plus, à réaliser son rêve millénaire de possession d’un port sur la mer Rouge. Elle adressa plusieurs demandes en ce sens aux puissances européennes avec l’espoir de ménager un « couloir » éthiopien vers la mer, mais en vain. La côte fut partagée entre l’Angleterre, installée à Zeila et Berbera, l’Italie à Massaoua et Assab, et la France à Obock, puis bientôt à Tadjoura et Djibouti »1.

Ce jeu à trois va se poursuivre durant une grande partie du XXème siècle jusqu’à l’indépendance du 27 juin 1977. Aujourd’hui que cet Etat-portuaire s’impose comme une ville-monde, au sens braudélien du terme – « les informations, les marchandises, les capitaux, les crédits, les hommes, les ordres, les lettres marchandes y affluent et en repartent » -, Djibouti est au cœur d’un grand jeu, qui fonctionne désormais à cinq : sa souveraineté et son développement sont directement confrontés aux intérêts de Dubaï, ville la plus importante et émirat des Emirats arabes unis (EAU) ; les Etats-Unis sont militairement présents depuis les attentats du 11 septembre 2001 ; la Chine y a installé sa première base militaire à l’étranger ; et la France continue à tenir son rôle historique de « plus vieil allié-fondateur ».

GUERRE SAOUDIENNE

A cette configuration géopolitique lourde, où l’on ne doit pas oublier la Turquie installée à Port-Soudan et Mogadiscio, viennent s’ajouter trois partenaires d’une incontournable proximité : Ethiopie, Somalie et Erythrée dans un contexte régional polarisé par une nouvelle guerre du Yémen, conflit régional opposant les Houthis du nord aux barons tribaux du sud. Avec l’appui des Etats-Unis, l’Arabie saoudite et ses alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont résolument transformé cette querelle de famille en une « fitna », un combat contre les Chi’ites yéménites qu’ils accusent d’être soutenus par l’Iran.

Avant l’ingérence militaire saoudienne, on ne pouvait guère différencier les Houthis (qui, à la différence des Chi’ites duodécimains croyant en douze imams, n’en reconnaissent que six) du reste de la majorité de la population sunnite. Mais l’obsession de Riyad en a décidé autrement, saisissant cette péripétie locale et interne au Yémen pour s’ingérer une nouvelle fois dans les affaires de la « République » voisine qui fait tant horreur aux Saoud – ses habitants faisant preuve d’une insupportable arrogance consistant à organiser régulièrement dans leur pays… des élections !

Ressurgissant des conflits récurrents entre les confédérations tribales du nord et du sud du Yémen, la guerre actuelle couvait depuis le début des années 2000 avant de se cristalliser et se généraliser à l’ensemble du pays à partir de 2014. Avec l’aval américain, les Saoudiens – qui ont systématiquement détruit tous les aéroports du pays – ont, curieusement, laissé intact celui du port de Mukallah. Proche de la frontière du sultanat d’Oman, ils y ont installé leurs protégés jihadistes de la Qaïda pour les lancer contre les « Chi’ites » houthis. S’ils achètent régulièrement des bateaux de guerre, les Saoudiens restent des bédouins qui n’aiment pas l’eau. Ils ont donc délégué à leurs alliés émiriens la tâche de constituer une « ceinture maritime » autour du sud de la péninsule arabique.

Et le déploiement maritime des EAU est impressionnant. Une première base est installée sur l’île yéménite de Socotra – située en mer d’Arabie, non loin de la passe orientale du golfe d’Aden. La « ceinture » s’appuie sur cinq principaux ports en eaux profondes : Aden (au Yémen à la porte du détroit de Bal el-Mandeb) ; Bosasso et Berbera (au nord de la Somalie) ; Massoua et Assab (en mer Rouge septentrionale sur territoire érythréen). Ce dispositif est coordonné depuis un état-major inter-armées installé dans l’archipel des Hanish qui commande le détroit de Bab el-Mandeb, la bien nommée porte des larmes ou des lamentations…

Cette expansion militaire émirienne s’appuie également sur une série d’investissements lourds dans de nombreux ports civils de la sous-région ; l’objectif poursuivi étant d’empêcher l’émergence d’un centre portuaire susceptible de concurrencer le rayonnement de Dubaï, la « cité-entrepôt » qui rayonne dans tout l’océan Indien de Zanzibar aux Philippines. Soutenu par les Etats-Unis pour contenir les ambitions chinoises dans la zone, ce collier de perles émirien nous ramène à Djibouti et à la grande brouille qui l’oppose désormais aux EAU.

L’AFFAIRE ABDERRAHMAN BOREH

EN 2006, l’homme d’affaires d’origine djiboutienne Abderrahman Boreh favorise l’implantation de la société émirienne DP-World qui assure la gestion du port de Djibouti. Mais, lors des élections législatives de 2013, il prend le parti de l’opposition qu’il soutient financièrement. Compromis dans plusieurs affaires de corruption, il trouve refuge à Dubaï. Et lorsque l’émirat refuse de l’extrader, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh (IOG) annule la concession portuaire avant de la confier à une société rivale. Les relations entre Djibouti et les EAU s’enveniment jusqu’à la rupture des relations diplomatiques en avril 2017. Dernièrement les investissements de DP-World à Djibouti sont nationalisés.

La société émirienne s’installe alors dans le port voisin de Berbera – au Somaliland -, se posant en rival potentiel avec l’appui d’Abderrahman Boreh. IOG riposte en proposant à l’Ethiopie un « accord de sécurité » permettant à l’armée éthiopienne d’opérer à partir du territoire de Djibouti. Cet appel au secours intervient alors que l’Ethiopie a exprimé, il y a deux ans, son désir de « considérer l’Ethiopie et la République de Djibouti comme un seul et unique territoire ». Ainsi l’Ethiopie serait-elle engagée dans un processus d’annexion de l’ancienne colonie française ? Où en est-on aujourd’hui ?

Selon le spécialiste de la Corne de l’Afrique Gérard Prunier – chercheur au CNRS – « le président IOG se débat entre diverses sollicitations – et menaces – contradictoires. Alors qu’il implore l’aide des Éthiopiens, il doit en même temps traiter avec les ennemis arabes de l’Éthiopie qui réclament une base militaire à Djibouti pour appuyer leurs efforts de guerre au Yémen. Depuis le 6 juin 2017, des soldats Éthiopiens sont installés dans le district de Tadjourah, sur le territoire de la République de Djibouti, suite à l’accord signé début mai entre IOG et Addis-Abeba. Le général Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major de l’armée djiboutienne, a précisé que cet accord permet à l’armée Éthiopienne de pénétrer en territoire djiboutien sans autorisation préalable et d’utiliser les installations militaires djiboutiennes. Or, dans la zone de Tadjourah, les Éthiopiens font face aux forces érythréennes, installées à la frontière entre l’Érythrée et Djibouti depuis les heurts frontaliers de juin 2008 entre ces deux pays. Et la force d’interposition du Qatar s’est retirée l’année dernière »2.

Par ailleurs, des unités de l’armée Éthiopienne sont également déployées face au port érythréen d’Assab dans un secteur où le territoire ne fait que quelques kilomètres de large. Par CCG ( Conseil de coopération du Golfe) interposé, Asmara bénéficie désormais d’une mansuétude américaine à laquelle l’Érythrée n’était pas habituée. Washington veut flatter le CCG qui a besoin d’Asmara. Les États-Unis ont déversé presque 10 milliards de dollars d’équipements militaires pour aider la coalition saoudienne. Enfin, même si les pouvoirs djiboutien et somalilandais sont à couteaux tirés pour des raisons commerciales, ils partagent la même réserve à l’égard de l’aventure militaire saoudienne et émirienne au Yémen. Face au rouleau compresseur arabe, l’installation massive de la Chine apparaît comme une aubaine salvatrice.

L’ŒIL DU CYCLONE

Depuis cinq ans, Pékin multiplie les investissements lourds à Djibouti. En juin dernier, la première base militaire chinoise y a été inaugurée alors qu’on annonce la visite du président Xi Jin Ping en mai prochain. Avant son limogeage, Rex Tillerson a fait une tournée expresse dans la région, tenant un langage très ferme à l’encontre de Djibouti. En substance, et selon plusieurs sources diplomatiques, il a tenu à peu près ce langage au président IOG : si vous continuez à tout céder au Chinois, vous nous trouverez sur votre route et nous continuerons à balkaniser la région à partir de l’Ethiopie et de la Somalie. Pour l’heure, les Etats-Unis continuent à soutenir l’Arabie saoudite et les EAU qui poursuivent leur entreprise de fragilisation de « l’Etat fédéral de Somalie », d’importantes découvertes de gisements pétroliers et gaziers ayant été réalisées en Ogaden.

Gérard Prunier encore : « on assiste à des menées impérialistes à l’ancienne, mais selon des logiques quelque peu anachroniques qui se contredisent et s’annulent. C’est ainsi, par exemple, que Washington a le plus grand mal à réagir à cette série de conflits emboîtés – et décalés – où presque toutes les parties prenantes ( Égypte, Éthiopie, Arabie saoudite, Émirats arabes) sont ses « amis ». Où sont donc les ennemis ? Mais même ceux-ci – le Soudan et l’Érythrée – sont peu menaçants… ils sont simultanément alliés à leurs « amis » ! En revanche, entre eux et pour des raisons « archaïques », ils se prennent à la gorge les uns avec les autres. Face à ces contradictions, la Chine – souvent décrite comme l’impérialisme montant dans la région – est encore plus perdue que les États-Unis et cherche, sans y parvenir, les principes d’une logique qui lui échappe. Ni les débris du maoïsme, qui sert encore un peu à Pékin par la force de l’habitude pour les rapports diplomatiques avec les pays sous-développés non asiatiques, ni le capitalisme d’État actuel n’ont de réponses préformatées pour résoudre l’imbroglio djiboutien. Il faut donc improviser – ce à quoi les États modernes, bloqués dans la triangulation du politiquement correct, du commercialement expédient et du militairement nécessaire sont mal préparés. Paradoxalement, l’implication de toutes ces puissances accroît la marge de manoeuvre des acteurs locaux, ces derniers connaissant parfaitement les contraintes avec lesquelles ils doivent composer »3.

Dans cet environnement composite – qui rappelle les Balkans d’avant 1914 ou le Croissant fertile d’après 1947 -, Djibouti fait figure d’œil du cyclone, la République portuaire pâtissant et bénéficiant à la fois de son exceptionnelle géographie de carrefour stratégique. Dans ce contexte, le président IOG fait feu de tout bois diplomatique. Dimanche dernier à New Delhi, il assistait à la clôture du premier sommet fondateur de l’Alliance solaire internationale (ASI) – imaginée par l’Inde et la France lors de la COP-21 fin 2015 -, clôturant la visite d’Emmanuel Macron. Sur la photo, IOG est placé juste derrière le président français qui barre la Une de La Nation, le premier quotidien de Djibouti.

LA FRANCE EN POSITION D’ARBITRAGE

C’est une première : le Groupe d’affaires franco-djiboutien (GAFD) s’est monté en moins de trois mois, à la vitesse d’un TGV. Deux vice-présidents : le Djiboutien Kadra Douksiett et le Français Stéphane Rémon avec, pour l’instant quelques 25 membres, 400 millions d’euros de chiffre d’affaires et un potentiel de 3000 emplois dans un contexte qui connaît 40 à 50% de chômage structurel. L’approche se veut aussi qualitative, avec plusieurs programmes de formation en direction de la jeunesse, tournés vers les nouvelles technologies ; « des formations à l’écoute et adaptées aux besoins de Djibouti », souligne l’un des chefs d’entreprise animateur du GAFD ; « face au tsunami chinois, il s’agit, notamment de diversifier l’offre portuaire ».

Fin janvier, un contrat a été signé – à hauteur de 250 millions d’euros – avec la société française Rubis-Energie pour un terminal de stockage pétrolier à Damer-Jog, entre Djibouti et le Somaliland, une nouvelle zone portuaire en pleine extension. Les deux prochaines années verront la demande énergétique tripler. Le Français Akuo-Energie a, également négocié un protocole d’un montant de 70 millions d’euros pour développer l’énergie solaire et la valorisation des espaces agricoles. Enfin, la chaîne hôtelière Onomo prévoit différentes implantations à hauteur d’une quinzaine de millions d’euros. Enfin, le leader mondial du transport maritime CMA-CGM étudie une arrivée djiboutienne en douceur, afin de ne pas mettre en péril (compte-tenu du contexte régional) ses intérêts à Dubaï ; « le transporteur marseillais ayant parfaitement compris qu’il ne peut faire l’impasse sur les énormes potentiels de l’avenir djiboutien », précise Jean-François Moulin, expert du fret maritime.

Dernièrement, les sénateurs Philippe Paul, Bernard Cazeau, Gilbert-Luc Devinaz, Hugues Saury et le conseiller Marc Schor de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, ont assisté à l’accostage du BPC Dixmude (effectuant la Mission Jeanne d’Arc 2018 de qualification des Officiers-élève de l’Ecole navale) après une visite de la base navale française. L’enjeu d’une telle visite, qui devrait annoncer la venue de la ministre de la Défense Florence Parly, est de prendre la juste mesure d’une consolidation nécessaire de la présence militaire française à Djibouti.

La rapidité d’exécution du Groupe d’affaires franco-djiboutien a valeur de symptôme, quant à l’impérieuse nécessité pour les Djiboutiens de sortir d’une quadrature du triangle EAU/Etats-Unis/Chine. Parallèlement à la base française d’Abou Dabi aux EAU, qui a davantage valeur de vitrine de nos industries de défense, celle de Djibouti prend de plus en plus d’importance en matière de besoins opérationnels stratégiques. « Dans tous les cas de figure, et lorsque la situation régionale se tend, Djibouti revient naturellement vers son plus vieux partenaire historique qui n’a jamais fait défaut », conclut un officier supérieur français en poste à Djibouti ; « l’histoire commune des deux pays se poursuit avec une France, désormais en position privilégiée d’arbitrage et d’assurance de souveraineté, si les investissements suivent et si notre présence militaire se consolide ».

Etymologiquement, djab bouti, signifie sans doute le lieu où le monstre a été vaincu ! Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
26 mars 2018

1 Philippe Oberlé et Pierre Hugot : Histoire de Djibouti – Des origines à la République. Editions Discorama, 2014.
2 Conversation avec l’auteur, 13 mars 2018.
3 Ibid. Entretien avec l’auteur.

Page 1 sur 5

  • «
  •  Début 
  •  Précédent 
  •  1 
  •  2 
  •  3 
  •  4 
  •  5 
  •  Suivant 
  •  Fin 
  • »

Visiteurs

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui1431
mod_vvisit_counterHier1952
mod_vvisit_counterCette semaine5672
mod_vvisit_counterSemaine dernière18732
mod_vvisit_counterCe mois79505
mod_vvisit_counterMois dernier94522
mod_vvisit_counterDepuis le 30/04/161195151

Qui est en ligne ?

Nous avons 75 invités en ligne

Statistiques

Membres : 2
Contenu : 7588
Liens internet : 6
Affiche le nombre de clics des articles : 632489
Vous êtes ici : ARTICLES 2018
Secured by Siteground Web Hosting